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vuide [l’amphithéâtre à Rome ] remplis et environ-nez , depuis le fond jusques au comble, de soixanteou quatre vingts rengs d'eschelons, aussi de mar-bre, couverts de carreaux [coussins], mont, iv, 4 2.
— Étym. Picard, cariau, carieu; génev. canon,carreau de terre cuite; wallon , quarai; provenç.cairel; anc. catal. quadrel; espagn. quadrillo ; ital.quadrello; diminutif de quadrum, un carré (voy.cadre). Dans l’ancien français le nominatif singu-lier était carats, carets, prononcé carau, careu,et le régime était carel; c’est le nominatif qui estdevenu le mot moderne.
2 . CARREAU (kâ-rô), s. m. Terme de médecine.Affection des ganglions mésentériques, avec tumé-faction et dureté du ventre.
— étym. Ainsi dénommé à cause de la dureté duventre qui est comme un carreau.
-j CARRÉE (ka-rée), s. f. La carrée d’un lit, lacouronne où s’attachent les draperies et qui étaitordinairement un cadre en bois. || Ardoise d’Anjou .|| Châssis en bois garni d’une toile lacée qui occupele fond d’un cadre. || Terme de l’ancienne musique.Signe de durée représenté par un carré et qui valaitdeux rondes. La carrée s’appelait alors la brève, etla ronde la semi-brève.
CARREFOUR (ka-re-four), s. m. L’endroit où secroisent plusieurs rues, voies ou chemins. Le lieude la scène était pour l’ordinaire un carrefour d’uneforêt, BERN . de ST-P. Paul et Virg. Ce que lesbeaux génies de la Grèce ont trouvé par un derniereffort de raison s’enseigne aux carrefours de noscités, chateaub. Génie, i, vi, 6.... J’ai fui la villeaux muses si contraire, Et l’écho fatigué des cla-meurs du vulgaire; Sur les pavés poudreui d’unbruyant carrefour Les poétiques fleurs n’ont jamaisvu le jour, a. chënier, Él. 14. || Fig. Vous devezmarcher droit pour n’être pas berné; Et s’il fautque sur vous on ait la moindre prise, Gare qu’auxcarrefours on ne vous tympanise, mol. Éc. desfemmes, i, 1.1| Unlangage, des injures de carrefour,la langue des carrefours, se dit de propos grossiers.
— hist. xii* s. Et derompre [eux] à chevauxentre deux carrefors, Saxons, xxvu. Lors il onten un quarrefor Une dameisele trovée, la Cha-rette, 606 . || xm“s. Et crioit à. cescun quartfourdes rues, Chr. de Rains, 107. Et se li vallés nesont comandé, cil doivent aler en la place jurée àl’aigle, ou quarrefour des clians pour eus alouer,Lit), des mét. 132. Et li crieur tout ensemble doi-vent crier le vin le roi au mein et au soir par lesquarrefours de Paris , té. 26 . 11 fleutera nos parolesPar quarrefours et parescoles, Selon le langage deFrance , la Rose, 106778. Coustume est en moultde liex c’on fet crois de pierre ou de fust es quarre-fors des chemins ou en autres liex, beaum. xxv, 24.Le roy le fist volentiers, et les heberga en unerue appelée le quarrefour du Temple, qui ore estappelée la rue Sainte-Croix, joinv. 299. || xiv* s. LiRomain fesoient liz auci corne à reposer, à cois-sins et oreilliers, parmi les carrefours, pour hon-neur de leurs diex, bercheure, P 2 , verso. Droità un quarrefour, se l’histoire ne ment, Li salirentau dos quinze laron pullent, Beaud. de Seb. xi,ios. || xv* s. En villes et en carrefours, a. ciiartier,Espérance des trois vertus. || xvi* s. Adonc veis-siez par carrefours et places Gens se retraire....j. marot, v, 183. 11 n’y avoit place, canton, carre-four ni carroy qui ne fust garni ou d’un theatre oud’un arc, carl. iii, 20. Il y avait aux carrefoursde Rome des vaisseaux et demy-caves pour y ap-prester à pisser aux passants, mont, i, 372.
