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est en compagnie, mol. Tari, v, 4. || On disaitautrefois, mais on ne dit plus: Il est compagnie,c’est-à-dire c’est une personne qu’on ne voit querarement et en cérémonie; il se croit compagnie,c’est-à-dire ce subalterne se familiarise trop. || Bonnecompagnie, société de gens distingués par leur édu-cation et leur politesse. Il m’a dit qu’il voyaitbonne compagnie, sév. 6(6. Vous voyez ce quec’est que de voir bonne compagnie, id. 37. Il voitque le nom de bonne compagnie n’est pas un vainnom, quoiqu’il soit souvent usurpé, volt. Prime,de Babyl. (0. Ces croquants-là vous disent plus desottises dans une brochure de deux pages, que lameilleure compagnie de Paris ne peut dire de chosesagréables et instructives dans un souper de quatreheures, id. VH. aux 40 écus, Souper. Nos petits-maîtres et nos petites-maîtresses s’y seraient ennuyéssans doute, ils prétendent être la bonne compagnie;mais ni M. André ni moi ns soupons jamais aveccette bonne compagnie-là, id. ib. J’ai souffert qu’elleait vu les belles compagnies, mol. Éc. des maris,i, 2 . La bonne compagnie chez vous ne déjeunepas, parce qu’elle a trop soupé, volt. Leur. Mme DuDeffant, 24 avril (769. || Être de bonne compagnie,être bonne compagnie, avoir de bonnes manières.Mon fils est de bonne compagnie, sév. 44. Que jefusse peuple à la guinguette et bonne compagnieau Palais-Royal , J. J. rouss. Ém. îv. || Etre de bonnecompagnie, être aimable, agréable. Elle est tou-jours de très-bonne compagnie, sév. 4 84 . |( En bonnecompagnie, avec des gens comme il faut. Et parextension, votre portrait est dans mon cabinet enbonne compagnie. || Mauvaise compagnie, gens demauvais ton ou de mauvaises mœurs. Il voit unemauvaise compagnie. Il est en mauvaise compagnie.|| Etre de mauvaise compagnie, être mauvaisecompagnie, avoir un mauvais ton. || Être de mau-vaise compagnie, être mauvaise compagnie, êtretriste, maussade. Voilà ce qui compose une femmed’assez mauvaise compagnie, sév. 262 . Nous nousvantons de ne nous point ennuyer; nous sommes siglorieux que nous ne voulons pas nous trouver demauvaise compagnie, la rochef. Réflexions, (4(.|| 3° Assemblée libre ou sous le patronage de l’Etatpour la culture des sciences et des lettres. L’Académiefrançaise est une compagnie. Il les a réunis [les gensde lettres] en une compagnie célèbre, la brut. Disc, àl’Ac. fr. Comment oser blâmer les sciences devantune des plus savantes compagnies de l’Europe ? j. J.rouss. Dise, sur les sciences et les arts. || Compagnie se dit aussi des maisons religieuses et des collèges.La compagnie de Jésus est la société des jésuites.La compagnie de Sorbonne. La compagnie de l’Ora-toire. Tout notre eorps est responsable des livres dechacun de nos pères (jésuites ); cela est particulierà notre compagnie, pasu. Prov. 9. || Se dit égale-ment de l’ordre des avocats, des anciennes corpo-rations et de celles des officiers ministériels. || An-ciennement, corps établi par autorité du roi pourrendre la justice. Les parlements, les chambres descomptesétaient des compagnies souveraines ou supé-rieures. J’entends dire de quelques particuliers oude quelques compagnies : tel et tel corps se contes-tent l’un à l’autre la préséance, la bruy. xiv.|| 4" Terme de commerce. Réunion de capitalistes,de négociants. || Société industrielle formée d’ac-tionnaires. Les compagnies des chemins de fer.Compagnies d’assurances. Les grandes compagniesindustrielles. || Un tel et compagnie (par abrévia-tion C’*), formule de raison commerciale pourun tel et ses associés. || Compagnie des Indes,association établie par Colbert pour le commercede l’Inde , avec privilège exclusif. La compagniedes Indes, fondée avec des peines extrêmes par legrand Colbert , fut pendant quelques années unedes plus grandes ressources du royaume, volt.Louis IIV, 39. Lalli fut persécuté par plusieursmembres de la compagnie des Indes et sacrifié parle parlement, volt. Lett. Tolendal, 28 avril (773.