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pis de différence. Venir, voir et vaincre est mômechose en moi, corn. Pnmp. iv, 3. || Autre chose,une chose différente. On ne pouvait attendre autrechose de lui. Autre chose est de parler, autre chosed’agir. N’avez-vous, Nicomède, à lui dire autrechose? corn. Sicom. n, 3. Moi cesser d’être amant!et puis-je être autre chose? la font. Élégie v. Et celle[la maladie] que nous appelons la dernière, qu’est-ceautre chose, à le bien entendre, qu’un redoublementet comme le dernier accès du mal que nous appor-tons en naissant? boss. itarie-Thér. || C’est autrechose, c’est différent. Un époux beau, bien fait,jeune et tout autre chose Que le défunt.... la font.Fab. vi, 21 . || Aller au fond des choses, ne pas s’arrê-ter à un examen superficiel. || On dit dans le mêmesens le bout des choses. Il leur promit de leur faireun beau livre de philosophie, écrit fort menu pourleur usage, et que dans ce livre ils verraient le boutdes choses, volt. Microm. 7. || Ne pas faire les chosesà demi, ne pas épargner la dépense, donner tout cequi doit être donné. || Faire bien les choses, faire le9choses de bonne grâce, s’acquitter convenablementd’une obligation, d’une corvée; et aussi, payer con-venablement ce qui doit être payé, faire les dépensesnécessaires. Je croyais qu’il ferait mieux les choses.|| Sur toute chose, avant toute chose, loc. adv. Avanttout. Et sur toute chose, Observe exactement la loique je t’impose, corn. Cinna, v, I. Apprenons, avanttoutes choses, à n’être pas éblouis du bonheur quine remplit pas le coeur de l’homme, boss. Anne deCom. || 2" Chose se dit quelquefois des personnes.J’avais toujours fait compte, aimant chose si haute,De ne m’en séparer qu’avecque le trépas, malh. v,29 .... Et semblable aux abeilles X qui le bon Platon compare nos merveilles, Je suis chose légère, etvole à tout sujet, Je vais de fleur en fleur et d’objeten objet, la font. Épit. xvi. Je la révère [une dame]comme la plus noble, læ plus belle et la plus par-faite chose que j’aie jamais vue, voit. Lett. 26 .
Il 3' La chose publique, l’Etat. || 4° Ce dont il s’agit.Je vais vous expliquer la chose. Voilà quel est l’étatdes choses. Devant elle [la justice] à grand bruitils expliquent la chose; Tous deux avec dépens veu-lent gagner leur cause, boil. Êp n. L’homme autrésor caché, qu’Esope nous propose, Servira d’exem-ple à la chose, la font. Fabl . iv, 20 . Je [la Mort]devais, ce dis-tu, te donner quelque avis Qui tedisposât à la chose ; J’aurais trouvé ton testamenttout fait, id. ib. vin, i. Les titres différents ne fontrien à la chose, corn. Sert, nr, 2 . C’est en cela queconsiste tout l’agrément de la chose, volt. Lett.£ Argentai, 4 "août 1763. || La chose parle d’elle-même, il y a évidence, il n’est pas besoin de plusample explication. || 5° Terme de droit. Chose jugée,ce qui a été résolu par une décision judiciaire endernier ressort, ou ce qui n’est pius susceptibled’appel ou d’opposition; ce qui est décidé, mis horsde contestation. Cela a force, ou est passé en forcede chose jugée. || 6° Terme de droit. .Bien, propriété,possession. L’esclave était la chose du maître. Soi-gner sa chose. Vendre la chose d’autrui. Divisiondes choses en corporelles et incorporelles. Choseshors du commun. || 7” En termes de grammaire,chose se dit par opposition à personne. Le pronomquoi se rapporte toujours à des choses, il ne se rap-porte jamais à des personnes. || 8° Ce qui est enfait, en réalité, par opposition à ce qui est unmot, un nom. Vous ne nous donnez que des mots,et nous voulons des choses. Rien n’est plus com-mun que le nom, Rien n’est plus rare que lachose, la font. Fabl . iv, 17. Que la grandeur et lagloire n’étaient parmi nous que des noms pompeux,vides de sens et de choses, boss. Duch. d’Orl . Lapauvreté, la honte, la mort sont pour les hommesdu monde des choses trop effectives et trop réelles;pour nous, ce sont seulement des noms, id. ib.Il Dire le mot et la chose, se laisser aller à quelquesplaisanteries un peu libres. Ces soupers étaient très-gais; on y disait le mot et la chose, J. J. rouss.Confess. v. || Par extension, en termes de littérature,pensées de valeur, notions réelles et positives.Livre, style plein de choses. On dit peu de chosessolides quand on veut en dire d’extraordinaires. Mesvers sont durs, d’accord, mais forts de choses, volt.Goût. Je conviens qu’où il n’y a pas de choses, il nepeut y avoir de style, dider. Térence. || 9° Quel-que chose, s. m. Certaines choses. D’un prince mal-heureux ordonnez quelque chose, corn. Cinna, iv,3. Non, non, j’ai quelque chose aussi bien à vousdire, id. Sic. m, 6. Il est bon qu’un mari nouscache quelque chose, id. Poly. i, 3. Il Quelque chosesuivi d’un adjectif, qui est toujours au masculin,avec la préposition de, qui est indispensable. 11 faut
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que vous gardiez quelque chose d’excellent pourvous, puisque vous faites de ces présents à vosamies, voit. Lett. 79. Il y a en vous quelque chosede surnaturel, id. ib. 80 . Si d’aventure il y a quelquechose d’aussi beau qu’elle, id. ib. 28 . La pauvretéest quelque chose de bien dur, patbu, Plaid. «, dansrichelet. || Autre chose s’emploie de même, c’est-à-dire avec la préposition de et un adjectif au mascu-lin. Montrez-nous autre chose de beau. Dites-nousautre chose de gai. || Quelque chose est devenu mas-culin à cause du sens vague qui y est attaché;mais naturellement il était, quand on a commencéà s’en servir en ce sens, féminin. Il est rarementarrivé qu’on m’ait objecté quelque chose que jen’eusse point du tout prévue, desc. Méth. 6, 6. Je nefais point difficulté de parler , quand j’ai dans labouche quelque chose meilleure que le silence,balz. liv. iii, lett. 3. Dis-je quelque chose assezbelle? L’antiquité toute en cervelle Me dit : je l’aidit avant toi. C’est une plaisante donzelle; Que nevenait-elle après moi ? J’aurais dit la chose avantelle, de cailly, Épigr. || Difficulté, brouille. On memande qu’il y a eu quelque chose entre le roi et Mon-sieur, sév. 440. || Faire quelque chose, obtenir quel-que succès. Pensez ; à votre Dieu laissez venger sacause; Si vous saviez penser, vous feriez quelquechose, gilb. LetB’siècle. || Faire quelque chose, avoirune profession. Ce jeune homme ne peut pas resterplus longtemps oisif ; il faut qu’il fasse quelque chose.|| C’est quelque chose, il y a quelque mérite, quel-que intérêt. Enfin, si dans mes vers je ne plais etn’instruis, Il ne tient pas à moi, c’est toujours quel-que chose, la font. Fabl . v, t. Ce que vous diteslà est quelque chose, fonten. Didon, Stratonice .il Être de quelque chose à quelqu’un, être de sa pa-renté. lime semble qu’elle vous est de quelque chose,sév. 662 . Tous les Provençaux me sont de quelquechose, id. 4 28 . || Naissance, position distinguées. 11serait honteux d’être né quelque chose et de ne passonger à s’élever, mass. Car. Prosp. Je pourrais m’es-timer quelque chose de plus que je n’étais, balz. ît'u.i, lettre 4. Si l’on m’eût fait faire une étude sérieusede l’histoire, j’aurais pu y devenir quelque chose, st-sim. i , 2 i . 