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Tome premier. A - C.
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magnifié ceste faculté contemplative de l’ame, id.538.

— ÉTYM . Provenç. contemplaliu ; espagn. et ital.contemplativo; du latin contemplativus (voy. con-templer).

CONTEMPLATION (kon-tan-pla-sion; en poésie,de cinq syllabes), s. f. || 1" Action de contempler.La contemplation des astres. Belle contemplationvraiment! bern. de s.-p. Mort de Socrate . Il le re-voit [l’incendie de Moscou ] dans toute sa violence;toute cette cité lui parut une vaste trombe de feu....absorbé par cette funeste contemplation, il ne sor-tit d’un morne et long silence que pour s’écrier :ceci nous présage de grands malheurs, sêgur, llist.de Nap. viii, 7. || En contemplation de, en vuede; tournure qui a vieilli. Le père en contempla-tion de cette alliance, a donné.... On lui a donnéce bénéfice en contemplation de son savoir. || 2° Pro-fonde application de l’esprit à quelque objet, sur-tout aux objets purement intellectuels. Il naîtencore une opération de la liaison que l’attentionmet entre nos idées, c’est la contemplation : elleconsiste à conserver, sans interruption, la percep-tion, le nom ou les circonstances d’un objet quivient de disparaître, condillac, Conn. hum. sect. n,ch. 2 . || Habituded’espritquifait rêver et méditer. Legoût de la solitude et de la contemplation naquitdans mon cœur avec les sentiments expansifs et ten-dres, faits pour être son aliment, j. j. rouss. Rêver,d'un prom. sol. Prom. 9. || Dans la vie spirituelle,méditations relevées, qui vont jusqu’à rompre toutecommunication de l’esprit et du corps avec les cho-ses sensibles. S’élever par ses maux à la plus hautecontemplation, boss. Hist. n, 3. Elle était sans yavoir songé de la plus sublime contemplation, id.Oraison. La prière, la contemplation, le travail deleur petit ménage, et faire des paniers, partagentleur temps [des solitaires de Mortaigne],ST-siM. i, 32.

— hist. xn* s. Ne sout [sut] nul la maniéré desun mal, se Deu nun, Que il faiseit al cors, ne de lapassiun; Del tut esteit li bers en contemplatiun, Th.lemart. toi. || xm* s. Cil qui par grantdevocion, Entrop grant contemplacion. Font aparoir en lor pen-sées Les choses qu’il ont porpensées, la liose, 18558.|| xiv* s. De toutes les operacions qui sont selonvertu, la très plusdelettable est speculacion ou con-templacion selon la vertu de sapience, oresme,Eth. 314. |] xv* s. De notre grâce, pour amour etcontemplation de nos bons sujets, avons ordonné....eroiss. n, n, 24t. Et [le roi J fut grandement à lacontemplation et plaisance du peuple, id. ii, ii,74. || xvi* s. Passer son temps doulcement en re-pos et tranquillité à l’estude des lettres, où il y adélectation conjointe avec honneste contemplation,amyot, Cimon et Lucull. t. L’estude et la contem-plation retirent aulcunement nostre ame hors denous, mont, i, 68. Ils ont grandement honoré lacontemplation, qu'ils ont affermé estre la mere desagesse, lanoue, 538. L’un pousse les âmes guidéesAux belles contemplations, À l’intellect et aux idées,Purgeant l’esprit de passions, rons. Odes, v, 7.Esveiller et purifier le sens, pour nous rendre pluspropres à la contemplation, mont, i, 393.

— ÉTYM. Provenç. contemplatio : espagn. con-templation; ital. contemplaiione; du latin contem-plationem, de contemplari, contempler.

t CONTEMPLATIVEMENT (kon-tan-pla-ti-ve-man), adv. D’une manière contemplative.

— ÉTYM . Contemplative, et le suffixe ment.

CONTEMPLÉ, ÉE(kon-tan-pié, plée),parf. passé.

