CHA
CITA
r»r.fi cha
v, 2 . Pans mon désespoir trouvez-vous tant de char-mes? rac. lier, v, s. Qu’après un long hiverle prin-temps a de charmes ! id. Poésies , t. Pour l'homme debien la vertu a mille fois plus de charmes que le vice,mass. Car. Avenir. La vérité a des charmes dont unbon cœur a peine à se défendre, id. ib. Vous plaignezmon exil, il a pour moi des charmes, volt. Gidipe,v, t. La vie a ses attraits, mais la mort a ses char-mes, id. Triumv. i, 2 . Il enchante ces lieux par uncharme invincible, id. Jfenr. ix. Rougis-tu d’êtrebelle, 6 charme de mes yeux? lamart. Méd. il, 24.|| 4“ S. m. plur. En parlant d’une femme, attraits,appas. Celle dont mes ennuis avaient leur guérisonS’en va porter ailleurs ses appas et ses charmes,malh. v, 7. Elle pleure en secret le mépris de sescharmes, RAC. Andr. i, t. Hermione à Pyrrhus pro-diguait tous ses charmes, id. ib. i, 1. Il commen-çait à trouver des charmes dans sa personne, ha-milt. Gramm. 4. Vénus avait répandu sur elle denouveaux charmes, fén. Tél. vu.
— RF.M. 1. D’après les grammairiens, ce mot nese dit qu’au pluriel dans le sens d’attraits, d’appas,et qu’au singulier quand il signifie cette puissancesecrète qui attire, ce qui plaît, ce qui touche. Lapremière partie de la remarque est vraie ; mais laseconde ne l’est pas, comme on peut s’en assureren parcourant les exemples. Cette distinction, quin’a rien en soi de logique ou de grammatical, nepourrait être qu’une affaire d’usage; or l’usagemême est contre elle. || 2. Des grammairiens pré-tendent que charme ne se dit pas des personnescomme des choses. Cette remarque n’est pas fondée.Lamartine a très-bien dit : ô charme de mes yeux.|| Corneille a dit charme à, par une tournure poéti-que, aujourd’hui archaïque : Si vous n’avez uncharme à [un moyen de] vous justifier, corn. Rod.v, 4.
— SYN. 1. charme, enchantement. Le charme( Carmen ) est une formule en vers ou en prose me-surée b laquelle on attribue la vertu de troublerl’ordre de la nature. L’enchantement ( incanta-mentum) est l’action de prononcer cette formule.Comme à tout moment, dans le discours, on prendla cause pour l’effet ou l’antécédent pour le consé-quent, la différence des deux mots disparaît, etils sont la plupart du temps synonymes. || 2. charmes,appas. On est très-porté à confondre absolumentces deux termes. Mais, à une époque où l’on étaitplus près du sens primitif des mots, Malherbe n’apas hésité à mettre : ses appas et ses charmes.En effet, appas se dit des beautés qui attirent ; etcharmes, de celles qui agissent par une vertu oc-culte, magique.
— HIST. xu* s. Il dit un charme que il avoitaprins, Garin, u, 104 . E uns charmes truvad, parunt il soleit asuager les mais, Rois, 24i.||xm°s.Mès or sai bien que je feré ; Un bon charme vosaprendré, Ren. 7860. || xv* s. Les aucuns de cesarioles affirmoient que le roi estoit demené par sortset par carmes, froiss. iii, iv, 54. À l’amour ne suysadonné, Et j’ame encore moins les armes, Mais levin, dès que je fus né; C’est pourquoi j’en fai tousmes carmes [vers], bassel. t.||xvi*s. Conjurations,charmes, characteres..., paré, Introd. 27.
— ÉTYM . Carmen, chant, vers, formule d’en-chantement, anciennement casmen, sanscrit ças-man, de çans, célébrer.
2. CHARME (char-mj, s. m. Arbre de haute tige,de la famille des amentacées (carpinus betulus, L. ).|| Bois de charme. Le charme est d’un grand usagedans le charronnage.
