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Tome premier. A - C.
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596
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CIIE

CIIE

596 CEE

Service à cheval envers le roi ou quelque seigneur,y Spécialement, service militaire par le vassal envertu du lien féodal, à la différence du service dost par tout habitant de la seigneurie (voy. ost).|| Incursion hostile; course de gens armés.

hist. xii* s. Service et chevauchie [il] nousrequiert tantes fois, Sax. xvm. || ira* s. Et les da-mes de la vile alerent encontre leur amis, à granschevauchiées, villbh. xcii. Lors fist Henris, li frè-res le conte Baudoin, une chevauchie, et mena aveclui grant partie de la bone gent de lost, id. xcix.Et cil des cités maintindrent moût riguereusementla guerre encontre les Grieus [Grecs], et firent main-tes chevalchies, id. clv. Ne fu nus jors ko sa mais-nie Ne fust li rois en chevaucie, Fl. et Bl. 67. Ilvoit une grant chevauchie mainte dame avoit....Ji en. H 79t. Se ses sires le semmonnoit dost ou devevaucie ou por sa meson garder, beàum. xxix, (9.|) xv* s. Par lui se faisoient les emprises et leschevauchées, froiss. ii, ii, (39. Chacun cuidoit rap-porter autant dargent que les autres en avoient rap-porté, qui avoient esté en lautre chevauchée [expédi-tion] en Angleterre avec lui, id. t, i, 29. Ainsi se défitet rompit cette grosse chevauchée [les deux arméesfrançaise et anglaise], id. i. i, 94. || xvi* s. Chausserses bottes pour une utile chevauchée, mont, iv, 304.

ÉTYM . Chevaucher; provenç. cavalcada; es-pagn. cabalgada; ital. cavalcata.

f CHEVAUCHEMENT (che--che-man ) , s.m.|| 1° Croisement de deux pièces. || 2° Terme de bo-tanique. Disposition des feuilles chevauchantes.|] 3° Terme de chirurgie. Déplacement des fragmentsdun os fracturé, lorsque, au lieu dêtre bout àbout, ils sont parallèles lun à lautre dans une plusou moins grande étendue.

HIST. xv* s. On se dissimule de nostre che-vauchement; on ne veut point que nous chevau-chons, afin que nous nayons point cause de deman-der argent, froiss. ii, ii, t39.

ÉTYM . Chevaucher.

CHEVAUCHER (che--ché) , ». n. || 1* Aller ilcheval. [Le chevalier] ainsi chevauchant, il mettaità fin toutes ces aventures chantées par nos poètes,chateaub. Génie, iv, v, 4. || 2 Terme de manège.Chevaucher court ou long, se servir détriers tropcourts ou trop longs. || Chevaler. Voy. ce mot. || Sedit aussi de laction du cheval faible et incertaindans ses allures, qui se taille des boulets en mar-chant. || 3" Terme de fauconnerie. Loiseau che-vauche, lorsquil sélève par secousses au-dessus duvent. || 4° Par extension, être à califourchon. Cetenfant chevauche sur un bâton. || 6° Terme de mé-tier. Se croiser, empiéter lun sur lautre. Ces ar-doises ne chevauchent pas régulièrement. || Termede chirurgie. En parlant des fragments dun os frac-turé, éprouver le chevauchement. || On dit de mêmede dents qui se croisent, quelles chevauchent.Il 6Terme dimprimerie. Être mal aligné. Ces mots,ces lignes chevauchent. || 7° T. a. Michel chevaucheun cheval de prise quil a choisi entre tous, p. L.cour. Lett. i, 94.

SYN. ALLER À CHEVAL, CHEVAUCHER. CeS motsveulent dire tous deux faire, à cheval, du chemin;ce qui les distingue .cest lemploi quon en fait :aller à cheval est la locution vulgaire et de lemploijournalier; chevaucher se trouve réservé pour lestyle relevé et surtout pour les narrations relativesau moyen âge.

