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l’argent qu’elles ont ou qu’elles gagnent, et vivantainsi avec l’avoir les uns des autres. || Faire viecommune, vivre à frais communs. || La vie com-mune, la vie des communautés. U Avoir quelque chosede commun avec, n’avoir rien de commun avec,avoir ou n’avoir pas des analogies, des rapports,des ressemblances avec. Qu’a de commun la censurede Rome avec celle de France ? pasc. Prov. 6. Leurhistoire n’a rien de commun avec celle du peuplede Dieu , boss. Hist. i, 7. Un tel mouvement n’a riende commun avec entendre, id. Conn. de Dieu , 4.ü ne veut rien avoir de commun avec elle, mass.Avent, Conc. L’amour a cela de commun avec lesscrupules qu’il s’aigrit par les réflexions, la bruy. iv.Qu’auraient donc de commun cette secte et maflamme? volt. Zaïre, ni, 4. || 3° Général, public.L’intérêt commun. L’opinion commune. Je n’ai pourennemis que ceux du bien commun, corn. Sertor.
m, 2. Je ne m’oppose point à la commune joie, id.Héracl. v, 8. Déférez quelque chose au sentimentcommun, rotrou, Antig. iv, 6. Asservi maintenantsous la commune loi, rac. Phèd. n, 2 . Eh! qui n’é-prouve hélas 1 dans la perte commune Les tristes sen-timents de sa propre infortune? volt. Orphel. i, l.Vos greniers [des fourmis] sont témoins que cha-cune de vous Tâche à contribuer au commun biende tous, la font. Captivité de St-Malc. || La languecommune, la langue qui se parle le plus générale-ment dans un pays. En Alsace, l’allemand est lalangue commune. || D’un commun accord, de con-cert, sans opposition aucune. || D’une communevoix, unanimement. Vous m’avez avoué mille foisQue Rome le louait d’une commune voix, rac. Brit.
n, 8. || La voix commune, l’opinion générale.|| Faire preuve par la commune renommée, c’est-à-dire par l’opinion publique, au moyen d’une en-quête. || 4° Ordinaire. Devenir d’un usage commun.X la mode commune. Il sait les bruits communs,les historiettes de la ville, la bruy. u. Après l’in-vective commune contre les honneurs, les richesseset le plaisir, le prédicateur.... id. xv. || La viecommune, les mœurs générales, les événementsordinaires de la vie. La vie commune ne sauraitêtre une vie chrétienne, mass. Carême, Élus. || Senscommun, faculté de juger raisonnablement deschoses, en tant qu’elle appartient à la plupart deshommes. Le simple sens commun nous tiendraitlieu de code, la font. Fabl . i, ai. || Les mots, lestermes communs de la langue, ceux qui sont usuelsentre tout le monde, par opposition aux termestechniques. || Style commun, style qui n’a rien de re-marquable ni d’élégant. || Vers commun, vers de dixsyllabes, ainsi nommé par opposition au grand versou vers alexandrin, qui est de douze syllabes, et au pe-tit vers, qui est de huit syllabes. || Le commun peu-ple , le vulgaire. C’est le commun peuple qui veutque ses maîtres soient les esclaves des évêques, volt.Mœurs, 48. Mais pour moi qui, caché sous une au-tre aventure, D’une âme plus commune ai prisquelque teinture, corn. Héracl. m, i. Personnen’a tiré d’une destinée plus qu’il n’a fait : l’extrêmeet le médiocre lui sont connus ; il a brillé, il a souf-fert, il a mené une vie commune, la bruy. ix.