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Tome premier. A - C.
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CET)

MAI.H. H, <2. Nous n’avons point d’amis qui ne cèdentau nombre, corn. Sert, v, 5. On dira que je cède à ladifficulté, mol. VÉtour. m, 4, Un homme dont lecorps a cédé aux tourments, boss. Hist. n , 4 2 . Prince,sans l’irriter, cédons à cet orage, rac. Brit. m, 8.Je suivais mon devoir et vous cédiez au vôtre, id.Andr. iv, B. Son téméraire orgueil, que je vais re-doubler, Croira que je lui cède et qu’il m’a fait trem-bler, id. Iph. iv, 8. Le roi de son pouvoir se voitdéposséder, Et lui-même au torrent est contraint decéder, id. ib. v, 3. Aux cris d’un vil oiseau vous cédezsans combat, boil. I.utr. ni. Deux fois, en grandpolitique, ce judicieux favori sut céder au temps ets’éloigner de la cour, boss. leTellier. Poussin, rap-pelé de Rome à Paris , y céda à l’envie et aux cabales;il se retira, volt. Louis XIV , Peintres. || Absolument.A la fin il céda. Tu céderas, ou tu tomberas sous cevainqueur, Alger , riche des dépouilles de la chré-tienté, boss. Harie-Thér. Du moins s’il faut céder....rac. Mithr. m, I. L’univers a cédé; cédons, moncher Zamore, volt. Als. n, 4. ||6° Dans le mêmesens, en parlant des choses. Tout cède à un travailopiniâtre. Comme j’ai fait céder mon amour au de-voir, corn. Cid, v, 6. Je sais ta passion et suis ravide voir Que tous ses mouvements cèdent à ton de-voir, corn. Cid, n, 2 . Enfin ma bonté cède à majuste fureur, m. Poly. v, 3. Leur vaine amitié cèdeà leur politique, id. Nie. iv, 8. Ma générosité cèdeenfin à sa haine, id. tb. m, 4. Peu savent, commevous, s’appliquer ce remède [la patience], Et dansleur intérêt [affliction], toute leur vertu cède, id.Hor. v, 2 . La constance du pape Libère cède aux en-nuis de l’exil, boss. Hist. i, 4 4. Je vois que la raisoncède à la violence, rac. Phèd. n, 2 . Et que me direz-vous qui ne cède, grands dieux! X l’horreur de vousvoir expirer à mes yeux, id. ib. i, 3. Dont la beauténe cédait qu’à celle d’Achille , fén. Têl. xx. Que l’éclatde l’ancien temple céderait à la majesté du nouveau,mass. Hyst. Nouvelle vie. Ce nom si redoutable à quitout autre cède, volt. Tanc. u, i. Dès sa premièrejeunesse, tout cédait aux lumières de son esprit,boss. le Tellier. Tout devait céder à ses désirs fou-gueux, fén. Tél. n. || 6° Se reconnaître au-dessousde quelqu’un, et aussi être au-dessous de quelqu’un.Et comme ses rivaux lui cèdent en mérite, corn. D.Sanch. i, 4. Les Gaulois ne leur cédaient pas encourage, boss. Hist. iii, 6. Le roi ne cédait à per-sonne ni pour la taille ni pour la mine, hamilt.Gramm. e. Elle ne cède point à la reine pour com-munier souvent, sêvig. 444. Il aurait été tenté denous regarder comme des intelligences supérieures,s’il n’avait éprouvé combien nous lui cédions àd’autres égards, dider. Lett. s. I. aveugles. || On ditaussi le céder, dans le même sens. 11 le cède enhabileté à son frère. Il ne le cède à personne envertu. L’Académie ne donne pas cette tournure ; maiselle est continuellement employée, et, à l’historique,on voit qu’Amyot s’en est servi. || 7" Être diminué,en parlant d’un mal physique, cesser. La violencedu mal ne cédant pas aux remèdes. Quand la dou-leur vient à céder. Le mal paraissait céder.

— HIST. xvi* s. Je luy cede la mestairye de lapomardiere, à perpétuité, rab. Car. i, 32. Si les en-nemis ne cedent et viennent à accord, mont, i, 25.En presence, toutes choses luy cedent; mais.... id.n, 80 . La commodité particulière doibt ceder à lacommune, id. ii, 87. Ces ouvrages montrent qu’ilsne nous cedoient non plus en l’industrie, id. iv, 4 8.Hz refusèrent tous le tripié, et le cederent en tourles uns aux autres par une honneste humilité, amyot,Solon , 7. Il ne le cedoit en bonté d’entendement ànul d’eulx, id. Sertor. 4 .

