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cataracte, l’eau se précipite seulement d’un lieutrès-élevé en un bas-fond.
_HIST. xvi* s. Un jour, elevant mon luminaire,
j’aperçus les cataractes du ciel ouvertes, Romand'Alector, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Provenç. cataracta , bonde, vanne; ital.eaterata; du latin cataracta , cataractes; du grecxaxapàxxxiç, écluse, de xaxapàctreiv, faire irrup-tion en bas, de xavà, en bas, et p&aotiv ou ^<r-tmv, rompre (voy. rhagade, et comp. rompre).Étymologiquement, la cataracte est l’engin qui,rompant avec force, bouche unpertuis; on a passésans peine du sens de cet engin à celui de chuted’eau.
2 . CATARACTE (ka-ta-ra-kf), s. f. Terme dechirurgie. Opacité du cristallin ou de sa membrane,ou de la couche de Morgagni , opacité qui empêcheles rayons lumineux de parvenir jusqu’à la rétine,et qui cause ainsi la perte de la vue. On opère lacataracte par extraction ou par abaissement ou parbroiement : on extrait la cataracte en incisant lacornée et faisant sortir le cristallin; on l’abaisse enperçant le sclérotique derrière la cornée et abaissantle cristallin; on la broie en perçant la cornée avecune aiguille et broyant le cristallin. On a dit aussiabattre la cataracte pour l’abaisser. L’aveugle-né àqui M. de Réaumur vient de faire abattre la cata-racte, dider. Lett. s . I. aveugl.
— HIST. xvi* s. Abattre une cataracte, paré, In-trod. 2 . Cataracte ou coulisse : c’est une concrétiond’humeur entre la cornée et l’humeur crystalin;quand elle couvre la prunelle ou vient & s’endurciren l’uvée, elle est appellée maille, taye, bourgeon,id. xv, 6.
— ÉTYM. Bas-lat. cataracta , cataractus, cataractede l’œil et clôture. Cataracte ou coulisse, dit Paré :c’est en effet du sens de clôture, de coulisse quiferme, que le mot cataracte (voy. le précédent) apassé au sens d’opacité du cristallin.
CATARACTE , ÉE (ka-ta-ra-kté, ktée), adj. Termede chirurgie. Affecté de la cataracte. Un œil cata-raoté. Un homme cataracté des deux yeux.
t CATARACTER (SE) (ka-ta-ra-kté), V. ré fl. Êtreaffecté de cataracte, en parlant de l’œil. Les yeuxde ce malade se sont cataractés rapidement.
CATARRHAL, ALE (ka-ta-ral, ra-1’), adj. Termede médecine. De la nature du catarrhe. Des acci-dents catarrhaux.
CATARRHE (ka-ta-r’), s. m. Terme de médecine.Flux morbide par une membrane muqueuse. Ca-tarrhe pulmonaire, vésical, utérin. || Dans le lan-gage ordinaire, gros rhume.
— HIST. xv* s. Le mal du Roy [Charles VIII ] futun caterre ou apoplexie, com. vm, 20. || xvi* s.Le mauldissez, comme Cain filz d’Adam, Et ren-gregez d’ung si rudde caterre, Que abismé soit aucentre de la terre, J. marot, v, 64. Ceui du chas-teau si lourdement tiroient, Qu’il n’estoit tour quine vensist par terre : Lors Genevoys, doubtans quece quaterre Tumbast sur eulx, tindrent leur consis-toire, id. v, 29. Apostemes, catherres, fluxions,paré, ix , 2* dise. Aucuns l’appellent descente,rhume ou catarre, parce que le nom de goûte estodieux, id. xxi, 4.
— ÉTYM.Berry, caterre; provenç. catar; espagn.et ital. catarro; de catarrhus, de xaxàjSfoo;, dexaxà, en bas, et psïv, couler (voy. rhume); toutle xvii* siècle a prononcé caterre ; Chifflet en faitla remarque expresse.