||Eipédier en forme commune, en style de la dateriede Rome , expédier sans grâce etsans remise; et, figu-rément, être expédié en forme commune, éprouverun sort fâcheux, une malencontre, perdre toutson argent au jeu, mourir entre les mains de mau-vais médecins, etc. || Délit commun, se disait d’undélit commis par un ecclésiastique et justiciable dujuge ecclésiastique, par opposition à cas privilégié.|| 5» Fréquent, abondant, qu’on trouve facilement.Les bons muscats sont communs en Languedoc.Rien n’est plus commun que ce nom [d’ami], Rienn’est plus rare que la chose, la font. Fabl . iv,17. Le changement, madame, est commun à lacour, rac. Brit. v, 3. L’exemple en est commun,id. Baj. u, l. Les grands talents sont rares; maisla science et la raison sont communes, volt. Lett.Gallitzin, 14 août 1767. || 6° Qui ne s’élève pas au-dessus du niveau ordinaire. Un livre et un sermon,si communs qu’ils soient, apportent bien plus defruit, pasc. Lett . à Mme Périer, 6 nov. 1648. On nedoit jamais refuser de lire ni d’ouïr les chosessaintes , si communes et si connues qu’elles soient,id. ib. Je ne murmure point qu’une amitié com-mune Se range du parti que flatte la fortune, rac.Brit. m, 7. Faites, faites paraître une âme moinscommune, mol. F. sav.v, 4. || 7° Privé de noblesse,de distinction. 11 a l’air commun, la figure com-mune. 11 n’y avait rien que de très-commun enlui, scarr. Jlom. corn. ch. 13. || 8° Terme de gram-maire. Nom commun ou substantif appellatif, celui
MOT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
qui convient à tous les individus de la même es-pèce; homme, cheval sont des noms communs.|| Nom commun ou épicène, nom qui change degenre, ou nom qui convient aux deux sexes: un belenfant ou une belle enfant; une perdrix, qui se ditégalement du mâle et de la femelle. || Adjectif com-mun, adjectif qui, comme fidèle, a la même termi-naison au masculin et au féminin. || Syllabe com-mune, syllabe qui, dans les langues où la quantitédes syllabes fait le vers, peut être longue ou brève.|| Terme de grammaire grecque. Verbes communs,verbes qui ont à la fois le sens actif et le sens passif,avec la terminaison passive. || Dialecte commun, paropposition aux dialectes locaux, la langue littérairecommune à tous les écrivains grecs après Alexandre.|| Terme de rhétorique. Lieux communs, sorte depoints principaux, auxquels les anciens rhéteurs rap-portaient toutes les preuves dont ils faisaient usagedans leurs discours ; et par extension et en mauvaisepart, idées usées, rebattues, pensées ou expressionsbanales, line dit que des lieux communs. || 9° Annéecommune, l’une portant l’autre, bon an, mal an. J’aivérifié qu’année commune il n’y naît [à Rome ] que3500 enfants, volt. Phil.m, 346. || S. f. Terme debourse. Faire une commune ou moyenne, se ditd’une personne, qui, après avoir acheté des valeursà un prix, les voit subitement baisser, sans que sonopinion sur la hausse ait changé; qui alors achèteen baisse la même quantité de valeurs qu’elle pos-sède déjà (ce qui diminue le prix de revient de latotalité) ; et qui, quand la hausse reprend, vendaussitôt que les cours ont atteint ce nouveau prix derevient sans attendre, au risque de ne pas le revoir,son prix d’achat primitif. || 10° S.m. Le commun, ceque deux ou plusieurs personnes mettent en société. Ilfaut prendre cette dépense sur le commun. || Vivresur le commun, vivre aux frais d’une société, sansrien faire; et aussi, vivre sur le tiers et le quart.