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que le» Italiens appelaient ballate . Nous avions enFrance les chansons à danser ; celles-ci étaient desespèces de rondes avec un refrain que l’on répé-tait après chaque couplet. La musique de cham-bre se composait d’abord de madrigaux ou de chan-sons à*, 5, c voix, quelquefois même davantage;chaque partie était écrite ou imprimée sur de petitscahiers que l’on distribuait aux exécutants suivantle caractère de leurs voix ; les madrigaux et les chan-sons se chantaient souvent à la fin des repas. Plustard, et avant que l’on écrivit de la musique uni-quement destinée aux instruments, ceux-ci jouaientseuls les diverses parties destinées aux voix ou lesdoublaient, suivant leur diapason ; c’est pourquoi surcertains recueils de madrigaux imprimés en Italie auxvi* siècle on trouve ces paroles : da suonare e dacantare , pour jouer et pour chanter. Un peu avantle milieu du xvii" siècle, la cantate fut inventée; lescantates étaient des espèces de scènes détachées danslesquelles se succédaient des récitatifs et des airs;elles étaient écrites pour une voix avec une bassechiffrée ou non chiffrée, qui servait pour l’accompa-gnement du clavecin ; il y en avait aussi à deux voix.Les cantates de Porpora et d’Alexandre Scarlatti ontjoui d’une grande célébrité; celles de Clérambaultont eu de la vogue en France au commencement duxviii* siècle ; mais depuis longtemps ce genre de com-position a cessé d’être en usage. Aujourd’hui on en-tend généralement par musique de chambre celle quiest exprimée par la définition mise en tête de l’article,1 Vole de M. farrenc sur l'histoire de la musique dechambre . || 3°Lachambre, pris absolument, signifiela chambre du roi, et par extension, les officiers dela chambre. Huissier, musique de la chambre. Lachambre est entrée. Vous savez bien qui vous nom-mâtes à la place de Visconti; ce fut un noble, unvicomte, un gentilhomme de la chambre, p. l. cour.I, 126. || Maître de chambre, premier officier de lamaison du pape ou d’un cardinal. || 4" Dans les vais-seaux, certains espaces où couchent les principauxofficiers, où se tient le conseil, etc. La chambre ducapitaine. La chambre des passagers. || 5° Assembléequi entre en partage de la puissance législative. Ily avait sous la monarchie constitutionnelle la cham-bre des pairs et la chambre des députés. Dans lesétats généraux, le clergé, la noblesse et le tiersétat formaient trois chambres. Convoquer, dissoudreune chambre. Siéger à la chambre. Chambre des re-présentants . Chambre des seigneurs. || En Angle-terre, chambre des communes ou chambre basse,assemblée des députés des comtés et des bourgs, quireprésente la petite noblesse et le corps du peuple.Chambre haute ou chambre des pairs , assembléedes pairs anglais . || Chambre étoilée, en Angleterre,juridiction tirée, pour les accusations politiques,de la chambre des lords . || 6° Lieu où se réunit uneassemblée qui porte le nom de chambre. || Chambredu conseil, pièce où les juges se retirent pour déli-bérer; et, par suite, l’assemblée du tribunal quistatue sans publicité sur certaines affaires. || 7* Nomde diverses juridictions spécifiées par une secondedésignation. Chambres de l’édit ou mi-parties,chambres instituées par l’édit de Nantes et com-posées par moitié de catholiques et de protestants.Chambre des comptes, chambre qui a été rem-placée par la cour des comptes. Chambre de justiceou chambre ardente, commission nommée pour con-naître des malversations de deniers publics, etc. Plusanciennement, on nommait chambre ardente deuxtribunaux qui prononçaient la peine du feu, l’un dan»les cas d’hérésie, l’autre dans les crimes d’empoi-sonnement. Chambre aux deniers, bureau qui tenaitla comptabilité de la bouche du roi. || Chambre ec-clésiastique, chambre qui connaissait des dîmes.