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CHAPONNÉ, ÉE (cha-po-né, née), part, passé.Un poulet chaponné.
CHAPONNEAU (cha-po-nô), s. m. Jeune cha-pon.
— HtST. xvi' s. Tout estant ruiné en ce pays-là,l’hoste eut peine à leur trouver un chaponneau,d’adb. Fœn. iv, 5. Pour avoir des poulets avancés,et pouvoir estre chaponnés devant la Saint-Jean,selon le proverbe : chapons devant la Saint-Jean, etohaponneaux après.... non pour en faire des cha-pons de la grand sorte, ains de la moienne, pour lesmanger en chaponneaux ou estoudeaux durant l’hy-Ver, O. DE SERRES, 356.
— étym. Diminutif de chapon.
CHAPONNER (cha-po-né), v. a. Châtrer un jeune
coq. Je pardonne tout au plus qu’on chaponné descoqs, volt. Dial, xv, 6. || Châtrer en général. S Na-ples.... on y chaponné deux ou trois mille enfantspar an, volt. Cand. t 2 . Que d’autres cestes l’on medonne, Ou je veux que l’on me chaponné, scarpon,Virg. trav. liv. v.
— HIST. xvi' s. Cespoussinsdeviendroientgrands,et les ferait chaponner, desper. Contes, xiv. Lespoules aussi sontchaponnées, pour en faire la chairplus délicate, o. de serres, 36t.
— ÉTYM . Chapon; provenç. caponar; ital. cappo-nare.
CHAPONNIÈRE (cha-po-niê-r’), s. f. Vase de cui-sine pour faire cuire un chapon en ragoût. || Termed’art militaire. Voy. caponnière.
[CHAPOTER (cha-po-té), v.a. Dégrossir le boisavec une plane. || Terme de poterie. Détacher avecle chapotin les parties qui menacent de se détacher.
— ÉTYM . Un radical chap, qui se trouve dansl’ancien français chapuiser, tailler, couper, et qui,d’après Diez, est le radical de cap-o , cap-us , chapon,d’où l’espagnol etle portugais ont fait cap-or, châtrer.
f CHAPOTIN (cha-po-tin), s. m. Terme de pote-rie. Instrument qui sert à chapoter.
{ CHAPPE (cha-p’), s. f. Poignée servant à fermer,à ouvrir un moule.
— ÉTYM . Autre orthographe de chape.
f CHAPPE, ÉE (cha-pé, pée), adj. Blé chappê,blé qui, battu et criblé, a conservé ses balles.
\ CHAPUIS (cha-pui), s. m. Charpente en boisdes bâts ou des selles.
— HtST. xv' s. Jehan couppa le pain sur le chap-puiz [billot], du canoë, chapuisare.
— ÉTYM. Vieux français chapuis, charpentier,chapuiser, charpenter (voy. chapoter).
fCHAPUT (cha-pu), s. m. Billot de bois pouréquarrir les ardoises.
— HIST. xvi* s. Le bourreau lui banda les yeulx;puis, de luy-mesmes, se meist àgenouils, et esten-dit le col sur le chappus, jean d’auton, Annales deLouisXII, p. 230, dans lacurne.
— ÉTYM . Même radical que chapuis.
CHAQUE (cha-lc’), adj. distributif exprimant qu’unobjet, dit collectivement, doit être pris en tous lessens, sous toutes les faces qui lui appartiennent:chaque homme; chaque peuple; il est des deuxgenres, toujours du singulier et se met toujours avantle substantif. Chaque âge a ses façons et change denature, Régnier, Sat. v. Chaque jour, chaque in-stant, pour rehausser ma gloire, Met lauriers surlauriers, victoire sur victoire, corn. Cid, i, 7.Chaque passion parle un différent langage, boil.Art p. m. Chaque âge a ses devoirs, j. j. rouss. Ém.v. || Proverbe. Chaque tête, chaque avis, c’est-à-dire chacun a sa manière de penser.
— rem. 1. Chaque ne doit pas se confondre avecchacun: chaque doit toujours se mettre avec un sub-stantif auquel il a rapport; chacun, au contraire,s’emploie absolument et sans substantif. C’est unefaute de dire : ces chapeaux ont coûté vingt francschaque; il faut vingt francs chacun. || 2. Chaque n’apoint de pluriel, et il y a une faute dans ce vers :L’âme des sons discords que rendent chaques sens,lamart. Socrate , 856. || 3. Après une suite de sub-stantifs précédés de chaque, le verbe se met indiffé-remment au singulier ou au pluriel, suivant le pointde vue grammatical où l’on se place : Dans cettefête, chaque homme et chaque femme avait ouavaient un bouquet. Il se met au singulier si le sub-stantif régi par le verbe est accompagné d’un pro-nom possessif : Chaque homme et chaque femmeavait son bouquet.
— hist. xvi* s. Non seulement chasque pals,mais chasque cité a.... mont, i, 62 . X chaque in-stant, id. i, 74.
