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Tome premier. A - C.
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dernier chanteau de ceste lune; je les fourniray delicolz, rab. Panl. iv, Vrai. Le chanteau part le vi-lain [dès que le vilain fait pain à part, il est censéà part pour tous les biens], loysel, 93.

— ÉTYM . Bourguig. chaintea; picard, cante, can-tieu; Berry, le ch,antiau de la lune, le quartier;Saintonge, chantd; provenç. canlel ; espagn. can-tilio; bas-lat. cantellus, de cantrn, coin, côté (voy.canton et CHAMP 2 ).

f CHANTE-CLAIR (chan-te-klêr), s. rn. Nom ducoq dans le roman du Renart, si célèbre dans lesxu* et xm’ siècles.

— ÉTYM . Chanter, clair. Ce mot est passé dansl’anglais comme un des noms du coq : chanticleer.

i CHANTELAGE (chan-te-la-j’), s. m. Terme dedroit féodal. Droit qu’on payait pour la vente du vin.

— hist. xiv* s. Le chantellage de vin, c’est assa-voir de chacun tonneau de vin vendu es dits hostelset en chacun d’eux, quatre deniers parisis, Ordonn.des rois de Fr . t. m, p. 3 1 3.

— ÉTYM . Bas-lat. chanlelagium, cantelagium , decantellus, proprement chanteau, mais qui s’est con-fondu avec canterium, chantier (voy. chantier i).

CHANTEPLEURE(chan-te-pleu-r’) ,s.f. || 1° Sorted’entonnoir qui a un long tuyau percé de trous pourfaire couler les liquides dans un tonneau sans lestroubler. Depuis deux jours on m’entretient Poursavoir d’où vient chantepleure ; Du chagrin que j’enai, je meure, Si je savais d’où ce mot vient, Je l’yrenverrais tout à l’heure, Le chevalier de cailly,dans riciielet. || 2° Fente dans un mur de clôtureou de terrasse pour le passage des eaux. || 3° Robi-net d’un tonneau à vin, à cidre ou à bière. || 4" Ar-rosoir de jardinier, à queue longue et étroite. || 5° Ri-gole ouverte dans la berge d’une rivière. || 6” Sortede tonneau dans lequel on foule, en certains vi-gnobles, le raisin avant de le descendre dans lacuve.

— HIST. xm* s. Vesci une cantepleure qu’on puetfaire en un hanap, de laborde, Émaux, p. 204. Jepuis avoir nom chantepleure, Qui de deuil chanteet de tristor, Chanson dans Berte aux granz pies.Car le juge de vérité Punira nostre iniquité Par labalance d’equité, Qui ou val de la chantepleureNous boute en grand adversité, J. de meung,Tr. 1 353. Qu’il ait en le [la] maison cantepleures,et ke li pavemens soit arousés d’ewe froide, ale-brant, f’ 22 . || xiv' s. Une chantepleure d’argentverré, esmaillé par la panse, et a, au bout dessus,un esmail, de laborde, Émaux, p. 204. || xvi’s.Quaresmeprenant avoyt les temples, comme unechantepleure; les joues, comme deux sabbots, rab.Faut, iv, 3). Par l’instrument appellé chante-pleure,l’eau ramonte tant qu’on veut.... La chante-pleuren’est autre chose que deux tuiaux d’esgale longueuret grosseur, joints ensemble faisans deux branchesde telle figure que ceste lettre grecque A, o. deserres, 769.

— ÉTYM . Norm. champelure, cannelle du ton-neau; picard, champleuse; de chanter et pleurer,à cause du murmure que fait entendre le liquide ens’écoulant.

t CHANTEPLEURER (chan-te-pleu-ré), u. a.Mettre du raisin dans la chantepleure et le piétiner.