HIST. xi* s. Guenes chevalchet souz une olivehaute, Ch . de Roi. xxvii. Tant chevauchèrent esveies et chemins, ib. xm. Ne mul ne mule quepuissez chevalcher, ib. xxxv, Charles chevauche etles valz et les monz, ib. cclxix. || xn* s. Chevauchez,rois, ne soiez atarjans, flonc. p. 84. [Je] ne que-sisse jamais en estor chevauchier, Sax. xvi. Et libaron chevauchent ambleüre et troton , ib. xxn.

|| xiii* s. Après, prisrent congié pour retorner enlor pais, et chevauchierent tant par leur journéesque.... villeh. xx. Et li quens de Flandres, qui lapremière bataille conduisoit, chevaucha, et les au-tres batailles chascune emprès, id. lxxi. Li marchisBonifaces Monferrat chevaucha toute la marine[le long de la mer] droit vers le palais de Bouche-de-Lion, id. cvii. Par Ardenne [ils] chevauchentsans nul detriement, Berte, ix. Car ce content nos-tre voisin, Que une asnesse parla, Que un pro-phète chevaucha, Ren. 210 . Tant se haste et tantsesploite, Tant chevauche bois etgarane, Quil estvenus à Theroane, id. 4 824 6. Mais li vaillant hommelassaillent, Et la chevauchent [la richesse] et por-sailient, Et tant as espérons la bâtent, Quil senaesent et esbatent, la Rose, 6238. Et sil a si le che-val chier, Quil le gart pour son chevauchier, «6.

4 0858. Saucuns me preste son ceval por fere monlabor ou por cevaucier, beaum. xxxvii, 4. Ainsi futli cuens de Poitiers , Qui toz jors fu boens et entiers,Chevaucha cest siècle terrestre, Et mena paradixen destre; ruteb. 49. Li messager le roi arrivèrentau port dAntioche; et dès Antioche jusquà leurgrant roi [des Tartares], trouvèrent bien un an da-leure, à chevauchier dix lieues le jour, joinv. 202 .I| xiv* s. Art de faire frains est dessoubz art dechevaucher, oresme , Eth. 11 . Et Bauduins che-vauche, qui fu gais et jolis, Baud. de Seb. vi, 367.Les deux pans doivent chevaucher lung sur lautre,quant ilz sont liés, près de demy pié , Modus,f* cxxvi, verso. ||xv* s. Il monta à cheval et partitpar derrière, et chevaucha tous les bois à couvert,froiss. 1 , 1 , 429. Et toudis chevauchoient les Fran-çois les grands galops devers le pont.... id. i, i, 439.Elle chevauchoit ung hobin ardant, comm. vi, 7.|| xvi* s. Cestoit royal honneur de chevaucher unéléphant, mont. 1, 366. Le courtisan dist quavantson temps cestoit reproche à un gentilhomme denchevaucher [des mules], id. 1, 366. Terre chevau-chée [ il faut aller à cheval à cause de léloigne-ment] est à demi-mangée, loysel, 226 . Les jeuneschevaulx demandent toujours ceulx qui ont accous-tumé de les chevaucher, amyot, Philop. 4 8. Ilz nefeirent que courir et chevaucher tout le pais, nar-restans en pas un lieu, id. Lucull. 26 . Ceux quiont les dents de devant chevauchans les unes surles autres, paré, iv, 2.

êtym. Provenc. cavalcar , cavalguar; catal.cavalgar; espagn. cabalgar ; ital. cavalcare ; du bas-latin caballicare, de caballus, cheval (voy. cheval).

f CHEVAUCHE!® (che--cheur), s. m. Celui quichevauche.

hist. xm* s. Et moult i a de boins chevau-cheours, et moult savent de guerre, Ch . de Bains,