— HIST. xiii* s. Le guichet qui estoit de charme,la Rose, 624. Ormes i ot branchus et gros, Et avecce charmes et fos [hêtres].... ib. 1308. || xv* s. Lessupplians sioient de leur bois, c’est assavoir des char-pes, autrement appelez charmes, du cange, char-m en.
— ÉTYM . Wallon, chaune; Berry, charne, charpe;picard, carme; rouchi, carne, carme; Saintonge, char-pre; espagn. carpe ; ital. carpino; du latin carpinus que l’on croit un mot celtique, et que l’on interprètepar car, bois, et pin ou pen, tête. C’est charmede charmer qui, dans le français , a conduit, parassimilation, à nommer charme l’arbre que plu-sieurs patois nomment plus régulièrement charneou charpe. Les dictionnaires latins varient, accen-tuant tantôt carpinus, tantôt carpinus; les languesromanes, qui ont l’accent sur car, prouvent que lapremière accentuation est la bonne.
CHARME, ÉE (char-mé, mée), part, passé. || 1“ Af-fecté d’un charme. Les forêts charmées par Armide....11 faut que l’enfer d’un étrange nuage De ma raisoncharmée ait offusqué l’usage, rotr. lié iis. v, 8,
|| 2* Attiré, séduit. Nos yeux auraient été charmés devoir cette terre, fén. Tél. H. Maître, n’en doutez point,d'un cœur déjà charmé, Commandez qu’on vous aimeet vous serez aimé, rac. Rérén . 11,2. Lal’iétécharméeSent renaître la joie en son âme calmée, boil. Lutr.vi. Charmé de deux beaux yeux, mon vers charmala cour, Et ce que j’ai de nom je le dois à l’amour,corn. Excuse à Ariste. Le roi m’a fait l’honneur plu-sieurs fois de me parler, et j’en suis sorti à monordinaire, c’est-à-dire fort charmé de lui et au dé-sespoir contre moi, rac. Lettres d Boileau , t3.|| 3“ Adj. m. En termes forestiers, bois charmé,arbre qu’on a gâté par le pied pour le faire périr.
CHARMER (char-mé), v. a. ||1“ Exercer une ac-tion magique par le moyen d’un charme. Un fauxciel et une terre feinte se présentèrent au pilote ; etl’impression de la divinité trompeuse qui charmaitses yeux.... fén. Tél. ix. Aurait-elle appris la mer-veille De si bien charmer ses appas Que je pusse latrouver belle? malh. v, io. Il [l’amour] croit char-mer ses sens [de Mornai], il croit blesser son cœur,volt. Henr. ix. Je puis t’enseigner des prières Pourcharmer la fureur des loups, bërang. Ch. et laitière.Si le roi de Suède s’est jeté dans le péril.... le car-dinal de Richelieu pouvait-il charmer la balle quil’a tué? voit. Lett. 74. || Le serpent charme et attireles petits oiseaux. Ainsi l’oiseau, faible et timide,Veut en vain fuir l’hydre perfide Dont l’œil lecharme et le poursuit, v. hugo, Odes , iv, B. 11 2* Parextension. Voilà de vos chrétiens les ridicules songes IVoilà jusqu’à quel point vous charment leurs men-songes! corn. Poly. iv, 3. || 3” Suspendre l’effet d’unsentiment triste et pénible. Tu charmais trop mapeine, et le ciel qui s’en fâche.... id. Ilor. iii, t.Rien ne peut-il charmer l’ennui qui vous dévore?rac. Bérén. n, 4. Je charmerai ta peine en atten-dant le jour, lamart. Béd . u, 3. || Rendre agréablece qui est désagréable ou ce qui peut être considérécomme fatigant. La lecture charme les loisirs.114° Plaire, ravir. Tel Sophocle à cent ans charmaitencore Athènes , corn. Au roi. Plût aux dieux Quesa bonté touchât la beauté qui me charme I id.