CHANTER (chan-té), V. n. || i’Faire entendre unchant. Chanter juste. Chanter au lutrin. Maître àchanter. Une femme chantait : C’était bien de chan-sons qu’alors il s’agissait 1 Dame mouche s’en vachanter à leurs oreilles, la font. Fabl . vii, 9. Unsavetier chantait Qu matin jusqu’au soir ; C’étaitmerveille de le voir; Merveille de l’ouïr; il faisaitdes passages.... id. ib. J’ai raconté comment la mèreindienne porte ses enfants, comment elle leur chante,comment elle les pare, chateaub. Amér. 6t. On leberce, on lui chante pour l’endormir, J. J. rouss.Ém. i. 11 ne danse, ni ne chante, ni ne joue; il estpour la conversation, volt. Leur, à'Argentai, 13 déc.t762. Chanter, ou je m’abuse, Est ma tâche ici-bas; Tous ceux qu’ainsi j’amuse, Ne m’aimeront-ilspas? Quand un cercle m’enchante, Quand le vin di-vertit, Lebon Dieu me dit : chante, Chante , pauvrepetit, bérang. Vocation. || Chanter à livre ouvert, àpremière vue, chanter sans avoir besoin d’étudierles notes. Ouais I je ne croyais pas que ma fille fûtsi habile que de chanter ainsi à livre ouvert sanshésiter, mol. Mal. imag. n, 6. || Familièrement.C’est comme si vous chantiez, vous perdez votretemps, je ne vous écoute pas. 11 [l’amant] pleure,il se désespère, Mais c’est comme s’il chantait, dé-saugiers, Parodie de la Vestale. || Pain à chanter, lepain sans levain dont on fait l’hostie. Mince commepain à chanter. Le pain à chanter, c’est, ensuppléantTallipse, le pain à chanter la messe. Voyez, dans l’his-

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torique, vin et eau à chanter; ce qui exclut absolu-ment le chanteau de pain, dont on avait parlé commeétymologie de pain à chanter. || Familièrement. Je leferai chanter sur un autre ton, je le ferai agir, parlertout autrement. || Familièrement. Il faudra qu’ilchante plus haut pour avoir cela, il faudra qu’il endonne un prix plus élevé. || Familièrement. Fairechanter quelqu’un, lui faire faire quelque chose parforce ou par ruse ; locution tirée de l’usage de chanterà table. Vous croyez donc aussi disposer de son âme ?Vous l’avez rebutée, et j’appréhende fort.... — Ehbien! enlevons-la, je vous l’ai dit d’abord, Quandnous la tiendrons seule, il faudra qu’elle chante,montfleury, le Comédien poète , m, 9. Le baron :Comment faquin 1 et la musique? Le laquais : Eh!c’est mon fort; je sais faire chanter l’Anglais le plusboutonné, le Hollandais le plus avare, quand l’unou l’autre est amoureux d’une femme que je pro-tège , la llusicomanie, 4. Ils porteront le fer et lefeu au cœur de la France et la feront chanter, Lu-cien en belle humeur, t. i, dans leroux, Dict. com.

|| En un autre sens, qui est celui de l’argot, fairechanter quelqu’un, l’obliger à donner de l’argent,par la crainte de révélations scandaleuses, vraies oufausses. || 2’ Etre chantable. On dit qu’un morceaune chante pas, c’est-à-dire qu’il ne peut être chanté,qu’il n’entre pas dans le registre de la voix humaine.

|| Être chantant. || Chanter, se dit de l’exécutant, del’instrument qui fait ressortir la mélodie, spéciale-ment du violon, du violoncelle, du cor, par oppositionau simple accompagnement. La basse seule chantedans ce morceau. || Imiter la voixhumainedansl’exé-cutioninstrumentale. || 3° Se dit aussi des oiseaux,dela cigale, et poétiquement ou ironiquement, d’au-tres animaux. Progné lui repartit [au rossignol] :Eh quoi ! cette musique Pour ne chanter qu’aux ani-maux, la font. Fabl . m, t6. [L’âne] gambadant,chantant et broutant, id. ib. vi, 8. Dès que l’Aurore,dis-je, en son char remontait, Un misérable coq àpoint nommé chantait, id. ib. v, 6. La cigale ayantchanté Tout Tété, id. ib. i, l. || Se dit aussi decertains bruits qui ont une sorte d’harmonie. L’eaucommence à chanter, elle est près de bouillir.J’écoutais chanter l’eau dans les bassins de mar-bre, LAMART. Joc. i, 60. || 4° Réciter d’une manièrequi approche du chant. Chanter en parlant. Ou elles[les femmes] hésitent ou elles chantent en lisant,fén. xvn, 98. || 5’ Avec la préposition de, célébrer.Aussi bien chanter d’autre chose, Ayant chanté de sagrandeur, malh. ni, 3. || Proverbes. Une porte malgraissée chante, c’est-à-dire il faut bien payer pourqu’on ne dise rien. || Ce n’est pas à la poule à chan-ter devant le coq, c’est-à-dire une femme ne doitpoint prendre un ton de commandement avec sonmari.... Mon congé cent fois me fùt-il hoc, Lapoule ne doit point chanter devant le coq, mol.F. sav. v, 3. || Tel chante qui ne rit pas, on est sou-vent triste au fond, au milieu d’apparences con-traires. || Qui bien chante et qui bien danse Fait unmétier qui peu avance, c’est-à-dire se livrer tropaux distractions nuit à la fortune.

