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Tome premier. A - C.
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a les oheveux arrangés d’une certaine manière.Coiffé à la Titus . Coiffée à la chinoise. || Être biencoiffé, avoir une coiffure qui va bien, et aussi avoirles cheveux bien plantés. || Cheval bien coiffé,celui qui a les oreilles petites et bien placées ; malcoiffé, celui dont les oreilles sont longues et pen-dantes. || Un chien courant ou épagneul est biencoiffé, lorsqu’il a les oreilles larges, longues etbien pendantes. || Fig. J’habitai plus que toi ces for-tunés rivages [Savoie ], J’adorai, j’aime encor cesmonts coiffés d’orages, lamart. Harm. ni, 4.|| 2" Terme d’échecs. Pion coiffé, pion auquel onattache un signe, et qui a un emploi déterminé.|| 3° Terme de vénerie. Mordu par le chien. || Fig.Je ne pouvais douter de l’extrême mauvaise volontépour lui [Chamillart ] de Mme de Maintenon et deMme la duchesse de Bourgogne, et il était sanscesse coiffé par de rudes lévriers, st-sim. 232, 96.|| 4“ Fig. Infatué. Un prélat, riche et fortuné, Enest, s’il le faut ainsi dire, Coiffé [de Boisrobert ],halle ville, Épigr. contre Boisrobert , dans leroux,IHct. comique. Que de son Tartuffe elle paraît coif-fée! mol. Tart. i, 2 . Ton sermon me paraît un tantsoit peu brutal; Mais, tant que tu voudras, parle,prêche, tempête, Ta maîtresse est coiffée [amou-reuse], regnard, le Joueur, i, 2 . C’est un goût vifdont je me sens coiffé , volt. Bégueule. || Avoirle cerveau coiffé, être pris de vin. || 6° Né eoiffé,né avec la coiffe sur la tête, circonstance fortuite àlaquelle la superstition attribua de singulières ver-tus. || Fig. Être très-heureux. Pauline est née coiffée,sév. 687. || 6° Terme de vétérinaire. Crottins coiffés,crottins qui sont recouverts d’une couche de muco-sités provenant de la muqueuse intestinale. || Pro-verbe. Il aimerait une chèvre coiffée, se dit d’unhomme qui est amoureux de toutes les femmes,quelque laides qu’elles soient. || On dit aussi d’unepersonne laide : il, elle ressemble à un chat coiffé.

