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Tome premier. A - C.
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surtout en parlant de l’homme. C’est, dit-il, un ca-davre; ôtons-nous, car il sent, la font. Fabl . v, 20 .Un certain sentiment, confus à la vérité, mais très-fort et si général qu’il peut passer pour naturel, faitrespecter les cadavres humains, fonten. Littré . Bienqu’à ce triste aspect ses chevaui pleins d’effroi Sem-blassent respecter le cadavre d’un roi, durter, Scé-vol. ni, 3. La mort ne nous laisse pas assez decorps pour occuper quelque place.... notre chairchange bientôt de nature ; notre corps prend un au-tre nom; même celui de cadavre, dit Tertullien ,parce qu’il nous montre encore quelque forme hu-maine, ne lui demeure pas longtemps; il devientun je ne sais quoi qui n’a plus de nom dans aucunelangue, boss. Duch. d’Orléans . || Fig. et familière-ment. C’est un cadavre ambulant, se dit d’une per-sonne extraordinairement pâlie et amaigrie par lasouffrance et par la maladie. || 2“ Fig. Jérusalem n’était plus que le cadavre d’une grande ville, boss.Polit. || Sentir le cadavre, sentir que les choses vontmal. X la fin de la vie du roi, Brancas et sa femmesentirent le cadavre; ils comprirent que les chosesne se passeraient pas agréablement entre M. le ducd’Orléans et M. le duc du Maine , st-sim. 447 , 229.

— étym. Le latin cadaver.

f i . CADE (ka-d’), t. m. Baril en usage dans lessalines. || Nom d’une mesure de capacité, qui valaitt ooo litres dans le système de mesures établi par laloi du t" août 1793, modifiée par celle du 30 ni-vôse an II (t 9 janvier 1794).

— ÊTYM . Le latin cadus, tonneau.

■j 2 . CADE (ka-de), s. m. Terme de botanique.Nom du genévrier oxycèdre (juniperus oxycedrus,L.). On emploie l’huile de cade contre les ulcèresdes chevaux et la gale des moutons.

— HIST. xvi* s. Sureaux, bouîs, genevres, cad-des, houx, o. se serres, 785. Des aulx pilés estfait cataplasme avec de l’huile de cade, que le vul-gaire païsan françois appelle tal, id. 941.

— ÉTYM . Provençal, cade.

CADEAU (ka-dô), s. m. 111" Traits de plume dont lesmaîtres d’écriture ornaient leurs exemples. || Gran-des lettres placées en têtes des actes ou des chapi-tres dans les manuscrits en écriture cursive. || 2“ An-ciennement, fête que l’on donnait principalement àdes femmes, partie de plaisir. Elles y ont reçu descadeaux merveilleux de musique et de danse, moi..Am. magn. i, 1. Nous mènerions promener ces da-mes hors des portes, et leur donnerions un cadeau,id. Préc. ridie. sc. 10. Je l’ai fait consentir au cadeauque vous voulez lui donner, id. B. gent. m, 6. Despromenades du temps, Ou dîners qu’on donne auxchamps, Il ne faut point qu’elle essaye : Selon lesprudents cerveaui, Le mari dans ces cadeaux Esttoujours celui qui paye, id. Éc. des f. ni, 2. J’aimele jeu, les visites, les assemblées, les cadeaux etles promenades, en un mot toutes les choses deplaisir, id. Mar. forcé, 4. Dieu me garde de feu etd’eau, De mauvais vin dans un cadeau, D’avoir ren-contres importunes, De liseur de vers sans répit,De maîtresse ayant trop d’esprit.... la font. Lettres,xxi. || 3" Aujourd’hui, présent que l’on fait à quel-qu’un. Les petits cadeaux entretiennent l’amitié. Illui fit cadeau de livres. Un riche cadeau. Quoi ! parceque des sots se piquent, quoique mal, Du pompeuxappareil d’un cadeau nuptial, Il faut faire commeeux! montfleüry, Femme juge, m, 2.