— chanter, v. a. || 1 ® Exécuter un morceau dechant Chanter une chanson. Chanter un air, unehymne, la grand’messe, le dessus, la basse. Lors-que les chantres du printemps Réjouissent de leursaccents Mes jardins et mon toit rustique, Lorsquemes sens en sont ravis, On me soutient que leurmusique Cède aux bémols des Monsignis Qu’onchante à l’Opéra-Comique, volt. Épîtr. cvii. Jecherche où est le charme attendrissant que moncœur trouve à cette chanson ; mais il m’est de touteimpossibilité de la chanter jusqu'à la fin sans êtrearrêté par mes larmes, j. J. rouss. Confess. 1.1| Fig.et familièrement. Chanter toujours la même chan-son, la même antienne, répéter sans cesse la mêmechose. Chanter à quelqu’un sa gamme, lui adresserde vifs reproches, lui dire ses vérités. || Chanter lapalinodie, se rétracter, dire tout le contraire de cequ’on avait dit. || Fig. Chanter magnificat à matines,faire une chose à contre-temps. || 2° Célébrer, sur-tout en vers. La guerre de Troie qu’Homère a chan-tée. Où est cette merveilleuse fontaine qu’Ausone achantée de toute la force de sa voix? balz. Entre-tien 30, dans riciielet. Je chante les combats etcet homme pieux Qui, des bords phrygiens conduitdans l’Ausonie, Le premier aborda les champs deLavinie , boil. Artp. iii. Je chante ce héros qui ré-gna sur la France Et par droit de conquête et pardroit de naissance, volt. Henr. i. j.. Son vainqueursur les toits S’alla percher et chanter sa victoire, lafont. Fabl . vu, 1 3. La prophétesse chanta sa défaitepar une ode, boss. Polit. Chantez, louez le Dieu quevous venez chercher, rac. Aih. i. 3. Que son nom

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soit béni, que son nom soit chanté, id. Esth. iii, 9.Pour chanter un Auguste, il faut être un Vir-gile , boil. Disc, au roi. En joyeux gourmands quenous sommes. Nous savons chanter un repas,bérang. Age fut. !| Annoncer, en parlant d’un ora-cle. Et chantant seulement des ordres immuables,Annonçant des arrêts qui sont inévitables, Il [l’oracle]néglige nos pleurs et défend aux mortels D’apporterleurs désirs aux pieds de ses autels, brébeuf, Phars. v.

|| Fig. et familièrement. Chanter victoire, se glorifierdu succès. || Chanter les louanges de quelqu’un, enfaire de grands éloges. || 3° Par plaisanterie, dire. Quechantes-tu là? Qu’est-ce qu’elle chante cette physique[dequoi traite-t-elle]? mol. le Bourg, g. H, 6. Au nomde Jupiter, laissez-nous en repos, Et ne nous chantezplus d’impertinents propos, id. L’Étour. i, 8. Nous entenons, madame, et puis prêtons l’oreille Aux bonschiens dependards qui nous chantent merveille, id.Dép. am. n, 4. Voyons ce qu’elle chante [écrit], rac.Plaid, n, 4. Ce n’est qu’un excès de peur des peineséternelles qui fait qu’un libertin nous prêche et nouschante sans cesse qu’elles sont douteuses, mass.Car. Doutes. || Chanter injures, pouiiles, goguettesà quelqu’un, lui dire des injures, lui faire querelle.Nous nous sommes tous deux chanté pouiiles à tort,regnard, Ménech. v, 6. || 4° Chansonner, railler.L’armée se console de la perte d’une bataille lors-qu’elle a chanté le général, montesq. Espr. ix, 7.

||5° Se chanter, v. réfl. Être chanté. Cette chansonsatirique se chante partout.

