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Tome premier. A - C.
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concherge de la halle , Registre municipal , dansjaubert, Glossaire .

— ÉTYM . Picard, eonchierge; espagn. conserge ,bas-lat. consergius, dans un texte de l’an noe. Mé-nage le tire de conservare; mais conservare n’a ja-mais pu donner consergius. Labbe propose le mothybride con-skarjo, skarjo signifiant en allemand sbirre, sergent; mais la forme du mot et aussi lesens s’y opposent. Diez, qui écarte ces deux étymo-logies,' n’en propose aucune. La présence de la formeconsergius, dans un texte aussi ancien que l’an -H06,ne permet guère d’y voir autre chose que le repré-sentant roman d’un bas-latin conservius, dérivé decum et servire ; servius donnant serge ou sierge,comme servions donne sergent. De sorte que con-cierge ne signifierait que serviteur, terme généraldéterminé ensuite par l’usage à un sens particulier.

CONCIERGERIE (kon-sièr-je-rie), î. f .|| 1° Chargede concierge dans une grande maison || Le logementdu concierge. La conciergerie du château. || Autrefois,étendue de la juridiction du concierge du palais duroi. || 2° Prison attenante au palais de justice à Paris .

— BIST, xiv* s. Donné à la conciergerie du boisdeVincennes, Ordonnances des rois , t. vu, p. 675.|| xv* s. Et sur ce avons premier fait voir les traitéset points, et diligemment visiter et à grand et muredeliberation tant de ceux de notre sang et grandconseil, si comme prélats, barons, comme de ceuxde notre conciergerie et de notre très amée fille l’u-niversité de Paris , monstrel. liv.i, ch. 116. || xvi* s.Un prisonnier de qualité estant en nos concierge-ries, MONT. U, 32.

— ÉTYM . Concierge.

CONCILE (kon-si-1’), s. m. || 1* Assemblée d’évê-ques et de docteurs pour statuer sur des questionsde doctrine, de discipline. Les apôtres tiennent leconcile de Jérusalem, boss. Ilist. i, 10 . Telle fut ladécision du concile de Latran , le plus grand et leplus nombreux qui ait jamais été tenu, dont l’auto-rité est si grande que la postérité l’a appelé parexcellence le concile général, boss. Variât, xv,§ 136. || Concile oecuménique ou général, assembléequi représente toute l’Eglise du monde catholique.Concile national, concile composé des évêques d’unenation. Concile provincial, concile tenu par les évê-ques d’une province ecclésiastique ; l’archevêquepréside. Concile diocésain, assemblée des bénéficiersd’un diocèse ; on le nomme ordinairement synode.|j 2" Actes et décisions des conciles. On a fait plu-sieurs éditions des conciles.

— hist. xii* s. Par le conseil Tyebaut a fait li roisescrire,Lesletreset les Chartres fist seeller en cire,Les barons fist venir de trestout son empire ; à Me-leun en France tint li rois son concire [assemblée],Roman de Rou, ms. p. 423, dans lacurne. Pru-veires e diacnes, plusurs en i ot pris, Larruns,murdreiseilrs en la rei prisun mis; Qu’areté multsuvent erent par le pais, As cunciles [tribunaux]mené là ù lur ert asis, Th. le mart. 26 . Quand ot[apprend] li reis Henris de la pape conter Qu’il fe-seit par ses briefs les evesques mander, A Claren-dune ad fait sun cuncilie [conseil] asembler, Th. leHart. 66. || xni* s. Et fit assembler un concile gene-ral de tous les ordenes desous la loi de Rome , Chr.de Rains, 88. || xvi* s. Les rois ont de tout temps as-semblé ou fait assembler synodes ou conciles pro-vinciaux et nationaux, p. pituou, to. Les concilesgeneraux ne se doivent assembler ny tenir sans lepape, toutesfois il n’est estimé estre par dessus leconcile universel, id. 40.

