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misérable estât de la chose publique romaine, mont,ii, 36. J’ay avecques despit veu des maris haïr leursfemmes, de ce seulement qu’ils leur font tort; aumoins ne les faut il pas moins aimer, de nostrefaulte; par repentance et compassion au moins, ellesnous en debvoient estre plus cheres, in. iii, 32t.
— ÉTYM . Provenç. compassio; espagn. compa-sion; ital. compassions; de compassionem, deeum,avec, et passio, souffrance, passion; proprementsouffrance avec, douleur communiquée, douleurqu’onpartage.
f COMPASSIONNER (SE) (kon-pa-sio-né), t>. ré/l.Avoir compassion.
— REM. Ce mot est formé comme affectionnerl’est d’affection, et n’a contre lui que d’être peu usité.
— HIST. xv* s. Devant la trinité estoit la passion,c’est à sçavoir comment nostre seigneur fut prins,battu, mis en croix, et Judas qui s’estoit pendu;et ne parloient riens ceux qui ce faisoient, mais lemonstrerent par jeu de mystères, et furent les ma-niérés bonnes et bien jouées et vivement compas-sionnées et moult piteuses , monstrelet , t. h,p. 1 47, dans lacurne. || xvi* s. Je me compassionnefort des affections d’aultruy, mont, ii, t27. Il sem-ble que l’université des choses soit compassionnéeà nostre estât, id. ii, 380. Quant à moi, n’estantmoins compassionné de ceste mort, l’Amant ressus-cité, p. 638, dans lacurne.
f COMPATERNITÉ (kon-pa-tèr-ni-té), s.f. Alliancespirituelle qui se contracte entre le parrain et lamarraine; entre ceui-ci et le père et la mère del’enfant.
COMPATIBILITÉ (kon-pa-ti-bi-li-té), s. f. Qualité
des personnes ou choses qui peuvent demeurer etsubsister ensemble. Ils n’ont entre eux aucunecompatibilité d’humeurs. Compatibilité de fonctions.|| Anciennement, lettres de compatibilité, lettrespar lesquelles le prince permettait de posséder enmême temps deux charges qui ne pouvaient êtreexercées par une même personne.
— ÉTYM . Compatible; espagn. compatibilidad;ital. compatibilità.
COMPATIBLE (kon-pa-ti-bl’), adj. Qui peut com-patir, s’accorder avec un autre (personne ou chose).Ces deux fonctions sont compatibles. Ces deux hom-mes ne sont pas compatibles. Ne vous figurez pointqu’une telle moitié Soit jamais compatible avec no-tre amitié, corn. Sophon. iv, 3. Ah I que n’est monbonheur plus compatible au vôtre? id. Attila, i, 3.La Bretagne et la Provence ne sont pas compatibles[je ne puis faire à la fois ce que j’ai à faire dans cesdeux pays], sév. 67. De ces péchés enfin compa-tibles avec la probité, mass. Car. Frospér. tempor.La géométrie, genre de travail qui était le plus com-patible avec la vie active et agitée qu’il était obligéde mener, condorcet, d’Arci.
— REM. Absolument, compatible ne se dit qu’aupluriel, ou, au singulier, avec quelque mot qui aitun sens collectif : Leurs humeurs ne sont pas com-patibles. L’eau ici, le feu là, cela n’est pas compa-tible.
— BIST, xvi* s.Pour tousjours les accoustumer
de se rendre plus compatibles [sociables] les unsavec les autres, lanoue, 300. Ce sont fins diffe-rentes et pourtant compatibles, mont, iii, 324.
— ÉTYM . Compatir; espagn. compatible ; ital.eompatibile.
COMPATIR (kon-pa-tir), t). n. || 1° Être touché,attendri des maux d’autrui. Bien qu’à ses déplaisirsmon Sme compatisse, corn. Cid, ii, 8. Mon Dieu ,de quelle humeur, Donne, tu te rends 1 Tu ne com-patis point au déplaisir des gens, mol. Tari, ii, 3.Vous étiez né dur et hautain.... mais enfin vous êtesdevenu homme, et vous commencez, par l’expé-rience de vos maux, à compatir aux maux des au-tres, fén. Tél. xxiii. On sait compatir aux peinesd’autrui, id. ib. xxi. J’entre dans vos peines et j’ycompatis, boss. Lett. Corn. 4 24. Je sens qu’à sadouleur je pourrais compatir, rac. Bérén. ni, 4.Qui ne sait compatir aux maux qu’on a soufferts?volt. Zaïre , ii, 2 . ||2“ Avoir une tolérance chari-table. Compatir à la faiblesse humaine. Il [Dieu ]compatit d’en haut à l’erreur qui le prie; A défautdes clartés, il nous compte un désir, lamart. llarm.I, 6. || 3° S’accorder, vivre avec. Vous dites tous lesjours qu’une autre [personne] enfin est toute pétried’humeur et de caprice, et que dans l’enceinte desa maison personne ne peut compatir avec elle,mass. Car. Injust. du monde. Vous vous plaignezque votre frère vous déplaît et qu’il n’est pas euvous de le supporter et de compatir avec lui, id.
