COL
COL
directe ou collateralle, Nouveau coustum. gén. t. i,p. set.
— étym. Voy. cou.
COLAO (ko-la-o), s. m. Sorte de ministre d’Etat
la Chine. L’empereur de la Chine envoie ses ordrespar des colao, volt. Dial, xv, 2 .
_ÉTYM. Portug . colao, du chinois ko-lao , membre
du conseil privé, de ko, pavillon, chambre du con-seil, et lao, vieillard.
COLARIN (ko-la-rin), t . m. Terme d’architecture.Nom de la petite frise du chapiteau des colonnestoscanes et doriques.
— ÉTYM . Ital. collarino, diminutif de collo, eol(voy. col).
| COLAS (ko-lâ), s. m. || 1°Dans le langage fami-lier, homme stupide. Rester là comme un colas.|| 2“ Un des noms du corbeau.
— ÉTYM . Colas, nom propre, employé commeinjure et comme nom d’animal, et abréviation deNicolas.
f COLATITUDE (ko-la-ti-tu-d’), s. f. Terme d’as-tronomie. Complément de la latitude, c’est-à-diredistance angulaire du pôle au zénith de chaque lieu.
— étym. Co.... préfixe, et latitude.
COLATURE (ko-la-tu-r’), s. f. Terme de pharma-cie. || 1* Action de faire passer un liquide à traversun tissu de toile ou de laine peu serré, plutôt pouren séparer le marc que peur l’obtenir d’une trans-parence parfaite, ce en quoi elle diffère de la filtra-tion. || 2“ Liqueur ainsi dépurée. Colature de siropde chicorée.
— HIST. xvi* s. Puis on les ooulera par une esta-minet et d’icelle coulature on en trempera des linges,PARÉ, XXI, 22.
— ÉTYM . Colatura, do colare, couler (voy. couler).
COLBACK (kol-bak), s.m. Sorte de bonnet à poil
en forme de cône tronqué renversé. || Familière-ment et populairement, chapeau.
— ÉTYM . Turc, kolbdk, sorte de bonnet garni defourrure, porté en Turquie par les drogmans, lesmédecins, les Arméniens et les Juifs. Les chasseursà cheval en firent usage pour la première fois, enFrance, au retour de l’expédition d’Egypte .
t COLCHICACK, ÊE (kol-ehi-ka-sé, s ée), adj.Terme. de botanique. Qui ressemble au colchique.|| S. f. ,plur. Les colehicacôes, famille de plantes,dont le colchique est le type.
t COLCHIC1NE (kol-ehi-si-n’), ». f . Terme de chi-mie. Alcaloïde trouvé dans les semences de colchique.
— étym. Colchique.
COLCHIQUE (kol-chi-k’), s. m. Terme de botani-que. Plante bulbeuse cultivée à cause de la beautéde ses fleurs et de ses propriétés médicinales, diteaussi tue-chien, veillotte, lis vert, cbiennée, sa-fran des prés (colchicum autumnale, L.).
— ÉTYM . Colchicum, de xokx ix °v, ainsi dit dela Colchide, patrie de l’empoisonneuse Médée .
COLCOTAR (kol-ko-tar), s. m. Terme de chimie.Peroxyde de fer rouge provenant de la décomposi-tion du protosulfate de fer par le feu.
— HIST. xw s. Soulphre, colcotar, litharge d’or,PARÉ, t. III, p. 636.
— ÉTYM. 11 paraît être un mot inventé par Para-celse , cliimiatre du xvi* siècle.
t COLÉE (ko-lée), s. f.- Terme de la chevalerie.Coup qui se donnait sur le cou et qui était partie descérémonies pour faire un chevalier.
— HIST. xm* s. Et li dona li uns une colée et dit :Chevaliers soyés, bkaum. xxxv, 26. Li rois meïsmesde sa main A à chascun ceinte l’espée, Et si lor donela colée, Ren. 26302.