— ÉTYM . Provenç. concili; espagn. et ital. conci-lia; du latin concilium, assemblée, de même ra-dical que conciliare (voy. concilier).

CONCILIABLE (kon-si-li-a-bl’), adj. Qui se con-cilie avec une autre chose, qui ne l’exclut pas. Cesconditions sont conciliables l’une avec l’autre.

— ÉTYM . Concilier.

CONCILIABULE (kon-si-li-a-bu-1’), s. m. || 1* As-semblée de prélats schismatiques ou convoqués irré-gulièrement. Ce n’était pas un concile, c’était unconciliabule. || 2* Conférence secrète et où présidentd’ordinaire des sentiments de malveillance ou d’hos-tilité. Ce conciliabule où la mort de Jésus fut con-clue, bourdal. Carême, ni, Communion pose. 223.Les conciliabules qui se tiennent chez les femmesde chambre, j. j. rouss. Hél. vi. f j.

— ÉTYM . Le latin eonciliabulum . de conciliare(voy. concilier) .

t CONCILIAIRE (kon-si-li-ê-r’), adj. Qui appar-tient au concile.

— ÉTYM . Concile.

■f CONClLlAIREiyiKNT (kon-si-li-ê-re-man), adv.En concile.

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— ÉTYM. Conciliaire, et le suffixe ment.

CONCILIANT, ANTE (kon-si-li-an, an-t’), adj.Qui est propre à concilier. Homme, esprit, carac-tère conciliant. Paroles conciliantes.

CONCILIATEUR, TRICE (kon-si-li-a-teur, tri-s’).|| 1°S. m. et f. Celui, celle qui s’emploie pour concilierun différend. Le conciliateur crut qu’il viendrait àbout De guérir cette folle et détestable envie [de plai-der], la pont. Fab. xii, 28. || 2” Adj. Un esprit con-ciliateur. Eloquence persuasive et conciliatrice. Sonesprit était naturellement conciliateur et son âmesemblait s’approcher de toutes les autres, montesq.Arsace et Isménie. Leibnitz , génie vaste et concilia-teur, voulut que ses ouvrages devinssent comme uncentre où se réuniraient toutes les connaissances hu-maines, türgot, Ébauche du 2* dise, progrès del’esprit humain, p. 280. || Terme de droit. Le jugeconciliateur.

— BIST, xvi* s. La civilité est conciliatrice des pre-miers abords delà société et familiarité, mont, i, 62.

— ÉTYM . Le latin conciliator, de conciliare, con-cilier.

CONCILIATION (kon-si-li-a-sion ; en poésie,de sixsyllabes), s. f. || I* Action de concilier. Apporterdans les affaires un esprit de conciliation. Les voiesde conciliation sont encore ouvertes. || 2* Terme dedroit. Conciliation préalable, préliminaire, tentativede conciliation, comparution des parties, avantl’instance, devant un juge, spécialement le juge depaix, qui cherche à les concilier. Procès-verbal denon-conciliation. || 3° Action de faire concorderensemble des textes qui semblent en opposition. Laconciliation de ces deux articles n’est pas possible.

— ÉTYM . Le latin concüiatio, de conciliare, con-cilier.

f C0NCILIAT01RE (kon-si-li-a-toi-r’), adj. Qui apour but de concilier. Conférences couciliatoires.Moyen conciliatoire. Procédure conciliatoire.

— ÉTYM . Concilier.

CONCILIÉ, ÉE (kon-si-li-é, ée), part, passé.|| 1“ Apaisé. Les esprits conciliés par de sages me-sures. || 2° Mis d’accord. Ces lois conciliées par unehabile interprétation.

