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office. || Il vaut autant être mordu d’un chien qued’une chienne, c’est-à-dire entre des risques égauiil n’y a pas de raison d’être plus effrayé de l’un quede l’autre. || On ne lui demande pas es-tu chien?es-tu loup? se dit d’un misérable qu’on abandonne.|| Il a été mordu d’un chien, il veut l’être d’unechienne, c’est-à-dire il n’a pas assez du mal qu’il areçu déjà. || Qui m’aime, aime mon chien, c’est-à-dire quand on aime quelqu’un, on aime tout ce quilui appartient. || C’est le chien de Jean de Nivelle,il s’enfuit quand on l’appelle, se dit d’un hommequi s’en va quand on veut le retenir ; proverbevenu de ce que Jean de Nivelle, fils du duc deMontmorency, ayant été sommé pour quelque mé-fait, à son de trompe, dans les carrefours de Paris ,de comparaître, se hâta de gagner la Flandre, oùétaient les biens de sa femme, le roux, Dict. co-mique. Suivant cette explication, il s’agirait nonpas du chien de Jean de Nivelle, mais de ce chiende Jean de Nivelle. Une traîtresse voix bien souventvous appelle; Ne vous pressez donc nullement; Cen’était pas un sot, non, non, et croyez-m’en, Quele chien de Jean de Nivelle, la font. Fabl . vin, 2 t.|| Chien en vie vaut mieux que lion mort, c’est-à-direil vaut mieux être pauvre et misérable qu’être richeet mourir. || Quand on veut noyer son chien, on ditqu’il a la rage, c’est-à-dire on ne manque jamaisde prétexte pour se débarrasser d’une personne quidéplaît. Me voilà bien chanceuse ! Hélas I l’on ditbien vrai : Qui veut noyer son chien l’accuse de larage, mol. Fem. sav. 11 , B. || Chien qui aboie ne mordpas, c’est-à-dire ceux qui crient beaucoup ne sontpas les plus à craindre. || Un chien regarde bien unévêque, c’est-à-dire que, quelque élevé que soit unhomme, il ne doit pas trouver mauvais qu’un autres’adresse à lui. || X chien qui mord il faut jeter despierres, on ne doit pas avoir pitié des gens malfai-sants. || Chien sur son fumier est hardi. || Jamaischien ne mordit l’Église qu’il n’enrageât, s’est ditde ceux qui se sont élevés contre l’Église et qui ontfait une fin malheureuse. || X mauvais chien on nepeut montrer le loup, on ne peut décider un hommecouard à s’exposer en rien. || Les coups de bâtonsont pour les chiens, se dit quand quelqu’un, traitéen parole ou en action d’une façon qui ne lui con-vient pas, remet à sa place celui qui le traite ainsi.|| Il ne faut pas tuer son chien pour une mauvaiseannée, on ne doit pas se désespérer pour une seuleou une petite disgrâce. || Écorcher son chien pour enavoir la peau, sacrifier une chose importante pourun petit bénéfice. || L’hôpital n’est pas fait pour leschiens, se dit quand on réclame l’usage d’unechose qui est destinée au public.
— HIST. xi* s. Vous lui durrez [donnerez] ours etlions et chens, Ch. de Roi. m.
— xn" s. Mult par fu fel, orrible et chien ; Suz[sous] ciel n’out si mal crestien, benoit, Chron.t. i, p. 348. Muetes de chiens lui donez pourchasser, Ronc. p. 3. Dune veïssiez entr’els les beau-belez [bijoux] duner, E les chiens enveier, e les oi-saus porter, Th. le mart. 99.