Car. Pardon des offenses. Ceux qui font sonner leplus haut les défauts de leurs frères, sont ceuxmêmes avec qui personne ne peut compatir, id. ib.Tous ensemble [la ligue des Lorrains] aspiraient àgouverner un prince qui, n’étant que dauphin, lesfaisait tous compatir dans la vue de se soutenir,st-sim. 270, 447. || En parlant des choses, se con-cilier, être compatible. J’ai expliqué comment celapeut compatir avec la bonté de Dieu , desc. Rép. ii.Cette vertu impitoyable ne peut compatir avec votregénérosité, voit. Lett. 22 . Une étroite amitié l’unà l’autre nous joint; Mais enfin nos désirs ne com-patissent point, corn. Attila, i, 3. L’engagementne compatit point avec mon humeur, mol. D. Juan,m, 6. Une paii qui ne peut compatir avec le péché,bourd. A vent, Sur la pénit. 206. La pénitence necompatit pas avec des péchés, boss. Var . 4. On enprend tout ce qui peut compatir avec le sérieux deson état, mass. Aient, Délai. Le respect est de glaceet l’amour est de flamme, Ils ne sauraient tous deuxcompatir dans une âme, chaul. d madame D. L.Madrigal 2 .
— hist. xvi" s. Celui qui demeure longtemps sansse ranger à une telle association, est estimé sem-blable à un cheval hargneux, qui ne peut compatiravec les autres, lanoue, 297 . Cette inhumanité nepeut compatir avec les autres courtoisies de ceprince, d’aub. Hist. I, 170. Je ne me saurois com-patir avec ses humeurs, carl. i, 35. Ces deux grandsseigneurs qui ne se pouvoient compatir, jouoient àboute-hors, id. ib. n, 9. Us ne sauraient jamais biencompatir ensemble, brant. Cap. fr. t. iii, p. 364 ,dans LACURNE.
— ÉTYM . Provenç. compatir; ital. compatire ; dubas-latin compatire, dit pour compati, de cum,avec, et pati, pâtir ( voy. pAtir). L’espagnol ditcompadecer, de compatiscere.
COMPATISSANT, ANTE ( kon-pa-ti-san, san-t’),adj. || 1° Qui est touché des maui d’autrui. Cette âmebienfaisante Que l’approche des dieux rend si com-patissante, volt. Catil. 1 , 2 . || 1° Que la compassioninspire, en parlant des choses. Regards compatis-sants. Pour aimer à donner des soins compatissants,volt. Fanat. iii, 8.
COMPATRIOTE (kon-pa-tri-o-f) ,s. m. et f. Il se ditde personnes qui ont une patrie commune. C’est ainsià peu près qu’un Italien, un Français et un Alle-mand passeraient à la Chine pour compatriotes,fonten. Lahire. Il faut bien quelquefois se battrecontre ses voisins, mais il ne faut pas brûler sescompatriotes pour des arguments, volt. Lett. Gal-litxin, 4 9 juin 4 773.
— HIST. xvi* s. Que mes freres et compatriotesfacent leur profit de la bonne affection que je leurporte, Légende du Cardin, de Cuise, Préf. Noustrouverons que, s’il est quelques animaulx moinsfavorisez en cela [la beauté] que nous, il y en ad’aultres qui le sont plus, voire des terrestres noscompatriotes, mont, ii, 20 t. Retrouvent-ils un com-patriote en Hongrie , ils festoyent ceste adventure,id. IV, 4 23.
— ÉTYM . Lat. compatriota, de cum, avec, et partria, patrie.
f COMPATRIOTISME (kon-pa-tri-o-ti-sm’), s. m.Néologisme. Relation de compatriote.
f COMPELLATIF, IVE (kon-pèl-la-tif, ti-v’), adj.Terme de grammaire. Qui indique qu’on adresse laparole à quelqu’un. Particule compeilative. || Parquoi on adresse la parole. Phrase, proposition com-pellative.
— ÉTYM . Latin compellare, apostropher, de cum,et l’inusité pellare; mot fait comme ap-pellare,appeler.
f COMPENDIEUSEMENT (kon-pan-di-eû-ze-man),adv. En abrégeant.
— REM. C’est une faute ridicule d’employer un motqui signifie en abrégeant, pour dire avec détail, sansrien omettre, tout au long. Iln’est passûrque Racinen’ait pas voulu la faire faire à son faui avocat dansces vers : Je vais, sans rien omettre et sans préva-riquer, Compendieusement énoncer, expliquer, Ex-poser à vos yeux l’idée universelle De ma cause etdes faits renfermés dans icelle, rac. Plaid, ni, 3.« Au reste, dit M. Géruzez, dans une remarque sur1 ce vers, compendieusement exprime si bien le con-traire de ce qu’il signifie, que bien des gens y sontpris et lui donnent le sens de longuement. »
— ÉTYM . Compendieuse , et le suffixe ment.
f COMPENIIIEUX, EUSE (kon-pan-di-eû, eû-z’),adj. Qui est abrégé. || Vieilli.
