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1 . 4 2 . C’est dans cette simplicité champêtre que setrouve la vérité et l’effusion du cœur, volt. Lett.Schouvalof, 4 9 déc. J 762. C’est du cœur que je vous
demande cette grâce, sëv. 395. Crois-tu.Qu’An-
dromaque en son cœur n’en sera pas jalouse? rac.Andr. n, 5. Il n’est que trop instruit de mon cœuret du vôtre, id. Brit. ni, 7. Télémaque ouvrit soncœur à son ami, fén. Tél. xxii. En m’éveillant jereconnus l’embarras de Néoptolème ; il soupiraitcomme un homme qui ne sait dissimuler et qui agitcontre son cœur, id. Tél. xv. Et nous ouvrant soncœur nous ouvrit ses trésors, corn. Pomp. i, 3.Dans l’entretien où, m’ayant ouvert votre cœur, j’yvis tant de résolution, de force et de générosité,voit. Lett. 34. || Selon le cœur de Dieu , pieux,aimé de Dieu. David que Dieu trouva selon soncœur, boss. Hist. n, 3. Un roi selon le cœur deDieu , flëch. Bauph. || Dans le langage général,selon le cœur de, agréable à. La première choseque le roi fait avec ce nouveau pape qui est entiè-rement selon son cœur et au delà de nos espé-rances, c’est de lui rendre le Comtat , sëv. 592.
|| Dans le langage de l’Ecriture , les cœurs des roissont dans la main de Dieu . Mais, comme dit leSage, autant que le ciel s’élève, et que la terre s’in-cline au-dessous de lui, autant le cœur des rois estimpénétrable, boss. le Tellier. jj A cœur ouvert,avec franchise, sincérité, effusion. Parler à cœurouvert Souffrez qu’à cœur ouvert, monsieur, jevous embrasse, mol. Mis. i, 2 . || Avoir le cœur surles lèvres, avoir le cœur sur la main, ne pas dégui-ser sa pensée, ses sentiments. || Parler d’abondancede cœur, parler du cœur, parler avec épanchement.Pour chercher un ami qui me parle du cœur,bac. Bêrén. i, 4. Nous parlâmes du cœur, commedeux vieux amis, Au foyer l’un de l’autre à la cam-pagne admis, lamart. Harm. ni, 6. || Se parler cœurà cœur, se parler avec franchise. || 8° L’affection, latendresse, l’amour. Se concilier tous les cœurs. Ré-gner sur les cœurs. L’extrême joie qu’on m’a don-née en me mandant que j’étais tout entier dans lecœur de cet homme que vous savez qui est si fortselon le mien, voit. Lett. 42. Hyménée et l’Amour,par des désirs constants, Avaient uni leurs cœursdès leur plus doux printemps, ia font. Phil. etBanc. Sans mentir, mademoiselle, ce ne vous estpas peu de gloire d’avoir pu allumer le cœur d’unhomme aussi froid que je suis, voit. Lett. 42. Ahlsi mon cœur osait encor se renflammer! la font.Fabl . ix, 2 . Je veux encore un coup montrer uncœur de père, corn, le Ment, v, 3. Ayons un cœurdont nous soyons les maîtres, mol. le Fest. iii, 6.Sévère lui avait gagné le cœur des soldats, boss.Hist. i, 10. J’ai fort dans le cœur M. et Mme Scom-berg, id. Lett. 45. Toutes les choses où j’ai mis moncœur, pasc. Prière. Le petit cardinal a son oncledans le cœur, sëv. 21 9. Je ne vous demande que vo-tre cœur, fén. Tel. i\. Un roi fait ce qu’il veut descœurs : tous les protestants sont prêts à mourir pourson service, volt. Lett. Damilaville , 46 avril 4766.Emporter après lui tous les cœurs des soldats, rac.Baj. i, 4. Pour m’arracher du cœur de ses soldats,m ib. Sans me faire payer son salut [le salut demon fils] de mon cœur, id. Andr. i, 4. J’attendsavec la paix son cœur de votre main, id. ib. n, 4.Si vous faites ce petit voyage que vous avez projetédans nos cantons, vous verrez tous les cœurs volerau-devant de vous, volt. Lett. Thiroux, mars 4 763.Puis-je espérer encore Que vous accepterez un cœurqui vous