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Tome premier. A - C.
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604 cm

chiffon de rabat , Régnier, Sat. xi. || 2° Bout de pa-pier, écrit ou non, sans aucune importance. Nesa-chant pas votre adresse, j’ai prié U. d’Argental devous rendre ce chiffon, volt. Lcttr. en vers et enprose, 35. Excusez le chiffon sur lequel je vous écris;rien n’est plus rare que le papier en ce pays-ci, p.L. cour. Lett.i, <72. || 3“ Tout ajustement de femmene servant qu’à la parure. On l’allait consulter surchaque événement, Perdait-on un chiffon, avait-onun amant, la font. Fab. vn, <5. Plus brillante quen’eussent fait les brillants chiffons de la Duchapt,j. j. rouss. Ém. v. || Un chiffon d’enfant, une petitefille, ou même une jeune fille. Avouez, mon ancienami, que la destinée de ce chiffon d’enfant [la des-cendante de Corneille] est singulière, volt. Leur.Cideville, 28 janv. <763. || Par extension. Je portetous ces chiffons sacrés [les amulettes] par une lon-gue habitude, MONTESQ.ieft.pers. 143. || 4“ En termesde jardinage, chiffonne, adj. fém. Branche chif-fonne, petite branche grêle du pêcher qui a desboutons à fruit dans toute son étendue. Il faut ôterles branches petites et chiffonnes, laquintinye, Jctrd.dans RiciiELET.

— hist. xvi* s. Une chose chiffonne, oudin, Bref.Cela est bien chiffon, id. Curiosités fr.

— ÊTYM . Chiffe. On trouve, dans le bas-latin,chiffones qui semble signifier une chaussure gros-sière, et qui est trop isolé pour qu’on voie aucunmoyen sûr de le rattacher à chiffon. Quelques pro-vinces disent un chiffon de pain, pour un morceaude pain; voyez-en, à chiquer i , l’explication.

f CIIIFFONNADE (chi-fo-na-d’j, s. f. Sorte de po-tage.

f CHIFFONNAGE (chi-fo-na-j’), s. m. Action de«hiffonner. || Terme de peinture. Draperies chif-fonnées.

— ETYM . Chiffonner.

CHIFFONNÉ, ÊE (chi-fo-nê, née), part, passé.|| 1" Froissé comme un chiffon. Robe chiffonnée.|| 2° Une mine chiffonnée, une figure dont les traitssont peu réguliers, mais agréables. C’était un petitminois éveillé, chiffonné, I. J. rouss. Conf. v.|| 3" Terme de botanique. Pétaies à préfioraison chif-fonnée, pétales irrégulièrement plissés en tous sensdans le bouton.

CHIFFONNER (chi-fo-né). || 1° F. r». Travaillersur des chiffons ou sur do petits morceaux de lingeque les femmes du monde nomment collectivementchiffons. Je me suis brûlée en chiffonnant autourde cette bougie, beaum. Barb. de Sév. n, <1.1| 2° F.a. Mettre en chiffon. Chiffonner du linge, un vête-ment, du papier. Son mari a pris la lettre et l’a chif-fonnée, sév. 32i. Quelque lettre qu’il déchire ou chif-fonne un moment après, j. i. rouss. Hél. n, 2 .|| 3" Déranger l’ajustement, particulièrement d’unefemme. C’est un badin qui la chiffonne , gombaud,Ép. liv. i, dans richelet. Elle [la duchesse de Bour-gogne] les embrassait [le roi et Mme de Maintenon ],les baisait, les caressait, les chiffonnait, st-sim. 32t,

1 95. Et sans nuire à sa toilette, Je la chiffonne à mongré, bérang. Jeannette. Mondor.... Devant moi techiffonne, Sans te mettre en courroux, id. Inf. deLisette. || 4“ Fig. Chagriner, intriguer. Cela vous chif-fonne. M’interrompre à tous coups, c’est me chiffon-ner l’àrae, poisson, Com. sans titre, dans le roux,Dict. com.

— ÊTYM. Chiffon; wallon , chifôder, chifouder.

t CIHFFONNERIE (chi-fo-ne-rie), s. f. Petit souciqui chiffonne l’esprit.