Les astres contemplés assidûment par les prêtreschaldéens.

CONTEMPLER (kon-tan-plé), V. a. || 1° Considé-rer attentivement, avec amour ou admiration. Lepeuple qui vous voit, la cour qui vous contemple,Vous désobéiraient sur votre propre exemple, corn.Hicom. ii, 2. Il tremblera dans la vue de ces mer-veilles, et je crois que, sa curiosité se changeanten admiration, il sera plus disposé à les contempleren silence qu’à les rechercher avec présomption,pasc. Pensées, part, t, art. 4. [Moi] Qui, des faiblesmortels déplorant les naufrages, Pensais toujoursdu bord contempler les orages, rac. Phèd. ii, 2 .Quel plaisir de vous voir et de vous contempler Dansce nouvel éclat dont je vous vois briller! id. lphig.il, 2 . Seigneur, je n’ai jamais contemplé qu’aveccrainte L’auguste majesté sur votre front empreinte,in. Esth. ii, 7. Chacun veut contempler son augustevisage, volt. Mérope, v, 8. Plus philosophe queDémocrite , il se contentait de voir le ridicule descs contemporains, et ne daignait pas en rire : oneût dit qu’il contemplait de la planète de Saturne cette terre que nous habitons, d’alemb. Éloges,

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Terrasson. Et que ses yeux mourants contemplaientson vainqueur, delille, Énéide , x. 11 2“ Examinerpar la pensée. Contempler les choses divines. Plusje vois mes défauts et plus je vous contemple, Plusj’admire.... corn. Polxj. ii, 4. J’ai peine à contem-pler son grand cœur dans ces dernières épreuves,boss. lleine d’Anglet. Dieu veut-il qu’à toute heureon prie, on le contemple? rac. Athal. ii, 7. D’unœil plus recueilli contemplant ma fortune, volt.Zaïre , iv, 2 . [| Absolument. Passer sa vie à contem-pler, à méditer. Souvent vous raisonnez, lorsquenous contemplons , delille , Parad. perdu , v.|| 3“ Se contempler, v. réfl. Tourner la contempla-tion sur soi-même. Pour vous mieux contempler,demeurez au désert; Ainsi parla le solitaire; Il futcru, l’on suivit ce conseil salutaire, la font. Fabl .xn, 27. |] Se contempler l’un l’autre. Us se contem-plaient en silence.

— hist. xvi* s. Après qu’il eut le tout bien con-templé, il ne se laissa eschapper de la bouche pasune parole insolente, amyot, Marcel. 60 . Ce qu’ilfaisoit aux champs n’estoit plus que pour plaisir, etpour contempler et apprendre tousjours quelquechose de la nature, id. Caton, 52. Plusieurs ont euceste opinion, que le contempler estoit seulementpropre aux philosophes, lanoue , 627. Et entreceux-ci s’en trouve aucuns, qui ordinairement necontemplent que dans leurs coffres, id. 632. Aprèsque les deux troupes se furent contemplées demiheure, chacun désireux de voir l’un son frere....ID. 557.

— ÉTYM . Provenç. et espagn. contemplar; ital.contemplare; du latin contemplari, contempler.

CONTEMPORAIN, AINE (kon-tan-po-rin,’rè-n’),adj. || 1* Qui est du même temps. Hésiode a-t-il étécontemporain d’Homère ? || Historien contemporain,historien qui écrit les événements de son temps.|| L’histoire contemporaine, l’histoire qui s’écrit autemps même des hommes et des choses. Toute his-toire qui n’est pas contemporaine est suspecte, pasc.Juifs, 1. || Par extension. D’une estime contempo-raine Mon cœur eût été plus jaloux, lamotte, Odesur la réputation. Comme les vieux rochers contem-porains du monde, delille, Imagin. viii. Plusieurssciences ont été, pour ainsi dire, contemporaines;mais, dans l’ordre historique des progrès de l’esprit,on ne peut les embrasser que successivement, d’a-lemb. Encycl. Disc, prélim. Ainsi d’un peuple entierje feuilletais l’histoire.... F.t je sentais frémir mon luthcontemporain Chaque fois que passait un grandnom.... v. hugo, Odes , m, 8. || La raison contem-poraine, l’ensemble des choses qu’une société ad-met comme vraies à une époque donnée. || 2° Sub-stantivement. Les contemporains. Un contemporain.Elle fut la contemporaine de ces grands hommes.Chênes antiques! mes contemporains de solitude!chateaub. Match. viii, 36t. On met les anciens bienhaut pour abaisser ses contemporains, fonten. Dial.m, Morts anciens.

