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Tome premier. A - C.
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f COUILLON (kou-llon, II mouillées), s. m. Termede marine qui n’est guère usité que dans la Médi-terranée. Petit tapon d’étoupe placé dans une po-che que l’on fait faire à une voile, de manière àformer une espèce de bouton auquel on amarre dubitord pour tendre la voile.

— ÉTYM . Dit par assimilation avec un motobscène, couillon, couille, qui vient du latin coleus,grec xoJsè;, testicule.

f COU-JAUNE (kou-jô-n’), s. m. Nom vulgairedu genre fauvette. || Au pïur. Des cous-jaunes.

COULAGE (kou-la-j’), s. m.|| 1° Action de s’écoulerpar...., de se perdre. Le coulage du sel au traversde ces trémies grillées en dérobe ordinairement dixlivres par minot, vaub. Dîme, p. 4 40. Déduisez lesfaçons, l’impôt, le coulage [duvinj, etc. vous trou-verez net 140 ou I50fr. pour le bonhomme, p. l.cour, n, 283. || Action de couler la lessive. || Intro-duction , dans un moule, d’un métal qui a été misen fusion. || 2° Fig. Déchet, perte, résultant d’ungaspillage quelconque. Il y a ici beaucoup de coulage.

— ÉTYM . Couler.

COULAMMENT (kou-la-man), adv. D’une manièrecoulante, aisée. Il écrit coulamment. Tout lui four-nissait [à Mlle Rose, béate à extases] de quoi direet instruire naturellement, aisément, coulamment,st-sim. 87, 131. Il [Pavillon] succédait aussi cou-lamment è Benserade dans l’Académie française qu’à Racine dans l’Académie des inscriptions ,sainte-beuve, Une ruelle poétique sous Louis XIV .

— ÉTYM . Coulant , et le suffixe ment.

1. COULANT, ANTE (kou-lan, lan-t’), adj. || i* Quicoule. Quelques-unes des plus coulantes parties dusang, desc. Méth. 6. || Vin coulant, vin léger etagréable à boire. || Noeud coulant, noeud qui se serreet se desserre sans se dénouer. || 2° Qui verse enabondance. Cette terre coulante de lait et de miel,boss. il, Visit. 1.1| 3°Fig. Terme de littérature. Quiest comme s’il coulait, aisé, naturel. Ses vers sontbien coulants. Ses vers sont d’un beau style et saprose est coulante, boil. Sat. m. Le ton de la con-versation y est coulant et naturel, J. i. rouss. Ilél .il, 14. Rien n’est plus coulant ni plus harmonieuxque l’endroit où le poète décrit la douce et insinuanteéloquence de Nestor, rollin, Traité des Ét. u. i.|| Dans un sens analogue, dessin coulant. || 4° Êtrecoulant en affaires, être facile, accommodant. Jel’ai trouvé très-coulant. II m’avait fait entendre que,si je m’engageais à quitter la plume, on serait cou-lant sur le passé, J. J. rouss. Confess. xii. Qui peutvoir aujourd’hui ces mêmes ministres [pasteurs pro-testants], jadis si coulants et devenus tout à coupsi rigides, chicaner sur l’orthodoxie d’un laïque etlaisser la leur dans une si scandaleuse incertitude?j. J. rouss. Lett. de la mont. u.

— HIST. xiii' s. Si a bonnes portes coulans [àcoulisses], Por faire ceus defors doulans, Et pouremprendre et retenir, S’il osoient avant venir, laRose, 3839. || xv* s. En ai-je bien eü deus mille Desfrans; que sont-il devenu? Si coulant sont et si me-nu, Quand ma bourse en est pourvetle; Tost en aiperdu la veiie, froiss. Le dit dou florin. Plus quePithon merveilleux à oultrage, Escorpion qui seultpoindre les nus, Cuerplus coulant que couleuvre enmarage [marais], Souriecte qui a les dens agus,e. desch. Poésies mss. f° 38, dans lacurne. || xvi's.En un lieu glissant et coulant, suspendons nostrecreance, mont, ii, 24 i. Le sang s’engendre toutsoudain par la transmutation de quelque chair quise tourne promptement en liqueur coulante, amyot,P, Æm. 23 . Les sangsues qui habitent es eaux claireset coulantes, paré, xv, 69. Afin de rendre les par-ties plus glissantes et coulantes, id. xviii, 32. Enmaniéré de lacq colant, id. t. ii, p. 629. Ils tari-ront le coulant des fontaines, rons. 653.