— HIST. xii* s. Il le me velt torner en lonc cadel,Plumer me velt li reis com fait oisel, Gérard de Ross.p. 326. || xvi* s. Combien que quelques uns ne sça-chans discerner les anciens W en forme de cadeauxd’avec des BB, des accords, Contes de Gaulard,p. 23, verso, dans lacurne.

—étym. Catellus, petite chaîne, de catena ,chaîne(voy. chaîne), à cause de la forme enchaînée destraits de plume. Ménage nous apprend que faire descadeaux s’est dit pour faire des choses spécieuses,mais inutiles, comparées métaphoriquement à cestraits de main des maîtres d’écriture. De là on passesans peine à cadeau dans le sens de divertissement,fête et, finalement, présent.

f CADELER (ka-de-lé) , v.a. Tracer des cadeaux ;orner les capitales de traits de plumes. Inusité.

— HIST. xvi* s. Escriteaux mis au dos de gensjusticiez, lesquels estoient escrits en lettres cade-lées, pasquier, Lettres , t. n, p. 306, dans lacurne,

— ÉTYM . Cadeau.

f CADELURE (ka-de-lu-r’), s. f. Écriture en gros-ses lettres;, affiches. Inusité.

— hist. xvi* s. Et permis susdits marchands deles poursuyvir, par attaches, plaquars ou cadeleu-«es, Aresta amorum, p. 428, dans lacurne.

— étym. Cadeler.

CADENAS (ka-de-nâ; l’s ne se lie pas dans laconversation, et se lie dans le parler soutenu : unca-de-nâ-z et sa clef), s. m. || 1° Serrure mobilequ’on accroche à la porte, à la malle, etc. qu’onveut fermer. Car sitôt que du soir les ombres paci-fiques D’un double cadenas font fermer les bouti-ques, boil. Sot. vi. || Fig. Et nos prédicateurs ont-ilsces qualités? Si par hasard ils ne les avaient pas,faudrait-il pour cela leur attacher des cadenas auxlèvres? diderot, Claude et Néron . || 2* Coffret d’orou de vermeil contenant le couteau, la cuiller, etc.qu’on sert à la table du roi et des princes. Le roid’Angleterre ayant la reine sa femme à sa droite etle roi à sa gauche avec chacun leur cadenas, st-sim.3, 57. Le roi était seul au milieu [des tables], dansson fauteuil, avec son cadenas, id. 276, 227.

— HIST. xvi* s. Appliquans des morillons et cade-nats jusqu’aux boutiques et fenestres basses pourles empescher de courir à l’allarme, d’aub. Hist. i,276. Us furent bien aises de mettre entr’eux et l’ar-mée victorieuse la Dordongne, où nous avons dit,et le Lot à cadenat, id. ib. i, 34 8.

— ÉTYM . Picard, cadenos; génev. cadenar; ital.catenaecio; d’un bas-lat. catenacium, de catena,chaîne (voy. chaîne). Le provençal cadenat, et l’es-pagnol candado, anciennement cadenado, viennentde catenatum.

CADENASSÉ, ÉE (ka-de-na-sé, sée), part.passé.Une porte cadenassée. La chambre bien cadenasséePermettait de laisser l’argent sur le comptoir, lafont. Fabl . xii, 3.

CADENASSER (ka-de-na-sé), v. a. Fermer avecun cadenas.

— hist. xvi* s. Ifs avoient promis de cadenasseret barrer les portes des catholiques, Castelnau,p. 232.

— étym. Cadenas; génev. cadenater.