COIFFER (koi-fé), v. a. || 1° Couvrir la tête d’unecoiffe. || Couvrir la tête d’une coiffure quelconque.Coiffer les grenadiers d’un bonnet à poil. || Friser,natter les cheveux. Coiffer une femme en cheveux.|| Coiffer sainte Catherine, rester fille. Ste Catherineétant la patronne des demoiselles, on dit que la de-moiselle qui ne se marie pas lui met la premièreépingle à viDgt-cinq ans, la seconde à trente; et àtrente-cinq la coiffure est finie. || Absolument. Ceperruquier coiffe bien. ||2" Orner, parer la tête. Cettecouronne de bluets la coiffe à merveille. || 3“Mettre,jeter sur la tête. On le coiffa d’un seau d’eau. On ren-versa la table, on coiffa d’un potage le pauvre Vine-villequi n’en pouvait pas davantage, rktz, iii, 6.|| 4° Coiffer une bouteille, mettre une enveloppepar-dessus le bouchon. || 5* En termes de mécanique,coiffer la chèvre, fixer sur la coiffe de cette machinele câble qui sert à soulever les objets. || 6° Coifferun livre, en arranger le cuir à chaque extrémité dudos. || 7° Terme de vénerie. Happer le sanglier auxoreilles en parlant d’un chien. || Par extension. Letigre ne peut coiffer le rhinocéros sans risquer d’êtreéventré. jj 8° Infatuer. Les beautés qu’une préven-tion aveugle avait coiffées du mérite de Germain,hamilton, Gramm. 6. Il s’était laissé coiffer dechimères et de visions, m. ib. io. || 9° Familiè-rement, enivrer. Il est aisé à coiffer. Quel est iecabaret honnête Où tu t’es coiffé le cerveau? mol.Amph. ni, 2 . || 10° Coiffer son mari, en parlant d’unefemme, lui être infidèle. [Perruquier] prétendantn’avoir point coiffé de jolies femmes dont il n’eûtcoiffé les maris, j. j. rouss. Conf. ni. || 11° V. n.Terme de marine. On dit qu’un navire coiffe, lors-que le vent vient frapper les voiles par l’avant.Il 12° Se coiffer, u. réfl. Porter comme coiffure. LesTurcs se coiffent d’un turban. || Se coiffer en cheveux,ou avec ses cheveux, n’avoir aucun ornement dansles cheveux arrangés en coiffure. || Se couvrir latête, en parlant d’un homme.Coiffez-vous. || Arran-ger sa coiffure. Elle met un temps infini à se coiffer.Il 13° Terme de marine. Les voiles se coiffent, quandelles se collent aux mâts. || 14° S’enivrer. Cet hommese coiffe souvent. || 15“ S’infatuer. Fille se coiffevolontiers D’amoureux à longue crinière, la font.Fabl . iv, t. Faut-il de ses appas m’être si fort coiffé?mol. Ecole des f. ni, 6. C’est un bonheur de n’êtrepoint sujette à se coiffer d’un de ces oisons-là, sév.239. Comment ce garçon s’était coiffé d’un visagea faire peur, hamilt. Gramm. to. Si on y songetrop, on s’entête et on s’en coiffe, pasc. Disp. 3.L inquiétude Dont Damon s’estcoiffé si malheureuse-jnant, la font. Coupe. Elle se coiffait de toute sa^-e.en faveur de Matta, hamilt. Gramm. 4. Il estuuhcile de comprendre comment M. de Turenne*en coiffa [de M. BoucheratJ, st-sim. 69 , 432 .

— HIST. xiii* s. [La femme] Or est lavée, or estpeigniée, Or est coifée, or est tressiée, Contenancedes femmes. || xvi* s. [Vénus] Le transmit [un cha-peau de roses] à son cher enfant, Qui de bon cœurle va coiffant, marot, i, 74. Toutes choses qui sontcoiffées, Ont moult de lunes en la teste, id. ii, 128 .Je crois que vous eussiez pris une chevre coifféepour une belle fille, marg. Nouv. viii. Qui fut onc-ques plus coiffé de femmes que lui de Messaline ?la boétie, 74. Alors les matrones présagent quel’enfant est heureux, par ce (disent-elles) qu’il estné coiffé, paré, xviii, 46. Dirai-je encore de telqui est coiffé et meurt pour une qu’il sçait estre laide,vieille, souillée.... charron, Sagesse, i, 38. Nousnous suyvons à la piste, voire nous nous pressons,eschauffons, nous nous coiffons et investissons lesvices et passions les uns aux autres, id. ib. n, Pré-face. La table est desjà coiffée [servie], Contes de

CHOLIÈRES, P 66, dans LACURNE.

— ÉTYM . Coiffe; bourguig. couiffay, coiffé.

COIFFEUR , EUSE (koi-feur, feû-z’), s. m. et f.Celui, celle qui coiffe, qui arrange, coupe, frise lescheveux. Un habile coiffeur. Mlle de St-Yvesfit venirune coiffeuse de St-Malo , volt. Ingénu, 3. Cet ar-gent va aux marchands, aux coiffeuses et aux bro-deuses, m. Dialect. Le soldat d’antichambre de mon-sieur vaut bien la coiffeuse de madame, Marivaux ,les Jeux de l’amour et du has. m, 7. || Adj. Perru-quier coiffeur.

— ÉTYM . Coiffer.

COIFFURE (koi-fu-ri), s. f. || 1“ Partie de vête-ment destinée à couvrir la tête, à la garantir. Le cas-que est la coiffure de la grosse cavalerie. Le turbanest la coiffure des Turcs. Je veux une coiffure, endépit de la mode, Sous qui toute ma tête ait un abricommode, mol. Éc. des maris, i, 4. || 2° Ajustementpour la tête. Une coiffure de fleurs. || Arrangementdes cheveux. Coiffure à la Ninon.