CHIFFONNIER , 1ÈRE (chi-fo-nié, niê-r’), s.m.et f. || 1° Celui, celle qui va, la nuit principalement,ramasser les chiffons par la ville. Ce monsieur dujournal m’appelle jacobin, homme horrible, ordu-rier, chiffonnier, p. l. cour, i, 281. || Fig. C’est unchiffonnier, ce n’est qu’un chiffonnier, se dit d’unhomme qui, ramassant partout des nouvelles demauvais aloi, les débite au hasard ; se dit aussi d’unhomme tracassier. || 2° S. m. Petit meuble à tiroirs,où les femmes serrent leurs chiffons et leurs tra-vaux d’aiguille. || On trouve aussi, en ce sens, chif-fonnière au féminin, beaucoup moins usité. Ils pas-sent leur vie dans leurs appartements où ils nevoient que des lustres, des bougies, des glaces,des secrétaires, des chiffonnières, bern. de st-pierre, Étude iv.

— ÊTYM . Chiffon.

CniFFRE (chi-fr’J, s. m. || 1” Caractère qui re-présente les nombres. Les chiffres arabes (i, 2, 3,4. b, e, 7, 8, 9, o). Les chiffres romains (I, V,X, L, C, D, M). || Familièrement et fig. C’est unzéro en chiffre, se dit d’un homme qui n’a aucuneimportance. || Outre les chiffres romains, on se ser-vait au moyen âge, dans les comptes, de chiffres

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particuliers, qu’on appelait chiffres financiers, etqui différaient très-peu des chiffres romains. || An-ciennement, chiffre s’est dit au singulier pour dési-gner les chiffres en général. Apprendre le chiffre.|| 2° Le montant ou total. Le chiffre du budget s’é-lève de plus en plus. Le chiffre de nos dépensesaugmente chaque année. || 3° Par extension, carac-tères de convention pour une correspondance secrète.La clef du chiffre, l’alphabet qui sert à écrire enchiffres ou à lire ce qui est écrit en chiffres. Les dé-pêches de Pomponne étaient en chiffres, et celuiqui déchiffrait se trouva à l’Opéra, st-sim. 71, <65.J’ai lu votre lettre, quoique le chiffre fût un peubrouillé, boss. Leur, quiét. <54. Ces légats ont unchiffre avec le pape : c’était une invention alorstrès-peu commune, volt. Mœurs, <72. ||4° Façonsde parler dont certaines personnes font usage pours’entendre sans être comprises des autres. C’est unchiffre entre eux. || Par analogie. Il n’y a nul chiffreà tout ceci, sév. < 06 . Le vieux Testament est unchiffre, pasc. Fig. 6. || 5” Marques que les commer-çants, ceux surtout qui font le détail, mettent surdes étiquettes qu’ils attachent aux marchandisespour en désigner le prix d’achat et de vente; la va-leur de ces caractères est tout à fait arbitraire etconnue d’eux seuls. || 6” Entrelacement des lettresinitiales. Faire dessiner, graver son chiffre. CesfleursFormaient le chiffre des sœurs, la font. Tabl.Ce fer porte le chiffre et le nom du coupable, ro-trou, Vencesl. iv, 6. Dieu sait quels lacs d’amour,quels chiffres, quelles fleurs, Régnier, Sat. xi. Jedois vaincre; j’ai de ma belle Et les chiffres et lacouleur, bérang. Charles VII . Arbre, croissez, di-sais-je, où nos chiffres tracés Consacrent à l’amournos noms entrelacés, chaulieu. Au chev. de Bouil-lon, <7<2. || 7° S. m. plur. Dans la musique, carac-tères numériques qu’on place au-dessus des notesde la basse pour indiquer les accords qu’elle com-porte. Ainsi 5 ou 3 avec le 5 au-dessus indique l’ac-cord de tierce et quinte, c’est-à-dire l’accord parfaitmajeur; l’accord parfait mineur met un bémol à laplace du 3.

