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Tome premier. A - C.
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COR

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(l’or fin délié Et de sa lyre l’harmonie, amyot,Comment refren. la eholere, 9. Ainsi comme lescornets et ventôses attirent du cuir ce qu’il y a depire, aussi les aureilles de curieux attirent tous lesplus mauvais propos qui soient, id. De la curiosité,-.0. Resolution qui se fait par ventouse et cornets,par seringues et par sangsues, paré, Introd. t7.Souffler aux trompes ou trompettes, cors , cor-nets, etc. m. vi, 14. Les unes [ventouses] sontgrandes, autres petites (appelées petits cornets),les autres moyennes, id. xv, 68. Ayant disné à desnopces où il n’y avoit gueres de violons, mais oùestoit la grand lande des cornets [jeu de mots surcornes de cocuage], bouciiet, Serées, liv. i, p. 148,dans lacurne. Les haubois, cornets à bouquin, etsaqueboutes du roy en 1614, Estais de 1614, parRAPINE, p. 611, dans LACURNE.

— étym. Diminutif de corne, dans le sens de coret dans le sens propre; provenç. cornet; espagn.cornete; ital. cornetto. Cornet a dans l’ancien fran-çais signifié aussi angle, coin (anglais , korner).

f CORNETER (kor-ne-té), v. a. Terme de vétéri-naire. Appliquer des ventouses.

— hist. xvr s. Les Allemands ont de particulierde se faire generalement touts corneter et ven-touser avecques scarification dans le bain, mont,hi, 222.

— étym. Cornet.

f CORNETIER (kor-ne-tié), s. m. Celui qui pré-pare la corne, la refendant et la redressant.

— ÉTYM . Corne.

l. CORNETTE (kor-nè-t’) ,s. f. || 1° Sorte de coiffurede femme en déshabillé. Sans nuis atours qu’unesimple cornette, la font. Quipr. Attends.... que labelle en cornette.... boil. Sat. x. En rajustant sacornette, bërang. Ivrogne .Je me fais des cor-

nettes; Vos chemises de nuit et vos coiffes sontfaites, mol. Éc. des f. i, 4. || Fig. Laver la cornetteà une femme, la gronder. Ce qu’il avait à fairen’était autre chose que d’avoir le plaisir de lui laversa cornette, sév. 23. || On dit très-familièrementqu’une femme est cornette, quand son mari lui estinfidèle. On rapproche alors par plaisanterie cor-nette de cornes qui se dit de l’homme. || 2° Autre-fois, large bande d’étoffe de soie que les docteursen droit portaient autour du cou pendante jusqu’à

