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roi le reconnaît, il nous traite en coêtat, id. ib. i,p. t45. || État faisant partie de l’empire germanique.
— étym. Co.... préfixe, et état.
f COËTE (ko-è-t’), s. f. Chantier sur lequel ondépose une glace au sortir du four.
COÉTERNEL, ELLE (ko-é-têr-nèl’, nè-1’), adj.Terme de théologie. Qui existe de toute éternité avecun autre. Egal et coéternel à l’un et à l’autre, boss.Hist. il, t. Tout était coéternel à Dieu , n.Avert. 4.Peut-être du Très-haut rayon coéternel, delille,Parad. perdu, ni. ô verbe que j’adore , Rayon coé-ternel, est-ce vous que je vois ? lamart. Socrate , 375.
— hist. xv* s. Au nom de Dieu pere eternel Etdu filz que vierge parit, Dieu au pere coeternel,Ensemble du saint Esperit, villon, Grand testa-ment. || xvi* s. Il afferme que les âmes des fidelessont coeternelles et consubstantielles à Dieu , calv.Instit. 91. La Parole coeternelle du Pere, in. ib. 406.
— ÉTYM . Co.... préfixe, et éternel.
f COÉTERNITÊ (ko-é-tir-ni-té), s. f. Terme dethéologie. Attribut de ce qui est coéternel. Unedoctrine contraire à la coéternité des trois personnesdivines, boss. Avert. e.
— ÉTYM . Co.... préfixe, et éternité.
COEUR (keur), s.m. 1° Organe qui meut le sang;2 * la poitrine; 3* l’ensemble des facultés affectiveset des sentiments moraux ; 4* mémoire des senti-ments; 5° sens moral, conscience; 6° tempéramentmoral; 7“ la pensée intimé, les dispositions secrètes;8* l’affection, la tendresse, l’amour ; 9* la personneelle-même qui éprouve ces divers sentiments ;10 * ardeur, vif intérêt; n° courage, fermeté;12 ° générosité; 13* le principal agent, le principalintérêt ; 1 4° l’estomac ; 15° la partie centrale de quel-que chose ; 16 ° ce qui a forme de coeur ; 1 7* termede manège; 18° terme de blason; 4 9° terme d’astro-nomie; 20 * terme d’horticulture; 21° terme de mé-tier; 22 * terme de boucherie.
1“ Terme d’anatomie. Organe conoïde, creux etmusculaire qui, renfermé dans la poitrine, est leprincipal agent de la circulation du sang. Les batte-ments du cœur. Grande reine, je satisfais à vos plustendres désirs, quand je célèbre ce monarque; etce cœur, qui n’a jamais vécu que pour lui, se ré-veille, tout poudre qu’il est, et devient sensible,même sous ce drap mortuaire, au nom d’un épouxsi cher, boss. Reine d'Anglet . Il ne se forma plusde nouveau sang au cœur; Chaque membre en souf-frit; les forces se perdirent, la font. Fabl . m, 2 .Toutabattu qu’il fût, il demeura vainqueur; Son sangfut en cent lieux le prix de sa victoire ; Et Mars nelui laissa rien d’entier que le cœur, Épitaphe dumar. de Rantzau , dans richelet. || Tant que le cœurme battra, me battra au ventre, dans le ventre, c’est-à-dire tant que je vivrai. || Fig. Le cœur me bat,je suis très-inquiet. || Faire la bouche en cœur, don-ner aux lèvres la forme d’un cœur, les resserrer d’unefaçon mignarde ; et fig. S’efforcer de paraître gra-cieux. || Fig. Il voudrait lui manger le cœur, lui ar-racher le cœur, il le hait mortellement. || Se rongerle cœur, se consumer d’un chagrin secret. Y a-t-ilrien de plus sot que de vouloir porter continuelle-ment un fardeau qu’on veut toujours jeter parterre ; d’avoir son être en horreur et de tenir à sonêtre; enfin de caresser le serpent qui nousdévore,jusqu’à ce qu’il nous ait mangé le cœur? volt. Can-dide, n. || Le cœur me saigne, je suis pénétré d’unevive douleur. Le cœur saigne en lisant le récit deces cruautés. || Avoir le cœur gros, éprouver le be-soin de pleurer, de soupirer, de sangloter, ressen-tir un chagrin profond. Le cœur gros de soupirs.Il Je veux en avoir le cœur net, je veux savoir ce quien est. || Sacré Cœur, dévotion au cœur de NotreSeigneur Jésus-Christ, qui s’est développée au com-mencement du xviii® siècle. Il Congrégation de reli-gieuses consacrées à l’adoration du cœur de Jésus-Christ et qui se dévouent aussi à l’éducation desjeunes filles. || 2° Par extension, la poitrine. Il lepressa tendrement contre son cœur. Jamais sans dé-fiance avez-vous pu d’un frère Presser le sein survotre cœur? Gilbert,, Ode à Salm. Riant et m’as-seyant sur lui, près de son cœur, a. chén. 70.Il 3" L’ensemble des facultés affectives et des senti-ments moraux, par opposition à esprit, qui est l’en-semble des facultés intellectuelles; cet emploi dumot cœur provient d’une opinion ancienne et erronéequi plaçait le siège des passions dans le cœur, parcecet organe en ressentait immédiatement deseffets manifestes. Attendrir, toucher le cœur dequelqu’un. Avoir le cœur navré, oppressé. L’hommecroit souvent se cond.uire lorsqu’il est conduit; et,pendant que par son esprit il tend à un but, son cœur1 entraîne insensiblement à un autre, la rochef.