— étym. Bourguig. carrefor; provenç. carreforc;de quadrifurcus, qui a quatre fourches ou divi-sions, de quadri. qui a le même radical que quatuor,quatre (voy. quatre), et furca (voy. fourche). C’estle provençal qui montre que dans l’étymologie estfurca et non forum.
f CARRÉGER (ka-ré-jé), v. n. Terme de marine.Se dit dans la Méditerranée pour louvoyer. ■
CARRELAGE (ka-re-)a-j’), s. m. Action de carre-ler; le travail ou l’œuvre du carreleur.
4. CARRELÉ, ÉE (ka-re-lé, lée), part, passé.Pavé de carreaux. Une chambre carrelée.
f 2. CARRELÉ (ka-re-lé), s. m. Sorte d’étoffe desoie.
j CARRELÉE (ka-re-lée), s. f. Espèce de tortueterrestre.
CARRELER (ka-re-lé. Dire il carie, pour il car-relle, est une prononciation très-vicieuse qu’on en-tend souvent. Je carrelle, tu carrelles, il carrelle,nous carrelons, vous carrelez, ils carrellent; je car-
relais ; je carrelai ; je carrellerai ; je carrellerais ; car-relle; que je carrelle; que je carrelasse; carrelant),v. a. || 1* Paver avec des carreaux. || 2* Raccommo-der de vieux souliers.
— hist. xvi* s. Que le plancher soit quarrellô debriques, O. de serres, 134.
1. CARRELET (ka-re-lè), s. m. Poisson de mer,plat, blanc d’un côté et gris de l’autre, avec quan-tité de petites taches rouges. On l’appelle aussicarreau.
— HIST. xiv* s. Aicz des carrelets appareillés etlavés, Ménagier , n, 6. Quarrelets sont bons fris àla fleur [de farine], té. n, 5. ||xvi* s. Limandes,caxreletz, maigres.... hab. Pant. 279.
— ÉTYM . Carrel, carreau : poisson ainsi nomméde ses taches en carreaux.
2 . CARRELET (ka-re-lè), s. m. || 1° Filet de pêchequi est le même que le carreau ou l’échiquier.|| 2° Filet pour les petits oiseaux. || 3° Petit châssiscarré auquel on fixe un Manchet.
— ÉTYM . Carrel, carreau, à cause de la forme.
3. CARRELET (ka-re-lè), s. m. || 1° Grosse aiguilleangulaire du côté de la pointe. Carrelet de sellier,d’emballeur, etc. || 2* Épée dont la lame est à troiscarres. || 3° Outil pour ouvrir les dents des peignes.|| Petite lime qui n’a quo la moitié de la force ducarreau. || Carde sans manche à l’usage du chape-lier.
— ÉTYM . Carrel, carreau, à cause de la ressem-blance de forme avec un carreau d’arbalète.
CARRELETTE (ka-re-lè-f), s. f. Lime plate etfine.
— étym. Canelet 3.
CARRELEUR (ka-re-leur), s. m. || 1" Ouvrier quipose les carreaux. || 2° Savetier ambulant. Carreleurde souliers.
— hist. xvi* s. Les vignerons de S. Cloud, lescarreleurs de Ville-juifve, Sat. ilénipp. 80.
f CARREL1ER (ka-re-lié), s.m. Artisan qui fa-çonne et cuit des carreaux pour garnir le sol desappartements.
— étym. Carrel, carreau.
CARRELURE (ka-re-lu-r’), s. f. Ressemelage desvieilles chaussures. || Fig. Bon repas; ce qui faitdans le corps d’un homme quelque chose d’assimilépar plaisanterie à la carrelure d’une chaussure.Va-t’en vite; je vois bien que celte maladie reculerabien les noces. — Et c’est ce qui me fait enrager; jecroyais refaire mon ventre d’une bonne carrelure,et m’en voilà sevré, mol. le Médecin volant, 3.