— HIST. xvi* s. Les François mes contemporainssçavent bien qu’en dire, mont, iv, 83.

— ÉTYM . Lat. contemporaneus , de cum, avec, ettempus (voy. temps).

CONTEMPORANÉITÉ (kon-tan-po-ra-né-i-té ),s. f. Existence simultanée, à une certaine époque.La contemporanéité de l’homme avec les grandspachydermes fossiles est une question qui se débataujourd’hui entre les géologues.

— ÉTYM . Contemporain.

CONTEMPTEUR,TRICE (kon-tan-pteur, tri-s’), s.m. et f. || 1 ° Celui, celle qui méprise,qui a l’espritméprisant. C’est un jeune lion qui aura bientôt de laforce aux ongles, et alors malheur aux oppresseursdu peuple et aux contempteurs de son autorité,malh. Lettre, dans richelet. Uni de goût et d’intérêtavec tous les contempteurs d’Homère , il attendpaisiblement que les hommes détrompés lui préfè-rent les poètes modernes, la bruy. v. Vous voyezavec douleur les.premières places occupées souventpar les protecteurs du vice et les contempteurs dela vertu, mass. Carême, Mélange des bons, etc.Vous êtes des contempteurs de Jésus-Christ, id.Carême, Rechute. Et rend votre transgression aussicriminelle que celle des contempteurs de la loimême, id. Carême, Jeûne . Les contempteurs de lagloire se piquent de bien danser, vauven. Espr.hum. 27. Contempteurs de la foudre, ils craignentle mépris, bernis, Religion vengée, v. Le contemp-teur des dieux, l’exemple des tyrans, Mézence lepremier conduit ses fiers Toscans, delille, Énéide ,vu. || 2° Adjectivement. L’attention de la premièreÉglise à dérober aux yeux contempteurs le secretdes mystères, desfontaines.

— REM. L’ancienne Académie, dans ses Remar-ques sur Vaugelas, avait dit que contempteur n’é-tait pas de la langue; ce mot, malgré cet arrêt, ya persisté ; il est du style relevé. ’ 1

— hist. xiv* s. Il monstre et manifeste libérale-ment lout ce que il veult, pour ce que il est con-temptif et desprisant, oresme, Eth. 124. || xvi* s.Je laisse ceux-là qui se monstrent pleinement con-tempteurs de Dieu , calv. 26 t, etc. Ils nous pour-suivent par grande clameur comme contempteurs etennemis desPeres, id. Instit. Dédicace.

— ÉTYM . Lat. contemptor, du supin conlemp-tum, de contemnere, mépriser, de cum,ettem-nere, le même que Tsp.vsiv, couper, dans le sensde retrancher, dédaigner. On trouve aussi dans lexvi* siècle contemneur.

CONTEMPTIBLË (kon-tan-pti-bl’), adj. Qui mé-rite le mépris. Ma peur est que.... Ma foi, qu’en mevoyant elle avait agréable, Ne lui soit contemptibleen ne me voyant pas, malh. v, 23. Si dans les moin-dres dons tu passes  considérer leur auteur, Ver-ras-tu rien de vil, rien de faible en ses grâces, Riende contemptible à ton cœur? corn. Imit. ii, to.

— REM. Vaugelas trouve ce mot dur, et Th. Cor-neille dit qu’il serait absolument insupportable. Mal-gré cet arrêt, contemptible n’est point banni de lalangue.