CADENCE (ka-dan-s’), s. f. || 1° Appui ou insi-stance de la voix sur les syllabes accentuées qui ter-minent les sections des phrases. Accourez, troupesavante ; Des sons que ma lyre enfante Ces arbressont réjouis; Marquez-en bien la cadence, boil.Ode sur Namur . || Dans la prose, dans les vers, lacadence n’est pas autre chose que le rhythme ou lenombre : seulement on y joint ordinairement l’idéed’une certaine douceur dans le style, d’un certainart dans l’arrangement des phrases ou dans le choixdes mots que le rhythme proprement dit ne supposepas du tout, jullien. Enfin Malherbe vint, et le pre-mier en France , Fit sentir dans les vers une justecadence, boil. Art p. i. Le style des Cantiques,hardi, extraordinaire.... affranchi des liaisons ordi-naires que recherche le discours uni, renferméd’ailleurs dans des cadences nombreuses qui enaugmentent la force, surprend l’oreille, saisit l’i-magination, émeut le cœur, boss. Hist. u, 3.|| Chute ou fin d’une phrase. Cadence harmonieuse.|| 2°Terme de musique. Terminaison d’une phrasemusicale sur un repos. Et marquer sur la lyre unecadence juste, boil. Épitr. viii. || Par extension, letrille, parce qu’on fait souvent un trille sur l’avant-dernière note d’un chant pour en annoncer la ter-minaison. Cadence perlée. Battre la cadence. En cesens, trille a remplacé presque complètement ca-dence. || Résolution d’un accord dissonant sur unaccord parfait ou consonnant. || Caractère de la mu-sique qui donne un sentiment vif de la mesure. Leterme plus exact est rhythme. || 3° Conformité despas du danseur avec la mesure marquée par l’instru-ment. Danser en cadence. Frapper la terre en ca-dence. Ajuster ses pas à la cadence d’un air, pasc.Div. 3. Holà ! ne pressez pas tant la cadence, mol.Préc. 1 3. || Cadence se dit aussi des mouvements quiont une certaine régularité, comme ceux des forge-rons, des rameurs, etc. De lourds marteaux

Qui tombent en cadence et domptent les métaux,delille , Énéide , vm. Un soir, t’en souvient-il ? nousvoguions en silence : On n’entendait au loin, surl’onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs quifrappaient en cadence Tes flots harmonieux, lamart.Médit, i, 13. Nous baisâmes tout, et les hommes etles femmes; la princesse me montrait le chemin, etje la suivais avec une cadence admirable, sév. 447.|| La cadence du pas, mesure qui règle le pas mi-litaire. || Fig. 11 faut aller au jour la journée ences diables de temps, et ne pas tant songer à la ca-dence, retz, iv, 232. Cela vient fort mal en cadenceavec la réponse de M. de Cambrai aux états d’o-raison de M. de Meaux, st-sim. 691 , 243. Monsei-gneur le duc de Bourgogne avait passé le Rhin ,le maréchal de Vauban partit de Paris en cadence[au même instant] et le joignit peu après, id. 122 ,88. La Vrillière envoie le chancelier chez le roi pour

lui demander la charge en cadence de Mme de Main-tenon [en même temps qu’elle], id. 77, 260.|| 4” Terme d’équitation. Mesure régulière que lécheval observe dans ses mouvements.

—HIST. xvi* s. La cadence [concomitance] detout cela fut que le roi de Navarre se meslant de saliberté l’obtint, et par mesmemoien la place, d’aub.Hist. m, 40. Trainantune jambe à la cadence delàteste, id. Fœn. 11 , 13.

— étym. Ital. cadema, de cadente, tombant, decadere, tomber (voy. choir).

CADENCÉ,ÉE (ka-dan-sé,sée), part, passé. || l°Sou-mis à une certaine cadence, c’est-à-dire ramenantà de certains intervalles des sons plus fortement ac-centués que les autres. || Terme de musique. Bien ca-dencé, bien rhythmé, où le mouvement se fait biensentir. || 2" Qui a, dans le style, le genre d’harmo-nie dit cadence. Une prose nombreuse et cadencée.Mais jeter ma colère en strophes cadencées ! Con-sumer tous mes jours en.stériles pensées! v. hugo,Odes , 11 , 4. Qu’il est doux de voir sa pensée En mè-tres divins cadencée! lamart. Harm. 1 , 1 .

