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et tant cheminent sans longue demoree.... Berte,civ. Renart prent congié, si s’en part, Si cheminetôt un essart, R en. 24608. Proié li a qu’ele li die Delui et de sa compaignie, Quel part il voudront che-miner, rdteb. n, 1 09 . || xiv“ s. J’aime une fleurqui s’euvre et qui s’encline Vers le soleil, de jourquant il chemine, machault, p. 123. || xv° s. Ettant chemina par ses journées que elle s’en vint àParis , froiss. i, i, 6. || xvi* s. Ainsi comme ilzcheminoient à grands pas, à travers la plaine,vers.... amyot, Arist. 43. L’homme ne sçait ny che-miner, ny parler, ny manger, ny rien que pleurer,sans apprentissage, mont, ii, 4 64.
— ÉTYM . Chemin; bourguign. chemené; provenç.et espagn. caminar; portug . caminhar; ital. cam-minare.
CHEMISE (che-mi-z’), s. f. || 1“ Vêtement de lingequ’on porte sur la peau. Chemise de toile, de cali-cot. Le corps de la chemise, la partie qui couvrelo corps. Le devant de la chemise, la partie anté-rieure du corps de la chemise. Un devant de che-mise, la partie de la chemise qui couvre la poi-trine, qui se voit et qui est ornée. || Être en che-mise, être sans habit. Le matin en chemise il sur-prit les tranchées, Régnier, Épit. i. De se voirtraîné en chemise par les vaincus, hamilton,Gramm. 5. On l’a menée nue, en chemise et lacorde au col, sëv. 296. En chemise, à la croisée, Illui faut tendre ses lacs, bérang. Frétill. || Lachemise d’Hercule , don funeste , locution prise dela mythologie et de la chemise du centaure Nessusqui, donnée à Hercule , le fit périr. Accorder ce pré-sent à l’ardeur qui vous brûle, Ce serait vous don-ner la chemise d’Hercule , mair. Sophon. iv, 6.|| Chemise ardente, chemise enduite de soufre qu’onmettait aux personnes condamnées à périr sur unbûcher. || Familièrement. Pontchartrain avait quittéle commerce du père de la Tour, comme une che-mise sale, et n’en avait pas ouï parler depuis, st-sim. 305, 942. || Fig. N’avoir pas de chemise, man-quer de tout. || Jouer, manger, vendre, engager,donner jusqu’à sa chemise, c’est-à-dire tout ce qu’ona. Laissez faire; ils ne sont pas au bout; J’y ven-drai ma chemise, et je veux rien ou tout, rac.Plaid, i, 7. || Mettre quelqu’un en chemise, le rui-ner. Lorsqu’il ne tient qu’à lui qu’il ne mette enchemise ses petits voisins, balz. le Prince, ch. vi.|| Fig. Cacher quelqu’un ou quelque chose entre lapeau et la chemise, faire tout pour mettre en sûretéquelqu’un ou quelque chose. On dit aussi : Je lemettrai dans ma chemise. || Familièrement. Chan-ger de, etc. comme de chemise, changer quelqu’unou quelque chose très-souvent. Il change de do-mestiques comme de chemise. Ah! que j’ai de dé-pit que la loi n’autorise A changer de mari commeon fait de chemise, mol. Sgan. 5. || Demi-chemise,vêtement de toile à une seule manche dont certainsverriers se servent pendant leur travail. || Chemisede laine, vêtement de laine qu’on porte sur la peauou qu’on met pour aller se baigner, j 2° Chemise demaille, cotte formée d’annelets d’acier. || 3° Enve-loppe de toile, de papier, etc. dont on se sert pourserrer certains objets. On met les dossiers dans deschemises. |1 La chemise d’une balle de soie, la toilequi enveloppe immédiatement la soie. || 4° Terme debotanique. Portion des enveloppes florales qui accom-pagnent le fruit à sa maturité. || 5° Terme de jardi-nage. Couverture de litière épaisse de 0",08 à 0 “, l o,qu’on met sur les meules de