«(LÉGATAIRE (ko-lé-ga-tê-r’), s. m. et f. Celui,celle qui a part avec d’autres aux legs d’un testament.
— étym. Co.... préfixe, et légataire.
f COLÉODERME (ko-lé-o-dèr-m’), adj. Terme de«oologie. Couvert d’une enveloppe en forme de sac.
— ÉTYM . KoXsô?, étui, et derme.
t COLÉOPHYLLE (ko-lé-o-fl-F), s. f. Terme debotanique. Gaine membraneuse qui occupe la basede la plumule.
— ÉTYM . KoXeü;, étui, et çéXXov, feuille.
t COLÉOPODE (ko-lê-o-po-d’), adj. Terme de zeo-logie. Qui a les pattes cachées dans un étui.
— ÉTYM . KoXeèc, étui, et noue,, pied.
COLÉOPTÈRE (ko-lé-o-ptê-r’), s. m. Ordre d’in-sectes dont les deux ailes supérieures, dures, épais-ses, servent d’enveloppe aux inférieures, qui, étantmembraneuses, se replient sous elles dans l’état durepos. Le hanneton est un coléoptère.
t COLÉOPTILE (ko-lé-o-pti-1’) [ s. m. Terme debotanique. Synonyme de coléophylle.
— ÉTYM . KoXsô;, étui, et ktIXov, plume.
f COLÉORRHIZE (ko-lé-o-rri-z’), s. f. Terme debotanique. Gaine membraneuse qui enveloppe la ra-dicule de l’embryon de certaines plantes monocoty-lédones.
— ÉTYM . KoXtè;, étui, et fiÇa, racine.
COLÉRA-MORBUS . Voy. choléra-morbus.
I. COLÈRE (ko-lê-r’), s. f. Sentiment d’irritationcontre ce qui nous blesse. Je l’ai vu dans ses colè-res, dans des colères affreuses. Vous vous mettez encolère contre votre fils, pasc. Prou. ts. Mais quesert la colère où manque le pouvoir? corn. Sertor.
i, 2 .Si pour moi vous ôtes en eolère.m. Nicom.
iv, 4. Vous eussiez vu leurs yeux s’enflammer defureur, Et dans un même instant, par un effet con-traire, Leur front pâlir d’horreur et rougir de co-lère, m. Cinna, i, 3. Qui foule aux pieds pour vousvos vainqueurs en colère, rac. Andr. iii, 8. D’autantplus dangereux en leur âpre colère, Qu’ils prennentcontre nous des armes qu’on révère, mol. Tart. i, 6.Il n’y a morale qui tienne, je me veux mettre en co-lère tout mon soûl, quand il m’en prend envie, id.Bourg, gentilh. n, 6. Un certain Grec disait à l’em-pereur Auguste Que, lorsqu’un» aventure en colèrenous met, Nous devons, avant tout, dire notre al-phabet, Afin que dans ce temps la bile se tempère,id. Éc. des femmes, n, 4. La colère est superbe etveut de» mots altiers, boil. Art p. m. Le tyran esttoujours dans une colère à faire pouffer de rire,volt. Lett. (PArgentai, 27 févr. 3765. La douceur,selon TEoriture, rompt la colèr», fléchier, Serm.n, 46. J’oubliai ma colère et a» sus que pleurer,rac. Iphig. ii, i. D’autant plus malheureux qu’ilaura su lui plaire, Narcisse, il doit plutôt souhaitersa colère, id. Brit. n, 2. Je n’épargnerai rien dansma juste colère, rac. Andr. I , 4. Vous avez vuquelle ardente colère Allumait de ce roi le visagesévère, id. Esth. il, 9. La colère du roi, comme ditSalomon, Est terrible, et surtout celle du roi lion,la font. Fabl . viii , 14. La colère lui avait bouché lesoreilles, vaugel. Q. C. viii, i. || La colère de Dieu .Pressé de toutes parts des colères célestes. Il envient dessus vous faire fondre les restes, corn. Pomp.i i On*m’accable et les astres sévères Ont con-tre mon amour redoublé leurs colères, mol. Fdch.m, t. Mais, seigneur, s’il le faut, si le ciel en co-lère Réserve à d’autres yeux la gloire de vous plaire....rac. Andr. iv, 6. Marie ignore les saintes colères duSeigneur, elle reste toute bonté, chateaub. Génie,i, i, 6. || Terme de l’Écriture. Les enfants d’Adamsont enfants de colère, indignes de l’héritage céleste,fén. xvm, 167. Comme un esclave et un enfant decolère, mass. Myst. Purification, 2 . || Se dit aussien parlant des animaux. La colère du lion. Chien encolère. || Fig. La colère des flots, la colère des vents,c’est-à-dire le soulèvement des flots, le souffle im-pétueux des vents.