— hist. xvi* s. Si le savetier avait cousu quelquecarrelure, ce singe s’en venoit jouer des coudescomme il avoit vu faire, desper. Contes, xxi.
CARRÉMENT (ka-ré-man), adv. D’une manièrecarrée, à angles droits. Tracer un plan carrément.|| Fig. et populairement, d’une manière décidée.Il refusa carrément.
— étym. Cané, elle suffixe ment.
CARRER (ka-ré), v. a. || 1° Donner une figurecarrée. Carrer un bloc de marbre. || 2° Terme degéométrie. Trouver le carré équivalent à une sur-face terminée par des lignes courbes. Le mathéma-ticien qui carre une courbe à double courbure,volt. Dial, xx ix, n. J’aime mieux votre Anti-Ma-chiavel que toutes ces courbes qu’on carre ou qu’onne carre pas, id. Letl. Pruss. 94. || Terme d’arith-métique et d’algèbre. Former le carré d’un nom-bre, d’une quantité, en les multipliant par eux-mêmes. || 8* Terme d’art militaire. Former unetroupe en carré. || 4° Se carrer, v. réfl. Se tenird’une façon qui annonce la satisfaction de soi, l’ar-rogance. Montrer ses belles dents, se carrer sur unpied, Régnier, Sat. vin. Cependant l’un des jeunesgens vêtit sa soutane et commença à se carrer avec,Francion, iv, 155. Dans ce penser il se carrait,Recevant comme siens l’encens et les cantiques,la font. Fabl . v, (4. Un jour que je me promenaiset me carrais dans les appartements, le sage, CilBlas, vii, 13. On l’a mille fois fustigé, Il se carreencor dans la boue, volt. Ép. 86. Sur un trônel’ennui se carre, Fier d’être encensé par des sots,bérang. Math. Bruneau. || 6’ X la bouillotte, unjoueur se carre, quand il s’assure de la priorité endoublant sa mise.
— ÉTYM . Provenç. cairar; catal. quadrar; espagn.cuadrar ; ital. quadrare; du latin quadrare, où leradical quadr est une forme de quatuor, quatre(voy. quatre).
CA R RICK (ka-rik), s. m. Sorte de redingote fortample qui a plusieurs collets ou un collet très-long.
CARRIER (ka-rié; IV ne se lie jamais; au pluriel
l’s se lie: des ka-rié-z actifs), s . m. Celui qui ex-ploite une carrière comme entrepreneur ou commeouvrier. Quand on dit à la barrière d’Enfer ; voilàles carriers de Montrouge qui descendent.... A. dumasLes mille et un fantômes, § I.
— HIST. xvi* s. Nous allasmes près d’une lieuedans lesdites carrières, estans conduits par deuxcarriers, palissy, 2 R«. Lors le carrier me dit queplusieurs fois il avoit trouvé de tels et autres ani-maux au profond des pierres, sans apparence d’au-cune ouverture, paré, xix, <9.
— ÉTYM . Quadi atarius , tailleur de pierres, dequadrare, donner une forme carrée (voy. carrer).