champignons pour lesgarantir de l’action des agents extérieurs. || 6° Termede fauconnerie. Le duvet de l’oiseau. || 7° Terme demarine. Toiles ou nattes dont on tapisse la cale d’unnavire qu’on charge en grenier. || Terme d’argot mari-time. Compter ses chemises, vomir par l’effet du malde mer. || Chemises à feu, pièces de toile trempéesdans une composition de pétrole, de camphre etd’autres matières combustibles, dont on se servait,sur mer, pour brûler les vaisseaux ennemis, en lesy attachant et y mettant le feu. || 8° Terme de con-struction. Maçonnerie qui enveloppe une conduitede poterie. || Muraille en briques au pourtour descalorifères. || Terme de fortification. Mur dont unrempart ou un bastion est revêtu, pour soutenir lesterres. || 9“ Terme de maçonnerie. Crépi, revête-ment. || Terme de sculpture. La couche de potée for-mant la chape d’un moule. || 10° Partie inférieure dufourneau où fond le minerai. || Canon de fusil ébau-ché, || Calotte pour revêtir la couronne d’un four deverrier. || 11° Terme de lapidaire. Petite croûte blan-châtre qui enveloppe diverses pierres. || 12° Chemisede clairon, de cornet, de trompette, partie opposéeau pavillon, prolongement rectiligne do l’enroule-ment. || 13° Lettres en chemise ou à la duchesse,
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espèce d’écriture où les pleins tiennent la placedes déliés et vice versa. || 14° Jeu d’hombre. Pren-dre une chemise blanche, écarter ses neuf cartespour en prendre d’autres. || Proverbes. La peau estplus proche que la chemise, c’est-à-dire les intérêtspersonnels sont plus forts que les autres. On ditdans le même sens : La chemise est plus procheque le pourpoint. || Entre la chair et la chemise, ilfaut cacher le bien qu’on fait, c’est-à-dire il fautfaire le bien sans le faire paraître.
— HIST. xii° s. Elle ot chemise de soie d’Aumarie,Ronc. p. 160 . Sa chemise qu’ [il] ot vestue, [il] M’en-voia pour embrasser, Coud, Dame de Faiel. DameAlaïs corut aparillier Chemise et braies et espéronsd’ormier [pur] Et riche ermine depaile de quartier,Raoul de C. 149. ||xiii* s. Vestu [elle] ot unbliautpar desus sa chemise, Berte, xxxi. La vieille depaour trembloit sous sa chemise, ib. lxxvi. Lasse!pourquoi ne creve mes cuers [cœur] sous ma che-mise? ib. c. Comment Amors très bien souef [dou-cement] Ferma d’une petite clef Le cuer de l’amant,par tel guise Qu’il n’entama point la chemise, laRose, 2008 . II demore, quant il est desarmés, enpure sa quemise, beaum. lxiv, 2. Li un vestent cou-telle grise, Et li autre vont sans chemise, ruteb.158. Ele veut avoir gent legiere En son servise,Une eure en cote, autre en chemise, id. 31. Le clercs’en ala en pure sa chemise en son hostel, joinv.209. Comme la chemise est plus près du cors quenul autre vestement, id. 260. || xiv* s. Ung bon mes-sel, couvert d’une chemise de drap de damas blancsemé de marguerites, laborde, Émaux, p. 213.Unes chroniques de France , à deux fermoirs d’ar-gent dorez, et ont une chemise de soye à queue, id.ib. p. 232. Un livre à une chemise de soie longue,nommé le Racional de l’Eglise, au fermoir d’argentesmailé, Gilles mallet, Inventaire des livres de labibliothèque du Louvre, p. 44. Un livre à une che-mise blanche de soie, à deux fermoers d’argent,in. ib. Mais ma chemise m’est plus prez certai-nement Que ma cote ne fait.... Guescl. 