|| Bâtiments de compagnie, bâtiments armés parune compagnie considérable et privilégiée de né-gociants. || En Angleterre, la compagnie des Indes,société commerciale qui, ayant le privilège du com-meree de l’Inde , a fini par faire la conquête de cepays et par en expulser la compagnie française .Compagnie des grandes Indes, réunion de toutesles associations commerciales qui s’étai8nt forméesen Hollande à la fin du xw siècle et au commen-cement du xvii*. || Terme d’arithmétique. Règle decompagnie, règle de trois composée qui sert àtrouver quelle part peut avoir à la perte ou au gainchacun des marchands à proportion des fonds qu’il* mis, || B” Terme da guerre, Trou»* de gens rte
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guerre. || Corps de troupes ou division de corps detroupes commandée par un capitaine. Compagnie degrenadiers. Compagnie de dragons. || Charge de ca-pitaine. Il a eu permission du roi de vendre sa com-pagnie. Autrefois en France on avait le droit, commeon l'a encore en Angleterre, de se démettre, pourune somme d’argent, du droit de commander unecompagnie. || Compagnie franche, troupe irrégu-lière qui ne fait pas partie des cadres de l’armée.|| Compagnies d’ordonnances, c’étaient des com-pagnies franches de gendarmes, de chevau-légersdu roi, de la reine, du Dauphin et de Monsieur;ces compagnies n’entraient jamais en corps derégiments. || Compagnies d’ordonnance, compa-gnies de gens d’armes organisées sous Charles VII .|| Les grandes compagnies, troupes d’aventuriersqui s’étaient formées pendant les longues guerresentre l’Angleterre et la France au xiv siècle,et qui ravagèrent ce dernier pays. || Compagniede Jehu ou de Jésus ou du Soleil, associationsroyalistes qui se formèrent dans le midi de laFrance après la chute de Robespierre et qui égor-gèrent pendant plus d’un an les adhérents du particontraire. || 6° Terme de chasse. Une compagnie deperdrix, une troupe de perdrix. || Bêtes de compa-gnie, marcassins, jeunes sangliers qui vont encore entroupes. Ce sanglier a quitté les compagnies, il com-mence à aller seul. || Fig. Il est bâte de compagnie,se dit d’un homme qui aime la société et qui selaisse facilement mener où l’on veut. || Terme defauconnerie. On dit qu’un oiseau est de bonne com-pagnie quand il n’est pas sujet à s’enfuir. || 7° Unioncharnelle de l’homme et de la femme. Vieilli en cesens. Tu feras Que de ta fille il ait la compagnie,la font. Herm. || Proverbes. Par compagnie on sefait pendre, c’est-à-dire on fait , en faveur de la com-pagnie à laquelle on appartient, des choses con-damnables. || Il n’est si bonne compagnie qui ne sesépare. || Il vaut mieux être seul qu’en mauvaisecompagnie.
— syn. 1* compagnie, SOCIÉTÉ , dans le sens d’asso-ciation. Les sociétés savantes, les compagnies sa-vantes; la société des jésuites, la compagnie desjésuites : entre ces locutions, il n’est pas possible,dans l’usage, d’apercevoir aucune nuance réelle;sinon que quand il s’agit des membres rassembléson dit plutôt compagnie que société : il lut son mé-moiredevantla compagnie. || 2° bonne société,bonnecompagnie. La bonne société c’est la société compo-sée des personnes qui occupent un haut rang dansune ville, dans le monde. À ce sens, bonne compa-gnie ajoute une idée d’élégance, idée qui n’est pasnécessairement comprise dans bonne société.