Max. 43. L’esprit est toujours la dupe du cœur, id. ib.102 . Chacun dit du bien de son cœur, et personnen’en ose dire de son esprit, id. ib. 98. Je sais que tousles lieux sont égaux pour les esprits bien faits; maisil n’en est pas de même quand les esprits bien faitsont des cœurs sensibles, volt. Letl. Chauvelin,25 août 1763. Le cœur, dès qu’il est touché, ne ta-rit point, bourd. Pensées, t. n, p. 90. Ils habitaientun bourg plein de gens dont le cœur Joignait auxduretés un sentiment moqueur, la font. Phil. etBauc. J’en ai le joie au cœur Par le chagrin qu’aurace lâche déserteur, mol. F. Sav. v, 5. Et le plussûr moyen de gagner leur faveur [des grands], C’estde flatter toujours le faible de leur cœur, id. D. Gare.il, l. Il dit en soupirant que la nuit de sa vue Nel’empêche pas tant que la nuit de son cœur, malh.
1, 4. Avec des vers bien faits, bien compassés, onne tient rien si le cœur n’est ému, volt. Lett. d’Ar-gentai, 16 déc. 1760. Les cœurs sont-ils donc faitsà Paris autrement que chez moi? id. Lett. d’Argen-tai, 17 sept. 1760. Le bel art de la déclamation,c’est-à-dire l’art de se rendre maître des cœurs, id.Lett. Albergati, 14 fév. 1763. Il faut que le cœurseul parle dans l’élégie, boil. Art poét. il. Dieu con-naît le caractère de nos cœurs et jusqu’où va notrefaiblesse, mass. Avent, Afflict. Et déjà le chagrin pesaitmoins sur mon cœur, st-lambert, Saisons, hiver.Pourquoi de mes loisirs accuser la langueur? Pourquoivers des lauriers aiguillonner mon cœur? a. chén.Élég. vin. Et les arts, dans un cœur de leur amourrempli, Versent de tous les maux l’indifférent oubli,id. ib. xvi. || Parler, aller au cœur, toucher vive-ment, intéresser. Cette grâce qui m’allait droit aucœur, sév. 79. || Le cœur me le disait bien, j’en avaisle pressentiment. || De cœur, par la disposition inté-rieure. Les dévots de cœur, mol. Part, i, 6. Mortifiédans l’abondance, pauvre de cœur au milieu desbiens périssables, mass. Avent, Afflict. La loi qui nousoblige à croire de cœur, mass. Car. Culte. Qui la cher-che de cœur [la vérité] un jour peut la connaître,volt. Henr. 1 .1| De cœur, avec un sentiment sin-cère. Attaché decœuràla famille de ses rois. || Ami decœur, ami dévoué, âincère. || De gaieté de cœur,de propos délibéré, et sans sujet. || 4° Le cœur con-sidéré comme mémoire des sentiments. Vos bienfaitssont gravés dans mon cœur. Il faut ne rien gardersur votre cœur, sév. 609. || Avoir quelque chose surle cœur, garder, entretenir un ressentiment. J’au-rai toujours ce coup-là sur le cœur, mol. Fâch. il,
2. J’ai ce soufflet fort sur le cœur, id. Sicil . 13. J’aicette insulte sur le cœur, id. Fourb. n, 27. J’aiquelque chose sur le cœur contre vous, sév. 296.Nous avons ces réponses sur le cœur, id. 234. Elleemporta tout cela sur son cœur avec la rage pêle-mêle, id. 36. Il avait encore sur le cœur la perfidiedu Suisse , hamilt. Gramm. 