17227. Maisje te veil dire et aprendre Que, pour resprendre tachemise, Ne mes ton héritage en mise, machault,p. 109. || xv* s. Tout desboutonné, en une simplecote et sa chemise, froiss. h, ii, 30. Tant despend-on, que on n’achemise, vill. Bail. || xvi* s. Les blas-phémés contre Dieu , les querelles contre les amis,les jeux jusques à la chemise, et les ordes amoursdes femmes impudiques, lanoue, -H 9. Il fait tou-jours le brave au commencement, et puis se couêfede sa chemise, d’aub. Fœn. m, 0 . La pluspart es-loignez de sa presence après y avoir mangé jusquesà la chemise, id. Ilist.m, 291. Ne voit-on pas lajeunesse de ce temps porter le linon empesé au co-let et aux poignets, bien que le corps de la chemisesoit de grosse toile et pourrie? id. Conf. ii, 6. Tachemise ne sache ta guise, gënin, Récréai, t. ii, p.250. Il m’en souvient aussi peu que de ma premièrechemise, oudin. Onques d’estoupes bonne chemise,leroux de lincy , Prov. t. ii, p. 163. Et si les ga-rentiroit de tous dangers belliques qui peuvent sur-venir au corps, en lui baillant la chemise de néces-sité qu’on a accoutumé vestir quand on va à laguerre, laquelle est faitte de lin filé la nuit de Noëlpar des filles chastes au nom du diable, bouchet,Séries, liv. iii, p. 26 , dans lacurne. Le roi Fran-çois ne faillit point, Quand il prédit que ceux deGuise Mettroient ses enfants en pourpoiDt Et tousses sujets en chemise, Sat. Ménipp. Harangue de31. d’Aubray.
— ÉTYM . Bourg, cheminie, chaiminge; picard,kemise; provenç. et espagn. camisa; portug . ca-mita; ital. camicia , camiscia; lat. camisia, dansSt-Jérôme; c’est le plus ancien exemple de ce mot,qui parait signifier un vêtement en usage dans lescamps, et avoir été un mot du langage populaire(volo pro legentis facilitate abuti sermone vulgato ;soient militantes habere lineas, quas camisias vo-cant). L’ancien haut-allemand fournit hamidi, lie-rai di, chemise, où 1 ’h pourrait se changer en c,mais qui n’explique pas le suffixe isia. Ce suffixen’est pas non plus expliqué par Isidore qui tirecamisia, de cama, lit. L’ancien français , à côté dechemise, a chainse, étoffe de lin, italien câmice, quisuppose un radical cam ; ce radical pourrait se trou-ver soit dans le celtique ( kymri camse, long vête-ment, ancien gaélique caimis, génitif cairote, che-mise ; mais le celtique ne paraît avoir aucune racinepour ces mots), soit dans l’arabe qdmiç, vêtementde dessous, mot qui se trouve déjà dans le Coran ,mais pour lequel l’arabe non plus ne fournit pointde racine. La conclusion de cette discussion em-pruntée à Diez est que les langues romanes ont
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eu un radical eam, et une forme camis, d’où laforme adjective camisia; et qu’on ne sait à quelle; langue rattacher cam ou camis.
j CHEMISER (che-mi-zé), r. a. Terme de labo-ratoire. Garnir une cornue d’un enduit préservateur.
f CHEMISERIE (che-mi-ze-rie) , t. f. Magasin dechemises.
CHEMISETTE (che-mi-zè-t’), s. f. || 1° Partie an-térieure et supérieure d’un corps de chemise qui semet sur la chemise même. Les hommes mettentquelquefois des chemisettes quand ils ne veulent pasmettre une chemise blanche. || 2° Petit corsage dé-colleté en ferme de chemise, brodé et garni ouplissé, que les femmes mettent en dessous de leurscorsages ouverts ou décolletés, et qui dépasse unpeu la robe.
— hist. xv* s. Pour faire unes chemisectes auxpetites heures du roy, de laborde, Émaux , 2 H. Ungpetit messel, couvert de cuir rouge, garni d’unechemisette de chevrotin rouge, du cange , camisa.
