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Tome premier. A - C.
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figures, d’où résulte plus de force, plus d’agrémentet plus de jour. Ce peintre entend bien le contraste.Bien des peintres sont tombés dans le défaut demettre des contrastes partout et sans ménagement,de sorte que, lorsqu’on voit une figure, on devined’abord la disposition de celles d’à côté, montesq.Coût, contraste. || L’art des contrastes, l’art d’imagi-ner, d’établir des oppositions qui produisent del’effet. || 3° Terme de littérature. Opposition entre dessituations, des discours ou portions de discours.J’aurais aimé à voir ie contraste de la tyrannie inso-lente et du noble orgueil de l’indigence vertueuse,volt. Lett. Chabanon, 43janv. 4766. Les contradic-tions ne sont pas des contrastes, delili.k, Jardins,i. L’Ame aime la symétrie, mais elle aime aussiles contrastes, montesq. Goût, contraste. Tous lescontrastes nous frappent, parce que les choses enopposition se relèvent toutes les deux, id. ib. Lescontrastes sont causes de défauts aussi bien que debeautés, id. ib. || Se dit, dans ce même sens, des op-positions que le musicien établit pour produire del’effet. || 4°Termede physique. Contraste des couleurs,nom de différents états simultanés ou successifs dela rétine produisant les sensations spéciales corres-pondantes. || Contraste simultané, celui dans lequell’œil voit en même temps deux couleurs contiguës,cas où il les voit le plus dissemblables possible.

|| Contraste successif, celui dans lequel les yeux,ayant regardé pendant un certain temps un ou plu-sieurs objets colorés, aperçoivent, après avoir cesséde les regarder, des images de ces objets offrant lacouleur complémentaire de celle qui est propre àchacun d’eux. || Contraste de ton, la modificationqui porte sur l’intensité de la couleur, et contrastede couleur, celle qui porte sur la composition op-tique ou physique de chaque couleur juxtaposée;c’est-à-dire que, deux couleurs étant juxtaposées,l’œil qui les voit simultanément, voit la foncée plusfoncée et la claire plus claire, ce qui est le contrastede ton, et voit tirant sur le violet le rouge qui està côté du jaune, ce qui est le contraste de cou-leur.

— HIST. xvi* s. Cecy ne s’en va pas sans con-traste, car plusieurs tiennent que.... mont, ii, 26 .Un soir ils cspierent de plus près pour un grandcontraste [discussionl entre le maistre d’hostel etl’escuyer au chevet du seigneur, d’aub. Fœn. ni,

* 9. Il y eut un grand contraste à deviner par où ilfalloit entamer une besogne si nouvelle, id. Hist.i, 133. Ceux de dedans, descouverts jusques à l’es-carpin, le deffendent [l’assaut] avec tel contraste,qu’il ne demeura aux assiegeans que la pointe, id.ib. iii, 30. Il fust receu fort honorablement, sansaucun contraste, ny apparence de reffus, carl. iv,

9. Notre volonté s’esguise par le contraste [lutte],se despite contre le desny, charron, Sagesse, i, 4 8.

— étym. Provenç. conlrast; espagn. contraste;ital. contrasto (voy. contraster). Contraste au xvi"siècle signifie lutte, débat, combat.

CONTRASTÉ , ÉE (kon-tra-sté, stée), part, passé.Mis en contraste. Des caractères bien contrastés. Desfigures bien contrastées. Cette impression était con-trastée par le souvenir des caresses.... j. i. rouss.Conf. h. Qui rendait ces pays étranges si bizarre-ment contrastés, id. Ilël. i, 23. Le dialogue plusvif, plus raisonné, plus contrasté, volt. Lett.d'Argentai, iojuill. 1766.