I. CARRIÈRE ( ka-riê-r’ ), s. f. || 1° Lieu fermé debarrières et disposé pour les courses. 11 excelle àconduire un char dans la carrière, rac. Brit. iv, 4.Quand pourrai-je, au travers d’une noble poussière,Suivre de l’œil un char fuyant dans la carrière? id.Phèd. I, 3. Aux athlètes dans Pise elle ouvre la bar-rière, Chante un vainqueur poudreux au bout de lacarrière, boil. A. poét. u. Je laisse aux plus hardisl’honneur de la carrière .ît regarde de loin assis surla barrière, m. ib. || Fig. Passer carrière, accepterI certaines conditions. Personal: n’avait été d’avis depasser carrière sur les énormes propositions quiavaient été faites à Torcy à la Haye, st-sim.238, 4 74. Portland voulut essayer de tout, et voirsi, n’en faisant plus une condition [du départ de Jac-ques de la France], puisqu’il avait passé carrière,et comblant le roi de prévenances et de respects, ilne pourrait pas obtenir ce fruit de ses souplesses,m. 54, (46. || Donner carrière, laisser le champ li-bre; se donner carrière, s’ouvrir un champ libre.Donner carrière à ses plaintes, à ses passions. J’a-vais franchi les monts qui bornent cet état, Et trot-tais comme un jeune rat Qui cherche à se donnercarrière, la font. Fabl . vi, 6. Pour peindre lesbeautés, cette éloquence se donnait carrière, ha-milt. Gramm. tl. || Familièrement. Se donner car-rière aux dépens de quelqu’un, le railler sans au-cune retenue. || 11 ouvrit et ferma la carrière, ilferma la carrière qu’il s’était ouverte, se dit d’unhomme qui, excellant dans l’art dont il fut le créa-teur, est resté sans rivaux. || 2” Terme de manège.La course que peut fournir un cheval sans perdre ha-leine. Ce cheval a bien fourni sa carrière. Donnercarrière à un cheval, lui lâcher la bride. Us avaientexigé du roi de Perse qu’il se tiendrait toujours éloi-gné des côtes de la mer de la carrière d’un cheval,montesq. Espr. xxi, 21 . || Sorte (te manège décou-vert, dans les haras. || Terme de fauconnerie. La car-rière de l’oiseau, qui est un espace d’environ soixantetoises qu’il est dressé à monter. || 3° Par extension,une course quelconque. Les navires qui partent pourfournir une longue carrière, mass. Prof. 2. ||4° Courseou cours des astres. Les planètes fournissant tou-jours la même carrière.... Le soleil étant au milieude sa carrière. Il voulait reculer les frontières deson empire jusqu’aux lieux où le soleil finit sa car-rière. Le dieu [le soleil|, poursuivant sa carrière,Versait des torrents de lumière Sur ses obscursblasphémateurs, le franc de pompignan, Odes , iii,i. || 6* Fig. Champ, espace où la vie se déploie ets’exerce, où les choses s’accomplissent, où les sen-timents se font jour. Qu’ils fassent un ouvrageRiche d’inventions, de sens et de langage.... Qu’ilsmontrent de leur eau, qu’ils entrent en carrière, Ré-gnier, Sat. îx. Et c’est mal de l’honneur entrer dansla carrière, corn. Bot. ii, 3. Sa faveur me cou-ronne entrant dans la carrière, m. Poly. iv, 3. Dieu ouvre une belle carrière à nos espérances, boss. i,Ânnonc. 2 . Moulin ouvre la carrière par cet anéan-tissement de tout acte, id. Or. 3. Vous n’entreprenezpoint une injuste carrière, rac. Baj. n, t. C’est paroù nous ouvrirons les instructions de celte saintecarrière [du carême], mass. Carême, Jeûne. Pour in-terrompre enfin une si affreuse carrière, id. Carême.Mot. de conv. 0 vous qui de l’honneur entrez dansla carrière, volt. Disc. 3. Lorsque Bossuet descenditdans la carrière, la victoire ne demeura pas long-temps incertaine, chateaub. Génie, i,i, 4. liafourni la carrière de plusieurs carêmes, boss.Bourg. 4. Il pourrait se vanter d’avoir fourni uneassez belle carrière, sév. 695. Je n’ai pas trop malcouru ma carrière, id. 698. On veut fournir toutela carrière, la bruy. 4 4. Vous laissez si peu de car-rière à mes sentiments qu’il faut malg'é soi se con-former à votre façon de penser, crêbillon, dansdf.sfont. Il a recommencé, pour ainsi dire, la car-rière de ses anciennes amours; sa première jeunesses’est écoulée une seconde fois dans nos entretiens,i. J. rouss. Hél. iv, 9. || 6° Le cours de la vie, letemps pendant lequel on exerce une charge, un em-