— SYN. COLÈRE, COURROUX , EMPORTEMENT. L’em-portement se distingue tout d’abord des deux autres,en ce qu’il est la manifestation extérieure soit de lacolère soit du courroux. Une violente colère, unviolent courroux peut être dans le cœur sans qu’ils’en montre rien au dehors; mais dès qu’il semontre par des gestes ou des paroles passionnées,alors il y a emportement. Entre colère et courroux,il est difficile de trouver aucune nuance dans lesens; on n’en trouve que dans l’emploi, colère étantdulangage ordinaire comme du langage élevé, tan-dit que courroux appartient seulement à ce dernieret se dit surtout de la colère des personnes de hautrang, de grande condition, ou des êtres célestes.
— HIST. xv* Je ne vai point en cholere Tempesterà la maison, basselin, xv. || xvi* s. Les nobles ne sepouvans plus contenir, ains estans par cholere trans-portez hors d’eulx mesmes, amyot, Cor. 27. Nousreprenons en cholere ceulx qui se corroucent et cho-lerent, id. Comment refréner la colère, 42. X la finils vomissoient grante quantité de cholere [bile] etmouroient soudainement, id. Anton, 68. Le restedes capitaines advertis de ce collere, demeurèrent
tous entredicts, carl. vi, 6.De quoy il entra en
un merveilleux colere, id. vi , 4 9. Il se retira en co-lère picarde , id. vi, 50. La cholere [bile] est chaudeet seiche, paré, Introd. 6. Rien n’est à l’amant im-possible pour parvenir à son intention; mais, sagrande colere [passion] refroidie, il treuve en fin decompte avoir servy d’une grande fable et risée àtout le peuple,|PASQmER,JfonophtTe, p. 53, dans la-curne. Ayans cogneu que je ne tenois compte deleur indiscrète façon de faire et que leurs cholereset artifises ne me pouvoyent divertir du chemin que
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j’avoye eommencé de tenir, condé , Mémoires,p. 674.
— ÉTYM . Bourguig. quelère; provenç. colera,colra, bile; espagn. colera; ital. collera; du latinchoiera, bile, colère; du grec xoXépa, qui signifienon pas bile, mais choléra. Colère n’est entré qu’as-see tard dans la langue ; le mot habituel dans lesâges anciens était ire; puis est venu choie, bile(XoXtJi, bile); chaude choie, pour dire emportement,a été longtemps usité.
2 . COLÈRE (ko-lê-r’), adj. Qui se met souventen colère. Un prince avare et colère, fléch. Panég.n, p. 446. Il est fier et colère, corn. Attila, iv, 2.S’il est vrai que les riches soient colères, la bruy. vi.Ton ombre [Xerxès ] est encore bien colère et biensuperbe; tu n’étais pas plus emporté quand tu faisaisfouetter la mer, fén. xix, 470. Mais quelle erreur Inon Dieu n’est point colère; S’il créa tout, à tout il
sert d’appui, bérang. Dieu des b. gens .Ma femme
est terrible avecque son humeur; Du nom de philo-sophe elle fait grand mystère, Mais elle n’en estpas pour cela moins colère, molière, F. sav. il, 9.|| Par extension. La vanité ne me donnait quetrop de penchant à cette humeur colère, J. i. rouss.Ém. iv. Elle me frappe; et moi je feins, dans moncourroux, De la frapper aussi, mais d’une main lé-gère, Et je baise sa main impuissante et colère, A.Chénier, Élég. 29.