— hist. xvi“ s. Tous ces esprits portent la testeceincte Du blanc attour d’une coyfure saincte, du-bell. iv, 68, recto. || Coiffure à la Sévigné, s’estdit d’une coiffure avec de petites boucles sur lefront, de grosses boucles aux côtés du visage, et,autour de la tête, un gros bourrelet de cheveux.

— ÉTYM . Coiffe.

j- COIGNAGE (koi-gna-j’) , s. m. Portion de la ma-çonnerie du fourneau des grosses forges.

— ÉTYM . Coin.

f COIGNET (koi-gnè), s. m. Terme de marine.Un petit coin.

— ÉTYM . Diminutif de coin; picard, cuignet, coinà fendre.

f COIGNEUX (koi-gneû), s. m. Batte pour com-primer le sable des moules, dans la fonte des mon-naies.

— ÉTYM . Cogner.

f COIMENT (koi-man), adv. D’une manière coite,paisible. Il était là coiment. Vieux.

— HIST. xi” s. Mult quiement il dit à sei meïsme,Ch. de Roi. cxn. || xu“ s. Bien et tut choiement ven-gier vus en purrez, Th. le mart. 4 36. Si coiement[j’] ai ma dolor menéè, Qu’à mon semblant ne lareconoist on, Coud, n. || xm“ s. Ne demora miegranment Que Renart vint tôt coiement, Ben. 274.|| xv“ s. Et si ne s’en osoient descouvrir, fors l’un àl’autrequoiement et secrètement, froiss. u, n, 239.

— ÉTYM . Coie, et le suffixe ment; provenç. que-dament, quietament; espagn. et ital. quietamente.

COIN (koin), s. m. || 1° Instrument de fer, tailléen angle solide, et dont on se sert pour fendre dubois. || Coins de mire, morceaux de bois qui serventà hausser ou à baisser un canon, un mortier, sui-vant la distance du but à atteindre. || Faire coinde même bois, se servir, pour mettre une choseen œuvre, d’une partie de cette même chose, etaussi user de ce qu’on tire d’une personne pouragir contre elle. || En mécanique, angle solide re-présentant deux plans inclinés adaptés par leurbase, et servant à divers usages ; c’est une des ma-chines simples étudiées en statique. || Un coin debeurre, pièce de beurre à peu près en forme de coinqu’on vendàla halle. || Petit ornement autour des bou-quets qui sont sur le dos des livres reliés. Petit ferqui sert à faire ces ornements. || La partie d’un basdessinée en forme de coin, et dont la base corres-pond à la cheville du pied. || Autrefois, pièce de basde chausse qui est en pointe et qui, prenant depuisla cheville du pied, s’étend jusque sous la plante.|| Morceau de drap qui couvre l’espace compris en-tre les barrures d’une balle de paume. ■ || Terme decordonnier. Petit morceau de bois pour hausser lecou-de-pied des souliers, lorsqu’ils sont sur la forme.|| Terme d’antiquité. Formation d’une troupe en un

