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CATHOLIQUEMENT (ka-to-li-ke-man) ; adv. Con-formément à la foi catholique.
— HIST. xvi* s. Le roi de Navarre mourut fort ca-tholiquement et chrestiennement à Andelys , quel-ques jours après sa blessure, palma cayet, dans leDiet . de dochez. Mais ceux qui furent mis ce jour làhors de la ville plorerent catholiquement [universel-lement], pour avoir esté despossedez de l’estape desplus délicieux vins de la France , lanoub, 665. Lesdames de Poissy [religieuses] qui vivent très catho-liquement, d’aub. Fœn. iv, ta. La Sorbonne sçaitplus de latin, et boit plus catholiquement que leconsistoire de Rome, Sat. Ménipp . 46.
— ÉTYM . Catholique, et le suffixe ment.
t. CATI, LE (ka-ti, tie), port, posté de catir. Desétoffes caties.
2 . CATI (ka-ti), t.m. Apprêt qui donne du corpset du lustre aux étoffes. Il [le marchand] a le cati etles faux jours, afin de cacher les défauts de sa mar-chandise, LA BBOY. VI.
t CATICHE (ka-ti-ch’), ». f. Terme de chasse. Trouoù se cachent les loutres et les autres amphibies,sur les bords des rivières et des étangs.
_HIST . xiii* s. Les castiches des ponts ki sunt à
Amiens seur le [la] riviere de Somme , du cange,castieia. Li maire et h esquevin d’Amiens pueentet porront dès ore en avant castichier ou faire cas-tichier et refaire le [la] castiche dès l’entrée dupont du kay, in. ib. || xiv* s. Un pont de grez ou depierre, descendant à le [la] castiche, par laquelleon va de Bassecoin as prez des dits religieux, id. ib.|| xv* s. Sera tenu le dit fermier de retenir bien etsouffisamment les castices de le [la] riviere, depuisBonnay jusques à Corbie, in. ib. Retenir et reparerles chaussées et cathiches estans autour et à l’en-viron du pays, id. ib.
— ÉTYM . Bas-lat. castieia, d’une origine in-connue , la présence de l’s dans la forme ancienneempêchant de rattacher ce mot à catir, qui a vouludire cacher.
-] CATILINA (ka-ti-li-na), a. m. Conspirateur,perturbateur. Des catilinas imberbes. Le petit Cati-lina , sobriquet du cardinal de Retz en <648, ne-mours, Mém. p. 45, dans lacurne.
— ÉTYM. Catilina , auteur d’une vaste conspira-tion que Cicéron fit échouer.
\ CATILINAIRE (ka-ti-li-nê-i”), s. f. Nom de qua-tre harangues prononcées par Cicéron contre Ca-tilina . || Fig. et d’une manière générale, sortie véhé-mente, discours très-vif contre quelqu’un.
t CATILLAC (ka-ti-llak ou plus souvent ka-ti-11a), CATILLARD (ka-ti-llar, Il mouillées), s. m.Poire d’hiver bonne à cuire.
CATIMINI (EN) (ka-ti-mi-ni), loc. adv. En cachette.S’approcher, faire quelque chose en catimini. Termefamilier.
— HIST. xrv* s. S’il venoit en catimini chevaucherparmy les bois, et adviser Cherbourg de plus près, poursavoir si l’on pourrait mettre le siégé devant, froiss.Livr. n, p.35, dans lacurne. || xvi’s. Et si quelqu’undes plus espagnolisez a quelques doublons, et reçoitquelque pension du légat à catimini, Sat. Ménipp . 82 .