terre.Si j’eusse étudié, Jeune laborieux sur un

banc à l’école, Galien, Hippocrate ou Jason ou Bar-tole, Une cornette au col debout dans un parquet,A tort et à travers je vendrais mon caquet, Ré-gnier, Sat. iv. || Bande de soie que les professeursdu collège royal jjParis portaient autour du cou, etqui leur avait été accordée par François 1 er [le col-lège royal est aujourd'hui le collège de France ].|| Autrefois, dans plusieurs villes, sorte de chape-ron que les magistrats portaient sur l’épaule pourcaractère de leur dignité. || 3° Terme de faucon-nerie. Houppe ou tiroir de dessus le chaperon del’oiseau. || 4° Autrefois étendard de compagnie decavalerie et de dragons. || Compagnie de cavale-rie. Il défit six mille Hongrois avec quinze cornettesde cavalerie, sarazin, Conspiration de Valçtein,dans RiciiELET. Il y a telle rose de soulier qui vautmieux que neuf cornettes impériales, voit. Lett. 66.|| Gros de cavalerie. Le roi marchait à la tête de sacornette, vaugel. Q. C. liv. iv, ch. t6. || Cornetteblanche était, en France , le nom du premier régi-ment de cavalerie. || S. m. Cornette, l’officier quiportait l’étendard dans chaque compagnie de cava-lerie et de dragons; son poste dans un combat étaità la tête de l’escadron. Je marie Mlle Corneille à unjeune cornette dedragons, gentilhomme très-aimable,volt. Lett. d’Ârgenlal, 23 janv. 1763. || Officier decertains corps de la maison du roi, mais ne portantpoint l’étendard. Il était cornette dans la premièrecompagnie de mousquetaires. Ces jehnes gens con-duits par un cornette se mirent en bataille, volt.Louis XIV , t3. M. le duc d’Orléans se dévoueraitpar la réalité et par l’espérance de cette multiplica-tion de belles récompenses, depuis le t" lieutenantgénéral jusqu’au dernier enseigne et cornette, st-sim. 399 , 199. Le cornette Joyce enleva le roi duchâteau d’Holmly, ciiateàub. Stuarts , 2 io. ||S. f .Emploi de cornette dans la maison du roi. Acheterune cornette dans les chevau-légers. || Ces différentsemplois du terme cornette n’existent plus dans l’ar-mée. || 5 e Terme de marine. Sorte de long pavillonà- deux pointes, insigne du commandement d’unedivision de trois bâtiments au moins. La cornette sehisse à la tête d’un mât comme une flamme.

hist. xiii* s. Et si ont les longues cornettes Etleurs solers faits à blouquetes [petites boucles], ducange, corncta. || xv e s. Chapperons à courtes cor-

nettes, Vigiles de Charles VII , t. n, p. <68, danslacurne. Grans chaperons et cornette à visiere,Peaulx dechameulx, et draps fors et entiers, Garnis-sez-vous avant qu’iver vous fiert, E. desch. Poésiesmss. f° 234, dans lacurne. Pour cornette ou guidonsuivre plustost on doit Les branches d’hierre ou d’if,qui monstrent où l’on boit, basselin, xix. Par com-mun proverbe on dit Qu’on congnoit femme à sa cor-nette, coquillart, Droits nouv. Le duc de Savoyealla à icelle place de Ripaille où il print habit dehermite selon l’ordre de saint Morice, c’est à sça-voir grise robbe, long mantel, et chapperon gris etcourte cornette d'un pied ou environ, et un bonnetvermeil par dessous son chapperon, monstrel. t. il,p. 102 , dans lacurne. La cornette do son chaperon,louis xi, Nouv. lxv. Or vint ce vaillant garni en sacornette de son petit rasoir, id. ib. lxiv. || xvi's.Estant agacé de force calomnies contre le roi deNavarre, il donna un desmenti sous la cornette, sibien que les chefs eurent grande peine à le sauver....que, pour le desmenti, il l’avoit donné sous la cor-nette, mais en maintenant l’honneur de celui àqui la cornette doit honneur, d’aub. Hist. ii, 269.Ils rompent trois ou quatre églises, arborent deuxbannières en cornettes, id. ib. n, 348. Celui quiportait la cornette generale essaia de ralier, id. ib.m, 66. Pour drapeaux, la cornette blanche, la ge-nerale des Espagnols , celle du collonel des reistres,16 autres de cavalerie, id. ib. iii, 232. Le baron deClermont qui portûit ma cornette, montluc, ilém.p. 680 , dans lacurne.

— ÉTYM . Cornet, la cornette ayant été comparéeà une petite corne; wallon , coirnète. Lu cornette,étendard, a été dite ainsi à cause de sa forme;puis le nom de l’étendard a passé à celui qui le por-tait.

f 2 . CORNETTE (kor-nè-C), s. f. Un des noms dublé de vache ( mélampyre des champs), dit aussiplumelle, queue de renard et rougeole.

— ÉTYM . Cornet.

f3. CORNETTE (kor-nè-t’), s. f. Terme de con-struction. Ferrement qui défend un coin de mur.