4 4 9. || xiv* s. Des mariniers, des chevaucheurs,oresme, Eth. 84. || xv's. Les chevaucheurs et lesarchers, froiss. 1 , i, 296. Nostre guet estoit de cin-quante lances qui se tenoient vers la Grange auxMerciers et avoient des chevaucheurs le plus prèsde Paris quils povoient, comm. i, 8. || xvi* s. Letroisième jour du mois de février, un chevaucheurdescurie [sorte de courrier du roi] fut déposé deson office, et sur un echafault par un des autreschevaucheurs luy feut arraché Tesmail royal, et luybanny du royaume de France, pour avoir falsifiéles lectres du roy, jean dauton , Annales deLouis XI [, p. 4 47, dans lacurne. Il envoya deverseulx un chevaucheur parti de Syracuse , qui leurapporta ceste nouvelle, amyot, Timol. 27 . Ces cho-ses descouvertes par un chevaucheur, daub. Hist.11 , 233 . Comme un mauvais chevaucheur et estourdi,CAI.V. Inslit. 223.

ÉTYM . Provenç. cavalcaire; espagn. cabalga-dor ; ital. cavalcatore; du bas-latin cavalcatorem(voy. chevaucher). Dans le provençal et le vieuxfrançais , nominatif singulier cavalcaire, chevau-chere; régime singulier cavalcador, chevaucheor ;nominatif pluriel cavalcador, chevaucheor; régimepluriel cavalcadors, chevaucheors.

f CHEVAUCHONS (A) ( che--chon), loc. adv.Jambe deçà, jambe delà, comme si lon était àcneval.

hist. xv* s. X un grant homme monté sur ungrant cheval [il] sailloit de terre à chevauchon surses espaules, Bouciq. 1 , 6. || xvi* s. Pour estre tombéà chevauchons sus quelque chose dure, paré, vi,20. X chevauchons sur un baston, mont, i, 248.

ÉTYM . Chevaucher.

f CHEVAUCIIURE (che--chu r), s. f. Terme deconstruction. Disposition de parties qui empiètentles unes sur les autres.

hist. xii* s. [Il] prist sa chevalchure et un ser-vant, Rois , 368. || xm* s. Li avoirs fu moût grans,car en vindrent bien huit cens mil mars dargent etbien dis mil chevaucheüres [harnachements], vil-leh. cviii.

ÉTYM . Chevaucher; provenç. cavalcadura; anc.catal. cavalgadura ; espagn. cabalgadura; ital. ca-vàlcalura.

CUEVAU-LÉGERS (che---), s. m. plur.

|| 1 Nom quon donnait à une compagnie de cava-lerie composée de gens de naissance et dhonneur,qui faisaient partie de la garde du roi. 11 y a euaussi des chevau-légers de la reine, du dauphin etde Monsieur. La différence ancienne des gendarmeset des chevau-légers consistait en ce que les pre-miers étaient armés pesamment, de pied en cap,et les autres légèrement. || 2" Au singulier. Un che-vau-léger, un cavalier de ces compagnies.

hist. xvi* s. Ne pourra aucun estre gendarme

quil nait esté archer ou cheval leger un an conti-nuel, Ordonn. de Blois , art. 289 , dans ménage.

ÉTYM . Cheval, léger. Lorthographe devraitêtre clievaux-légers; lusage du temps cettetroupe existait a supprimé las.

f CHÈVECERIE (chè-ve-se-rie), s. f. Qualité oubénéfice du chèvecier.

ÉTYM . Chevecier.

t CHEVÊCHE (che--ch*), s. f. Espèce dechouette. || Terme de fauconnerie. Oiseau nocturne deproie que lon dresse à la chasse.

hist. xiii* s. Dant Ysengrin en pié se drece,Sahiert Renart par la chevece, Del point li donnetel boffet, Ren. dans du cange, capilium. || xvi* s.Hz leur engraverent sur le front des chevesches,pource que la chevesche est la marque de la mon-noie dAthenes, amyot, Pér. 64.

ÉTYM . Saintonge, chavèche. Chevece, danslancien français , signifie tête, vêtement de tête;ce nom a pu être attribué à une espèce de chouette,ces oiseaux ayant la tête remarquable.