CONTRASTER (kon-tra-sté). || 1” V. n. Etre en .contraste. Sa conduite contraste avec son état. 11 faitridiculement contraster ses inclinations rampantesavec les altières productions qu’il a l’audace de s’ap-proprier, J. i. rodss. Dial.l. || Terme d’art et de lit- .térature. Faire contraste. Ces figures contrastent .bien. Aussi l’orateur la rejette-t-il [une action se- icondaire] à la fin comme dans la partie fuyante ; :elle n’est là que pour contraster, pour faire ressor- itir davantage l’action principale, condillac , Art \d’ëcr. ii, 44 . || 2° V. a. Terme de peinture et desculpture. Mettre en contraste. Ce peintre sait con- ,traster les têtes, tout en leur conservant l’air natu- ]rel. || 3" Terme de littérature et de musique. Varier !par des contrastes. Il sait contraster son sujet. ]

— HIST. xnr s. Après ce que il aura esté défendu i

et contrasté par aucun des champions, Ass. de J. i,457. || xvi's. Qu’il ne semble pas reprocher à aultruy itout ce qu’il refuse à faire, ny contraster aux mœurs ipublicques, mont, i, 166. Il est toujours proclive :aux femmes de disconvenir à leurs maris : elles sai-sissent à deux mains toutes couvertures de leur ’contraster, id. ii, 81 . i

— ETYM . Provenç. et espagn. contraster; ital. icontrastare; du latin contra, contre, et stare, setenir droit (voy. stable). L’ancien français avait oon-

: tresler et quelquefois contraster dans le sens de ré-sister; néanmoins il est certain que contraster esti venu de l’italien au xvi' siècle, et alors il signifielutter, combattre.

i CONTRAT (kon-tra ; le t se lie dans le parler sou-tenu : un kon-tra-t authentique; au pluriel, l’s selie : les kon-tra-z authentiques; contrats rime aveci appas, un lacs, mâts, etc.), s. m. || 1° Terme dei droit. Accord de deux ou plusieurs volontés, qui apour objet la création ou l’extinction d’une obliga-■ tion. Un contrat de vente, de louage, de dépôt, demandat, de société. Le mariage est un contrat. Con-trat synallagmatique ou bilatéral, qui engendre desobligations des deux côtés; unilatéral, qui n’engen-dre d’obligations que d’un seul côté ; à titre onéreuxou intéressé, qui présente pour chaque partie unavantage réciproque ; à titre gratuit ou de bienfai-sance, qui ne présente d’avantage que pour uneseule des parties; commutatif, lorsque l’avantagepour chaque partie est considéré comme l’équivalentactuel et certain de l’avantage qu’elle procure ; aléa-toire, lorsque cet équivalent est une chance de gainou de perte. || Contrat de mariage, acte qui règleles conditions pécuniaires du futur mariage. || Contratjudiciaire, convention formée en justice, tellequ’uneadjudication, un cautionnement, en résultat duconcours qui a lieu en justice des volontés de deuxparties sur un point qui précédemment a été ou a puêtre contesté entre elles. Jupiter y consent; contratpassé, notre homme.... la font. Fabl . VI, 4. De vosbiens désormais il est maître et seigneur, En vertud’un contrat duquel je suis porteur, mol. Tart. v,4. J’ai loué un hôtel deux mille écus, et j’espèrepasser le contrat aujourd’hui, montesq. Lett. pers.46. || Absolument. Un contrat de mariage. Le roia signé au contrat, sév. 390. Il dit : Faisons lecontrat, id. 657. Il signe un bon contrat écrit enbonne forme , rac. Plaid, ii , 6. Sur ce que sonamant fit voir qu'il n’avait que cinquante-six ans,et qu’il ne prit point de lunettes pour signer lecontrat, mol. l’Avar. ii, 6. || 2° Dans la pratique ondésigne aussi sous le nom de contrat non pas seu-lement la convention, mais l’acte qui la constate,lorsque cet acte est rédigé par un notaire. On ditavoir son contrat dans sa poche, placer par contratou par hypothèque, ce qui exige un acte notarié, paropposition à placer sur billet ou par simple acte sousseing privé. C’est une façon abusive de s’exprimerque l’usage a reçue; et pour l’exactitude des idées,il faut distinguer le contrat et l’acte qui en contientla preuve : un contrat de rente est l’accord des par-ties sur la constitution d’une rente, et non l’écritqui est dressé en conséquence. Cette extension desens vient de ce que, dans certains cas, un modede constatation authentique est essentiel à la vali-dité du contrat. Déchirer, brûler le contrat. || 3° Onconfond aussi le contrat et l’obligation qui en ré-sulte, employant par suite le mot contrat pour lemot obligation. || 4° Contrat social, convention ex-presse ou tacite entre les gouvernants et les gou-vernés, ou entre les membres de la société, con-vention supposée par certains auteurs politiques.Ce que l’homme perd par le contrat social, c’est laliberté naturelle et un droit illimité à tout ce quile tente et qu’il peut atteindre; ce qu’il gagne,c’est la liberté civile et la propriété de ce qu’il pos-sède, J. j. rouss. Contrat soc. i, 8. || 5° Terme dejeu. Fiche beaucoup moins longue que la fiche or-dinaire, et à laquelle on attribue une valeur con-venue, comme <0 fiches, 20 fiches, etc.