— HIST. xi* s. Vingt mille Francs [ils] ont en lurcumpaignie, Ch. de Roi. xliii. || xii“ s. Irai sansoonpegnie, Ro ne. p. (6. Tout primerains devant saconpagnie, ib. p. 68. En sa compeigne maint nobilevassal, ib. p. 78. Beau sire Diex, grief m’est àconsirer [me séparer] Du grant soûlas et de lacon-paignie [de mon amante], Couci, xxn. Il a en sacompaigne Escortant de Lutise, Sax. xxm. Car bienpert [est évident] que cil a del mesfait compaignie,Ki ne volt contre-ester à l’aperte folie, Th. le mart.72. L’arcevesques i vint Thomas od sa partie, E lireis Loewis od mult grant baronie, E li reis d’En-gleterre od riche compaignie.... ib. (ts. E à unjur avint que Helchana fist sacrefise, e, sulunc lalei, à sei retint partie, partie dunad à sa cumpai-gnie, Rois, 2. Pur quei ne portes cumpaignie àtunami David, e ne vas od lui? ib. (80. || xm* s.Lors seroie joians et envoisiés Et à plusieurs de bonecompaignie, jean be brienne, Romancero, p. (42. Ilet elle [Thibaut et la reine Blanche] lez à lez La [laFrance ] tiennent de compaignie, hues de la fer-té, ib. p. (89. Il est einsi que nous, pour la plushaute chose qui soit, somes à compaignie à laplus haute gent du monde, villeh. xxxix. Nous mé-trons cinquante galies armées en vostre conduit,par tel convenant que, tant comme nostre compai-gnie pourra ensemble durer.... id. xiv. Et sont ensa compaigne plus de mille et sept cent , Berte, ix.C’est hideus temps à dame qui compaignie n’a, ib.xxv. Chascuns lui porte honeur, douceur et com-paignie, ib. lx. Com je vous ai porté mauvaise com-paignie ! ib. xc. Parmi le bois [il] s’en va tout seulsans compaignie, ib. cix. Et li livrèrent çou quemestiers li fu, deniers, reubes et chevaus et armeu-res et chevaliers de son linage, pour compaignie te-nir et pour l’onneur de lui, Chron. de Rains, 85.Par ci trespasse une compaingne, Qui vient parmiceste champaingne, Ren. 2466. Se cil qui tant ierttes amis; En bien amer a son cuer mis, Lors vau-dra mieux «n compagnie; la Rose ; *7*4. [U) Fait à
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son mestre compaignie, ib. 8363. Douaires estaquis à la feme si tost comme loiax mariage et com-paignie carnele est fete entre li et son mati, beaum.xm, 25. Quant uns hons a compaignie à une femehors de mariage, id. xviii, 2 . Et ces compaigniesde quoi noz volons parler, c’est des compaigniesqui sont teles que par la compaignie li avoir vienentà partie [partage], quant la compaignie faut, id.xxi, (. Que nulz n’eustcompaingnie à autrui femmane à autrui fille, se il ne vouloit perdre le poing oula vie, joinv. 263. Quant aucunz riches homes inan-goient avec li, il leur estoit de bone compaingnie,ib. 290. Compagnie de un, compagnie de nul; com-pagnie de deux, compagnie de Dieu ; compagnie detrois, compagnie de rois; compagnie de quatre, com-pagnie de diable, leroux de lincy, Proverb . t. il,p. 27a. [Esperverie] est ung deduict trop plaisant,tant pour ce qu’on vole souvent, comme pour lesbeaux vols que ung esprevier fait, et aussi pour lacompaignie avec qui on est, Modus, f“ xcv, verso.