CATARRHECTIQUE (ka-ta-rrè-kti-k’), adj. Termed’ancienne médecine. Qui a la vertu de rompre, dedissoudre.
— ÉTYM . Kaxa(5fi)xxixèç, de xaxà, et Maoeivrompre.
CATARRHEUX, EUSE (ka-ta-reû, reû-z’), adjTerme de médecine. Sujet aux catarrhes. La moivient de saisir le vieillard catarrheux, boil. Éptt. vLa fièvre au minois catarrheux, volt. Épitre xxxiiIl Quelquefois employé comme catarrhal. Une épidémie catarrheuse.
HIST. xvi* s. Ne plus ne moins que par untoux continuelle il contracte en son ame une disposition ulcereuse et catarreuse, amyot, Comm. refrener la coltre, 81 . Cette couleur et ce teinct vouprésagent quelque defluxion catarrheuse, montII, 212.
ÉTYM . Catarrhe. On disait catereux au xvii* siècle. Elle n’a pas seize ans, et vous êtes fort vieuxMe se porte bien, vous êtes cathereux, regnardFol. amour, ii, 2 .
t CATARRHtNIN (ka-ta-rri-nin), s. m. Les ca
tarrhinins, nom donné aux singes de l’ancienmonde, à cause qu’ils ont les narines rapprochéeset la cloison du nez très-mince.
— ÉTYM . Kaxà, contre, et £iv, nez.t CATARTISME (ka-tar-ti-sm’), s. m. Terme dechirurgie. Ancien synonyme de réduction, en par-lant des luxations et des fractures.
— ÉTYM . Kaxapxiffpôç, de xaxà, et àpxfÇw, disposer,t CATASTASE (ka-ta-sta-z’), s. f. || 1» Terme delittérature ancienne. Partie d’une pièce de théâtreoù le nœud de l’intrigue est dans toute sa force.|| 2* Terme de médecine. Constitution de l’année parrapport aux maladies. || Peu usité.
— ÉTYM . Kaxàaxam;, constitution, de xaxà. en,et oxàaip, action de fixer (voy. stase).
ï CATA STATIQUE (ka-ta-sta-ti-k’), adj. Termede médecine. Maladies catastatiques, maladies quirégnent spécialement pendant une catastase, c’est-à-dire pendant certains états atmosphériques.
CATASTROPHE (ka-ta-stro-f), s. f. ||1° Renver-sement, grand malheur, fin déplorable. Ce trem-blement de terre fut une épouvantable catastrophe.Nous touchons à la catastrophe. La vie de Jules Cé-sar se termina par une étrange catastrophe. Allonsvoir allumer le bûcher d’Hercule , et représenter sacatastrophe sur le mont Œta, d’ablanc. Lucien,t. H, Amours, dans richelet. || 2° Par extension,le dernier et principal événement d’une tragédie,d’un drame. Catastrophe habilement préparée. Lepoème tragique vous mène par les larmes, par lessanglots, par l’incertitude, par l’espérance, par lacrainte, par les surprises et par l’horreur, jusqu’àla catastrophe, la bruy. i.
— hist. xvi* s. La fin et catastrophe de la comé-die approche, rab. Pant. rv, 27. Tout le parcoursde cette concion fut un amas bien choisi de lieuxcommuns, la catastrophe tombant sur les décimés etfranchises de l’eglise, et achevant par spécieusesprotestations, d’aub. Hist. i, 407. Pour catastropheet closture de l’enter, convient affermir, au nouveauente, des paisseaux pour.... o. de serres, 664.
— ÉTYM . KaxaoxpoipYi, retour, tournure, issue,de xaxà, sur, et axpoçn, tour (voy. strophe).
f CATAU (ka-tô), s. f. Fille de ferme ou d’au-berge. || Fille malpropre et de mauvaise vie.