— hist. xiv* s. Il semble que tout home puisseavoir aucun juste à tout autre homme avecqueslequel il peut communiquer en loy ou composicionou contract, oresme, Eth. 249. ||xv e s. Le suppli-ant ou [au] contempt de certain contract mohiliaire ;qu’il avoit eu à certaine personne, du cange, con- itractio. || xvi* s. Quant à ce qui concerne les con- itraux des hommes les uns avec les autres, amyot, jLyc. 22 . Les hommes gardent bien les contraux et ipactions qu’ilz font les uns avec les autres, id. Solon , 18. C’est une nation en la quelle il n’y a aulcune es- ipece de traficque, nulle cognoissance de lettres.... inuis contacts, nulles successions.... mont, i, 236. i

—ÉTYM . Provenç. contract; espagn. conlrato; ital. .contratto; du substantif latin contraclus, génitif con- Itractus, de contrahere, contracter, proprement lier, ;resserrer, de cum, et trahere, tirer (voy. traire). ]f CONTRATÉNORE (kon-tra-té-no-r’) ou CON- <TRATÉNOR (kon-tra-té-nor), s. m. Terme de mu- jsi que. Synonyme, employé quelquefois, de haute- ]contre. t

— étym. Contre, et ténor. }

CONTRAVENTION (kon-tra-van-sion; en poésie, l

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. de cinq syllabes), s. f. || 1° Action d’agir contre unet prescription. Une contravention aux lois. La contra-. vention est aux choses, la désobéissance aux per-sonnes, d’ai.embert , Synonymes. On n’allègue pour

■ toute excuse que des mécontentements et des con-! traventions, boss. Variât, x, §48. Brasidas préten-: dait avoir d’autres contraventions à reprocher aux! Athéniens, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. iii, p. 4 84

. dans pougens. La loi de Mahomet confond l’usure

■ avec le prêt à intérêt ; l’usure augmente dans lesi pays mahométans à proportion de la sévérité de la

■ défense; le prêteur s’indemnise du péril de la contra-

I vention, montesq. Esp. xxii, 1 9. || 2” Terme de droit.

■ Infraction à une loi, à un règlement, à un contrat,à une décision judiciaire || Spécialement, infractionpunie d’une peine de simple police, par oppositionau délit et au crime. On donne aussi cette qualifi-cation à divers faits punis de peines correctionnelles,mais sans que l’intention soit recherchée et par celaseul que l’infraction a été matériellement commise.Il En particulier, les infractions aux lois fiscales. Lescontraventions en matière de presse n’admettentpas l’excuse de la bonne foi.