|| Chambre apostolique, juridiction romaine où setraitent les affaires qui regardent le trésor et le do-maine du pape. || Chambre impériale, cour de justicequi se tenait à Wezlar, depuis la ruine deSpire,et oùt’on jugeait, par appel, tous les différends des prin-ces et des villes de l’empire germanique. || Nom dessections de certains tribunaux. Chambres de la courde cassation, des cours d’appel. Chambre d’accusa-tion. Chambre civile. Chambre correctionnelle.Chambres réunies, réunion de toutes les sections (ou deplusieurs) d’une cour. Présidentde chambre. Chambredes vacations, chambre installée pour fonctionneren place des diverses chambres pendant les vacances.Il Les chambres des anciens parlements. Les prési-dents et doyens des conseillers de chaque chambrefurent avertis de se trouver chez eux le 6 mai, st-sim. 20, 237. || Grand’chambre ou chambre du plai-doyer, première et principale chambre de chaqueparlement où se tenaient les lits de justice || 8* Nom
d’assemblées chargées de la discipline d’un corps,ou réunies en vue de certains intérêts. Chambre decommerce, d’assurance. Chambre des notaires, desavoués, des huissiers, des commissaires priseurs.Chambre syndicale, littéraire. || 9° En quelquesvilles on nomme chambre ce qu’à Paris on nommecercle. || Chambre de rhétorique, au xv" siècle, dansles Pays-Bas, réunion de personnes pour se livrerà des travaux littéraires. || 10“ En termes d’optique,chambre noire, obscure (voy. hoir, adj .), chambreclaire (voy. caméra lucida). || 11° Vide, cavité. Il seforme souvent des chambres à la fonte quand lamatière coule mal; le tir en produit aussi quelque-fois dans les bouches à feu. Qu’ils se fassent mon-trer les deux chambres ou concavités qui y sont[dans le cœur], desc. Méth. 6. || Chambre d’un mor-tier, d’un obusier, d’une mine, la cavité où se metla charge. || Fig. En jouant sur le sens de cham-bre et de vide. Il y a bien deschambres à louer danssa tête, il est un peu fou. || Terme d’anatomie.Chambre antérieure de l’œil, l’espace compris entrela cornée et la partie antérieure de l’iris ; chambrepostérieure, l’espace compris entre la partie posté-rieure de l’iris et la face antérieure du cristallin.|| Terme de ponts et chaussées. Chambre des portes,la partie d’une écluse dans laquelle les portes semeuvent. || Chambre de plomb, vaste pièce dans la-quelle on fabrique l’acide sulfurique. || Chambre devapeur, espace compris entre la paroi supérieurede la chaudière et la surface du liquide. || 12* Videqu’on pratique dans une selle, un bât ou un collierde cheval. || Ouverture à la base d’une enclume.|| Fente du peigne du tisserand par où passent deuxfils. || Creux dans la verge de plomb où le vitrier in-sère les carreaux de vitre. || 13° Terme de chasse.Endroit de la forêt où le cerf se repose pendant lejour. || Sorte de piège à loups.