— ÉTYM. Cornet, qui s’est dit dans l’ancien fran-çais au sens de coin.

| CORNÉULE (kor-né-u-1’), s. f. Terme de zoolo-gie. Chacune des petites facettes de l’œil composédes insectes.

— ÉTYM . Diminutif de cornée.

CORNEUR (kor-neur), s. m. || 1° Celui qui donnedu cor. La nuit venue, arrive le corneur, la font.Ilerm. || Il se dit populairement d’un pleureur,d’un braillard. || 2° Adjectivement. Cheval cor-neur, jument corneuse, animal qui est atteintde cornage, qui souffle bruyamment des narines etqui a la respiration courte. On dit ai'ssi cornard etsiffleur.

— HIST. xiii e s. A tant li maroniers [marinier] oïLe cor dont pas ne s’esjoï;... Hors de sa nef est tostsallis, Au corneür le cours en vient, 111. et Jeh.4078.

— ÉTYM . Corner ; provenç. cornador. Corneur,en français, cornador, en provençal , est au régime ;le nominatif est cornere, cornaire.

I. CORNICHE (kor-ni-ch’), s.f. Terme d’architec-ture. Proprement, avance qui règne autour d’unbâtiment et en préserve de la pluie le pied. || Partiecomposée de moulures en saillie l’une au-dessus del’autre et qui règne comme couronnement autourde toutes sortes d’ouvrages, principalement dansles ordres d’architecture où elle est placée sur lafrise de l’entablement. Corniche dorique, ionienne,corinthienne . La corniche de la maison. La corni-che se mesure depuis la frise jusqu’à la cimaise in-clusivement. Les piédestaux ont aussi leurs corni-ches. La corniche est le couronnement de l’ordreentier, rollin, Histoire anc. t. xi, ("partie, p. 27,dans pougens. || Nom donné à tout ornement sail-lant en menuiserie ou en maçonnerie qui règne au-dessus des portes, des armoires, au-dessous d’unplafond. Corniche de plâtre, de marbre, de bois.La corniche d’un buffet, d’une armoire. || Terme demarine. Pièce de bois sculptée appliquée en dehorsde la lisse de hourdi.

— HtsT. xvi e s. Les pigeons se mettent sur letoict es cornices ou ceintures environnans le colom-bier, o. de serres, 383. Moulleures , lozenges,frize et cornise, Dibl. des Chartes, 4 e série, t. iii,p. 63.

— ÉTYM . Wallon, coronise ; espagn. comisa ; ital.comice, cornicione. La première idée est de ratta-cher corniche à corne; mais d’abord les formes nes’y prêtent pas, ni le wallon coronise, ni l'espagnol comisa, ni même l’italien comice. Puis le sens ne

s’y prête pas non plus, car la corniche n’est pasune corne, c’est-à-dire quelque chose qui s’avanceen pointe, mais c’est une saillie qui règne en unecertaine étendue. Les étymologistes s’accordent àtirer ce mot du latin coronis, grec xopomç, signerecourbé; mais il est vrai de dire, comme le remar-que Diez, qu’au moins l’italien a confondu le motavec cornix, cornicis, corneille, soit par paronymie(comice en italien signifiant aussi corneille), soitpar l’idée de courbure qui s’est attachée au bec decet oiseau (xopoivr], courbure, couronne, corneille).Quant au français corniche, il vient de l’italien .

f 2 . CORNICHE (kor-ni-ch’), s. f. Petite corne.Se trouve dans Mme de Sévigné avec le sens figuréde cocuage, et en jouant sur le mot corniche. Ma-dame d’Epoisse m’a dit qu’il vous était tombé unecorniche sur la tête.... Si vous vous portiez bien etque l’on osât dire de mauvaises plaisanteries, jevous dirais que ce ne sont pas des diminutifs quifont du mal à la tête de la plupart des maris : ilsvous trouveraient bien heureux de n’être offenséque par des corniches, Lettre à Bussy, 6 juin 1608