— ÉTYM . Diminutif de chemise; bourg, chemisôte.
f CHEMISIER , 1ÈRE (che-mi-zié, ziè-r’) , s. m.et f. Celui, celle qui fait ou qui vend des chemises.
f CHÉMOSIS (ké-mô-zis’), s. m. Terme de méde-cine. Bourrelet très-élevé et rouge que forme laconjonctive, dans certaines ophthalmies accompa-gnées d’un afflux considérable dans le tissu cellu-laire sous-muqueux.
— ÉTYM . X^|Mtxnî, de trou, à cause que,
dans ces cas, la cornée paraît comme au fond d’untrou.
CHÊNAIE (cliê-nê), s. f. Lieu planté de chênes.
— HIST. xvi° s. Voiant les belles chesnaies d’uncosté: de l’autre les chasteneraies, les ormaies....O. DE SERRES, 790.
— ÉTYM . Chêne; Berry, châgnaie.
CHENAL (che-nal), s. m, || 1° Passage pratiquédans une rivière ou à l’entrée d’un port. Un chenalprofond. Des chenaux étroits. || 2° Courant d’eaupour le service d’un moulin, d’une usine. || 3° Cou-rant d’eau bordé de terre, soit naturellement, soitpar le travail de l’art, où les vaisseaux peuvent pas-ser. || Passage entre des rochers, des bancs, desterres. || 4° Canal le long d’un toit conduisant leseaux d’une gouttière. Dans ce sens on dit mieuxchéneau.
— HIST. xii° s. Alsi com les aiwes en lur chenals,Job, 470. || xiii° s. Avient ainsi que il [le fleuve]vient tout en un Chanel jusques en Egypte , joinv.219. || xiv* s. Et crut si la riviere par droite forcevive, Qu’elle issit du chenel, n’y out si haute rive,Girart de Ross. v. 3926. || xvi* s. Les goutieres al-loyent jusques en terre, ou finoyent en grandz es-chenaulx, qui tous conduisoient en la riviere pardessoubz le logiz, rab. Gar. i, 53. Ceste langue deterre, environnée par tout de la mer et des ache-naulx, d’aub. Hist. u, 297. Et s’estant fait passerl’achenal par intelligence qu’il avoit au païs, id. ib.n, 298. Ce qui pouvoit venir en la ville par les aclie--naux et marais de ce costé là jusques à la mer, id.ib. Il, 437.
— ÉTYM . Forme ancienne de canal (voy. ce mot) ;génev. chenâ; wallon , chènâ; angl. channel,
fCHENALER (che-na-lé), v.n. Terme de marine.Chercher un chenal, suivre les sinuosités d’unchenal.
CHENAPAN (che-na-pan), s. m. Vaurien, ban-dit. C’est un vrai chenapan.
— ÉTYM . Allem. Schnapphahn, de schnappen, at-traper, et Hahn, coq.
f CHENARD (che-nar), s. m. Un des noms vul-gaires du chènevis.
— HIST. xvi° s. Au lieu du bon froment est sortylanielle, Chardons pour artichaux, chenarde poursafran, rons. 747.
— ÉTYM . Le radical paraît être le même que danschènevis.
f CHENAVARD (che-na-var), s. m. Sorte de feu-tre grossier.
CHÊNE (chê-n’), s. m. || 1° Arbre de la famille desamentacées, qui produit le gland. Le chêne craintle voisinage des pins, des sapins, des hêtres, et detous les arbres qui poussent de grosses racines dansla profondeur du sol, buffon, Exp. sur les végét.2 ° mém. Le chêne un jour dit au roseau : Vousavez bien sujet d’accuser la nature; Un roitelet pourvous est un pesant fardeau, lafont. Fables, i, 22 .|| Chêne vert, yeuse, variété de chêne qui conserveses feuilles en toute saison. || Chêne rouvre, autrevariété très-grande (quercus robur). || Familièrement.