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Tome premier. A - C.
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COFIDÉJUSSEUR (ko-fi-dé-ju-sseur), s. m. Termede jurisprudence. Chacun de ceux qui ont cautionnéun même débiteur pour une même dette.

— ÉTYM . Co.... préfixe, et fidéjusseur.

f COGENT, ENTE (ko-jan, jan-t’), adj. Termede philosophie. Qui contraint.

— hist. xiv* s. Sans cogente nécessité, bruyant,dans Ménagier , t. n, p. 40. || xv* s. Et pour causebonne cogente, Uir. de Ste Genev.

— ÉTYM . Le latin cogéré, forcer, de co, et agere,pousser.

f COGITABILITÉ (ko-ji-ta-bi-li-té), s. f. Termede philosophie. Faculté de réfléchir sur nos propressensations.

— ÉTYM . Voy. COGITATION.

f COGITATIF, IVE (ko-ji-ta-tif, ti-v’), adj. Termede philosophie. Qui a rapport à la cogitation.

— hist. xiv* s. Les vertus de dedens comme lacogitative et ymaginative, oresme, Eth.xi, 47.

— ÉTYM . Voy. COGITATION.

t COGITATION (ko-ji-ta-sion),s. f. Terme de phi-losophie. Action de fixer la pensée sur un objet.

— HIST. xn* s. Deus [Dieu ] de science est sire, eà lui sunt aprestedes cogitaciuns, Lib. psalmorum,p. 235. || xiv* s. Les malvaises operacions qui sontfaites par cogitacion et deliberacion, oresme, Eth. 03.|| xv" s. Et toutes ces imaginations et cogitacionsproposoit en lui-mesme le duc Jean de Lancastre ,froiss. i, iv, 3). Le flux des cogitacions, e. desch.Poésies mss. i° 605, dans lacurne. || xvi* s. Fermirson ame en certaines et limitées cogitations où ellepuisse se plaire, mont, i, 287. Avoir l’ame presséede cogitations pénibles, id. il, 64.

— ÉTYM. Provenç. cogitatio ; anc. espagn. cogita-cion; ital. cogitasione; du IsXmcogitalionem, decogi-tare qui avait donné le verbe cuider. L’ancien fran-çais avait cuixançon, formation en rapport aveccuider.

f COGNAC (ko-gnak), s. m. Eau-de-vie venantde Cognac, et, par extension, très-bonne eau-de-vie. Du vieux, du bon cognac.

— ÉTYM. Cognac, ville du département de la Cha-rente , dans les environs de laquelle se fait cetteeau-de-vie.

COGNASSE (ko-gna-s’),*. f. Petite espèce de coingsauvage.

— ÉTYM . Coing.

COGNASSIER (ko-gna-sié; l’r ne se lie jamais; aupluriel l’s se lie : les ko-gna-sié-z et les coings), s.m. Arbre de la famille des rosacées, qui produit lescoings.

— hist. xvi* s. Grenadiers, coudriers, coigners,et semblables plantes de rejet, o. de serres, 149.Entant le greffe de l’aubespin blanc sur le tronc ducoigner, de ce mariage sort un fruit nommé arsei-role, id. 691.

— ÉTYM . Cognasse; Berry, eouignier, qui vientde coing, comme le mot du xvi* siècle.

COGNAT (kog-na), s. m. Terme de droit. Celuiqui est uni par un lien de parenté; parent par lesfemmes. Les agnats et les cognats, Montesquieu ,Esp. 27.

— ÉTYM . Lat. cognatus, de cum, avec, etgnatus,né (voy. naître).

COGNATION (kog-na-sion), s. f. Terme de droit.Lien de parenté qui unit les cognats. || En droit ro-main, parenté naturelle.

— hist. xvi* s. Pour monstrer aux Juifs que lagrâce de Dieu n’est pas liée à la semence d’Abra-ham, et mesme que ceste cognation charnelle, parsoy, n’est d’aucune estime, calv. lnstit. 4076. Voussupplier avoir esgard à la cognacion ancienne ettant souvent renouvellée, à l’amitié.... m. du Bel-lay, 313.