— hist. xm' s. Li première figure fait <, la se-conde fait 2, la tierce fait 3, et les autres ausi jus-c’à la darraine qui est apelée cyfre.... cyfre ne faitriens, mais ele fait les autres figures multeplier, Com-put, P < 5. Tu es li cyffres [zéro] d’angorisme [numé-ration], Qui ne fait fors tolir le lieu D’autre figure.Les vers du Monde. || xv* s. Et venoit de piteuseslettres en chiffre, et en grand difficulté [des assié-gés de Novarre ], comm. viii, 9. Aussi bien n’y suisfors que une ciffre donnant umbre et encombre,chastel. Chron. des ducs de Bourg, n, 26 . |j xvi* s.Il fut remis en prison pour des lettres escrittes enchiffre, qu’un gueux portoit dans un baston creux,d’aub. Hist. n, 89. Les Polonois admirèrent les con-fusions bien desmeslées, les chiffres bien formez duballet, les musiques differentes, id. <6. n, <04. Ceslettres estoient en chifre double et très-difficile, id.ib. m, 236. Avecques eulx [les Vénitiens ] leur ducSerenissime, Qu’on peult juger un chiffre [zéro] enalgorisme, Lequel tient lieu et de soy n’a pouvoir,Mais seulement fait les autres valoir, j. marot, i, 80 .Une chesne de perles enfilées dans de l’or, avec deschiffres du Roy, esmaillée de gris, prisée cinq censescus, delaborde, Émaux, p. 2<3. Quelques sots etglorieux Italiens se sont voulus affubler de tel hon-neur pardessus nous, qu’ils semblent, par leurs es-crits,nousreputer comme chiffres [zéros], pasquier,Lettres , 1. 1 , p. 45, dans lacurne. La dixiesme figure[des nombres] de soy ne vault ou signifie rien ;mais elle, occupant ung ordre, fait valoir cellesqui sont après elle ; et pour ce est appelée chiffre ounulle, ou figure de nulle valeur, de Laroche, Aris-metique, P 7.

— ÊTYM . Espagn. et portug. cifra; ital. cifra,cifera. Le chiffre est primitivement le zéro, de l’a-rabe çafar, vide, à cause que le zéro est vide detoute valeur. De la signification de zéro, chiffre apassé à la signification générale de signe de numé-ration.

CHIFFRÉ, ÉE (chi-fré, frée), part, passé. || 1° Nu-méroté. Des pages chiffrées. || 2° Ecrit en chiffres,caractères secrets. Une lettre chiffrée.

CHIFFRER (chi-fré), v. n. || 1° Calculer avec leschiffres. Je l’ai vu calculer, nombrer, chiffrer, ra-battre, j. b. rouss. Bép. à Chaul. Peut-être de-vraient-elles apprendre à chiffrer avant tout, J. J.rouss. Ém. v. || 2° F. a. Numéroter. Chiffrer lesfeuillets d’un registre. || Evaluer en chiffres. On veuttout chiffrer aujourd’hui. || 3° Ecrire en chiffres.Chiffrer une dépêche. Albéroni avait écrit et chiffréde sa main tout ce qui concernait les négociations

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et les affaires secrètes, st-sim. 50<, 69. || 4“ Termede musique. Placer des caractères numériques au-dessus de la basse pour indiquer les accords. Bassechiffrée. On chiffre par 2 l’accord de seconde.

— ÊTYM . Chiffre.

CIIIFFREUR (chi-freur), s. m. Celui qui comptebien, la plume à la main. Un bon chiffreur.

— ÊTYM . Chiffrer.

f CHIGNOLLE (chi-gno-1’), s. f. Dévidoir de pas-sementier.

eniGNON (chi-gnon), s. m. || I” Le derrière ducou. Il lui donna un coup de bâton sur le chignon.Les emboîtements les plus remarquables [des os]sont ceux de l’épine du dos qui règne depuis lechignon du cou jusqu’au croupion, boss. Connaiss.

i, 7. || 2° Cheveux de derrière la tête retroussés endouble ou relevés sur la tête. Un chignon frisé. Unchignon natté. Quelques crins blancs couvrent sonnoir chignon, volt. Ce qui plait aux dames. Unpetit peigne orné de diamants De son chignon sur-montait la parure, id. le Pauvre diable. Je friseavec grâce un chignon, Et j’inventai le postillon Queje n’étais encor qu’à la bavette, Ép. de Pompon àBabiole, dans richelet.