— ÉTYM . Abréviation populaire de Catherine.f CATÉCHÈSE (ka-té-chè-z’), s. f. Instructionorale sur les choses de l’Eglise, par demandes et parréponses. Le lait que cet auteur interprète la caté-chèse [dit être la catéchèse], boss. Nouv. myst. 47.Eusèbe dit qu’Origène faisait des catéchèses, et ilappelle le lieu où il faisait ses instructions, son école,
FÉN. Il, 4 30.
— ÉTYM . Kaxnxnui?, instruction, de xaxà, contre,et ^x T ) <7l t> bruit, retentissement, de xiX e ‘ v > faire dubruit (voy. écho) : mot à mot, bruit alternatif (pardemandes et par réponses).
+ CATÉCHÈTE (ka-té-chè-t’), s. m. Celui qui ff.itla catéchèse. || Nom, dans quelques églises des pie-miers temps, d’un certain ordre d’instructeurs.
•f CATÉCHÉTIQUE (ka-té-ché-ti-k’), adj. Termedidactique. Qui a rapport à la catéchèse, et, en gé-néral, à l’enseignement oral. Ces studieux jeunesgens s’efforçaient de traduire en paroles catéchéti-ques les paroles brillantes, semées naguère d’unechaire plus élevée, cournot, Discours, Revue del’instruction publique, 22 nov. 4860.
t CATÉCHISATION (ka-té-chi-za-sion), s. f. Ac-tion de catéchiser.
CATÉCHISÉ, ÉE (ka-té-chi-zé, zée), part, passé.Les infidèles catéchisés par de fervents apôtres. || Fa-milièrement. Voilà un gaillard fraîchement caté-chisé, c’est-à-dire il ne sait son rôle que depuis peu,il le joue mal, on ne lui a pas a^sez fait la leçon.|| Ah 1 c’est un nouveau catéchisé, il n’y a zèle quede nouveau catéchisé, c’est-à-dire cet homme, ayantchangé de parti, agit sans retenue pour donner desgages. _
CATÉCHISER (ka-té-chi-zé), v. a. || 1* Initier à lafoi chrétienne. Catéchiserles infidèles, lesignorants,les enfants. Leur législateur [des évêques] fut unpauvre qui catéchisa des pauvres, volt. Mœurs, 4 2 .
11 2° Fig. Donner à quelqu’un toutes les raisons qu’onpeut imaginer pour qu’il croie ou fasse quelquechose. Vous avez beau me catéchiser, je n’en croi-rai, je n’en ferai rien. || 8° Styler quelqu’un, lui dired’avance ce qu’il faut qu’il fasse ou qu’il dise. On l’acatéchisé ; il est impossible d’en rien tirer. Catéchi-sez votre homme si vous voulez qu’il réussisse danssa mission. ||4* Familièrement, chapitrer, gronder.Il a été rudement catéchisé pour son étourderie.
— HIST. xvi* s. Un maçon le voyant à table et |
ayant bien catéchisé sa mémoire pour le recon-noistre.... d’aub. Fœn. m, 48 .
— ÉTYM . Provenç. cathezizar; espign. catequi-zar; ital. catechizzare; du latin catechèsare; de xa-rqyiÇeiv (voy. CATÉCHÈSE ).
CATÉCHISME (ka-té-chi-sm’), *. m. || 1* Explica-tion, par demandes et par réponses, de la croyance etdes usages de la religion chrétienne . Faire le caté-chisme. Aller au catéchisme. || Le livre qui contientcette explication. Enseigner, réciter le catéchisme.Savoir, dire son catéchisme. Il a déchiré son caté-chisme. || Dire une chose comme son catéchisme, ladire d’une façon routinière. N’allez pas lui dire celafroidement commeson catéchisme, 1 . 1 . rouss. Ém. iv.|| 2° Par extension, exposition abrégée, par demandeset réponses, ou autrement, de quelque science. Caté-chisme d’économie politique. || F’ig. Comptez-vouspour peu de chose que les découvertes de Newtonsoient devenues le catéchisme de la noblesse deMoscou ? volt. Dialogues, xxiv,7. ||3° Leçon pourmettre au fait, pour endoctriner. On lui a fait le ca-téchisme. C’est un catéchisme qu’il nous débite là.Il sait son catéchisme. || 4* Remontrances. Ennuyéde vos longues morales, de vos étemels catéchismes,j. j. rouss. Ém. iv. || 8° Familièrement. Catéchismepoissard, recueil de propos grossiers. || Ces proposeux-mêmes qu’on débite.