— ÉTYM. Lat. cognatio , de cognatus, cognât.

f COGNATIQUE ( kog -na-ti-k’), adj. Terme d’an-cienne jurisprudence. Succession cognatique, suc-cession dévolue aux cognats à défaut de parents enligne masculine.

— étym. Cognât.

COGNÉ, ÉE (ko-gné, gnée), part, passé. || 1° Unclou vigoureusement cogné. || Fig. Les règles de lagrammaire cognées dans la tête de cet enfant.|| 2° Populairement, battu. Cogné d’importance.

COGNÉE (ko-gnée), s. If. Sorte de hache pourcouper le gros bois. Un bûcheron perdit son gagne-pain, C’est sa cognée.... la pont. Fabl . v, 4. Sur sonépaule il charge une lourde cognée, boileau, Lutr. n.Et c’est en attaquant le chêne après le chêne Que lacognée abat les plus vastes forêts, masson , Helvé-tiens, vi. || Fig. Mettre la cognée à l’arbre, au pied del’arbre, commencer une entreprise. L’âme, de sesdéfauts saintement indignée, Doit jusqu’à la racine

enfoncer la cognée, corn. Imitation, i, 4 4. || Je-ter le manche après la cognée, se rebuter par dé-couragement, par dégoût. || Aller au bois sans co-gnée, entreprendre quelque chose sans avoir ce quiest indispensable pour réussir.

— HIST. xi* s. Â mailz de fer, à cuignées qu’iltinrent, Ch . de Roi. cclxviii. || xii* s. Les ustils asovriers qui firent les degrez, Besague e cuignies enunt od els portez, Pur depecier les uis, ses [s’ilsles] trovassent fermez, Th. le mart. 4 44. Le paliz[ils] tranchent à coignies d’acier; De sou» lor piésle font jus trebuchier, Raoul de C. 68. || xiii* s. Deuscoingnies fist aporter, Le chesne prenent à coper,Ren. 4 4 926. En tel cas ne doit on pas faire l’execus-sion de la justice par fu [feu], mais abatre à cui-gnies et à martiax la partie du malfeteur tant sole-ment, beaum. lu, 47. Et je regardai une coignéequi gisoit illec ; si la levai et dis que je feroie la clefle roy, joinv. 260 . || xv* s. Et aussi une cognieteAbat bien souvent un grant arbre, Uir. de Ste Genev.Entre ces archers avoit autres assaillans qui por-toient cognies grands et bien tranchans, froiss. i,i, 207. Lors commencerent-ils à ferir et à frappercontre l’huis de grandes guignies pour derompre etbriser la porte, id. ii, m, 23. La deuxieme porterompue et brisée par force quingnies, id. ii,iii, 99.|| xvi* s. Il ne faut pas ruer le manche après lacoignée, leroux de lincy, Prov. t. u, p. 464. Ad-vint qu’il perdit sa coingnèe; qui feut bien fasché etmarry, ce feut il;car de sa coingnèe dependoitsonbien et sa vie ; par sa coingnèe vivoit en honneuret réputation entre tous riches buscheteurs; sanscoingnèe mouroit de faim, rab. Pont, iv, Nouveauprologue. Le capitaine Martin du Bellay recite, auvoyage de Luxembourg , avoir veu les gelées si aspresque le vin de la munition se coupoit à coups de ha-che et de congnée, se débitait aux soldats par poids,et qu’ils remportaient dans des panniers , mont, i ,264.

— ÉTYM . Berry, cognie , cougnée, cougnie; gé-nev. coignée; Saintonge, cougnée; picard, quignie;bas-lat. cuniada , dans un texte du vui* siècle (ca-pitulaire de viUis, 42); du latin cuneus, coin (voy.ce mot). La cognée, employée à enfoncer les portes,se disait aussi la clef le roi, parce que la justiceavait le droit d’enfoncer une porte fermée ou qu’onrefusait d’ouvrir.