— étym. Saintonge, chat; pays de Corne, cias-
CHA
che; provenç. cac et aussi quecs. Le provençal quecsest le latin quisque ; il n’est pas douteux non plusque le français chasque et le comasque ciasche enviennent aussi ; seulement comme il n’arrive pasqu’un i accentué en latin devienne un a en roman,Diez admet que chascun de quisque-unus (où l’i,n’étant pas accentué, a pu sans peine passer à l’a)a influé sur la formation de chasque. Le provençalcac, où manque l’s, se rapproche davantage de l’ir-landais câch, chaque; néanmoins, en ces contacts,la préférence, même pour cac, reste du côté dulatin.
t CIIAQUEUE (cha-keue), *. f. Un des noms vul-gaires de la prêle.
en A R (char; dans char à bancs l’s ni le c ne selient jamais : unchar-à-ban élégant; au pluriel l’sne se lie pas: des chars à bancs, dites : des char-à-ban), s. m. || 1° Sorte de voiture dont les anciens seservaient dans les jeux, les triomphes, les com-bats, etc. Chars armés de faux. Les captifs sui-vaient le char du triomphateur. Achille monté surson char. Il excelle à conduire un char dans lacarrière, rac. Brit. iv, 4. L’intrépide Hippolyte Voit voler en éclats tout son char fracassé, id. Phèdre,v, 6. Tandis que l’ennemi, par ma fuite trompé,Tenait après son char un vain peuple occupé.... LeBosphore m’a vu par de nouveaux apprêts Ramenerla terreur du fond de ses marais, id. Ilithr. m, l.[j Fig. Servitude, dépendance, domination, par al-lusion aux triomphes antiques suivis de captifs. Cen’est pas qu’aisément, comme un autre, à ton charJe ne puisse attacher Alexandre et César, boil. Ép.i. Les puissances ennemies suivent en tremblant lechar du vainqueur, boss. Hist. ii, 6. Attachée auchar du plus ridicule vainqueur qui fut jamais, ha-milt. Gramm. n. Moi-même à votre char je mesuis enchaînée, bac. Iph. n, 5. M. de la Feuillade,tant qu’il vécut, attaché au chardeMmede Quintin,st-sim. 26 , 36. Au char de ma fortune il est tempsqu’on l’enchaîne, volt, ilérope, iv, 4. || 2° Dans lestyle élevé, toute espèce de voitures, et plus spé-cialement, une voiture riche ou élégante. Char bril-lant, rapide, etc. Le char de l’opulence M’éclabousseen passant, bérang. Vocation. L’ombre s’avance etla nuit Roule son char sur la neige, id. Hiver. Tonchar traîné par deux coursiers rapides, id. Octavie,Un même jour.... voyait Moreau monter au char dela victoire, Et son père au char du trépas, v. hugo,Odes , i, 3. || Poétiquement. Le char du soleil, delàlune, de la nuit, anciennes figures provenant de lamythologie qui donnait un char au soleil, à lalune,à la nuit. || Au théâtre, char de gloire, espèce detrône sur lequel descendent les divinités, les génieset autres personnages surnaturels. || Char de deuil,chariot à quatre roues, couvert d’un poêle, pourles funérailles des grands. || Char funèbre, toute es-pèce de corbillard. || Métaphoriquement. La foudrecède à ton audace, Les cieux roulent tes chars flot-tants [ballons], lamart. Hédit. i, JO. || 3' Chariot.Un char de vendange. Un char à foin. Aussitôt que lechar chemine, Et qu’elle voit les gens marcher, lafont. Fabl . vu, 9. Le phaéton d’une voiture à foinVit son char embourbé, la font. Fabl.v i , 18. Unheurt survient : adieu le char; Voilà messire JeanChouart Qui du choc de son mort a la tête cassée,la font. Fabl . vu, 4 4. || Par plaisanterie, un charnuméroté, un fiacre. || Char à bancs, voiture lon-gue et légère garnie de bancs et ouverte de touscôtés ou fermée simplement de rideaux. En 4 834 , àla fin du mois d’août, un de ces chars à bancs donton se sert en Suisse à cause de l’étroitesse des che-mins, ch. de bernap.d, l’Anneau d’argent, § t.
|| 4° Corps du moulin à papier. || 5° Char de Nep-tune, nom donné par les marchands à une sorte demadrépore.
— HIST. xi' s. Cinquante carre qu’en [on] feracharier, Ch . de Roi. m. || xn*s. Cinquante chars luifaites charoier, Ronsciv. 3. Sur un char fist om métrél’arche Deu e covrir, Th. le mart. 76. || xiu* s. Surchars et sur charetes et sur somiers trousser, Rerte,xcvii. Se cars ou caretes ou sommiers ou gens car-quiés [chargés] entrencontrent en destrois quemins,beaum. xxv, 18 . Par les boes de la chaucie Descen-doit du chastel aval, Sans demander cher ne cheval,ruteb. n, 178. Le peuple à ce prince crestien estoitsi grant, que les messagiers le roy nous contèrentque il avoient en leur ost huit cens chapelles suschers, joinv. 264. || xiv' s. X pié, à queval, à car,à carrette, dans raynouard. || xv' s. Ces, charretonset leurs chars s’en vinrent tout charriant vers Aude-narde, froiss. ii , ji, 22i.||xvi' s. Chars trium-phans, J. MAROT, v, 171.