Cmna,m, 2 .Je m’en doutais, seigneur, que ma
couronne Vous charmait bien autant du moins quema personne, id. Nicom. i, 2 . Je ne trouve qu’envous je ne sais quelle grâce Qui me charme toujourset jamais ne me lasse, bac. Esth. u, 7. Un Dieu sibon ne peut-il vous charmer? id. Ath . i, 4. C’estmaintenant, dit-il au roi, que vous allez charmervos sujets, fénel. Tél. xiv. L’heureux talent dontvous charmez la France , volt. Épit. xxv, 1 . Ainsi,pour nous charmer, la tragédie en pleurs, D’Œdipetout sanglant fit parler les douleurs, boil. Artp. m.|| Absolument. Là tout charme et rien n’éblouit.|| Familièrement, causer une vive satisfaction. Vousme charmez en m’apprenant cela.
— hist. xiii° s. Maint homme i est à mort charmé[maltraité], G. guiart, t. u, p. 468, vers naos(20891). || xrv* s. Le suppliant fery le dit Nepveu unseul coup.... et le dit coup charmé de paroles seu-lement, sanz autre medecine ne garison, le ditNepveu ala de vie à trespassement, du cange ,carmen. || xv° s. Tous guérirent, excepté icelluiEstienne qui fit charmer sa plaie qu’il avoit sur lateste, sans autre remede y quérir, id. ib. Le quel An-glois se fist, comme l’en dit, charmer par un francarchier,iD. ib. Par quoyondoitsonfaulconhasterdeprendre mue, qui en veut charmer et voler la saisond’y ver, Alodus, P xc, verso. || xvi* s. Et bon vin,s’ils en peuvent fournir, à fin de charmer la brouée[tuer le brouillard], paré, xxiv, 7. Je veux parler,maistresse, à quelque vieil charmeur, Pour vousrendre amoureuse, et changer vostre humeur : Jefaux : l’amour qu’on charme est de peu de séjour,
rons. 236.pour charmer mon souci, Page, verse
à longs traits du vin dedans mon verre, id. 273.L’humide nuict qui de son voile enferme L’œil et lesoing de l’homme qu’elle cherme, id. 823. Charmerles puces [s’enivrer], oudin. Platon fait inhibition àceux qui ont charmé les puces, cholières, Contes,1.1, dans le roux, Dict. comique.
t CHARMEUR (char-meur), s. m. , CHARMERESSE(char-me-rè-s’) et CUARMEUSE(char-meù-z’), s.f.|| 1° Celui, celle qui emploie les charmes. Charmeurde serpents. || 2° Charmeuse, celle qui charme uncœur. Juge un peu quel désordre aux yeux de macharmeuse, corn. Illusion, m, 4.
— hist. xv° s. Le dit Henry appella la dite femmeputain, larronnaisse et charmegneresse, du cange,carmen. Les grans tempestes pardurables, Qu’enenfer souffrent les pécheurs, Charmeurs, devins,sorciers, Sorcières, Mir. de Ste Genev. |l xvi" s. Les
sorciers, enchanteurs, devins, magiciens, char-meurs, empoisonneurs, exorciseurs, se vantent deguarir plusieurs maladies, paré, Introd. 27.... Eupeu de temps du breuvage donné Peurent forcer laforce charmeresse, rons. 41. Les immodérées etcharmeresses blandices de la volupté, mont, iv, 300.
CHARMILLE (char-mi-11’, U mouillées, et nonchar-mi-ye), s. f. || 1° Plant de petits charmes.|| 2° Terme de jardins. Palissade, berceau, allée decharmes et même de diverses autres espèces d’ar-bres, taillés de manière à présenter une surfaceplane, un mur de verdure. Quand d’une faible char-mille Votre héritage est fermé, bérang. Ménétr. Xl’ombre de vertes charmilles.... Vous voulez danseraui chansons, id. Orage.
— ÉTYM. Charme 2; wallon , chdrnale, chaurnia;namurois , chaunia.
CHARMOIE (char-mol) , s. f. Lieu planté decharmes.