— hist. xv* s. Jhesu Crist parla par figures, cai
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ycelle maniéré est plus compendieuse, christ, depisan, Hist. de Charles V , iii, 68.
— ÉTYM . Latin compendiosus, abrégé, accourci,de compendium (voy. ce mot).
COMPENDIUM (kon-pin-di-om’), s. m. Abrégé.Un compendium de philosophie, de médecine.
— ÉTYM . Lat. compendium, économie, et, parmétaphore, abrégement, de cum, et pendere, dé-penser : resserrer la dépense (voy. pension).
f COMPENSABLE (kon-pan-sa-bl’), adj. Qui peutêtre compensé.
— hist. xvi* s. Compensable, oudin, Dict.
f COMPENSANT, ANTE (kon-pan-san, san-t’),adj. Qui est propre à compenser.
f COMPENSATEUR , TRICE (kon-pan-sa-teur,tri-s’), adj. || 1" Qui donne une compensation. || Sub-stantivement. Invoquons sans cesse le contrôle uni-versel; c’est l’unique surveillant, le seul et puissantcompensateur de toute constitutiou vicieuse, miiu-beau ,.Collection, 1. 1 , p. 340. || 2“ Terme de physique.Pendule compensateur, pendule disposé de ma-nière à demeurer toujours semblable à lui-même mal-gré les variations thermométriques. || Substantive-ment. Méoanisme destiné à produire un tel effet.Pendule muni d’un compensateur. || Compensateurmagnétique, appareil qui fait connaître les dévia-tions que cause à la boussole l’action du fer employédans le vaisseau.
COMPENSATION (kon-pan-sa-sion : en poésie, decinq syllabes), s. f. || i° Action de compenser. || Hor-loge , montre de compensation, horloge, montremunie d’un appareil compensateur. || Terme de ma-rine. Table de compensation, table numérique des-tinée à suppléer au compensateur magnétique.|| Terme de palais. Compensation de dépens, se ditquand chacune des parties supporte les dépens qu’ellea faits, sans que l’une puisse rien demander àl’autre.H 2° Dédommagement proportionné aux avan-ces faites, à la peine prise, au mal souffert. Celafait compensation. Il y a compensation. Cela doitentrer en compensation. || Système des compensa-tions , système de philosophie, qui prétend qu’aufond toutes les conditions se compensent. On se de-mande si, en comparant ensemble les différentesconditions des hommes, leurs peines, leurs avan-tages, on n’y remarquerait pas un mélange ou uneespèce de compensation de bien et de mal, qui éta-blirait entre elles l’égalité, ou qui ferait du moinsque l’une ne serait guère plus désirable que l’autre,la bruy. ix. || 3° Libération réciproque entre deuxpersonnes débitrices Tune de l’autre, de manièreque Tune retient ce qu’elle doit en payement de cequi lui est dû. || Terme de bourse. Substitutiond’une personne à une autre, dans un marché àterme. Ainsi, Pierre est acheteur chez Paul et ven-deur chez Jean de la même quantité d’une mêmevaleur, mais à des prix qui peuvent être différents ;il substitue Jean chez Paul à son nom et évite ainside prendre inutilement livraison.
— HIST. xvi*s. Compensation n’a lieu, si la dettequ’on veut compenser n’est liquide et par escrit,LOYSEL , 706.
— ÉTYM . Provenç. compensacio ; espagn. com-pensacion; ital. compensazione ; du latin cofnpcn-sationem, de compensare, compenser.
f COMPENSATOIRE (kon-pan-sa-toi-r’), adj. Quiétablit une compensation.
COMPENSÉ, ÉK (kon-pan-sé, sée), part, passé.Les maux compensés par les biens. || Ternie de pa-lais. Dépens compensés.
COMPENSER (kon-pan-sé), v. a. || 1° Terme dedroit. Déclarer équivalente la valeur de deux choses.Compenser une dette. || Compenser les dépens, or-donner par jugement que chaque partie resterachargée des frais qu’elle a faits. || 2“ Par extension,venir en dédommagement de quelque préjudice, d’undésavantage. Hector compense seul tous mes des-tins contraires, luce de lancival, Hector, v, (.Compensant les satisfactions avec les injures, flecii.M. de Mont. || 3° Se compenser, v. réfl. Être com-pensé. Des erreurs qui se compensent et qui n’affeo-tent pas le résultat.
— HIST. xvi* s. Les fautes sont compensées parœuvres de supererogatiori,CALV. lnstit.ct 'S. La rémis-sion gratuite ne peut estre compensée d’aucuns biensprocedans de nous, id. ib. 830. Polycrates , pourinterrompre le cours de son continuel bonheur, etle compenser, mont, ii, 259. Cette douleur estoitcompensée par le plaisir que.... id. m, 4 2.
DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
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