— ÉTYM . Espagn. ceder; ital. cedere; du latin ce-dere, proprement, aller, puis s’en aller, et, finalement,céder.

CÉDILLE (sé-di-ll*, Il mouillées, et non pas cé-di-ye), s. f. Signe en forme de c retourné qu’on metsous le c suivi d’a, o, u, afin qu’il soit prononcécomme s : çà et là, glaçon, reçu.

— ÉTYM . Espagn. cedilla ; ital. iediglia; diminutifde sêta, nom du s en grec; la cédille a été ainsinommée, parce que, d’ordinaire, pour donner aue le son de l’s, on écrivait ci : lecion pour leçon.

CÉDRAT (sé-dra), s. m. Fruit du cédratier ou ci-tronnier médique. Cédrat confit. Essence de cédrat.On ne doit servir un plat à son hôte que pour qu’ilen mange, et il est fort injuste de se brouiller aveclui parce qu’il aura entamé un cédrat qu’on lui auraprésenté, volt. Utt. d'Autri, 6 sept. 4 765. || Cédratou cédratier, arbre de la famille des aurantiacées,originaire de Perse et de Médie {citrus medica, L .),aussi appelé citronnier des Juifs.

— HIST. xvi* s. Par sus tous ses compagnons, le

cedriac [espère de limon] ainsi appelé en Provence ,est le plus propre à recevoir les escussons des autres,

o. DE SERRES , 714.

— ÉTYM . Ital. cedrato, cédrat, proprement ci-tronné, c’est-à-dire assimilé au citron, de cedro,citron (voy. citron).

f CÉDRATIER (sé-dra-tié), s. m. Voy. cédrat.

4 . CÈDRE (sè-dr’), s. m. || 1° Nom d’un genre d’ar-bres conifères, dont le plus connu, très-grand, estle cèdre du Liban (larix cedrus, L.), et qui donneun bois très-résistant aux causes de destruction.Poudre de cèdre. Crayons à gaîne de cèdre. Tem-ple, renverse-toi, cèdres, jetez des flammes, rac.Ath. m, 7. Liban , dépouille-toi de tes cèdres anti-ques, id. Esth. III, 9. Le sage Louis XII , au milieude ces rois, S’élève comme un cèdre, et leur donnedes lois, volt. Henr. vu. Jésus-Christ n’a pas toujourseu des autels de porphyre, des chaires de cèdre etd’ivoire, chateaub. Génie, i, ii, 4. || Fig. Ce qu’ily a de plus grand, de plus élevé, en parlant despersonnes et des choses. Nous avons vu tomber lescèdres mêmes du Liban , mass. Or. fun. Dauph. Jevoyais le régent livré à ce cèdre tombé, à ce mal-heureux évêque de Troyes que le retour au mondeavait gangrené, st-sim. 469, 244. La comtesse deGrammont l’avait vue [Mme de Maintenon ] sortir deterre et surpasser rapidement les plus hauts cèdres,id. 4 48, 44. || Proverbes. Il connaît tout depuis lecèdre jusqu’à l’hysope, il connaît tous les secrets dela nature depuis les plus grands jusqu’aux moindres,et aussi il connaît tout le monde, les plus grandspersonnages comme les plus petits. Par la sambleu!on m’a dit qu’on le va dauber, lui et toutes ses co-médies, de la belle manière, et que les comédienset les auteurs, depuis le cèdre jusqu’à l’hysope,sont diablement animés contre lui, mol. Impromp. 3.|| 2° Cèdre rouge ou cèdre de Virginie, nom du ge-névrier de Virginie ( juniperus virginiana, L.).

— HIST. xii" s. Tu veis que jo main [demeure] enpalais de cedre, e l’arche Deu est herbergie desuzpeels, Rois, 4 42. La voix del Segnur frainanz [bri-sant] les cedres, Liber psalm. p. 34. || xni" s. Lavoix dame Dieu est ausint comme debrizans les ce-dres, qui sunt grântarbre, Psautier, f“ 36. || xiv* s.Un coffre de cedre, coulleiz, environ lequel suntdix pilliers d’er et une serrure, de laborde, Émaux,

p. 466. Cedre vermeil est un fust que l’on vend surles espiciers, et est dit cedre dont l’en fait manchesàcousteaulx, id. ib. p. 466.