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bataillon triangulaire dont une pointe était tournéevers l’ennemi. || 2“ Terme de monnaie. Morceau defer trempé et gravé, qui sert à marquer les mon-naies et les médailles. || Monnaie, médaille à fleurde coin, celle que le frottement n’a pas encore useeet telle qu’elle est sortie de dessous le coin. || An-ciennement, avoir coin, avoir droit de battre mon-naie. || Fig. Cela est frappé, marqué à tel coin, on yreconnaît tel caractère, tel cachet. Des vers marquésau coin de l’immortalité, boil. Ép. x. Toi qui sais àquel coin se marquent les bons vers, id. Sat. n. Ilne s’y voit rien qui ne soit marqué au coin de l’ou-vri ir, la broy. xvi. Les riches étant, pour ainsidire, marqués au coin du monde, boss .Serm. Sept.C’est presque le seul ouvrage marqué au bon coin,depuis trente ans, volt. Lettr. Cideville, 4 février4706. || Poinçon pour marquer la vaisselle plate, lesbijoux. || Marque, empreinte. Ce petit Feuquières aun coin d’Arnaud dans la tête qui le fait mieux écrireque les autres, sév. 204. J’ai un coin de folie quin’est pas encore bien mort, m, 423. Je ne sauraiscroire que, quelque coin d’anachorète que vousayez, ces honneurs et ces respects sincères puissentvous déplaire, id. 668. || 3* Angle rentrant ou sail-lant formé par la rencontre de deux ou de troislignes, de deux ou de trois surfaces, ainsi dit parcomparaison avec le coin de fer ou de bois. Le coind’une maison. Dieu doit faire de cette pierre le chefdu coin, pasc. Proph. 24. || Les quatre coins d’unechambre, les quatre angles que forment les quatreparois d’une pièce faite en carré ou en carré long.Les quatre coins d’une étoffe, les points où les bordsse joignent. Des officiers portaient les quatre coinsdu poêle en cette pompe funèbre. || Les quatre coinset le milieu d’un bois, d’une ville, etc. tout l’espaceembrassé par un bois, par une ville. Je l’ai cherchédans les quatre coins et le milieu du quartier. || Lesquatre coins du monde, l’espace entier du monde.Les quatre coins de Paris . Il a parcouru les quatrecoins do la ville, sans pouvoir découvrir son loge-ment. Ne dirait-on pas que le feu est aux quatrecoins de l’univers? dider. Nouv. pensées philosophi-ques, 67. Les orages sont venus des quatre coinsdu monde, et ont fondu sur ma petite barque quej’ai bien de la peine à sauver, voltaire, iett. Da-milaviüe, 34 déc. 4 764. M. Cromelin est un peuardent; on aurait dit que ie feu était aux qua-tre coins de Genève, id. Letl. d'Argentai, 4 février4766. || Jeu des quatre coins, jeu dans lequel quatrepersonnes occupent les quatre angles d’un carré; etune cinquième personne placée au centre du carrétâche de saisir une de ces places à la course, aussi-tôt que le tenant l’abandonne pour en changer avecun autre. L’amour, l’hymen, l’intérêt, la folie, Auxquatre coins se disputent nos jours, bérang. Coinde l’am. Où l’ambition règne, La gaieté perd soncoin, id. Ménétrier de Meudon . || Le coin de la rue,l’endroit où deux rues se coupent. Envoyez des sol-dats à chaque coin des rues, corn. Iléracl. ni, 4.|| Le marchand du coin, le marchand logé au coind’une rue voisine; et, figurément, le coin, le voisi-nage. Le géomètre dit qu’il en fallait parler au théo-logien du coin, volt. l’Homme aux 40 écus, Ma-riage. Il y a dans tous les coins des gens qui ontdes remèdes infaillibles contre toutes les maladiesimaginables , montesq. Lett. pers. 58. || Lo coind’un bois, l’endroit où une route coupe un bois. 11a été assassiné au coin d’un bois. La naïve bergère,assise au coin d’un bois, Chante et roule un fuseauqui tourne sous ses doigts, st-lambert, Saisons,printemps. || Mourir au coin d’un bois, d’une haie,mourir loin de toute assistance. || Cet homme a lamine de demander l’aumône au coin d’un bois, sedit d’un homme de mauvaise mine, de mine mena-çante, qui demande l’aumône. || Fig. Il n’est coin etrecoin que je n’aie tenté, régnier, Sat. xiv. La sa-gesse vous éclairera par quelque coin inespéré, boss.Lettr. Corn. 92. || Petit meuble en forme d’armoireque l’on place dans les coins d’une chambre. || Entermes de manège, coin se dit des quatre anglesde la volte, lorsque le cheval travaille en carré. En-trer dans les coins, pénétrer, autant qu’il est pos-sible , dans les angles du manège. Travailler sur lescoins ou faire les quatre coins, diviser la volte enquatre quarts. || Terme du jeu de trictrac, grandcoin, coin de repos, ou, simplement, coin, la der-nière case de chaque pan, de chaque partie de laboîte. Coin bourgeois, la dernière case du petitjan, et la première du grand. || Au jeu de paume,on dit qu’un homme tient bien son coin quand ilsait bien soutenir et renvoyer les coups qui viennentde son côté. || Fig. Tenir son coin, tenir une place ho-norable dans un cercle; prendre part avec avantago