adore? rac. Andr. i, 4. Elle aura quelquetrait qui, de mes sens vainqueur, Me passant parles yeux, me blessera le cœur, Régnier, Sat. vii.11 ira, le cœur plein d’une image divine, Cherchersi quelques lieux ont une Clémentine, A. chén. Élég.xiv. || Ces deux personnes ne font qu’un cœur etune âme, elles sont liées par la plus étroite affec-tion. Les deux princesses ne furent plus qu'unmême cœur, boss. Anne de Gonz. || Son cœur com-mence à parler, son cœur a parié, se dit d’unejeune personne qui éprouve les premiers sentimentsde l’amour. || Affaire de cœur, commerce de galan-terie. || 9“ La personne elle-même qui éprouve ces di-vers sentiments. Je me tiens très-heureux d’avoirune si grande place dans le meilleur cœur de France ,voit. Lett. 42. Deux démons à leur gré partagent no-tre vie; Je ne vois point de cœur qui ne leur sacri-fie, la font. Fabl . x, 40. Ilpeut trouver du moins,dans ’e cours de sa vie, Un cœur sans injustice, unami sans envie, st-lambert, Saisons, automne.Des cœurs séparés à regret Trouvent de se rejoindreaisément le secret, corn. Othon, il, 4. Un cœur népour servir sait mal comme on commande, id.Pomp. iv, 2 . Que ne fait point un cœur Pour plaire
à ce qu’il aime et gagner son vainqueur? rac. Bèrèn.il, 2. Cœur accablé de déplaisirs, id. Andr. n, 4.Cœur épris de courroux, id. ib. i, 4. D’un cœurqui t’aime, Mon Dieu, qui peut troubler la paix?iD.Athal. ni, 8. J’aime mieux renoncer à tout cet em-barras, Et ne veux point d’un cœur qui ne se donnepas, mol. F. sav. v, 4. Avez-vous un secret impor-tant, versez-Ie hardiment dans ce noble cœur, boss.Duch. d’Orl . || Familièrement. Bien que d’un cabinetsortit un petit cœur, Avec son chaperon, sa mine depoupée, Régnier, Sat. xi. De s’entendre appelerpetit cœur ou mon bon, boil. Sat. x. Elle a eul’effronterie de me dire que je ne suis point malade;vous savez, mon cœur, ce qui en est, mol. Mal. im.i,6. Mon pauvre petit cœur, tu le peux si tu veux,id. Éc. des f. v, 5. || Un joli cœur, un jeune hommequi prend un soin particulier de sa toilette. || Faire lejoli cœur, se donner des grâces. || 10°Ardeur, vif in-térêt. Il a le cœur à l’étude. Amour enfin qui prit àcœur l’affaire, la font. Coc. Il s’agit d’une affa ire quej’ai fort à cœur, boss. Lett. 409. Il prend trop decœur à ce qu’il entreprend, pasc. Prov. iii. Quicroyez-vous qui prenne les choses à cœur? id. ib.Il n’eut plus de cœur que pour lui, flécii. M. deMont. Il avait mis son cœur à ce mariage, j. J. rouss.Ilél. i, 40. Des haines qui, en refusant le cœur audevoir, ont assez d’empire sur elles, pour donnerles apparences au monde, mass. Car. Pardon. J’a-vais peur Que mon père ne prît l’affaire trop à cœur,rac. Plaid, n, 6. Vous prenez la chose fort à cœur,mol. les Préc. 4. Il avait le cœur trop au métier,rac. Plaid, i, 4. || Avoir à cœur quelque chose, yprendre un vif intérêt. Ils n’ont rien tant à cœurque de voir la concorde régner, mass. Or. fun.LouisXIV. || Tenir au cœur, être l’objet d’un at-tachement, d’un désir, d’un intérêt. Le reste ne luitenait plus au cœur, sëv. 216 . Cela est au premierrang de ce qui me tient le plus au cœur, id. 202.On aime fort ce détail pour les choses qui tiennentau cœur, id. 6. Les choses qui nous tiennent sen-siblement au cœur, id. 670. Une beauté me tientau cœur, mol. Fest. i, 2. La Sicile ravie leur tenaitau cœur, boss. Hist.i, 8. DiantreI l’amour voustient au cœur de bon matin, rac. Plaid, i, 5. || Te-nir au cœur, être l’objet d’une inquiétude , d’untourment. Le Rhône me tient fort au cœur, sév. 