— ÉTYM . Dans ce mot singulier, la syllabe minifait tout d’abord soupçonner qu’il y a une corrup-tion; en effet brouillamini, où elle figure, est lacorruption, dans la bouche desmaréchaui, de bolusarménien. , sorte d’emplâtre, qu’une corruption sub-séquente , agissant par assimilation , rapprocha ,par le sens, du verbe brouiller. Quelque chose depareil est arrivé ici ; catamini a signifié les mens-trues des femmes, du grec xataprivia (voy. cata-ménial); en voici des exemples : Les femmes ayantleur catamini peuvent obfusquer et éblouir la clartédumiroire, Bouchet, Serées, liv. m, p. 2<3, danslacurne. Les larrons sont en horreur aux abeilles,aussi bien que les femmes qui ont leur cataminy,ib. liv. n, p. 42; une femme qui a son cataminy,ib. p. <70. Les femmes cachant avec soin cet état,catamini, ou par altération catimini, a pu prendrele sens de cachette, mystère, d’autant plus facile-ment qu’une de ces assimilations qui tendent sifort à la confusion des mots aura vu dans cala oucati, soit le verbe cottr, qui a eu le sens de cacher,soit cat, dit en picard pour chat.
<• CATIN (ka-tin), s. f. || 1* Nom de fille et sur-tout de fille de la campagne, abréviation de Cathe-rine. On dit aussi Catiche. Dans ce hameau, je voisde toutes parts De beaux atours mainte fillette or-née; Je gagerais que quelque jeune gars AvecCatinunit sa destinée , deshoulières , Bail, sur la né-cessité d’un peu de fortune quand on se marie.
|| 2° En mauvaise part, et dans un langage un peulibre, femme de mauvaises moeurs. Puisqu’elle estde si grande qualité, pourquoi s’est-elle fait catin?sév. 218 . L’une bégueule avec caprices, L’autredébonnaire et catin, volt. Roi de Prusse, 26 . Cetteliberté mitigée N’étant ni prude, ni catin, id. Ép.3<. Demoiselle Labuté, comédienne assez médiocre,mais assez jolie catin, id. Lett. vers.... 22 . Quandmême des catins la colère unanime Sans pitié m’ôte-rait l’honneur de leur estime, gilb. Apologie.y ouicroyez, monsieur et cher abbé, que je vais vousparler de moi, de nos académies et de nos coulisses,de nos acteurs, de nos catins et de nos auteurs,dider. Lett. à Galiani .
— ÉTYM . Abréviation populaire de Catherine, Ca-tharina, nom propre qui dérive de xaêapoç, pur.
2 . CATIN (ka-tin), s. m. Bassin qui sert à rece-voir un métal fondu.
— étym. Catinus, bassin, plat.
CATIR (ka-tir), ». a. Lustrer une étoffe. Catir dudrap, à froid, à chaud. || Appliquer l’or dans lesfilets d’une pièce à décorer. || Se catir, ». ré/l. Etrecati. Ces sortes de draps ne se catissent pas bien.
— hist. xii* s. Se tant poit [peut] faire et Bernieret Geris Que il se fussent en cel bruellet [petit bois]quaitis [cachés], R. de Cambr. p. 247. || xiv* s.....D’escuierz jusqu’à dix Mena aveeques lui, etoilésa quatis En un petit bosquet, Baud. de Seb. vi, 364.
— ÉTYM . Norm. se catir, se tapir; provenç. quait,tapi, caché; espagn. cacho, serré; ital. qualto,même sens; du latin coactus, pressé, serré, d’oùdérive aussi cacher (voy. ce mot). Catir, autrefoisd’un usage général, n’est resté dans la langue quecomme terme de métier.
f CATISSAGE ( ka-ti-sa-j’) , s. m. Opération parlaquelle on donne le lustre à une étoffe.
CATISSEUR (ka-ti-seur), s. m. Ouvrier qui donnele cati aux étoffes.
f CATISSOIR (ka-ti-soir), ». m. Outil du doreur.
f CATISSOIRE (ka-ti-soi-r’), ». f. Petite poêle oùl’on met du feu pour catir les étoffes.
CATOGAN (ka-to-gan) ou CADOGAN (ka-do-gan),». m. Noeud qui retrousse les cheveux et les attacheprès de la tête. Le catogan n’est plus de mode.