11 Environ. Il y a quelque chose comme huitjours qu’on ne vous a vu. || 10° Peu de chose, s. m.Chose inutile, sans valeur. Ma vie est peu de chose etje vous l’abandonne, volt. Henr. ch. n. Tu me sem-blés si grand et nous si peu de chose Que.... malh. i,i . Qu’est-ce là? lui dit-il. — Rien. — Quoi ! rien ! —peu de chose, la font. Fabl . i, 6. || De peu dechose, d’une famille qui n’a rien de bien relevé.Des Alleurs était un Normand de fort peu de chose,fait à peindre et de grande mine, st-sim. 60, 93.|| 11° Grand’chose, quelque chose qui a de l’impor-tance. Ou ne lui répondit pas grand’chose, hamilt.Gramr 4. X quoi vous servait d’irriter des gensqui, sans être grand’chose, tiennent à quelque chose?p. l. cour, i, 67. Celle [la voix] de mon mari quin’est pas grand’chose, pont de veyle, le Complai-sant, n, i. Grand’chose ne s’emploie guère que dansdesphrases négatives. || Grand’chose est un archaïsme(grand. dans l’ancienne langue, étant à la fois mascu-lin et féminin) pour grande chose, dont Bossuet s’estservi : Ce n’est pas grande chose, Vie rel. L’apostro-phe est inutile, puisque la locution n’était pas grandechose, mais était, à l’origine, grand chose; l’Acadé-mie devrait supprimer cette apostrophe. || 12° Fami-lièrement , chose se dit en place d’un terme, d’unnom qui ne revient pas à l’esprit. Monsieur chose.Madame chose. Aussi bien ne peut-on Changer choseen Virgile ou bien l’autre en Platon ? Régnier, Sat.n. Vous voudriez voir la haute société et ne pointrestituer ? garder l’hôtel de chose et y recevoir lemarquis? p. l. cour, i, 276. || 13° Populairement.Etre tout chose, être mal disposé soit pour la santésoit pour l’humeur. || Proverbe. X chose faite, con-seil pris, c’est-à-dire quand la chose est faite, cen’est plus la peine de demander conseil.
— REM. 1. Quelque chose comme un seul mot estmasculin; il en est de même de autre chose, qui,dans le sens vague, est également employé au mas-culin. Quelque chose est promis et vous verrez qu’au-tre chose sera fait, legoarant. Peu de chose estnaturellement masculin, puisque peu est un sub-stantif masculin. || 2. La prononciation chouse, qui estcelle du Berry et qui fut très-usitée au xvi* siècle,avait cours encore dans le xvii* ; Marguerite Buffet lacondamne, et Chifflet, Gramm. p. 479, dit: « J’aivu le temps que presque toute la France était pleinede chouses; tous ceux qui se piquaient d’être disertschousoient à chaque période. Et je me souviensqu’en une belle assemblée un certain lisant haute-ment ces vers : Jetez-lui des lis et des roses, Ayant
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fait de si belles choses : quand il fut arrivé à cho-ses, il s’arrêta, craignant de faire une rime ridi-cule; puis, n’osant démentir sa nouvelle pronon-ciation, il dit bravement chouse. Mais il n’y eutpersonne de ceux qui l’entendaient qui ne baissât latête pour rire à son aise, sans lui donner trop deconfusion. Enfin la pauvre chouse vint à tel mépris,que quelques railleurs disaient que ce n’était plusque la femelle d’un chou. »
— hist. ix* s. Et in cadhuna cosa, Serment .
— x' s. Ne ule cose non la pouret omque pleier[plier], Eulalie.
— xi* s. Mais d’une chose vous sui je bien garant,Ch. de Roi. cxiv. De plusors choses à remembrerli prist, ib. clxxiii. Si alquens [quelqu’un] vienge[vient] à pref [après] pur clamer la jose.... Lois deGuill. 7.
— xii' s. Les saintes choses sont faites es mainsdes estrangers, Mach. i, 2 . De ceste couse, Ronc.p. 8. Mais d’une chose soiez vous bien certis [cer-tains], ib. p. 72. De pluseurs coses [ils] vont toute
jour parlant, ib. p. 163.Fins cuers qui bée à haute
honor Ne se porroit de tel cose desfendre, Coud,xxiv. Car j’ai assez autre chose à penser, quesnes,Romancero, p. too. Mais li message [messagers]estoient d’autre chose ententif, Sax. xxiv. Et chose[il] nous demande que nous ne povons faire,ib. xxxi.