23.Votre frère me tient fort au cœur, id. ib. Ce maîtred’armes vous tient bien au cœur, mol. le Bourg.m, 3. || 11“ Courage, fermeté. Homme de cœur,homme plein de courage. La rigueur de ses lois,après tant de licence, Redonnera le cœur à la fai-ble innocence, malh. n, 4.... Vous vous troublezbeaucoup; Mon cœur n’est point du tout ébranlé dece coup, mol. F. sav. v, 4. A la fin je pris cœur,résolu d’endurer.... Régnier, Sat. xi. Non, non, j’aitrop de cœur pour lâchement me rendre, id. Élég.i. Si tu connaissais tes péchés, tu perdrais cœur,pasc. Myst. 2. Rodrigue, as-tu du cœur? corn. Cid,i, 9. Nous vous laissons ici pour leur rendre ducœur, id. 7/or. n, 7. Et ne vous flattez pas ni survotre grand cœur Ni sur l’éclat d’un nom cent etcent fois vainqueur, id. Micom. i, 4.... Tant de foisvaincus ils ont perdu le cœur De se plus hasardercontre un si grand vainqueur, id. Cid. n, 7. Cesfavorables mots vous ont rendu le cœur, id. Tois.d’or, iv, 6. Un orgueil noble et juste et digne d’unereine. Qui soutient avec cœur et magnanimité L’hon-neur de sa naissance et de sa dignité, id. Pomp.m, 4 . Sans qu’on l’ose accuser d’avoir manqué decœur, id. Cid, v, 4. [Il] m’a fait voir trop de cœur,id. le Ment, m, 2. En vain en l’attaquant [il] faitparaître un grand cœur, id. Hor. iv, 4. S’il avaitmoins de cœur, id. Cid, n, 7. S’il la sauve, peut-être on trouvera dans Rome Plus de cœur que decrime en l’ardeur d’un jeune homme, corn. Théo-dore, v, 7. Antigone Gonatas reprit cœur, pendantque Pyrrhus , inquiet et ambitieux, faisait la guerreaux Lacédémoniens et aux Argiens, boss. Hist. univ.i, 8. Ils ne voulaient pas qu’on s’y prît d’une ma-nière à lui faire perdre cœur, id. Var . 40. Le partia repris cœur et fait les derniers efforts, id. Lett.quiét. 344. Ce discours ébranla le cœur De notreimprudent voyageur; Mais le désir de voir et l’hu-meur inquiète.... la font. Fabl.ix, 2. Battre unhomme à coup sûr n’est pas d’une belle âme; Et lecœur est digne de blâme Contre les gens qui n’enont pas, mol. Amph. i, 2. Si l’heureux Amurat, se-condant leur grand cœur, Aux champs de Babylone est déclaré vainqueur, rac. Baj. i, 4. Surtout j’ad-mire en vous ce cœur infatigable, id. Miller. m, 4.Il faut du cœur et de l’action, flécii. Serm. i, 469.Un dessein si hardi jeta les patriciens et le peupledans une consternation générale; tous manquent de
cœur et de résolution, vertot, Révol. rom. liv. ii,p. 204. || Familièrement. Prendre son cœur à deuxmains, faire tous ses efforts, ou prendre son grandcourage. || Familièrement. Avoir le cœur de, pousserla dureté, l’indifférence jusqu’à. Vous n’aurez pas cecœur-là, mol. Mal. im. i, 5. Comment avez-vous lecœur de mêler avec leurs fruits des ossements? j. j.rouss. Ém. ii. || Un cœur de lion, un homme d’unextrême courage. || Un cœur de poule, un poltron.Ahl poltron! dont j’enrage, Lâche 1 vrai cœur depoule, mol. Sganar. sc. 24. || Mettre, remettre lecœur au ventre à quelqu’un, lui rendre le courage.Cette locution vient du langage du moyen âge, oùle cœur est joint souvent à ventre, pris en un senstrès-général détrône du corps; locution qui provientelle-même de ce qu’on se sent plus de force et decourage après avoir bien mangé. || Faire contremauvaise fortune, ou, absolument, contre fortunebon cœur, ne pas se laisser abattre et aussi ne paslaisser paraître sur son visage le désappointement,la peine qu’on éprouve. || 12 “ Générosité. Êtreplein de cœur. || Grand cœur, magnanimité. Sei-gneur, vous devez tout au grand cœur d’Exupère ,corn. Héracl. v, 4. Henriette d’un si grand cœurest contrainte de demander du secours ; Anned’un si grand cœur ne peut en donner assez,boss. Reine d’Anglet . || Un grand cœur, une per-sonne magnanime. Mais de cette faiblesse un grandcœur est honteux; Il ose espérer tout dans unsuccès douteux, corn. Hor. i, 4. N’attendez pointde moi de regrets ni de larmes : Un grand cœur àses maux applique d’autres charmes, id. Pomp. v,