— étym. Cette dénomination, qui ne se trouvepas dans les anciens dictionnaires, est dérivée deCadoghan, général anglais au service de la reineAnne, mort en 1726.
<. CATON (ka-ton), ». m. Homme d’une verturigide ou qui en affecte les airs. M. Bignon, avocatgénéral, et le Caton de son temps, retz, iv, <85.11 [Montrésor] avait la mine d’un Caton, mais iln’en avait le jeu, retz, dans le roux de uncy,Proverbes, t. n, p. 3<. Tu fais ici le Caton de Nor-mandie , hamilt. Gram. ». S’étant retiré de certainesparties trop gaillardes, sang faire le Caton, sans sefaire haïr, sév. 406. Vous êtes le seul sage et le seuléclairé, Un oracle, un Caton, dans le siècle oùnous sommes, mol. Tart. 1 , a. Oui, devant ce Catonde basse Normandie , Ce soleil d’équité qui n’estjamais terni, rac. Plaid, ni, 3.
— HIST. xvi's. Aussi appelloit on communément,par maniéré de mocquerie, Catons, ceulx que l’onvoyoit graves et severes en paroles et en faictdesordonnez et vicieux, amyot, C. d’Utiq. 10.
— ÉTYM . Cato, nom du célèbre Romain qui sedonna la mort à Utique . Ce mot vient de catus, aupropre, aigu; au figuré, avisé, fin, habile.
| 2 . CATON (ka-ton), s. m. Tringle de fer qu’onforge à bras pour la passer à la filière.
\ CATONIEN, IENNE (ka-to-niin, niè-n’), adj.Qui a le caractère d’un Caton. Rigidité catonienne.
f CATONISME ( ka-to-ni-sm’ ), ». m. Caractèred’un Caton. Cette petite Vénus en abrégé [Mme deChoiseul] me paraît un Caton pour les sentiments,et son catonisme est plein de grâces, volt. Lett.Mme du Deffant, <9 janv. <77<.
CATOPTRIQUE (ka-to-ptri-k’), adj. Il 1* Terme dephysique. Qui a rapport à la réflexion de la lumière.Télescope catoptrique. || 2° S. f. Partie de la physi-que qui traite de la lumière réfléchie, de la direc-tion que suit la lumière lorsqu’elle rencontre unesurface polie. Très-utiles pour la théorie de la ca-toptrique, desc. Gëom. 2 . Combien les anciens sesont abusés en leur catoptrique, id. Diopt. 6. Ceprincipe [l’égalité des angles d’incidence et de ré-flexion] est le premier fondement de tous les mys-tères de la catoptrique, volt. Newt. u, 4,
CAI]
— ÉTYM . Katoitipixoi;, de xàxoxxpov, miroir, dexavà, dans, et ôxvecôai, voir (voy. optique).
f CATOPTRIQUEMENT (ka-to-ptri-ke-man), adv.Au moyen d’une réflexion de la lumière.
— ÉTYM . Catoptrique, et le suffixe ment.
f CATOPTROMANCIE (ka-to-ptro-man-sie), s. f.Espèce de prétendue divination qui se fait en re-gardant dans un miroir.
— ÉTYM . KâTOirrpov, miroir (voy. catoptrique),et le suffixe mancte.
f CATTEUX (ka-teû), ». m. pl. Terme de droitcoutumier du nord de la France . Objets considéréscomme meubles bien qu’adhérents au sol. Catteuxverts, les arbres. Catteux secs, les bâtiments.
— ÉTYM . Plur. de cattel, chaptel, le même quecheptel.
f CATUS (ka-tu), ». m. Cas, aventure. S’étantfait raconter derechef Tout le catus, la font. Psaut.Inusité.
— ÉTYM . Corruption badine du mot cas.
t CAUCAL1DÊE (kô-ka-li-dée), ». f. Terme debotanique. Tribu de la famille des ombellifères dontle type est le genre caucalis.