— hist. xiv’ s. Je ne dy pas qu’aucun d’eulxment, Ne qu’à truffer rien les convie; Juger per-sonne n’hai envie, Ne que leur contravention Soitune circonvention, Traité d’alch. 269. ||xvr s. Lecardinal r’envoia bien loin cette observation de foiavec les heretiques, tant pour les contraventionsqui venoient de la part du Turc, comme pour leprivilège du concile de Constance , d’aub. Hist,II, 76.

— ÉTYM . Génev. contrevention (voy. contre-venir).

t CONTRAYERVA (kon-tra-ièr-va), s. m. Termede pharmacie. Racine d’un brun rougeâtre en de-hors, blanche en dedans ( dorstenia brasiliensis,Lamark ), d’une odeur aromatique, qui est excitanteet diaphorétique.

— ÉTYM . Espagn. contrayerva, de contra, con-tre, et yerva, herbe : herbe contre les venins, àcause qu’on lui attribuait la propriété de les neutra-liser.

CONTRE (kon-tr’), prép. || 1° En opposition à,pourse défendre de. Et contre la fortune ayant prisce conseil, la font. Fabl . vii, 42. C’est une chosecontre les règles ordinaires, sév. 490. C’est allerdirectement contre le Pater, boss. Or. 4 0 . Oui, La-moignon, je fuis les chagrins de la ville; Et contreeux la campagne est mon unique asile, boil. Éptl.vi. Roi, voilà vos vengeurs contre vos ennemis,rac. Athal. iv, 3. Le travail est une meilleure res-source contre l’ennui que le plaisir, trublet, dansgirault-duvivier. Tout se fait contre sa volonté,sév. 445. Agir contre sa conscience, boss. Hist. il,6. Vous parlez contre votre pensée, rac. Prit. Il, 6.Ainsi la citadelle, sur le point de se rendre, futsauvée contre toute espérance, rollin, Hist. anc.Œuvres, t. v, p. 284, dans pougens. Pour regagnerles mers du nord, ils firent deux mille lieues con-tre le vent dans un canot, raynai., Hist. phil. x,

4 0 . || Contre vent et marée, malgré l’obstacle qu’op-posent le vent et la marée. Un vaisseau qui veutaller contre vent et marée. Et fig. en dépit de tousles obstacles. || Envers et contre tous, malgré l’oppo-sition universelle. || Tenir contre, résister. Mespleurs, belle Eriphile, Ne tiendront pas longtempscontre les soins d’Achille , rac. lphig. ii, 3. || Avoircontre soiquelqu’un, quelque chose, trouver un ob-stacle en une personne, en une chose. Il a contre luiun homme fort influent. Il a eu toujours les circon-stances contre lui. || Elever autel contre autel, faireun schisme, et, par extension, opposer sa puis-sance, son crédit, à la puissance, au crédit d’uneautre personne, et aussi entreprendre quelque choseen rivalité d’un autre. || C’est le pot de terre contrele pot de fer, se dit de celui qui, sans force et sanspuissance, est en lutte contre quelqu’un de fort etde puissant. || 2° Contre, exprimant une idée d’hos-tilité, d’inimitié, de blâme, etc. Ils se sont révoltéscontre leur souverain. Faire une satire contrequelqu’un. S’élever contre le vice. Que Rome sedéclare ou pour ou contre nous, corn. Cintia, I, 3.J’ai parlé contre moi, j’agis contre ma sœur, id.Tois. d’or, m, 7. De Joad contre moi je sais les in-justices, rac. Athal. m, 4. Un conquérant est unhomme que les dieux irrités contre le genre humainont donné à la terre dans leur colère, fén Tel. vm.

|| 3° Contre, marquant une comparaison numérique.

II y a dix hommes qui mangent le revenu des terrescontre un laboureur, montesq. Esp. vii,6. Un hommepeut penser telle misère qu’il voudra, et il y amilleà parier contre un que la religion a deviné sa