— HIST. xi* s. E si alcons [quelqu’un] est apelez[accusé] de muster [moûtier] fruisser [froisser, en-foncer] u de chambre.... Lois de Guill. 17. Et Angle-terre que il teneit sa cambre [province], Ch . deRoi. clxix. [Il] Fait soi porter en sa cambre vol-tice, ib. clxxxiv. || xii* s. Dedenz sa chambre quiert [était] peinte à gérons, Roncisv.ue. [Elle] Quim’anourrie en sa chambre pavée, ib. I6t. En une cham-bre peinte de diverse color, ib. 4 98. En sa chambreert li reis od ses plus privez druz, Th. le mari. 3eLangres est chambre [province ou ville directementsoumise au souverain] l’empereor Pépin, Garin,dans du cange , caméra. || xin* s. Maison pour hoste-ler, chambre à voûte, ne salle, Berte, xxvu. Et lidroghemant monte à mont par une fausse poterne etvint en la cambre la roine qui Tattendoit, Chron. deRains, B. Li tiers cas, si est si comme s’aucuns,qui ne soit pas mes sires, brise mes huces ou mescambres, beaum. xxxix, 79. Deffense est fete quepor dete on ne voist penre en cambre à dame, ne da-moiselle ne de feme qui gise d’enfant, id. liv, 7.Et sachiez que un vieil Sarrazin chevalier qui estoiten la gaïée, le portoit aus chambres privées à soncol, joinv. 24t. Et pour la fort menuison [dyssente-rie] que il avoit, li convint coper le fons de ses braiestoutes les foiz que il descendoit pour aller à la cham-bre [latrine], ib. 237. Encore en parlerons-nous, decette journée, es chambres des dames, id. 228 .|| xiv* s. Chambre coye ou courtoise [latrines], du
cange, caméra. || xv* s. Et si Courtray nostre
chambre [district], froiss. ii , ii, 56. [Le roi Charlesde France] tout quoi estoit en ses chambres et en sesdéduits, id. ii, ii, 45. Par foi et serment et surdeux millions de florins à la chambre du pape, id.i, i, 95. [Yvain ] fut, tant que le roi Philippe deFrance vesquit, des enfans [pages] de sa chambre,id. ii, n, 30. Assené [assigné] de une rente et reve-nue par an sur la chambre des comptes, id. ii,iii, 26 . Las! la chambre de ma pensée De grantplaisance reluira, ch. d’orl. Rail. 44. Il sembla auxdessus dits que la bombarde ne s’estoit pas bien des-chargée de toute la poudre qui mise et boutée avoitesté dedens la chambre d’icelle, J. de troyes, Chr.
! 478. Ung prieuré ou chambre d’abbé dépendant dela dite abbaye, du cange, caméra. || xvi* s. Puis [lepetit Gargantua] les passant par une autre grantsalle, les mena à sa chambre [au haut de la maison],rab. Garg.ï, 12. En ycelluy estoient 9332 chambres,chacune guarnye de arriéré chambre, cabinet,guarde-robe, chapelle et yssue en une grande salle,iD.tb. i, 53. L’un de ses valets de chambre, amyot,Lucull. 3t. L’homme de chambre de M. de Lansacle jeune, paré, Introd. 24. Il observera les bestes,leurs repaires et gistes, licts, chambres, reposées,bauges et tanières, o. de serres, 993. Vides cham-bres font femmes folles [c’est-à-dire la pauvreté fait
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que les femmes se livrent au desordre], leroux dhLINCY, Pmv . t. Il, p. 159.
— ÉTYM . Picard, camle, cambre; provenç. cam-bra; espagn. camara; ital. caméra; allem. Kam-mer; du latin caméra ou camara, où l’accent estsur ca, toit voûté, du grec xagàpa, voûte.
CHAMBRÉ, ÉE (cham-bré, brée), adj. || 1* Enparlant des pièces d’artillerie, qui a des chambres.|| 2° En termes de zoologie, coquilles chambrées,coquilles qui présentent plusieurs cavités séparéesles unes des autres par des cloisons.