— rem. Les noms de lieux plantés de certainsarbres se terminent généralement en aie : aunaie,châtaigneraie, etc. Charmoie fait une exception quin’est qu’apparente ; tandis que, la prononciationchangeant, les autres changeaient oie en aie, char-moie a gardé l’ancienne orthographe, et la pronon-ciation est devenue différente de celle des motscongénères.
— ÉTYM . Charme 2; Saintonge, charprd ; picard,canoye.
CHARNAGE (char-na-j’), s. m. Temps dans lequell’Eglise catholique permet de manger de la chair.Cette dorure [mélange de blancs d’œuf et de jaunespour dorer la pâtisserie] est la dorure de charnage ;car, pour la dorure de carême, ce n’est que desœufs de brochet détrempés avec un peu d’eau, ri-chelet, Dict. || Vieux.
— HIST. xiii* s. Nus ne puet ne ne doit ouvrer encharnage puis vespres sonans, au dit mestier , neen quaresme puis complie sonant, Liv. des mét. 48.Chascun jor en la quarantaine Et une foiz en lasemaine La batoient, ce vous redi, En charnage,le vendredi, ruteb. ii, 176. || xv" s. Car karesmevient et commande A charnaige, tant qu’on lumande. Que pour ung temps se tire arriéré, ch. d’orl.Rond.
— ÉTYM. Wallon, chamèie; namurois , chaurnaie;provenç. carnatgue; du bas-latin camaticum,du latincaro, carnis, chair (voy. chair et cornp. carnage).
f CHARNAIGRE (char-nè-grj, s. m. Espèce dechiens lévriers, qui forcent le gibier daDs les roncesoù il se retire.
f CHARNAL1TÉ ( char-na-li-té ), s. f. Caractèrede ce qui est charnel, par opposition à spiritualité.
— hist. xii° s. Tôt ce que de carnaliteit soi levoiten eaz [eux], Job, 422. || xin’s. Car jà tant n’y arad’esperitualité, S’en ne fuit et eschieve toute opor-tunité, Que moult ne s’i embate de la charnalité,i. de meung. Test. 2068 . Comment Diex prist car-nalité En la virge sainte Marie, du cange, carna-lilas. || xv* s. De faict et de semblant le mareschalest net de cestuy vice de charnalité, Bouciq.iv, 7.
— ÉTYM . Camalitatem , de carnalis, cnarnel(voy. ce mot).
CHARNEL, ELLE (char-nèl, nê-1’), adj. || 1° Quidépend de la chair. Appétit, plaisir charnel. || Fig.Dont les pensées et le cœur sont attachés à la chair,en parlant des personnes. Non, ces hommes char-nels dont les cœurs s’abandonnent X tout ce que lessens ordonnent, Ne possèdent jamais un bien si pré-cieux, corn. Imit. i, 6. Obligé déménager la fai-blesse d’un peuple charnel, mass. Car. Pardon. Ilsavaient à entretenir un peuple charnel, pascal,Fig. 1.1| Substantivement. La grandeur qui vient deDieu est invisible aux charnels et aux gens d’esprit,pasc. dans le Dict. de bescherellë. || 2° Qui est en-gendré selon la chair. Enfants d’un père charnel, nousnaissons tous charnels comme lui, mass. Carême,Culte.
— hist. xi° s. J’à n’ert [il ne sera] vaincut parnul homme carnel, Ch. de Roi. clviii. || xii° s. Neconeit-il negum home charné, Ronc. p. 91. Et Oli-vier et ses amis carnaus, ib. p. 149. Que od eles [ils]ne ousseut conversement charnel ne cumpaignie,Rois, 276. Ce est li charneizdeliz, Job, 462. Sire, faitele, por noient en parlez; Je vos aim plus que nulhome charnel, Raoul de C. 228 . || xiii* s. Mais l’a-mor qui te tient ou las [au lacs], Charnex défis tereprésente, la Rose, 4617. Femme efforcier, si estquant aucuns prent à force carnele compaignie àfeme contré le [la] vûlenléde lfe [la] feme, beaum'.xxx, 7. || xiv° s. Et comme telles fortunes qui peu-vent avenir as amis charnels ou autres soient de