— ÉTYM. Provenç. cedre , sedre ; espagn. cedro;ital. cedra; du latin cedrus, qui vientdu grecxéôpoi;.

2 . CÈDRE (sè-dr’), *. m. Cédrat. Aigre de cèdre(voy. aigre).

— ÉTYM . Ital. cedro, citron, de citrus, citron(voy. ce mot).

f CÉDREL (sê-drèl), s. m. Terme de botanique.Nom de genre d’arbres d’Amérique , dont le fruitet l’écorce ont, dans une espèce (le cédrel odorant,cedrela odorata, L.), une odeur fétide et alliacéepassant dans la chair des animaux qui en mangent.

CÉDRIE (sé-drie), s. f. Résine qui découle du cèdre.

— ÉTYM . Keôpîot, de xéSpo;, cèdre.

CÉDULE (sé-du-1’), s.f. || 1° Autrefois, petit mor-ceau de papier où l’on écrivait quelque chose pourservir de mémoire. Dans l’ancienne université, ondonnait aux régents des cédules où étaient écritsles noms des écoliers qui avaient commis quelquefaute. || 2° Promesse de payer sous seing privé. Prê-ter sur simple cédule. Il signa, comme il aurait si-gné la cédule du sabbat, s’il avait eu peur d’y êtresurpris par son bon ange, hetz, iii, 4 64. || Fig.Plaider contre sa cédule, contester contre l’évi-dence, vu que, quand on plaide contre sa cédule, onnie une dette contre sa propre signature. || 3° Termed’ancienne pratique. Cédule évocatoire, significationde pourvoi à fin de renvoi devant un autre parle-ment. || Terme de pratique actuelle. Cédule de cita-tion, acte par lequel un juge de paix, en cas d’ur-gence, abrège les délais. Au milieu du procès, dansla plus grande rage de ses persécutions, quand songarde champêtre [du maire], ses cédules, ses huis-siers ne me donnaient point de relâche, p. l. cour,i, 4 63. La cédule pour l’élargissement du prisonnierfut signée, chateaub. Natch.n, 264 .

— HIST. xni* s. Et nous baillèrent une sedule quiestoit le transcript de la dite letre où estoient con-tenues les dites ordenances, Liv. des mét. 392.|| xiv* s. Uns homs mit en escript ses pechiés, celisons, Puis les mit sur l’autel en fervens orisons,Puis reprist sa sedule, riens escrips n’y trova, Gi-rart de Ross. 4489. Comme dit est au blanc de cestecedule [feuillet], Hénagier, il, 5. ||xv* s. Bien estvérité que j’en vis aucunes cedulles, jetées et es-

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criptes en papier; et disoit-on que c’en esloit lapropre copie, froiss. ii, iii, io 3. || xvi*s. Ri le pa-pier de mes schedules beuvoyt aussy bien que jefoys, mes créditeurs auroyent bien leur vin quandon viendrait à la formule de exhiber, rab. Garg.i, 6. Il faudrait veoir si tu le pourrais induire à teprester un talent sans cedule ny obligation, amyot,De la mauv. honte, 24. Papiers, schedules et lettresobligatoires, id. Agis et Cléom. 4 6.

— ÉTYM . Provenç. cedula, cedola; espagn. ce-dula ; ital. cedola; du latin schedula, feuillet, page,de scheda, feuille, du grec v/j-à-g, planche, ais, decytfEtv, fendre, latin scindere (voy. scinder).