COGNE-FÉTU (ko-gne-fé-tu), s. m. Celui qui sefatigue beaucoup pour ne rien faire. || Au plur. Descogne-fétu ou cogne-fétus. || Cogne-fétu a signifiécardeur de laine. C’est comme si je disais que lescogne-fétus et cardeurs de laine.... garasse, Re-cherche des recherches, p. 239, dans lacurne.

— hist. xvi* s. U ressemble coignefestu, il setue et ne fait rien, oudin, Curios. fr. 11 sembloitun coignefestu, et il ne vouloit rien faire ny laisserfaire les autres, montluc, Mém. t. i, p. 72, dans

LACURNE.

— ÉTYM . Cogner, fétu.

COGNER (ko-gné) ,v. a. || 1“ Frapper sur un clou,une cheville, pour l’enfoncer. Cogner une cheville.

11 Cogner un fétu, s’occuper de choses sans importance.Fiesque, loin des soins superflus, Fera quelque chosed’utile, Et, moins altéré, plus tranquille, Ne co-gnera plusda fétus, chaul. ÀMme de Lassay. || Fig.Nous tâchons de cogner dans la tète de votre fils l’en-vie de.... sév. 603. || 2° Cogner quelqu’un, le frapperavec quelque chose. Cet homme m’a cogné avecune planche qu’il portait. || Se cogner la tête, seheurter la tête contre quelque chose. || Fig. Se co-gner la tête contre le mur, s’obstiner à une choseimpossible. || 3° Populairement, battre, rosser. Tu teferas cogner. || 4“ V. n. Frapper contre, heurter.Cogner à la porte. || 5“ Se cogner, v. réfl. Se heur-ter, donner contre. Se cogner contre quelque chose.|| Se battre, en parlant de plusieurs. Ils se sont joli-ment cognés.

— HIST. xn* s. Il s’entrefierent et des cors et despiz [poitrines], Ensemble coignent les forz escuzvoltiz [bombés], Li coronemens Looys, v. 2637.|| xm* s. En un trou de tariere [ils] lui boutent er-ramment Les deux pois [pouces], et les coignentmoût angoisseusement, Perte, xcv. ||xv* s. Alez-enque je ne vous coigne ; De vos preschements n’ay-jecure, Uir. de Ste Genev. II s’employe de bon cueurA relier ses tonnaux, Et lui mesme congne; Pourremplir tost ses vaisseaux, Haste la besongne, bas-selin, l. || xvi* s. Le pere y alla, le combattit etcoigna [accula] jusques en Marroche, d’aub. Hist. i,37. 11 trouve la garnison dehors, la congne avec teleffroi qu’elle abandonne la ville, id. ib. i, 4 64. Leschevaliers et ceux de la garnison de la cité troublè-rent son loisir, et le congnerent jusques dans son

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gros, id. ib. i, *59. Qui fut bien aise? Ce fut AndréDoria, lequel l’ayant là accullé et coignié, qu’il n’enpouvoit jamais sortir sans sa miséricorde.... brant.Capit. franc, t. n, p. 67.

— ÉTYM." Cognée; Berry, cougner; wallon , cou-nii, gounii. Dans l’historique on trouve à coignerle sens de frapper, et celui de pousser en un coin,acculer.

f COGNET (ko-gnè), s. m. Rôle de tabac forméen cène.

— étym. Diminutif de coin.

f COGNEUX (ko-gneû), s. m. Outil du fondeuren sable.

— étym. Cogner.

f COGNITIF , IVE (kog-ni-tif, ti-v’), adj. Termede philosophie. Oui est relatif à la connaissance.|| Qui est capable de connaître. Les conditions de lacognition humaine, la constitution de l’organe co-gnitif de l’homme influent sur toutes ses connais-sances, impriment leur sceau à tous les objets, sansqu’ils puissent lui apparaître d’une autre maniéré,villers, Kant , p. 4 4 9.