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namurois, chaur; provenç. car, char, carre; es-pagn. et ital. carro; du latin carrus.
f CHARA (ka-ra), s. m. Terme de botanique.Nom de végétaux aquatiques submergés (genre d’al-gues, chara). || Un des noms vulgaires du chara estlustre d’eau.
— étym. Chara, nom latin d’une plante mal dé-terminée.
f CHARABIA (cha-ra-bia), s. m. Terme populaire.Le patois des Auvergnats , et, par extension, toutautre parler qu’on ne comprend pas. |] Quelquefoisl’homme d’Auvergne lui-même.
f CHARACÉE (ka-ra-sée), s. f. Terme de botani-que. Les characées, nom de la famille des charas.
t CHARACIN (cha-ra-sin), s. m. Espèce de saumon.
CHARADE (cha-ra-d’), s. f. Sorte d’énigme danslaquelle le mot que l’on donne à deviner est partagéen deux, rarement en trois autres mots, que l’onappelle premier, second ou dernier, et que l’on faitconnaître par leurs définitions; le mot à deviners’appelle alors le tout ou l’entier. Pour aller motrouver, il faut plus que les pieds, Et souvent enchemin on dit sa patenôtre ; Mon tout est séparéd’une de ses moitiés ; La moitié de mon tout sert àmesurer l’autre. Le mot est Angleterre; c’est le tout,qui se décompose en angle et terre, lesquels sontses moitiés. || Charade en action, jeu dans lequel onexécute des scènes qui expriment le sens des di-verses parties d’un mot propre à mettre en charade.
— ÉTYM . Charade n’est pas dans les ancienneséditions du Dictionnaire de l’Académie. « Ce motvient de l’idiome languedocien et signifie, dans sonorigine, un discours propre à tuer le temps; on diten Languedoc : allons faire des charades, pourallons passer Taprès-soupé, ou allons veiller chezun tel, parce que, dans les assemblées de Taprès-soupé, le peuple de cette province s’amuse à diredes riens pour passe-temps, v Sébastien, Dict. dela littérature, 1770. Charade paraît être venu enusage dans le courant du xvm“ siècle; ce sembleêtre le mot provençal charrada , qui signifie unecharrette, qui vient de char, et qui aura été prispar une métaphore plaisante pour un tas, une char-retée de bavardages.
f CHARAGNE (cha-ra-gn’), s. f. Nom vulgaire duchara
CHARANÇON (cha-ran-son), s. m. Nom communde tous les insectes de la famille des curculionides,de Tordre des coléoptères tétramères, dont plu-sieurs espèces mangent les blés dans les greniers.Le charançon s’est mis dans ces blés. Que les saute-relles, la grêle, les chenilles, le charançon ne nouspillent pas tous les ans, p. l. cour, i, 326.
— hist. xvi' s. Oultre la calamité des mulotz, ledeschet des greniers, et la mangeaille des charan-tons et mourrins, rab. Pant. m, 2 .
— ÉTYM . Provenç. carence; bas-lat. calandrus,grillon, cigale, charançon, insectes ainsi nomméspar une vague assimilation avec la calandre, oiseau(voy. calandre) ; Tl s’est changée en r, changementqui n’est pas très-rare.
CHARANÇONNÉ, ÉE (cha-ran-so-nê, née), adj.Attaqué par les charançons. Blé charançonné.
— étym. Charançon.
CHARBON (char-bon), s. m. || 1° Élément com-posant presque en totalité la substance dubois et ob-tenu presque pur au moyen d’une combustion lenteque Ton arrête dès qu’on a chassé l’oxygène, l’hydro-gène et presque toute l’eau ; le charbon obtenu ainsiest du carbone presque pur. Charbon animal, ehar-bon résultant de la décomposition des substances ani-males par le calorique dans des vases clos. || On ditsouvent charbon de bois, pour éviter la confusionavec tout autre charbon. || Charbon , spécialementmenu bois à demi brûlé, puis éteint pour être ral-lumé au besoin. Cuire le charbon. Un sac, une voiede charbon. || Par exagération, toute matière car-bonisée par l’action du feu. Cette viande est brûlée,elle est en charbon. || Charbon de saule ou d’autresbois doux, celui dont se servent les peintres et lesgraveurs pour faire des esquisses de leurs dessins.|| 2” Braise éteinte, morceaux de bois charbonné quirestent dans le foyer. Rallumer les charbons. Sefaire des moustaches avec un charbon. [Le gaminde Paris ] et le long des grands murs, Crayonnantau charbon mille dessins impurs, barbier, ïambes.
Il 3° Charbon qui brûle. Charbon ardent, rouge. Fairegriller sur les charbons. Le paria lui présenta uncharbon de feu pour allumer sa pipe, bernard, dest-pierre, Chaum. ind. Quoi 1 morts tous deux!dans cette chambre close Où du charbon pèse encorla vapeur, bérang. Suie. || Fig. Et quand j’ai dit :Allah 1 mon bon cheval de guerre Vole, et sous sa