|| xv* s. Les aucuns des seigneurs et des chevaliersd’Angleterre demeurèrent à Anviers pour lui fairecompagnie [au roi], froiss. i, i, 7(. Monseigneur,si vous nous voulez faire bonne compagnie à mescompagnons et à moi, je vous rendrai le chastel,id. ii, ni, 8. Si comme ils ordonnèrent, ils firent;et s’en vinrent plus de trois cents d’une compagnie[les habitants d’Ypre venant implorer la clémencedu comte de Flandre ], id. ii, ii, 89. Si je vous prieque vous y veuilliez regarder et entendre [à proté-ger une garnison qui a capitulé], et nous faitescompagnie d’armes, id. i, i, 242. Sans point souf-frir soing ou merencolie, Aucunement me tenircompaignie, ch. d’orl. (°. Banny de bonne com-paignie, id. Bal. 94. Allez, allez, soucy, soin etmerencolie; Si jamais plus vous revenez Avesquesvostre compaignie, Je prie à Dieu qu’il vous maudieEt le jour que vous reviendrez, in. Rondel. Quandvous estes seule sans compaignie, id. ib. ( 2 .Honoré Collin n’estoit point bien assuré qu’on ne leurjouast à la fausse compagnie, monstrel. liv. il, ch.(92. Pour lui faire compaignée, se fistescripreetsemit en la prison avec lui, Bouciq. part, i, chap. (6.Et le lendemain le mareschal se partit à tout sa com-paignée, ib. part, i, ch. 30. Des gens d’armes il n’yavoit que le dit Joachin et sa compaignie, comm. i , 2 .Quant toute ceste compaignie fut passée que Ton esti-moit centmille chevaulx,in.i, 6.)| xvi’s.Toute com-pagnie d’hommeetde femme hors mariage est mau-dite devant Dieu , calv. Instit 303. Le mari et lafemme fidele font bien, si pour quelque temps ilss’abstiennent de la compagnie du lict pour vaquerplus librement à jusne et oraison, id. ib. 997. Vousm’avez laissée en une compaignie tant aisée à vivreque je n’ay encores oui une seule parole que uneseur ne deust dire àl’aultre, marg. L. xcviii. En lacompaignie d’un chien, mont, i, 37. Vivre en bonnecompaignie, id. i, 62 . Ces compaignies-là [les par-lements] sont plus fournies de science que de con-science, id. i, (48. Je pleurerais ayséement parcompagnie, id. ii, (27. Il estoit seul de sa compa-gnie, et avoit la contenance d’un nouveau venu,desfer. Contes, L. Je ne suis point dolent d’estreprivé et séparé de ta compagnie, car je me rendraytantostpar devers toy, amyot, Anton. 99. Il se levaune grosse compagnie de corbeaux, qui avec grandscris prindrentleur vol vers le bateau, id. Cicéron , 69.Quoy qu’il fust gay et récréatif en compagnie, id.Démitr. 3. Et prioit Alexandre de luy pardonner cequ’il ne luy pouvoit faire plu9 longue compagnie,ains estoit contraint de se partir d’avec lui, id. ib. 49.Varius, l’un de ses familiers qui luy tenoit compa-gnie à boire, id. Anton. 22 . Les cohortes præto-riennes, qui sont les compagnies coulonnelles, id.ib. 48. Petite compagnie, vie alegre et lie, lerouxde lincy, Prov. t. ii, p. 371. Un matin qu’elle avoitcompagnie françoise [son galant], bouchet, Serées,liv. il, p. (24, dans lacurne.
— ÉTYM . Génev. companie; provenç. companha ,.companhia, eompagnia; cotai, companyia; espagn.compania; portug . companha; ital. compagnia;voy. compagnon. L’ancien français a deux formes :compagne et compagnie; Tune vient du bas-latineompânia, avec l’accent sur po, et l’autre de com-panita , avec l’accent sur ni.
COMPAGNON (kon-pa-gnon), s. m. || 1" Celui quiaccompagne une autre personne, qui est associé àelle. Mais de qui savez-vous un désastre si grand?— Des compagnons d’Araspe et d'Araspe mourant,corn. Nicom. v, 3. Gouvernez, si vous pouvez, toutseul les affaires, administrez la justice sans com-pagnons, balz. liv. iv, lett. (8 .Oui, mon fils,
< 9 ’mt von» sur qui je me repose, Vous seul qu’aux