— HIST. xvi's. Je n’allegue point cet exemple,pour rendre l’or contemptible, lanoue, 464. Ses an-ciens serviteurs refformez, contemptibles par la pau-vreté, d’aub. Ilist. m, 291. Pour nous rendre encoreplus odieux et contemptibles, dubellay, i, 6, recto.[L’amour] Chose si esmeue et violente, qui nous es-clave à autruy et nous rend contemptibles à nous,mont. III, 379.

— ÉTYM . Lat. contemptibilis{yoy. contempteur).

CONTENANCE (kon-te-nan-s’), s. f. || i° Quantité

de ce qui est contenu ; capacité. Un vase de la con-tenance de deux litres. Ce navire est de la contenancede tant de tonneaux. || 2° Étendue, superficie. Ceparc est de la contenance de sept hectares. || 3“ Main-tien, manière de se tenir, de se montrer. Sans artelle s’habille, et, simple en contenance.... Régnier,Sat. xm. Je vous voyais marcher sur les précipicesavec une contenance gaie, voit. Lett. 34. Il [le chat]est velouté comme nous [rats], Marqueté, longuequeue, une humble contenance, la font. Fab.\ i,6.Pourvu qu’on demeure dans une contenance respec-tueuse, pasc. Prov. 9. Il n’a pas encore pris la conte-nance d’un homme consolé, sév. 417. De quels yeuxregardèrent-ils le jeune prince, dont la victoire avaitrelevé la haute contenance, à qui la clémence ajou-tait de nouvelles grâces? boss. Louis de Bourbon. Ilremarqua ma contenance basse, éperdue, humiliée,indice de mes remords, j. J. rouss. Ilél. i, 63. || Sefaire une contenance, se remettre d’un embarras.Elle fut longtemps à se faire une contenance, sév.412. || N’avoir point de contenance, se tenir fort mal,être embarrassé de sa personne. Mais le voici venirtriste et sans contenance, mair. Sophon. iv, 4. || Parextension. Rien ne m’attire à Paris , je n’y ai pointde contenance, sév. 383. Tenir une misérable etchétive contenance, iiamilt. Bélier , 443. || Se donner,prendre une contenance, se donner un maintien. Paircontenance , pour se donner un maintien. Vous êtesétonnée que j’aie un petit chien; voici l’aventure :j’appelais par contenance une chienne d’une ma-dame qui demeure au bout de ce parc, sév. 232. Jeme vais purger pour prendre cette petite eau par con-tenance, id. 388. Ce lui [à une veuve] sera unecontenance que d’avoir à élever ce petit garçon, id.301. Vous savez tous nos succès de Brest et quenous n’avons plus que trois régiments de Bretonspour servir de contenance au maréchal d’Estrées àBrest , quand notre flotte sera partie, id. 672. M. deLavardin fait ici l’amoureux d’une petite madame,j’ai trouvé que c’est une contenance, dont il a besoincomme d’un éventail, id. 76. On dit, sans savoirpourquoi, qu’il est honnête à une femme de travailler;mais souvent ce ne sera qu’une contenance, et elle nes’accoutumera pas à un travail suivi, Fén. xvii, 7.|| Faire bonne contenance, lémoignerde la fermeté etde la résolution. Socrate montra si bonnecontenance,que ceux qui poursuivaient lesfuyards n’eurent jamaisl'audace de l’attaquer, fén. Socrate . On ne pouvaitfaire meilleure contenance, boss. Var . préf. Sa filletient une contenance admirabledanscetteoccasion,sév. 580. || Perdre contenance, être subitement dé-concerté et confus. Il lui arrive souvent de perdrecontenance, la bruy. xiii. A qui une carte fait per-dre la contenance, id. xii. Hamilton ne savait quellecontenance tenir, hamilt. Gramm. 8.

— hist. xi* s. Gent a le cors et contenance fiere,