3. N’osant lui parler dece qu’il avait sur le cœur, id. ib. 7. Il fut bien aisede dire une partie de ce qu’il avait sur le cœur, id.ib. 5. Une femme à qui l’on joue ce tour dit volon-tiers à son adverse partie ce qu’elle a sur le cœur,volt. Lett. d’Argentai, 23 déc. 1762. ]| Déchargerson cœur, dire sans réticence ce qui préoccupe. || Parcœur, de mémoire. Locution qui vient d’une exten-sion de la mémoire du cœur à la mémoire de l’esprit.Le peuple apprit par cœur ce divin cantique, boss.Hist. n, 3. Qui ont lu et appris par cœur le mêmelivre, pasc. Persuad. || Fig. Savoir un homme parcœur, connaître parfaitement son caractère et sa vie.Votre homme arrive ; je l’ai étudié une bonne grossedemi-heure, et je lesaisdéjà par cœur, mol. Pourc. i,4. || Familièrement. Dîner par cœur, se passer invo-lontairement de dîner. Cette locution parait s’êtredite d’abord de celui qui, au lieu de dîner, parlait,racontait, récitait, et de la sorte se passait de man-ger. || 5° Sens moral, conscience. Et renverser sou-dain la paix de votre cœur, Comme un enfant ren-verse un verre, v. hugo, Voix intér. ix. Pour jugeil a son cœur, pour amis ses égaux, st-lambert,Saisons, automne. Je n’ai point sur mon cœur dem’être divertie, sév. 21. Le jour n’est pas plus purque le fond de mon cœur, rac. Phèd. iv, 2. || Sanscœur, sans sentiment moral. Et moi, reine sanscœur, fille sans amitié, rac. Athal. n, 7. [Elle] Ditque j’étais sans foi, sans cœur, sans conscience,corn. Médée, i, 1. 1| Par extension. Tant de marbresréputés beaux sont sans âme, sans cœur, et vouslaissent aride , vitet , Marbres d'Éleusis. Revuedes Deux-Mondes , t. xxvi, p. 221. || Familière-ment. Un sans cœur, un homme dépourvu de sen-timent moral et d’énergie. C'est un grand sans-cœur. || 6° Tempérament moral. Avoir bon cœur.Avoir un mauvais cœur. Cœur égoïste. Il a le cœurgâté, corrompu. Plus on vieillit, dit-on, plus on a
le cœur dur, volt. Lett. Mme du Deffant, 20 nov.1766. C’est l’affaire dont vous avez parlé à Mme la du-chesse delà Rochefoucauld, qui occupe actuellementma vieille tête et mon jeune cœur, volt. Lett. Mmedu Deffant, 31 déc. 1774. Je reconnais cela, madame,avec ce cœur que vous savez que j’ai, voit. Lett.16 . Ce cœur qui est si fort au-dessus des sceptres etdes couronnes, et ces grâces qui vous font régnersur toutes les volontés, id. ib. 7. Cœur perfide,rac. Andr. n, 6. Et mon cœur aussi fier que tu l’asvu soumis, id. ib. Cœur d’acier, corn. Hor. iii, 2.Son cœur né fier et qui jusqu’à ce temps Avait éténourri d’un doux encens, gresset, Ver-vert, ni.|| Cœur de vipère, caractère plein de méchanceté etde perfidie. Dans toutes les fureurs des siècles detes pères, Les monstres les plus noirs firent-ils ja-mais rien, Que l’inhumanité de ces cœurs de vipèresNe renouvelle au tien? malh. h, 12. || Cœur d’ai-rain, caractère impitoyable. Avec un cœur d’airainexerçant sa puissance, J’ai fait taire les lois et gé-mirl’innocence,RAC. Eslh. m, l. Et la religion , mèreautrefois sensible, S’arme d’un cœur d’airain contreses fils ingrats, Gilbert, Jugem. dernier. On ditdans un sens analogue, cœur de marbre, de pierre,de diamant, cœur de tigre. || Avoir, porter un cœurd’homme, être sensible, avoir des sentiments hu-mains. || C’est un cœur d’or, c’est un excellent cœur.|| Il a le cœur haut et la fortune basse, se dit d’unhomme qui est glorieux et pauvre. || Prendre soncœur par autrui, se mettre en la place d’un autre.