CONCILIER (kon-si-li-é), t). a. || 1* Faire disparaî-tre les causes des différends. Ahl laissez-moi l’hon-neur de vous concilier, volt. Cûtil. ni, 4 . Un in-térêt si cher nous doit concilier, id. Triumv. n, 2 .Terminer tous les différends d’une manière qui con-ciliait les intérêts les plus opposés, boss. Duchessed’Orl . Son caractère particulier était de concilier lesintérêts opposés, et, en s’élevant au-dessus, de trou-ver le secret endroit et comme le nœud par où onpeut les réunir, id. Anne de Gom. En 1657, il se fità Worms, par l’ordre de Charles V , une nou-velle assemblée pour concilier les religions, boss.Fartai, vin, § 34. || 2* Accorder des choses quisemblent contraires. Concilier deux textes de lois.Il peut concilier son honneur et sa flamme, rotrou,SI Gen. i, I. La difficulté de concilier l’histoireprofane avec l’histoire sainte, boss. Ilist. i, 7. Celasuffit pour concilier ce saint docteur avec lui-mêmeid. Rép. Oserai-je dire que lui seul concilie les cho-ses contraires et admet les incompatibles? la bruy. iv.|| 3* Rendre favorable à, bien disposer. 11 lui conci-lia la faveur du prince. Sa douceur lui a concilié lafaveur de tous. Elle s’est concilié l’affection de sanouvelle famille. || 4 * Se concilier, ti. ré/2. Entreren accord, s’entendre. Ces gens-là ne pourront ja-mais se concilier. Ils délibèrent ensemble,ils se com-muniquent leurs pensées, ils se concilient, montesq.Esp. vi, 4. || N’avoir plus de contradictions avec....Votre système ne peut se concilier avec les principesétablis.

— SYN. concilier, accorder. Accorder, c’est pro-prement mettre d’accord, ramener au même ton,à l’unisson ; tandis que concilier signifie unique-ment rapprocher. C’est cette différence d’étymologiequi est la cause des nuances que ces deux mots ex-priment. Concilier les libertés de l’Eglise gallicaneavec les prétentions de la cour de Rome, voudraitdire que par une interprétation on a montré qu’ellesne se repoussaient pas, et qu’au fond elles s’ac-cordaient. Accorder les unes avec les autres vou-drait dire que par un moyen quelconque on les amises dans un état où elles n’ont plus de dissem-blance. Un intérêt commun les concilia, signifieraqu’il leur a ouvert les yeux et leur a fait recon-naître qu’au fond rien d’essentiel ne les séparait.Un intérêt commun les accorda, signifiera qu’il leura fait faire des concessions mutuelles et qu’ils sesont arrangés pour s’entendre.

— BIST, xvi* s. Cette recordation [d’un granddanger] me concilie aulcunement à elle [à la mort],

CON

mont, il, 63. Les reconciliateurs des jurisconsultesdebvroient premièrement les concilier chascun à soy,

ID. Il, 240.

— ÉTYM. Le latin conciliare , de cum, et un dé-rivé de cillo, mouvoir, presser; conciliare , mou-voir ensemble, d’où rapprocher. Dans Varron , Delingua latina, conciliare veut dire fouler, presser desétoffes; et Lucrèce (i, 483) nomme concilium, leconcours, la cohésion des premiers principes.

CONCIS, ISE (kon-si, si-z’; l’s se lie : concis etnerveux; dites : kon-si-z et nerveux), adj. Doué deconcision. Style concis. Phrase concise. Ecrivainconcis. Elle [la langue originale de l’Ecriture ] estserrée, concise, dégagée des ornements étrangersqui ne serviraient qu’à ralentir son imnétuositéetsonfeu, rollin, Traité des ét. iv, 3. Démosthène estgrand en ce qu’il est serré et concis, et Cicéron aucontraire en ce qu’il est diffus et étendu, boil. Lon-gin, Sublime, ch. x.

— HIST. xvi* s. Ceremonies de simple bienséance,accompagnées de paroles concises, de froideur etgrandes retenues, sully, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM . Provenç. concis; espagn. et ital. con-ciso ; du latin concisus, participe passé de conci-dere, couper, de cum, et cædere, tailler.