CADENCER (ka-dan-sé), v. a. || 1° Donner delàcadence à ses phrases, à ses vers. Jadis la poésie enses pompeux accords.... Pour cadencer un vers quidans l’âme s’imprime, Sans appauvrir l’idée enri-chissait la rime, Gilbert, Le 18* s. Sur les flots

dormants se répand une voix, Une voix qui.cadenceune langue divine, lamart. Harm. iv, 14. || 2° Con-former ses mouvements à la cadence. Et vous, étoi-les.... Qui,cadençant vos pas à la lyre des cieux,Nouez et dénouez vos chœurs harmonieux, lamart.Méd. n, 8. || Le c prend une cédille devant a et 0 .

— ÉTYM . Cadence.

CADÈNE (ka-dè-n’), s. f. Chaîne de fer à laquelleon attachait les forçats. [| Vieux.

— HIST. xvi* s. Les mareschaux de camp qui Rai-nent cette cadene [bande de captifs] sont Ragot etdu Halde qui a pour estaffier l’heritier de Piene,d’aub. Fœn. iv, 20 . Les chrestiens perdirent dixhuict mille hommes, que morts, que mis à la ca-denne, id. Ilist. 1 , 148. Chacun admiroit de la voirmener à sa cadene [gouverner à son gré] de si

grands princes, id. ib. 11 , 422.Qu’il serait mis

à la cathene en danger d’y user le reste de ses jours,carloix, 1,4. Comme un forçat, infiniment fâchéD’estre longtemps en cadene attaché, Mille moyensde s’évader desire, am. jamyn , Poésies, p. 4 04,dans LACURNE.

— ÉTYM . Provenç. cadena , du latin catena (voy.chaîne).

CADENETTE (ka-de-nè-t’), s. f. Longue tresse quitombe plus bas que le reste des cheveux. Cheveuxen cadenettes. Elle met sous la toilette La dent et lacadenette, Le fard et la savonnette, perrin, Poésies,dans LACURNE.

— ÉTYM. Sous Louis XIII on appelait moustacheune grande mèche de cheveux qu’on laissait pendre ;lorsque M. de Luynes devint connétable, on fit ma-réchal de France son frère puîné, Honoré d’Albret,seigneur de Cadenet , très-recommandé par cettetouffe de cheveux dite moustache, qui, de lui, fuinommée cadenette.

CADET, CADETTE (ka-dè, ka-dè-t’ ; le t se lie : leka-dè-t et l’alné; l’s se lie îles ka-dè-z et les aînés),adject. || 1” Qui est né ou née après un autre frèreou une autre sœur, et aussi, absolument, le seconddes frères, la seconde des sœurs : fils cadet, fille ca-dette; de sorte que cadet se dit, d’une part, de tousles enfants qui viennent après l’aîné ou après lesecond enfant ou après le troisième, etc. et d’autrepart quelquefois, spécialement, de l’enfant quivient immédiatement après l’aîné : frère cadet,sœur cadette. Branche cadette d’une maison, c’est-à-dire branche issue d’un cadet. || 2° Substantive-ment. Un second lui succède [à l’alné] et se meten posture, Mais en vain ; un cadet tente aussi l’a-venture; Tous perdirent leur temps, la font. Fabl .iv, 18 . Un homme joue et se ruine; il marie néan-moins l’aînée de ses deux filles.... La cadette est surle point de faire des vœux, qui n’a point d’autrevocation que le jeu de son père, la bruy. 44. Onhonore en celui-ci les aînés, en cet autre les ca-dets, pasc. Conv. 2 . Son neveu n’était alors quecadet de famille, hamilt. Gramm. 7. Il n’était quecadet d’une maison fort ancienne, id. ib. 9. Je nesais quel gentilhomme qui ne vaut pas mieux quelui, et qui n’est pas maître en sa maison, étant ca-det des cadets, scarr. Rom. com. 2 * part. ch. 4 2. Uétait cadet, il fut destiné à l’Église, et on lui donnal’habit, qui assez souvent accoutume les enfants àcroire qu’ils y sont appelés, fonten. Louville. J® 0 ®sais si les égards des cadets pour les aînés étaien