— HIST. xi’ s. Chanson malvaise de nous ne seitchantée, Ch. de Roi. lxxvii. Male chanson n’endeit estre cantée, ib. cxi. || xn* s. Messes canter fe-rez, Roncisv. <8. Mais j’ai plus grand talent-que jeme coise, Pour ce j’ai mis mon chanter en defois,j’ai cessé de chanter], quesnes, Romancero, p. 83.Les faux amants] Ne chantent fors qu’en pascorau printemps], Lors se plaignent sansdolor, Couci,i. Nouvele amor où j’ai mis mon penser Me faitchanter de la plus debonaire, ib. n. Une beautém’est venue devant Qui me semont et prie que jechant, ib. v. [Gens] qui m’ont mis sus mensonge àescient, Que j’ai chanté des dames laidement,quesnes , Romane, p. 89. L’apostole s’apreste pour lamesse chanter, Saxons, xm. En grant dévotion celemesse ad chantée, Th. le mart. 35. ||xm’ s. Ainsque l’en commençast à chanter la grant messe, lidus de Venise monta el letrin, villeh. xxxix. [Lesdames] carolent et festoient et chantent hautement,Berte, ix. Et dit Renart ; chante, cousins, Ren.

1 586. Ce fu en la douce saison Que cler chantent lioisellon Por le tens qui est nez [net] et purs, Ren.24346. En Tan de l’incarnation m et cc et mj et xxx.Si com l’escripture le chante, ruteb. ii, t66. Etleur dis que vileinne chose estait de chevaliers et degentilzhomes qui partaient tandis que l’en chantoitla messe, joinv. 236. Lors envoia querre le roy lelégat et touz les prelas de l’ost, et chanta l’en hau-tement : te deum laudamus, id. 216 . Deux buret-tes d’or, à mettre le vin et l’eaue à chanter, à lachapelle du roy nostre sire, de laborde, Émaux,p. 179. Uneboeste d’argent à mettre pain à chanter,id. ib. p. 168. || xvi’ s. La depesche de Thomas d«Granson ne chantait que la mesme chose, Mém. <r.du G. 31 . Vertus dieu que ne chantez-vous: adieu pa-niers, vendanges sont faictes? rab. Garg. i, 27 . Tues le seul dieu que j’honore, Aussi sans fin te chan-terai, marot, iv, 330. Le parler et 1e chanter, si onen use en oraison.... calv. înstit. 711..., De leurprésenter la tette, de les bercer, de les chanter,PARÉ, XVIII, 29 .

— ÉTYM . Picard cainter, canter; provenç. cati-tan, chantar; espagn. canlar; ital. cantare ; du latincantare, fréquentatif de canere.

1. CHANTERELLE (chan-te-rè-T), s. f. || 1° Lacorde d’un instrument à manche qui a le son leplus aigu. Mettre une chanterelle à un violon. Ri leson est tiré de la chanterelle ou du bourdon, j. j.rouss. Ém. 11 . IJ Appuyer sur la chanterelle, faireressortir la partie qu’on exécute sur la chanterelle,la partie du chant qui est la plus intéressante; etfig. appeler l’attention sur ce qu’il y a de plus im-portant en une affaire. || Fig. et familièrement. Nehaussez pas tant la chanterelle; je vous ferai baisserla chanterelle, c’est-à-dire 11 e le prenez pas si haut,je vous ferai baisser le tan, je vous rabattrai le ca-quet. Il 2® Bouteille de verre fort mince, dont 011 tiredes sons en soufflant dessus. || 3’Terme de chasse.Oiseau qu’on met dans une cage, pour en attirerd’autres dans les pièges qu’on leur tend. || Femellede perdrix dont on se sert pour attirer les mâles.

_hist. xvi* s. Neanmoins, elles ne dédaigne-ront les petits fredons de ma chanterelle, toucliéa

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dict. de la langue française.

I.