— xiii* s. Il fait trop bon le chien chuer, Tantqu’on ait la voie passée, la Rose, 7430. Cum chienhonteus en un coignet, ib. 466. Si l’en envoie sanztargier As chiens de mer et as balaines Conter lesnoveles certaines, Fabl . barbaz. t. iv, 86. En uncarrefour [il] fist un feu Lez un cerne entre chien etleu [loup], Bataille des sept arts. Ki volentiers fiertvostre chien, Ja mar crerés qu’il vus aint [aime]bien, marie, Gracient. Elle avoit tort d’esveiller lechien qui dort, Hist. littér. t. xxiii, p. 671. Si diston souvent.... Que d’aire [race] est le ciens qui de-vient Veneres [chasseur] sans aprendeour, ph.mouskes, ms. p. 449 et 460, dans lacurne. Chienen cuisine son per [compagnon] n’i desire, Le-roux de lincy, Prov. t. i, p. 1 66. On ne peutpas deffendre bien le chien à abaier ne le men-teor à jaingler [ faire des contes], id. ib. t. n,p. 362.
— xiv* s. Plaindre se fait autant qu’un chienqu’on voit crier, Guescl. 16190. Cellui qui s’entre-met des noises d’autruy est semblable à cellui quiprent le chien par les oreilles, Ménagier , i, 9. Etest la brette aussi comme chien de mer, ib. il, 6.Nul ne soit si hardi qu’il mesle les rayes ne chiensde mer avec autre poisson en un mesme panier,Ordonn. des rois de Fr. t. u, p. 369.
— xv*s. Et ne demeura onques chien en la ville,que tous ne fussent morts ou jetés dedans les fossés,froiss. n, n, loi. Qui à nul bien de présent nes’applique, Fors à avoir condition de chien, e.desch. Poésies mss. f° 244 , dans lacurne. Chiensde mer, marsouins, saumons, Congres, turboz et
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leurs semblables ,id. tb. f° 486. Ils nous sont venus as-saillir surnostre fumier, monstrons defense commefait le chien, Perceforest , t. m, f“ 47. 11 estoit jàmoult anuyté; car il estoit ainsi que entre chien etleu, ib. t. i, f* 67. Chien en cuisine ne demandepas son compaignon, ib. t. m, f“129. Par avant ilzse entre-hayoient comme chiens et chas, Chron.du siège d’Orl . Bibl. des Chartes, t. ni, t” série,p. 609. Et mon gosier est sy torchié Qu’il est seccomme dent de chien, ilir. de St. Genev. Foy quedoy vous, Sire Robers, Ce sont gens plus cruelsque chiens, ib. La estoit grand pitié à veoir cesnobles seigneurs.... amener liés de cordes estroite-ment par ces chiens Sarrasins laids et horriblesqui les tenoient durement, Rouciq. i, ch. 25. Telle chien nourrit, qui puis mange la courroie de sonsoulier, le roux de lincy, Prov. t. i, p. <71. Telhuchia le chien es brebis, qui ne le peut retraire,id. ib. t. Il, p. 422.
— xvi* s. Courez toujours après le chien, jamaisne vous mordra; et buvez toujours avant la soif, ja-mais ne vous adviendra, rab. Garg. i, 6. Où est vostrechenil? je ne vois ni chiens courans, ni auseaux.— Une meutte de chiens, de limiers, des aboieurs, deschiens pour le fauve, chiens pour le noir, lévriers decompagnon et d’attache, d’aub. Fœn. i, 5. Lequel l’at-tendoit au coin d’une rue avec deux pistolets, dont lechien estoit levé, id. Vie, xli. Et comme à chienmaigre vont les mousches, id. Foen. i, 3. 11 lui mittant de chiens aux fesses, qu’il fut contraint de sesauver de vistesse, id. Hist. i, <90. Il avoit accez en laplace par le moien d’un chien couchant, dont ilfaisoit manger force perdrix au gouverneur, id. ib.n, !