CONCISION (kon-si-zion; en poésie, de quatresyllabes), s. f. Qualité du style qui dit ce qu’il veutdire en peu de mots.

— SYN. concision, précision. La concision diffèrede la précision en ce qu’elle est plutôt la brièvetémême du discours, que l’exactitude de sa significa-tion. La précision au contraire consiste d’abord danscette exactitude; la brièveté n’est plus qu’un moyenpour y arriver.

— ÉTYM . Provenç. concisio ; espagn. concision;ital. concisione; du latin concisionem (voy. con-cis).

CONCITOYEN, ENNE (kon-si-to-iin, iè-n’; plu-sieurs disent : kon-si-toi-iin), s. m. et f. || 1*Celui,celle qui est de la même ville, du même État qu’uaautre. Et quoi qu’ait fait pour vouscecher concitoyen,id. corn. Sertor. ii, 2. Qui, après mille friponneriespunissables, marchent la tête levée dans Paris , parésdes dépouilles de leurs concitoyens, avec autantd’orgueil que s’ils avaient sauvé l’État, vaub. Dime,p. 267. Hercule , sois le dieu de tes concitoyenslvolt. Œdipe, i, 1. Ils se représentent la fortune docet illustre personnage, leur concitoyen, vaugbl,Q. C. liv. vi, ch. 9. J’aime mieux renoncer à l’em-pire que de répandre le sang de mes concitoyens, id.ib. liv. x, ch. 8. Il arrive quelquefois que les étran-gers nous apprennent le mérite de nos propres con-citoyens, que nous négligions peut-être parce queleur modestie leur nuisait de près, fonten. Littré .Les lois d’Euric, de Gondebaud et de Rotharis fi-rent du Bqrbare et du Romain des concitoyens,montesq. Esp. x, 3. || 2° Par extension. Il fuyait lescités, il ne cherchait que l’ombre, Vivait parmi lesbois, concitoyen des ours, la font. Fülesde Hin. Lelièvre et la perdrix, concitoyens d’un champ, Vi-vaient dans un état, ce semble, assez tranquille,la font. Fab. Y , 47.

— BIST, xiv* s. Jaqueme de Langle né concitainsde ceste ville, du cange, concivium.

— ÉTYM . Con, et citoyen.

f CONCITOYENNETÉ (kon-si-to-iè-ne-té), s. f.Relation existant entre plusieurs personnes du mêmepays, de la même ville.

— ÉTYM . Concitoyen.

CONCLAVE (kon-kla-v’), s. m. Lieu où les cardi-naux s'assemblent après la mort d’un pape, pourlui choisir un successeur. || Assemblée des cardinauxprocédant à l’élection. Il y aura de grandes diffi-cultés au conclave, sév. 682 . || Le conclave d’un telpape, le conclave où il fut élu. || Proverbe. Qui en-tre pape au conclave, en sort cardinal, c’est-à-direl’élection tombe rarement sur celui qui au débutparaissait avoir le plus de chances d’être pape.

— HIST. xv* s. Les cardinaux se trairent en con-clave au palais Saint-Pierre, froiss. ii, ii, 20. Ledisner fait, se retrairent les chevaliers en ia chani-bre de leur conclave; et là n’entra nul, s’il n’estoitchevalier portant l’ordre et les quatre officiers des-sus nommés, o. de la marche, Uém. liv. i, p. 263,dans LACURNE.

— ÉTYM . Provenç. conclavi; espagn. et ital. con-clave; de cum, avec, et davis, clef (voy. clef): cequi se ferme à clef.

CONCLAVISTE (kon-kla-vi-st’), s.m. Ecclésias-tique servant un cardinal, et enfermé arec lui dansle même édifice pendant la durée du conclave. Etcomme un conclaviste entre dans le conclave, Ré-gnier, Sat. il. L’abbé de Choisi alla en Italie comme