CHAMBRÉE (chan-brée), s. f. || 1* Tout ce quecontient une chambre. || Un certain nombre d’ou-vriers ou d’autres personnes qui couchent dans unemême chambre. Comme j’étais de chambrée aveolui, nous nous étions liés de préférence, i. j. roüss.Conf. v. Les grandes chambrées des jeunes La-cédémoniens n’étaient que des écoles de l’amitié,bern. de s.-p. Harm. vu, De l’amitié. || Certainnombre de soldats qui logent ensemble. Le ma-réchal ferrant de la compagnie où il était se trouvade sa chambrée, st-sim. m, 3. Les soldats ne dis-posent, à quatre sous par jour, que de 73 livres, etils vivent gaiement en s’associant par chambrées,volt. l’Uômme aux io éeus, entretien avec un géo-mètre. || 2° La quantité de spectateurs que tient unthéâtre, et la recette qu’il fait pour une représenta-tion. Bonne, faible chambrée. Si vous pouvez don-ner quatre ou cinq représentations de la pièce avantla fin du carême, je vous conseille de ne pas perdreces quatre ou cinq bonnes chambrées, volt. Lelt. leKain , 2 mars 1767. || 3° Se dit des différentes pro-fondeurs d’une carrière d’ardoise.
— HIST. xvi* s. Il l’interrogua premièrementcombien ils estoient agez ensemble par chasquechambrée, amyot, Lsxull. 17.
CHAMBRELAN (cnan-bre-lan), s. m. Ouvrier enchambre. || Locataire qui n’occupe qu’une chambre.|| Mot populaire et peu usité.
— ÉTYM . Le même que chambellan.
CHAMBRER (chan-bré), v. n. || 1° Être de la
même chambrée; habiter la même chambre. Plusde subordination entre Gil Blas et son secrétaire;plus de façons entre eux; ils chambrèrent ensemble,et n’eurent qu’un lit et qu’une table, le sage, GilBlas, îx, 8. || 2° Terme de vénerie. En parlantdu cerf, se reposer pendant le jour. || 3° F. a.Terme de sellier. Faire de petits creux dans uneselle et en tirer la bourre, quand le cheval estblessé. |)4° Mettre en une chambre, diviser par or-dre une assemblée. On vous a dit, on l’a dit au pu-blic , on en a fait une espèce de cri d’alarme contrema motion, qu’elle tendait à chambrer les étatsgénéraux, à autoriser la distinction des ordres,mirab. Collect. i, p. 249. || 6“ Chambrer quelqu’un,l’obséder, le circonvenir pour le retenir au jeu.|| Familièrement, prendre quelqu’un à part pour lechapitrer ou le catéchiser. || 6° Se chambrer, v. réfl.En termes d’artillerie, une pièce se chambre quandpar le battement du boulet il s’y forme des creuxqui bientôt la mettent hors de service.
f CHAMBRERIE (chan-bre-rie), s. f. Office d’éco-nome dans certains chapitres ou monastères. || Ju-ridiction attachée à l’ancien office de grand cham-brier de France .
— HIST. xvi* s. Frere Jehan de la Noue, cham-brler de l’abbaye deSt-Benoist surLoyre, procureurde la justice de la chambrerie du dit saint Benoist,Coustumier gén. t. i, p. 980.
CHAMBRETTE (chan-brè-t’), s. f. Petite cham-bre. Les solitaires de Martaigne ont quatre cham-brettes, un petit jardin et une petite chapelle cha-cun, st-sim. 1, 32. Tu veux fuir de ma chambrette,Pour courir je ne sais où, eérang. Chatte.
— HIST. xii* s. Tut le plus del jur ert en un suenoratur Dedenz une chambrete où faiseit sun labur,Efermout l’uis sursei.... Th. le m art. loi. || xiii* s.Il n’i a chambrette petite Qui ne soit si bien ramo-née Que jà poudre n’i ert trovée, Voie de paradis,dans ruteb. t. ii, p. 334. ||xv* s. Il descend de sachambre si celéement, qu’il fust dedans la chambretteoùlameschineblutoit, sans qu’elle onques en sceustrien., louis xi, Nouv. xvii. || xvi* s. Si y eut un deceulxque l’on avoit oondemnez, beau jeune enfant,qui fut emmené en une petite chambrette par l’undes plus grands garsons, amyot, C. d’Utiq. 4.
— ÉTYM . Diminutif de chambre; hourguig. cham-brôte.
CIIAMBRIER (cham-bri-é), s. m. || 1° Certain