CEINDRE (sin-dr’), je ceins, je ceignais, je cei-gnis, je ceindrai, que je ceignisse, ceignant, ceint,v. a. || D’Entourer, border. Du côté qui regarde l’o-rient, la province était ceinte d’un fleuve très-rapide,vaugel. Q. C. liv. vu, ch. 4 0 . Sa tiare était ceinted’un bandeau de pourpre, id. ib. liv. ni, ch. S. Cha-cun peut apprendre en Hollande et en Italie avecquelle rapidité le Rhin, le Pô et l’Arno , aujour-d’hui qu’ils sont ceints par les digues, élèvent leurfond, cuvier, Rév. 4 61. || 2° Plus particulièrement,ceindre se dit des choses qui serrent le corpsou la tête. Une corde lui ceint les reins. Desbandelettes ceignaient le front des victimes. Etton front cette fois Sera ceint de rayons qu’on nevit jamais luire Sur la tête des rois, malh. ii, 42.|| Il se dit aussi de l’action de mettre autour ducorps ou de la tête de quelqu’un une chose quiserre. Il le ceignit d’une écharpe. Se ceindre lesreins, la tête, etc. d’une corde, etc. Arracher deson front le sacré diadème Pour ceindre uneautre tête en sa présence même, corn. Rodog.i, 6. Je vous ceins du bandeau préparé pour satête, rac. Andr. m, 7. Les princes à qui ces che-valiers s’engageaient, leur ceignaient le baudrier,volt. Hœurs, 43. || Ceindre l’épée à un chevalier,lui mettre une épée au côté. || Absolument. Seceindre le corps, les reins, se serrer avec uneécharpe, une corde, etc. || Fig. Ceignez vos reins,préparez-vous à de grands efforts. || 3“ Fig. Ceindrele diadème, la tiare, être élevé au trône, au pon-tificat. Je ceignis la tiare et marchai son égal, rac.Ath. m, 3. Que de tableaux à tracer depuis le pas-teur du hameau, jusqu’au pontife qui ceint la triplecouronne pastorale ! chateaub. Génie, ii, ii, 9.|| Etre ceint de lauriers, avoir une grande gloire.Aux lauriers immortels qui lui ceignent le front,corn. Hor. v, 3. Que je souffre à mes yeux qu’onceigne une autre tête Des lauriers immortels que lagloire m’apprête, id. Hor. ii, 6. || 4* Se ceindre,v. réfl. Le commissaire se ceignit d.e son écharpe.|| Dans le langage de la dévotion, se ceindre, s’ap-prêter à la lutte contre les passions.

— HIST. xi*s. Il ceint l’espée au senestre costet,Ch. de Roi. ccxxvn. || xii* s. Ceinte [il] ot joyeuse,onques ne fut sa pair, Ronc. 4 4 4 . Mainte en i açainte d’une courroie Qui lor ami ne font fors deguiller, quesnes, Romane. 87. En dementres s’ar-mèrent là fors li chevalier, E osterent les cotes,ceinstrent les brans d’acier, Th. le mart. 4 44.|| xiii* s. Ensi montèrent li message seur leur che-vaux, les espées ceintes, et chevauchierent ensemble,villeh. xcm. Et li bon rois Pépins leur ceint lesbrancs d’acier, Berte, cxxix. S’il veut porter espée,porte la ceinte desoz son surcot, beaum. lviii, 4 3.Vous m’adoubastes, sire, n’i a mestier celée, Meçainsistes, biaus sire, une moult longue espée,Ch. d’Ant. v, 919. [Il] me tint si pressé que je nepouoie traire m’espée que j’avoie ceinte, joinv. 225 .|| xiv* s. Appius ceint à l'entour de grant compei-gnie de jouvenceaux, bercheure, f° 69, recto.|| xv* s. Puis esperance l’asseurée, L’espieu oupoing, çainte l’espée, Vint pour combattre voulen-tiers, ch. d’orl. Rond. |[xvi* s. La picqueau poing,les tranchantes espées Ceinctes à droit.... marot,11 , 24 . Le pals d’alentour est une vallée ceincte etenvironnée de montagnes, amyot, Fab. 46. On luydevalla de dessus la muraille une chorde, de la-quelle il se ceignit et fut ainsi guindé à mont , id.Sylla, 60 . Elle cuida se donner d’une courte daguequ’elle avoit tout expressément ceinte à son costé,id. Anton. 4 02 .

— ÉTYM . Provenç. cenher, sendre; espagn. cenir ;portug . cingir, ital. cingere; du latin cingere. Lefrançais, le provençal et l’italien ont gardé la con-jugaison latine, cingere avec l’accent sur cin; l’es-pagnol et le portugais l’ont fait de la 4* conjugaison,cingïre, avec l’accent sur gi.

CEINT, CEINTE (sin, sin-t’), part, passé. En-touré. Une place ceinte de murailles. Front ceint delauriers, de gloire. Son pourpoint était une casaque