— hist. xiv* s. Puissance cognitive, orf.sme,Thèse de meunier. La puissance cognosoitive,oresme, Eth. 66. || xv* s. Des vertus qui sont cog-noiscitives, une chascune, moins est materielle,plus a perfaicte cognoiscence, christ, de pisan,Charles V , m, 66.

— ÉTYM. Voy. COGNITION ; provenç. cognitiu .

f COGNITION (kog-ni-sion), s. f. Terme de phi-losophie. Acte intellectuel par lequel on acquiert uneconnaissance. Ces hommes sages qui avaient jetéun regard savant sur la nature de la cognition hu-maine.... villers, Kant , p. 69. Le problème pre-mier et par conséquent fondamental de la métaphy-sique est de livrer une bonne et scientifique théoriede la cognition humaine, d’expliquer commentl’homme connaît.... id. ib. p. 64.

— ÉTYM. Provenç. cognicio ; anc. espagn. cogni-cion; ital. cognisione ; du latin cognitionem, de co-gnoscere (voy. connaître).

f COGNOIR (ko-gnoir), s. m. Morceau de boispour serrer et desserrer les formes typographiques.

— HIST. xvi*s. Coignoir, oudin, Dict.

— étym. Cogner.

f COGRAINS (ko-grin), s. m. pl. Terme de métal-lurgie. Parcelles de fer qui s’attachent à la filièredans les tréfileries.

— ÉTYM . Co.... préfixe, et grain.

f COGUENOSCO (ko-ghe-no-sko), s. m. Terme demarine. Sorte de mastic dont on remplit les géli-vures du bois, pour empêcher l’eau d’y pénétrer.

COHABITATION (ko-a-bi-ta-sion), s. f. Terme dedroit. || l°État de deux personnes qui habitent en-semble. || 2° État du mari et de la femme, qui viventensemble. || Se dit aussi de la vie en commun de deuxpersonnes libres.

— HIST. xvi* s La sentence de Paphnutius futreçue : lequel declaira que c’estoit chasteté, coha-bitation de l’homme avec la femme, Calvin , lnstit.4006.

— ÉTYM . Cohabitatio, de cohabitare, cohabiter.

COHABITER (ko-a-bi-té), v. n. Vivre ensemble

en parlant des époux, ou de personnes libres vivantcomme époux. Ils ont longtemps cohabité. || Il seconjugue avec l’auxiliaire avoir.

— HIST. xvi* s. Il a fallu que les prestres leviti-ques, quand ils approchoient de l’autel, ne cohabi-tassent point avec leurs femmes, calv. lnstit. 4 004.

— étym. Cohabitare, déco....préfixe, ethabitarehabiter (voy. ce mot).

| COHEN (ko-èn’), *. m. Dans la religion juive ,sacrificateur.

— ÉTYM. Hébreu , cohen, prêtre.

f COHÉREMMENT (ko-é-ra-man), adv. D’unemanière cohérente.

— ÉTYM . Cohérent, et le suffixe ment.

COHÉRENCE (ko-é-ran-s’), s. f. || 1* Terme dephysique. État de ce qui est cohérent. Dans le bois,la cohérence longitudinale est bien plus considé-rable que l’union transversale, buffon, Exp. surles végét. 4 •* mém. || 2° Fig. Des idées sans cohérence.Nos âmes se sont touchées par tous les points, et nousavons senti partout la même cohérence, j. i . rouss.Hil. I, 44.

— HIST. xvi* s. Ce qui se fait par une cohérenceet glutinosité de matière visqueuse, ou de quelqueexcoriation, paré, iv, 44.

— Étym. Cohærentia, de cohærens, cohérent.

COHÉRENT, ENTE (ko-é-ran, ran-t’), adj. || l°Qui

tient réciproquement ensemble. Les grains du grèssont très-cohérents. Les molécules du fer sont bienplus cohérentes que celles du plomb. || En botanique,