|| En commun, loc. adv. De société, de concert.Vivre,travailler en commun. Us mettaient leurs biens encommun, boss. ii, Peut. a. || 11* Le plus grandnombre, la généralité. Le commun des lecteurs.Elle était plus grande que le commun des femmes,hamilt. Gramm. 6. Il passe le commun des amants,mol. Psg. iv, 2. Des devoirs et des soumissions Quipassent le commun des satisfactions, corn. Cid K n,t. Ils naissent instruits, et ils sont plus tôt deshommes parfaits que le commun des hommes nesort de l’enfance, la bruy. ii. || Cette chose est ducommun, elle n’a pas grand prix. Soyez plutôtmaçon si c’est votre talent, Ouvrier estimé dansun art nécessaire, Qu’écrivain du commun etpoète vulgaire, boil. Art p. iv. || 12° La roture,les basses classes. Un homme du commun, mol.Mis . ii, 6 . Ces hommes du commun tiennent malleurs promesses, corn. Nicom . iii, 7. Quand il enaurait eu [un sceptre, une couronne], ç’aurait ététout un : Le nez royal fut pris comme un nez du com-mun, la font. Fabl . xn, t2. Le patron ne croyaitmener que des gens du commun, sév. 498. Les gensdu commun ne trouvent pas de différence entre leshommes, pasc. P. div. 22. Ses proches eux-mêmes,plus accoutumés à le voir de près [Moïse ], le regar-daient presque comme un homme du commun,mass. Conf. Fuite du monde. Sentiments qui distin-guent les âmes royales d’avec les âmes du commun,fléch. Mont. || Terme de liturgie. Le commun desmartyrs, les martyrs pour lesquels l’Eglise prie enmasse; et fig. Il est du commundesmartyrs, c’est unhomme que rien ne distingue. || 13° Le commun chezles rois, chez les princes et les grands, nom collectifqui signifie les bas officiers. Il a mangé à la table ducommun. || Chez le roi, grand commun, les officesdestinées à la nourriture de la plupart des officiersde la maison du roi. Petit commun, certaines officesdétachées du grand commun pour la nourriture dequelques officiers privilégiés de la maison du roi.11 y avait les jésuites du grand commun et surtoutles jésuites des femmes de chambre, volt. Ingénu,|3. Il acheta une charge de médecin du grand com-mun à Versailles , condorcet, Malouin. || 14° Dansles grandes maisons, les communs, les bâtimentsaffectés aux cuisines, écuries, remises, etc. D’Au-bigné se mit à bâtir un vaste et superbe château,d’immenses basses-cours et des communs prodigieux,st-sim. 314, 103, || 15° Les communs se du dansquelques provinces pour les commodités. || Proverbes.Qui sert au commun ne sert à pas un, c’est-à-direpersonne n’a soin de ce qui n’est la propriété depersonne. On dit dans le même sens : il n'y a pasd’âne plus mal bâté que celui du commun. || En cemonde tous les biens sont communs, c’est-à-dire ilssont là, et il ne reste que les moyens de les avoir.
— rf.m. Une commune voix est la réunion de tousles suffrages prononcés unanimement; une voixcommune est une voix ordinaire, qui n’a rien deplus remarquable qu’une autre : Le parterre a pro-noncé d’une commune voix que ce chanteur n’avaitqu’une voix commune. Cependant, en certains cas,voix commune peut avoir aussi le sens d’opiniongénérale : Suivant ou selon la voix commune.