— HIST. xm* s. Les venteuses qu’on met sor lecaon du col, alebrant, P <3. Ysengrin ne l’escoutemie, Ainz l’a saisi par le chaon, Ren. 7765. [Lechien] Qui nous trait en enfer parmi le chaaignon,

j. de meung, Test. <599. || xvi* s. La tuyle tumbantau long de la teste à la faulte de l’armet luy donnadroit sur le chaignon du col, et luy en brisa lesjointures, amyot, Pyrrh. 76. Il_le percea de parten part, tellement que la poincte de l’espée venoità sortir au chinon du col, id. Pomp. <oi. Tu voisle fils d’Atrée Agamemnon, Que Jupiter fait dessusl’eschignon Du col, porter le faix pour tout le monde,id. De la tranq. d'âme, 6. L’enflure du chesnon estguerie par onguent fait de racines d’aulnée.... o. deSERRES, 977.

— ÊTYM . Le même que chaînon , par comparai-son du chaînon d’une chaîne avec les nodosités desvertèbres. Berry, coignon, chagnon.

■[ CIIILIADE (ki-li-a-d’), s. f. Terme didactique.Un millier.

— ÊTYM . XiXiàç, millier, de -/jXitn, mille.

t CIIIGOMIER (chi-go-miê), s. m. Arbrisseau desrégions chaudes de l’Amérique .

f CIIILIARQUE (ki-li-ar-k’), s. m. Terme d’anti-quité. Commandant de mille hommes.

— ÊTYM . Xi).fapx°;, de -/jXioi, mille, et àp/eiv,commander.

]■ CIHLIASTE (ki-li-a-sf), s. m. Celui qui croyaitau millénium; millénaire.

— ÊTYM . XtXiaarrjp, de yiXioi, mille.

f CHILIOGONE (ki-li-o-go-n’), s.m. Terme degéométrie. Polygone régulier de mille côtés. Si jeveux penser à un chiliogone, desc. Médit. 6.

— ÊTYM . XOtot, mille, et yôivoç, angle.

f CHILOGLOSSE (ki-lo-glo-s’), s.m. Terme d’en-tomologie. Sorte de millepieds.

— ÊTYM . XeïXo;, lèvre, et yXwttix, langue.

t CIIII.OGNATHE (ki-log-na-t’), s. m. Termed’entomologie. Sorte de millepieds.

— ÊTYM . XeïXo;, lèvre, et yvàOo;, mâchoire.

t CIIILOPLASTIE (ki-lo-pla-stie), s. f. Terme dechirurgie. Opération par laquelle on restaure plusou moins complètement l’une ou l’autre lèvre.

— ÊTYM . XeïXo;, lèvre, et nXieeeiv, former (voy.plastique).

f CUILOPLASTIQUE (ki-lo-pla-sti-k’), adj. Quia rapport à la chiloplastie. || S. f. Synonyme de chi-Ioplastie.

f CHILOPODE (ki-lo-po-d’), s. m. Terme d’ento-mologie. Sorte de millepieds dont la lèvre est forméed’une paire de pieds.

— ÊTYM . XeïXo;, lèvre, et vtoû;, pied.

CHIMÈRE (chi-mê-r’), s. f. || 1*Terme de mytho-logie. Monstre qui jetait du feu par la gueule, etavait la tête et le poitrail d’un lion, le ventre d’unechèvre et la queue d’un dragon. || Terme d’antiquité.Assemblage bizarre de différentes parties d’animauxdivers qu’on voit sur des pierres gravées et sur desbas-reliefs. || 2° Fig. Vaines imaginations. Mais queje me figure une étrange chimère, corn. Poly. m,<. Etrange effet d’amour I incroyable chimère 1 id,Rodog. i, 7. Quittez cette chimère, id. Poly. iv3. Je me revêtirais de brillantes chimères, id. DSan. iv, 3. Les chimères, le rien, tout est bon-,je soutiens Qu’il faut de tout aux entretiens ; C’estun parterre où Flore épand ses biens, la font.Fabl . x, <. Revenons à l’histoire De ce spéculateur[astrologue] qui fut contraint de boire; Outre la va-nité de son art mensonger, C’est l’image de ceux qui