<4. Les chefs coururent pour rompre les chiens,mais la nuit les sépara plus que leurs commande-mens, id. ib. u, 367. Quelques poissons se perdi-rent en la suitte des dauphins, comme font leschiens, les barbues, les maquereaux, etc. id. Conf.i, 9 .... Et les poulces dedans le chien de la harque-buze.... carl. vi, 23. L’herbe dite langue de chien,paré, xvi, 35. Si le coq chante incontinent après lesoleil couchant (comme l’on dit entre chien et loup),c’est signe de pluye, paré, Animaux , 2 . Et sansmorsure De chiens enragez et fous, rons. 92<. Àpetit chien, petit lien, h. est. Précell. <98. Je sçaisqu’il s’est trouvé des simples païsans s’estre laissezgriller la plante despiedz, ecrazer le bout des doigtsà tout le chien d’une pistole, avant que de s’estreseulement voulu mettre à rençon, mont, iii, < 62 .Car, dict un ancien, l’on est mieux en la compa-gnie d’un chien cognu, qu’en celle d’un homme du-quel le langage est incognu, cnARRON, Sagesse,i, <2. Le chien se frotte à la charongne, génin,Récréât, t. il, p. 243. Par petits chiens le lieuvre esttrouvé, et par les grands est happé, id. ib. p. 246. Lechien au matin à l’herbe va pour son venin, id. ib.p. 242. Plus fol que chien qui aboyé à ses soupes,les cuidant par ce refroidir, id. ib. p. 247. Chien af-famé, de bastonnade n’est intimidé, leroux de lincy,Proverbes, t. i, p. <66. Chien couart voir le loup neveut, id. ib. Chien enragé ne peut longuement vivre,id. ib. Chien rioteur a volontiers les oreilles tirées,id. ib. X meschant chien, court lien, id. tb. p. <66.Disner de chien, pain et eau, id. tb. En lict de chienn’a point d’oingture [parfum], id. ib. Fien de chienet marc d’argent seront tout un au jour du jugement,id. tb. Qui chien s’en va à Rome , mastin s’en re-vient, id. ib. p. <70. Qui hante chiens puce remporte,id. ib. Qui perd un chien et retrouve un chat, c’est tou-jours une beste àquatre pieds, id. ib. p. <7<. On necongnoist pas les gens aux robbes ne les chiens auxpoilz,iD. ib. Qui veut avoir bon serf ou chien, il fautqu’il lui couste du sien, id. ib. t. n, p. 409. Il y vadouanant comme un badin, et trotte de côté commeun chien qui vient de vespres [ainsi dit à cause descoups de fouet que les bedeaux distribuaient auxchiens voulant suivre leurs mattres dans l’église],Moyen de parvenir, n* lxvii , élégie. Je m’apperçusassez tost que son mal procedoit d’ailleurs que demoi, et qu’il ne s’attachoit à moi que pour battreet gourmander le chien devant le lyon , Mém. devilleroy, 1.1, p. 42, dans lacurne.
— ÊTYM . Picard, bien, o t, dans le Santerre, tchèn;rouchi, tien; wallon , chen; Berry, chen, chin;chian, chine, chienne ; Saintonge, chein, et cheune,chienne; bourguig. chen; provenç. can; ital. cane;du latin canis; au même radical appartiennent legrec, xétov, le gaélique eu, le bas-breton kî, le go-thique hunts (allemand Hund , anglais hound), le li-thuanien sîu, le zendfpa, le sanscrit svan.
f CIIIÉNAILLE (chié-na-lT, H mouillées), s. f.Canaille.
— hist. xiii* s. Entre moi et ceste chienaille.
JIII 603
Ren. <903. || xv* s. Que il vendrait cher à ceste chien-naille sa mort, Rouciq. i, 24.
— ÉTYM . Chien. Chiénaille est l’ancienne foimefrançaise , dépossédée par la forme italienne canaille.
CHIENDENT (chiin-dan), s. m. Espèce de gra-minée à racines longues et traçantes ( trilicum re -pens, L.). || Chiendent pied de poule, nom vulgairedu panic dactylon, dit aussi gros chiendent. || Chien-dent aquatique, la fétuque flottante. || Chiendentqueue de renard, l’alopécure agreste. || Chiendentmarin, varech. || Chiendent fossile, amiante. || Fig.et familièrement. C’est là le chiendent, c’est l’en-droit difficile ; locution qui vient de la difficulté qu’oaa à débarrasser un terrain du chiendent.
— HIST. xvi* s. De l’eau bouillie avec orge etchiendent, paré, xx, <<.
— ÉTYM. Chien, dent; ainsi nommé à cause dugoût que les chiens malades ont pour cette plante.
t CHIENNE (chiè-n’), aâj. f. La gent chienne, leschiens, locution plaisante créée par la Fontaine.Son frère, ayant couru mainte haute aventure, Futle premier César que la gent chienne ait eu, Fabl .