4. La grâce est aux grands cœurs honteuse à rece-voir; La menace n’a rien qui les puisse émouvoir,id. Surèna, iv, 4. Un grand cœur cède un trône etle cède avec gloire; Cet effort de vertu couronne samémoire, id. Rodog. u, 6. Au travers des périls ungrand cœur se fait jour, rac. Andr. m, i. Jamaisdans un grand cœur vit-on plus de faiblesse? id.Bêrén. m, 2 . |{ Homme de cœur, homme qui a dela générosité, de la sensibilité. || N’avoir point decœur, être dépourvu de toute sensibilité, de toutenoblesse d’âme. || 13“ Le principal agent, le principalintérêt. Le parti du duc et de mon frère Dont l'unest votre cœur, si l’autre est votre bras, rotr. Ven-cesl. i, 4. Quand à ton père usé je rendis la vigueur,J’avais encor tes vœux, j’étais encor ton cœur, corn.Médêe , iii, 3. Le prince de Conti fut le cœur et leconfident de M. de Luxembourg dans ses dernièresannées, st-sim. 220 , 24 2. || 14“ Par extension, l’es-tomac : dénomination qui vient de ce que, dansl’ancienne anatomie grecque, on donnait le nom decœur à l’orifice cardiaque ou supérieur de l’estomac,et le nom de douleur de cœur aux douleurs de l’es-tomac. Des soulèvements de cœur. J’ai encore mondîner sur le cœur. || Avoir le cœur noyé, noyéd’eau, être incommodé pour avoir bu trop d’eau.|| Fig. Cela lui pèse sur le cœur, c’est quelquechose qui lui cause du chagrin, de la rancune.|| Ce vin va au cœur, il fait plaisir. || Avoir mal aucœur, être pris de nausées. Sur mer j’ai mal aucœur. Celles qui ont dîné ont mal au cœur, sév,
4 85. || Mal de cœur, envie de vomir. À moitié che-min, j’eus un grand mal de cœur, sév. 68. || Fig.Cela fait mal au cœur, fait soulever le cœur, sedit d’une chose qui excite le dégoût, l’aversion, lechagrin. Une douceur fade qui fait mal au cœur,mol. Impr. 3. Avec un style si bourgeois et si ridi-cule, que cela fait mal au cœur, vauven. Du goût.Les violons de la cour font mal au cœur au prix deceux-là, sév. 73. Il est d’une faiblesse à faire mal aucœur, id. 44. Les louanges me font mal au cœur,id. 236. Tout ce qui ressemble à une séparation faitbien mal au cœur, id. 462. Ce qui vient de sa partlui fait soulever le cœur, boss. Resp. 4. De ce rac-commodement vint un fils qui réduisit la jeune prin-cesse de Bade à l’état ordinaire pour les biens, dontsa belle-mère eutgrand mal au cœur, st-sim. 468,259. || Si le cœur vous en dit, si vous avez envied’en manger; et fig. Si vous êtes disposé à cela.|| Avoir le cœur bon, avoir l’appétit bon, se dit d’unmalade qui conserve de l’appétit. || Cet homme a boncœur, il ne rend rien, se dit d’un homme dont l’es-tomac ne rejette pas ce qu’il mange; et, figurément,de celui qui ne rend pas ce qu’on lui prête. || Avoirle cœur sur le bord des lèvres, et, simplement, surles lèvres, être prêt à vomir. || Avoir le cœur mort,se sentir très-faible. || Populairement. N’être pas ma-lade de cœur, conserver un bon appétit. || S’en don-'ner au cœur joie, à cœur joie, jouir pleinement, serassasier d’une chose. || A cœur jeun, sans avoir! mangé de la journée. Locution qui vieillit. || 15 “ Paranalogie, la partie centrale de quelque chose. Il est