— UEM. Dans le langage populaire, on dit sou-vent être colère, pour avoir un accès de colère : j’é-tais colère en ce moment-là. C’est une faute : colèresignifie non pas l’homme saisi d’un accès de co-lère, mais l’homme qui se met souvent en colère.
— SYN. colère, colérique. Le colère est celui quise met souvent en colère; le colérique est celui queson tempérament porte à la colère. Un homme, ditRoubaud, peut être colérique, sans être colère, s’ilparvient à se vaincre lui-même.
— HIST. xvi* Celuy qui est cholere semble remuantet actif, amyot, Cor. 32. Pelopidas estant de sa na-ture plus cholere, id. Pélop. 44 . Les femmes sontplus aigres et plus choleres que les hommes, m.Comment refréner la colère, 4 5. Ce n’est pas mafaute, disons-nous, si je suis cholere, si je n’ay en-cores establi aucun train asseuré de vie; c’est lafaulte de la jeunesse, mont, iii, 407.
— étym. Colère 4.
f COLÉRÉ , ÉE (ko-lé-ré, rée), part, passé. Mis encolère.... les combattants à l’égal colérés, Régnier,Ép. n.
f COLÉRER (SE) (ko-lé-ré), v. réfl. Se mettre encolère. Qu’il ne se colère pas si fort. La colère t’em-porte.—On se colère à moins, hauteroche, Noblesde province, il, 3. || Ce mot a vieilli ; il peut pour-tant être encore employé.
— HIST. xvi* s. Les Italiens ont plus souvent portéles marques des François colerés, que les Françoisn’ont porté les marques des Italiens desesperés,desper. Contes, cxxi. Puis, se colerant en luimesme, de ce que.... id. ib. cm. Mais bien a il sem-blé à plusieurs leger, prompt et soudain à se cho-lerer, de sa nature , amyot , Flam. 33. Archiasadonc commencea à se cholerer et à le menacer encourroux, id. Démosth. 42.
4. COLÉRIQUE (ko-lé-ri-k’), adj. Dont le tempéra-ment est enclin à la colère (voy. colère 2 , à la sy-nonymie). Je hais de tout mon coeur les esprits colé-riques, mol. Sgan. 4 7.
— HIST. xiv* s. Le colérique a l’assault le plusfort de ire et de discorde, Ménagier , i, 3. Si commeun homme trop colérique est enclin à ire, oresme,Eth. 77. || xvi* s. Ce fut seulement pour servir à unepassion cholérique, qu’il mit en combustion et entrouble plusieurs contréesde l’Italie , amyot, Alcib. etCor, comp. 3. Nous disons qu’un œdeme est fait desangphlegmatique , un scirrhe du melancholique, unerysipelas du bilieux et cholérique, taré, Introd. 6.
— ÉTYM . Colère 4; provenç. coleric; espagn. co-lerico; ital. collerico .
2 . COLÉRIQUE (ko-lé-ri-k’), s. m. et f. Atteint decholéra.-Voy. cholérique.
f COLÉRIQUEMENT (ko-lé-ri-ke-man), adv. Aveocolère.
— HIST. xv* s. Il faut avoir un peu de patienceet ne débattre point colleriquement avec eulx,comm. iv, 9.
— ÉTYM . Colérique 4, et le suffixe ment.
f COLETTE (ko-lè-t’), s. f. Religieuse de Sainte-Claire, non cloîtrée.
COU (ko-li). Voy. colis.
COLIART (ko-li-ar). ». m Nom vulgaire de laraie blanche.