— ÉTYM . Latin, caucalis; grec, xauxaXiç.
f CAUCASIEN, IENNE (ké-ka-ziin, ziè-n ’),adj. Quiappartient au Caucase, chaîne de montagnes d’Asie .Race caucasienne, nom donné à la race humaineblanche, supposée issue du Caucase et des environs.
f CAUCHE (kô-ch’), ». f. Terme de pêche. Anseoù les aloses se tiennent pendant la chaleur du jour.
CAUCHEMAR (kô-che-mar), ». m. j| 1" Senti-ment d’un poids incommode sur la région épigas-trique, pendant le sommeil, avec impossibilité dese mouvoir, de parler, de respirer; état qui finitpar un réveil en sursaut après une anxiété extrême.Avoir le cauchemar. || 2” Par extension, tout rêveeffrayant. Ma nuit a été troublée par des cauche-mars horribles. || 8* Fig. Pensée affligeante ou ef-frayante qui nous poursuit sans cesse et dont nousne pouvons nous débarrasser. Vous tirez mon âmeendormie Du cauchemar des mauvais jours, bërang.Cinquante ans. Toujours ce cauchemar I mon amourn’est donc pas assez puissant pour vous guérir devotre folie? ch. de bernard, le Persécuteur, § 4.|| Homme qui pèse sur nous d’une façon quelconque,mais très-importune. Cet homme-là est mon cauche-mar, bavard et jaime, le Réveil du lion, il, 7. || Ondit aussi : Cet homme donne le cauchemar.
— HIST. xvi* s. Démons, cacodemons, incubes, suc-cubes, eoquemars, gobelins, lutins, pare, xix, 26 .
— ÉTYM . Wallon, chaukemar; rouchi, cauque-mar; coquemar, dans Paré; d’un ancien verbe cou-cher, qui existe dans le picard cauquer, le bourgui-gnon côquai, et qui signifie presser; provençal ,calcar; ital. calcare; du latin calcare , fouler (voy.chausses) ; et d’un mot germanique mar, démon, in-cube , allemand Nacht-mar, anglais nighl-mare, in-cube de la nuit. Dans le languedocien le cauchemarse dit chaouche-vielio, la vieille qui presse; Paré l’anommé, entre autres, chauche-poulet.
f CAUCHER (kô-ché), ». m. Assemblage de feuillesde vélin dans lesquelles on enferme l’or battu.
— ÉTYM Coucher, ancien verbe, signifiant pres-ser, serrer (voy. cauchemar).
CAUCHOIS, OISE (kô-chol, choî-z’), adj. Qui estdu pays de Caux. Pigeon cauchois, gros pigeon deCaux en Normandie . En lapins de garenne érigernos clapiers, Et nos pigeons cauchois en superbesramiers, boil. Sat. m. |] Coiffe cauchoise, sorte decoiffure très-élevée que portent les femmes de ce pays.
— ÉTYM . Caux, de Caletes, nom du peuple gau-lois qui habitait cette contrée.
f CAUDAL, ALE (kê-dal, da-1’), adj. Terme dezoologie. Qui appartient à la queue. Nageoire cau-dale, nageoire placée à la queue des poissons, et,par ellipse, substantivement, la caudale.
CAUDATAIRE (kô-da-tê-r’), ». m. || 1* Celui qui
porte la queue de la robe d’un cardinal. || Adjective-ment. Gentilhomme caudataire. || 2° Homme qui sefait valet, obséquieux à l’excès, prêt à porter laqueue, s’il faut, de celui qu’il flatte.
— étym. Caudatarius, de cauda, queue (voy. c*mot).
f CAUDÉ, ÉE (kô-dé, dée), adj. || 1*Terme d’his-toire naturelle. Qui a une queue. || 2“ Terme de bla-son. Étoile caudée. Comète caudée.
CAUDEBEC (kô-de-bèk), ». m. Espèce de chapeaude laine.Et chez le chapelier du coin de notre place,Autour d’un caudebec j’en ai lu la préface, boil.Ép. vi. Ce qu’il a perdu, son étui, sa tasse, son cau-debec, sév. 208 . vieux.