|| Le bon cœur, l’ensemble des sentiments quiconstituent la bienveillance pour autrui. Le boncœur est chez vous compagnon du bon sens, lafont. Fabl . xn, 23. Une certaine sensibilité quiest la marque d’un bon cœur, mass. Car. Parole.|| Mauvaise tête et bon cœur, personne vive etemportée, mais dont, au fond, les sentiments sontpleins de bienveillance. || Un bon cœur, un mau-vais cœur, une personne qui a un bon, un mau-vais cœur. || De bon cœur, loc. adv. Volontiers, sin-cèrement. Jamais de si bon cœur je ne brûlaipour elle, malh. v, 24. Je vous pardonnerai de boncœur tout ce crime, tristan, M. de Chrispe, iii, 4.Je baise de bon cœur les verges que tu tiens, id. ib.v, 9. Elle est fort affligée et pleure de bon cœur,sév. 214. Je suis au monde unique en mon espèce.— Pauvre immortel! je vous plains de bon cœur,millev. le Phénix . || De grand cœur, très-volontiers.Voulez-vous m’éeouter? — Sans doute et de grandcœur, mol. Éc. des maris, n, 3. || Être tout cœur,être vif à obliger. Il est tout cœur pour ses amis, ilest pour eux plein d’attachement et de désir de lesservir. || De tout son cœur, avec une pleine affec-tion. Je salue madame votre sœur de tout mon cœur,boss. Lett. abb. 47. Us condamnent cette hérésie detout leur cœur, pasc. Prov. 18 . || De tout cœur, avecla meilleure volonté du monde. || Absolument, cœurdans le sens de bon cœur, de cœur bien doué. C’estle cœur qui fait tout ; que la terre et que l’onde Ap-prêtent un repas pour les maîtres du monde, Us luipréféreront les seuls présents du cœur, la font.Phil. et Bauc. Parlerai-je d’iris? chacun la prône etl’aime : C’est un cœur, mais un cœur.... c’est l’hu-manité môme, Gilbert, XVIIP siècle. L’art des trans-ports de l’âme est un faible interprète; L’art ne faitque des vers, le cœur seul est poète, A. chén. Éle'gxxi. Si, pauvre et généreux, son cœur vient de souf-frir Aux cris d’un indigent qu’il n’a pu secourir, id.ib. || 7° La pensée intime, les dispositions secrètes.Montrant que dans le cœur ce voyage le fâche,malh. i, 4. On s’est plus appliqué aux vices de l’es-prit, aux replis du cœur et à tout l’intérieur del’homme, la bruy. Disc, sur Théophr. U ne fautpas juger des hommes sur une seule et premièrevue : il y a un intérieur et un cœur qu’il faut ap-profondir, id. xii. 11 dissimule les mauvais offices,sourit à ses ennemis, contraint son humeur, dé-guise ses passions, dément son cœur, parle, agitcontre ses sentiments, id. viii. Connaître un bon vi-sage, et juger si le cœur, Contraire à ce qu’on voit,ne serait pas moqueur, Régnier, Sat. m. Vous avezvu plus tôt que moi un sentiment qui était cachédans mon cœur, voit. Letl. 16. Ces enfants bienheu-reux.... Ayant Dieu dans le cœur, ne le purent louer,malh. i, 4. La constance des sages n’est que l’art derenfermer leur agitation dans leur cœur, la rochef.Max. 20. La sincérité est une ouverture de cœur,id. ib. 62 . Je veux qu’on soit sincère et qu’en hommed’honneur On ne lâche aucun mot qui ne parte ducœur, mol. Mis. i, i . Il est bon quelquefois de sen-tir des traverses Et d’en éprouver la rigueur, Ellesrappellent l’homme au milieu de son cœur, Et pei-gnent à ses yeux ses misères diverses, corn. lmit.