— HIST. ix* s. Pro Deo amur et nostro comun sal-vament, Serment . ||xi* s. E les choses qui sunt re-meses [restées] en la nef, seient départies en comun,Lois de Guill. 38. La bataille est merveilluse etcumune, Ch. de Bol. eu. || xm*s. Ensi furent desa-cointié li Franc et li Grieu, et ne furent mie s;comun corne il avoient esté devant, villkh. la. Jene voi orendroit nul home en nostre comun qui,avant moi, vous seüst conduire ne guerroier, id.xxxix. Et se il au comun de Venise pooit faire graerce qu’il i avoit trové, id. xiii. Entre aus [eux] deusdoit estre tout un, Solaz et joie de commun , Lai duConseil. Ce n’est mie chose commune, Comme lesoleil et la lune, Que dam Denier [l’argent], Chosesqui faillent en ménage. Air. s nous fit, biau filz,n’en doutés, Toutes por tous et tous por toutes,Chascune por chascun commune, Et chascun com-mun por chascune, la Ilose, 4 4091. Et l’autre partiepar le droit qui est communs à toz ès coustumes deFrance , beaum. 1 7. Toutes justices qui sont à plu-sors parchonniers [co-propriétaires] doivent estrefetes en liu commun as seigneurs, et doivent tenirlor jugemens en liu commun, la ù le [la] justiceest commune, id. xxii, II. Et porce que li com-muns peoples sacent comment il doivent estre puni s’ilmeffont.... id. xxx, i . Cil qui sont procureur por lecommun d’aucune vile en le [la] quele il n’a point decommune, doivent estre mis et establi de par le se-gneur, id. ib. 80 . Toz ciaus [ceux] et totes celles quisont dou comun dou murtri ou de la murtrie, seil est de comune, Ass. de J. 4 34. Dreit deit estrecomun et igual, et il ne le sereit mie en cest cas,seeinsi n’esteit, ib. 102 . ||xiv*s. L’en dit que chosesd’amis sont communes entre eulz, et est dit pource que amisté est en communication, oresme, Eth.245. || xv* s. Le commun peuple, froiss.u, ii, 4. Lecommun [les gens de la commune] avoit grand pitiédu chevalier qu’ils aimoient durement, id. i, i, ibo.Seigneurs, vous allez en grand péril, car il y amauvais commun [gens de la commune] en celleville, id. ii, ii, 67. Et aussi attendoient ils que tousles gens d’armes, les archers et les communes gensdes bonnes villes et des villages fussent passés outre.id. i, i, 29. Qui commun sert, nul ne l’en paye; ets’il mesprent, chacun l’abaye, gerson, Harangueau roi Charles VI , p. 17. Vous estes alez pluseursfoisVeoir Helot etEudeline, Et coucher aux femmescommunes [filles de joie], e. desch. Poésies mss.f° 616, dans lacurne. Jours communs [jours ouvra-bles], ib. f° 387. Et ont les Anglois ung mot com-mun que autreffois m’ont dit traictant avec eulx ; c’estqu'aux batailles qu’ils ont eues avec les François,tousjours ou le plus souvent ils ont eu le gain ; maisen tous traitez qu’ils ont eu à conduire avecques eux,ils y o»t eu perte et dommage, comm. m, 8. Il y es-tait contrainct [Édouard] tant par le duc de Bourgon-gne que par le commun d’Angleterre, id. :v, 6.|| xvi* s. Le droit de commander a esté commun auFils et au Saint Esprit aussi bien qu’au Pere, calv.Instit. 95. [Cela] appartientencommunà Jésus Christ et à tous ses membres, id. ib. 4 4 5. Seroit-ce que lahardiesse lui feust si commune que.... mont, i, 5.C’est un usage commun, id. i, 22 . Toutes les réglésnous conduisent d’un commun accord à.... id. i, 70.Le chargeant seul de leur faulte commune, id. i,97. Ailleurs les femmes sont communes sans péché,id. i, 4 4 4. Cette considération n’a rien de communavecques les offices de l’amitié, id. i, 218 . Ils lesrostissent et en mangent en commun, id. i, 239.Et sont les mariés communs en tous bien, loysel,
4 4 4 . Il estait commun [connu de tous] dès Piémontqu’on alloit à Perpignan , m. du bell. 64 3 . Despuisceste parole est demourée en usage entre les Grecs,comme un proverbe commun, amyot, Pélop. 20 .Qu’il possédoit luy seul les cueurs de tous les ci-toyens, qui dévoient estre communs, id. Agésil. 6 .Il n’est pas tousjours necessaire de multiplier tousles dénominateurs particuliers l’ung par l’aultre,pour trouver dénominateur commun, est. de laroche, Arismetique, 1 *12, verso.
— ÉTYM . Provenç. comun, como; catal. comu;espagn. comun; ital. commune; du latin commuais,anc. latin, comoinis, de eu m, et mœne ou moi-nus , r nunus, mur, devoir (voy. munir).
COMMUNAL, ALE (ko-mu-nal, na-1’), adj. || l*Qui
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