CORNICHON (kor-ni-chon), s. m. || 1° Petite corne.Les cornichons d’un chevreau. || Terme de vénerie.Synonyme d’andouillers. || 2° Petit concombre pro-pre à confire dans le vinaigre. || Populairement. Uncornichon, un homme niais, qui se laisse attraper.|| 3 e Terme de jeux. Nom, dans quelques localités,de la boule qui, jetée la première, sert de but.C’est ce qu’on nomme plus souvent cochonnet.|| Cornichon va devant, jeu d’exercice qui consisteà ramasser au plus vite différents objets en courant.|| 4° Variété de raisin dont le grain long et courbéa été comparé au cornichon.

— HIST. xvi e s. J’ouy dire une fois à un bon gen-til-homme qu’ils [les romans] avoyent une propriétéocculte à la génération des cornes : et je me douteque lui-mesmes en avoit fait l’experience; car il por-tait deux petits cornichons cachez derrière l’oreille,qu’un autre du mestier lui avoit attachez, lanoue,142. A trois ans, se despouille ce qui de la corneleur est accreu [aux bœufs] depuis la naissance jus-qu’au dit temps, en expulsant l’incrustation, demeu-rant ce bout-là, appellé cornichon, net et poli, sanstortuosité, o. de serres, 296. Jouans à cornichon,Contes d’Ewtrapel, p. 305, dans lacurne.

— étym. Diminutif de corne; bourguig. conichon.C’est peut-être le cornichon, petit concombre, quia introduit le sens figuré de niais, le concombreétant un fruit peu sapide.

f CORNICULAIRE (kor-ni-ku-lê-r’), s. f. Termede botanique. Genre de lichens.

— ÉTYM . Comicule.

f CORNICULE (kor-ni-ku-T), s. f. Terme d’his-toire naturelle. Petite corne. || Sorte de ventouse.|| Ornement qui surmontait le casque des légion-naires romains.

— ÉTYM . Lat. corniculum, diminutif de cornu,corne.

] CORNICUI.fi, ÉE (kor-ni-ku-lé, lée), adj. Termed’histoire naturelle. Qui a la forme d’une petite corne,d’un cornet. || Terme de botanique. Pétales cornicu-lés, pétales des axicolies qui sont en forme de cor-net. Fleurs corniculées, celles dont les étaminesprennent la forme de pétales en cornet.

— ÉTYM . Comicule.

f CORNICULIFÈRE (kor-ni-ku-li-fê-r’),odj. Termed’histoire naturelle. Qui porte des cornets ou de pe-tites cornes.

— ÉTYM . Comicule, et le latin férus, qui porte.

f CORNIDIE (kor-ni-die), s. f. Terme de bota-nique. Nom d’un genre de saxifragacées renfermantdes arbres ou arbrisseaux du Pérou et du Chili .

I. CORNIER, 1ÈRE (kor-nié, niè-r’), adj. Termed’architecture. Qui est à la corne, à l’angle descorps de bâtiment. Pièce de bois cornière, poteaucornier, pilastre cornier, pièce de bois, poteau,pilastre qui fait l’encognure d’un bâtiment. || Unejointure cornière, canal pluvial en tuiles qui faitla jonction de deux combles. || Terme forestier.Arbre cornier, arbre qui marque le coin d’une coupeen forêt. || S. m. Terme de marine. Cornier, partieélevée des angles de l’arrière d’un bâtiment, au-dessus des hanches.

— hist. xiv e s. Jusques à la cornière de la ditemaison, du cange, corneria. || xvi" s. Et pareille-ment fut partie une tour cornière qui estoit assezpuissante et ne put choir tout jus, pour le mur dela ville auquel elle s’appuya, monstrel. livre i,ch. 88.

— étym. Corne; Berry, la corne d'un bois, lacornière d'un bois, le coin d’un bois. De corntervient l’anglais korner, un coin, un augle.