CHEVECIER (chè-ve-sié), s. m. Dignitaire quiavait soin du chevet de léglise, cest-à-dire du fondde léglise depuis lendroit la clôture commenceà tourner en rond; le même que le trésorier endautres églises, parce quil garde le trésor deléglise; il a soin aussi du luminaire de léglise. Etson rare savoir, de simple marguillier, Léleva pardegrés au rang de chevecier, boil. Lut. 1 . Moi, ditle chevecier, je suis maître du choeur; qui me for-cera daller à matines? la bruy. xiv.

rem. LAcadémie écrit chevecier, sans accent;cependant la prononciation nest pas possible à moinsdaccentuer che ou de donner à cet e le son de eu.

HIST. xv* s. Frere Guillaume, chevassier dusépulcre du dit moustier, du cange , capilium.|| xvi's. Maistre Pierre Legendre, prestre cheveciercuré de leglise Nostre Dame dEstampes, Coustu-mier gén. 1. 1 , p. 4 46.

? ÉTYM . Ital. capicerio; bas-lat. capicerius etcapitiarius qui est la vraie orthographe, du bas-latincapilium, chevet déglise, de caput, tête (voy.chef).

f CHEVEL (che-vèl), s. m. Terme de serrurerie.Etau portatif.

CHEVELÉ, ÊE (cheu-ve-, lée), adj. Terme deblason. Tête chevelée, tête dont les cheveux sontdautre émail ou dautre couleur que la tête,

ÉTYM . Cheveu.

f CHEVELÉE (cheu-ve-Iée), s. f. Terme de jardi-nage. Quand on a couché en terre un sarment aupied du cep dans une petite rigole, en laissant deuxyeux hors de terre, le produit de ce sarment séparédu pied-mère avec ses racines sappelle chevelée oumarcotte.

ÉTYM . Cheveu.

CnEVELU, UE (cheu-ve-lu, lue. Les deux e muetsdans deux syllabes consécutives ne se peuvent pro-noncer; Richelet met un accent sur le premier deces e, ce qui montre que de son temps on pronon-çait ché-ve-lu; aujourdhui on renforce le muet, eton lui donne le son de eu), adj. || 1° Qui porte delongs cheveux. ClodionleChevelu. Les rois chevelus,les rois de la première race ou mérovingiens . Che-velu sur le front et chauve par derrière, Régnier,Sot. x. Dabord ce sont des chapeaux et puis desturbans et puis des têtes chevelues et puis des tètesrasées, fonten. Mondes, 4" soir. || Poète chevelusest dit, par moquerie, pour poète romantique,parce que, durant les querelles de lécole classiqueet de lécole romantique, plusieurs jeunes gens ap-partenant à celle-ci laissaient croître leur chevelure.Paturot, poète chevelu, reybaud, Jérôme Paturot,1 , 4. || La Gaule chevelue, partie des Gaules dontles habitants portaient de longs cheveux. || Termedanatomie. Le cuir chevelu, la partie de la peauau-dessous de laquelle sont implantés les cheveuxet qui est traversée par eux. || 2° Poétiquement. Jaivu la nymphe Écho porter ses doux concerts Sur lesmonts chevelus, sur les rochers déserts, j. b. rouss.Églogue. ô lac, fils des torrents, ô Thoun , ondesacrée! Salut, monts chevelus, verts et sombresremparts, a. chén. Élég. 40. || 3° Comète chevelue,celle qui a une traînée de lumière diffuse. Vois lastrechevelu, qui, royal météore.... v. hugo, Odes , iv,

4 7. || 4° Racine chevelue, celle qui a un grand nom-bre de filaments déliés. || Plante chevelue, celle quia beaucoup de rameaux. Les palmiers chevelus,pendant au front des tours, Semblaient den bas destouffes dherbes, v. hugo, Orient. 4. X travers lesherbes chevelues du rocher, la lune éclairait la têtedu jeune homme, chateaub. Dulhona, 239. || Grainechevelue, graine qui porte une touffe de poil*