— ÉTYM. Génev. catéchime; wallon , catrusème,du latin catechismus ; du grec xaxr,xwp.o; (voy.
CATÉCHISTE (ka-té-chi-st’), s. m. et f. Celui, cellequi enseigne le catéchisme, qui fait le catéchismeaux enfants. Dona Marina était la catéchiste [desMexicains], volt. Hœurs, 447.
— étym. Cateehisla, de xatnix^vn? ( v °y- caté-chèse).
f CATÉCHUMÉNAT (ka-té-ku-mé-na ; le t ne selie pas), s. m. Etat de catéchumène. L’église primitivevoulait trouver en ses catéchumènes des hommesrepentants de leurs crimes passés, et instruits desdevoirs qu’ils avaient à remplir envers Dieu etleur prochain; ce fut l’origine de l’institution ducatéchuménat.
— étym. Catéchumène.
CATÉCHUMÈNE (ka-té-ku-mè-n’), s. m. et f.Personne qu’on instruit pour la disposer au bap-tême. Les premiers rayons de la foi forment descatéchumènes, fléch. Âig. Le corps des chrétiensse distinguait en croyants ou fidèles, et catéchu-mènes, chateaub. Génie, iv, m, 2.
— ÉTYM . Catechumenus, de xaxrixoé|j.evo;, celuiqu’on instruit du catéchisme, proprement, celuiqui reçoit l’enseignement donné par le catéchiste,de xaxrixsïv, instruire (voy. catéchèse).
f CATÊGORÉMATIQUE (ka-té-go-ré-ma-ti-k’’),adj. Qui est de la nature du catégorème. Un pèreou un frère se retirent men plus contents lorsquel’écolier distingue entre l’infini catégorématique etl’infini syncatégorématique, bayle, article Zénon ,rem. G. Il y a une différence essentielle entre caté-gorématique et syncatégorématique, volt. Dial.XXIV, 40.
+ CATÉGORÈME (ka-tê-go-rè-m’), s. m. Termede la philosophie aristotélicienne. Qualité qui faitranger un objet dans telle ou telle catégorie.
— ÉTYM . KaxriY6pYl(i“ (VOy. catégorie).
CATÉGORIE (ka-té-go-rie), s. f. || 1° Terme delogique. Un des chefs généraux sous lesquels nousrangeons toutes nos idées. La catégorie de la sub-stance, de l’accident, etc. Aristote établit dix ca-tégories. Les catégories de l’école péripatéticiennesont les prédicaments des scolastiques. Les dix ca-tégories sont la substance, la quantité, la qualité,la relation, le lieu, le temps, la situation, avoir,agir et pâtir, c’est-à-dire, comme le remarquenttrès-bien MM. de Port-Royal, qu’il [Aristote ] -avoulu réduire à dix classes tous les objets de nospensées, en comprenant toutes les substances dansla première et tous les accidents dans les neuf au-tres, d. detracy, Logique, dise, préliminaire. Onregarde ces catégories comme une (ÿiose établiesur la raison et sur la vérité, au lieu que c’est unechose tout arbitraire et qui n’a de fondement quel’imagination d’un homme, Id. ibidem, p. 22 , édi-tion 4 825. Aristote est le premier philososophe qui aitinventé des catégories où les idées viennent seranger de force, chateaub. Génie, i, iv, 2. || 2° Dansle langage général, toute classe où l’on range lesobjets de la même nature. Établir des catégories. Il ya dans la boucherie plusieurs catégories de viandes.
Il 3° Par extension, nature, espèce. Ces deux chosesne sont pas de même catégorie || Fig. Ces gens-làsont de même catégorie, c’est-à-dire ils ne valent