VIII, 24.
■f CIIIENNÉE (chié-née), s. f. La portée d’unochienne.
CHIENNER (chié-né), u. n. Faire ses petits, enparlant des chiennes. || lise conjugue avec l’auxiliaireavoir.
— hist. xvi* s. Après que la chienne aura chien-neté, on la logera chaudement, o. de serres, 34<.
f CHIENNERIE (chiè-ne-rie), s. f. Terme bas. Sedit des choses dégoûtantes et qui révoltent la pu-deur. C’est de la chiennerie. Quelle chienneriel
CHIER (chi-é). || 1“ F. n. Se décharger le ventre;mot populaire et bas, qui ne se dit pas en compa-gnie honnête. || Fig. Il a chié dans mon panier, oudans ma malle, il m’a offensé. || Chier sur la be-sogne, travailler et ne faire rien qui vaille. || 2° F. a.Chier des cordes, aller péniblement à la selle.
— HIST. xiii* s. Et il chia seur le musel Au vi-lain, tant que s’esveilla, lien. 0002 . || xvi* s. Il lemena [David, ministre protestant], qui lors estoit àFontainebleau ; mais, ayant parlé à M. le cardinalde Lorraine , le dit David chia sur la bible [aban-donna le protestantisme], brant. Cap. fr. t. m,p. 237 , dans lacurne. Pleurez donc et chiez biendes yeux, Moyen de parvenir, p. 60 , dans lacurne.Autant chie un boeuf que mille moucherons, oudin,Curios. fr. p. io<. [Discours de Villars à Sully]:Vous estes bien loin de vostre compte, et vostreroy de Navarre aussy ; car, par le corps bieu. il achié au panier pour moy, et s’il n’a pas d’autre va-let que de Villars , croyez qu’il sera mal servy,Mém. de sully, t. 11 , p. <43, dans lacurne. Et,jusques en l’autre monde, quel mauvais ménagé afaict Jupiter avecques sa femme qu’il avoit premiè-rement practiquée et jouie par amourettes? c’est cequ’on dit chier dans le panier, pour après le mettresur sa teste, mont, iii, 324. Ci gist un roy [Henri de Navarre , depuis Henri IV ], par grand merveille,Qui mourut, comme Dieu permet, D’un coup deserpe et d’une vieille, Comme il chioit dans unemet, d’aubigné, Mém. édit, lalanne, p. 36.
— ÉTYM . Picard, hier; provenç. et espagn. cagar;ital. cacare ; du latin cacare.
CHIEUR, EUSE (chi-eur, eû-z’), s. m. et f. Celui,celle qui se décharge le ventre, et aussi qui ne faitqu’aller à la selle. Populaire et bas.
CHIFFE (chi-F), s. f. || 1° Chiffon à faire le papier.|| 2° Étoffe légère et de mauvaise qualité. Cela n’estque de la chiffe. || Fig. Un homme mou comme unechiffe, un homme très-faible de caractère.
— HIST. xiv* s. [Que] Ses fils le nom de comteport [porte], Qui n’iert mie vestuz de ebippes,
GUIART, t. I, p. 28, V. 74.
— ÉTYM . Rouchi, chife, coupures. Grandgagnagedemande si chife ne se rapporterait pas au walloncafu , objet sans valeur, qu’il rattache à caf de blé(dans le dialecte d’Aix-la-Chapelle ), bas-écossaiscauf, anglais chaff, balle de blé ; Diez rapporte cetteopinion sans se prononcer. Génin voit dans chiffeune forme de chippe (ce qui paraît très-plausible),etdès lors le rattache à chipper, anglais (o chip, cou-per par morceaux ; de sorte que de la chiffe sérailde la rognure. On a parlé aussi de l’arabe sephen,pelure, ce qu’on balaye ; mais on ne voit pas com-ment ce mot arabe serait entré dans le français .
CHIFFON (chi-fon), s. m. || 1“ Morceau de quel-que vieille étoffe. Du blanc, un peu de rouge, un