— xiii* s. D’autre chose [je] vous ai la matièreaccueillie. Berte, n. Mais plus hardie chose [quePépin] ne fut onque choisie [vue], ib. n. Ne dechose que j’aie, jamais [je] ne leur faudrai, ib. vu.Qu’il soit de ceste chose et maistre et conseillère,ib. xii. Car forment le hastoit [il avait hâte] de lachose achever, ib. xvii. Je ne voi que ma chose[mon affaire] à nessun bien s’afruite, ib. xxxvii.Onque si douce chose [que Berte] [je] ne vi nin’acointai, ib. lvii. Mais si viennent les choses comDieu plaist et agrée, ib. lxviii. Bien entent li mes-sages [le messager] que c’est chose passée [décidée],ib.... Bon fust que gehesist [elle avouât] [ce] QueBerte est devenue ne quel chose ele en fist, ib. xci.Sire, font-il au roi, nous vous voulons monstrerQue grant chose est de roi, ib. xcvii. Je ne pris[prise] riens, ne beauté, nejouvent, Or, ne argent,ne chose que je voie, anonyme, dans Coud. Carsachiés que toutes vos choses Sunt en vous meïsmesencloses, la Rose, 6367. Plus sont rices, et plusgrans mestiers lor est que li quemins et les cozescommunes soient amendées, beaum. xxv, t7. Chelipar qui toutes choses sont fetes et sans qui nule boneoeuvre ne porroit estre fete, ce est li Peres, et li Fiset li Saint Esperiz, id. Prologue. Or avint chose,que le conte Henri descendi de ses sales de Troiespour aller oïr messe à Saint Estienne, joinv. 206 .
— xrv* s. Il confesse à rendre quid pro quo, chosepour chose, oresme, Elh. 264. Et semblablementappartiennent à magnificence toutes grans chosesqui sont faites pour la chose publique, id. ib. 4 4 4.Puisque la chose est faite, on ne la peut changier,Guescl. 6372. Chose publique, ce n’est autre chosemès que l’estât publique ou commun, et est nomgeneral à touz estaz de terre, pais, roiaumes et ci-tez, BERCIIEURE , f° 4, verso.
— XV* s. Longue chose seroit à raconter, froiss.
i, i, 45. Et cil de sa personne estoit assez haut etcrueux; et ne se esbahissoit point pour petit dechose, id. m, iv, 67. Encore leur faisoit-on la choseplus grande et plus périlleuse qu’elle n’estoit, id.
ii, m, 36. Entre les aulres choses il [l’ambassadeuranglais ] demanda au duc Aubert.... id. ii, ii, 223.Quand ces nouvelles lui vinrent en la main [aucomte de Valois] , lui convint porter ; car autrechose n’en put avoir, id. ii, ii, 233. Quand les che-valiers virent qu’ils n’en auroient autre chose, ilsse despartirent et prirent congé, id. ii, ii, 207.Très belle fleur, oncques je ne pensay Faire chosequi desplaire te doie, ch. d’orl. Bal. 63. Et pouracheter chevaux, armures et ce qu’à guerre appar-tient, souvent advient qu’ils vendent leurs choses[biens], monstrelet , liv. i, ch. 25. Et par saintJacques je ne fois Gueres autre chose que boire,Patelin. Sire, tout ce lessez ester : Parlon vous etmoy d’autre chose, La pass. de N. S. J. C. Et brefle vin prins sobrement Est tousjours une bonnechoze, basselin, Vau de Vire, 60 . Considérées leschouses dessus dites, Lettre de Charles VII , Bulle-tin du comité de la langue, t. m, p. 576. Des deuxparties il mourut deux mille hommes du moins, etfut la chose bien combattue, comm. i, 4. Ce futgrant chose à mon advis de rallyer sur le champ...id. I, 4. Usant de menace et prest à executer grantchose, id. ii, 9. Et n’eust jamais creu, pour chose