— ÉTYM . Couler.

2 . COULANT (kou-lan), s. m. [| 1° Pierre fine quicoule le long d’un collier, d’un cordon, et qui peutle resserrer ou le relâcher à volonté. Cette dameavait un coulant de grand prix. || Nom d’un orne-ment de pierreries que les femmes ont porté au cou,composé d’un gros diamant et d’une croix au-dessous.|| 2" Anneau de fer ou d’acier au moyen duquel onserre et l’on desserre une chose. Des coulants debourse. || Terme de lampiste. Enveloppe cylindriqueen cuivre, destinée à porter la cheminée de lalampe et qui glisse sur le tuyau de la lampe pourrégler la hauteur de la flamme. || 3° Terme de jardi-nage. Tige grêle qui s’allonge en coulant sur lesol et donnant de distance en distance des rosettesde feuilles. || Rameau étalé sortant de l’aisselle desfeuilles intérieures, tout à fait nu dans une partienotable de sa longueur, et poussant, à son extré-

mité, d’abord des racines, ensuite des feuilles.Chaque fraisier donne naissance à des coulants quipropagent le plant. || 4° Outil de l’orfévre et duboutonnier. || 5° Terme de peinture. La longueur dupli d’une draperie. || 6° Coulants, s. m. plur. Piècesde bois placées verticalement sur les cadres d’un puitsde mine, pour empêcher latinede toucher au boisage.

— HIST. xvi* s. L’escroue et le coulant, lequel aumoyen d’une viz se hausse et baisse, paré, ix, 4.

— ÉTYM . Coulant 1 .

f COULAVAN (kou-la-van), s. m. Espèce de loriot.

f COULE (kou-1’), s. f. Espèce de capuchon portépar les religieux et religieuses.

— HIST. xii* s. Du chef de son braier une clefdef-fermerent, Et cole et estamine et un froc en oste-rent, nu cange, culla. || xiv* s. Froc ou coule demoine, id. cucullus.

— ÉTYM . Bas-latin, culla. Ce paraît être une con-traction, bien qu’elle soit forte, de cuculla, cucullus,capuchon, qui a donné régulièrement : provenç.cogula; catal. cugulla; espagn. cogulla; ital. cu-cullo. Mais on a un exemple d’une aussi forte con-traction dans l’ancien français coui, qui veut direet représente cocu ; provenç. cogul. On remarqueraaussi que cuculla veut dire capuchon; mais on trouvecuculla dans des textes du moyen âge avec le sensde froc.

1. COULÉ, ÉE (kou-lé, lée), part passé. || 1° In-troduit en coulant. Du plomb coulé dans les creux.Les esprits coulés dans les muscles parles nerfs ré-pandus dans tous les membres font le mouvement,boss. Connaiss. u, 6. || Terme d’architecture. Ferméavec du plomb fondu. Ces joints sont mal coulés.|| 2° Coulé à fond, ou, simplement, coulé, enfoncéau fond de l’eau. Le navire coulé par une bordéed’artillerie. || Familièrement. C’est un homme coulé,il est perdu, ruiné. || Question coulée, coulée à fond,question épuisée. || 3° Glissé furtivement. Quelquespistoles coulées adroitement dans sa main. Un mot im-portant coulé dans l’oreille.|| 4° Terme de gravure.Traits coulés, tailles coulées, traits, tailles qui sui-vent avec aisance la direction d’un contour. || 5° Quin’a pas noué, en parlant des fleurs et des boutonsà fruit’ des plantes. Fleurs coulées. Fruits coulés.Blé coulé.

2. COULÉ (kou-lé), s. m. || 1' Terme de musique.Passage qui se fait d’une note à une autre, en lesliant par le même coup de gosier, de langue oud’archet. Le coulé se marque par un trait «n arcplacé au-dessus des notes liées. || 2“ Sorte de pas dedanse, qui n’est autre chose que le glissé. || 3° Termede peinture. La première teinte que l’on donne dansune ébauche. || 4° Terme de fondeur. Ouvrage jeté enmoule. || 5° Terme de broderie. Assemblage de deuxpoints faits séparément sur une même ligne. || 6° Uncoulé, une liaison de la coulée, écriture. || 7“ Uncoulé, se dit au billard de l’action de couler. Voilàun beau coulé. Jouez ce carambolage par le coulé.

— ÉTYM . Coulé 1.

COULÉE (kou-lée), s. f. || 1' Action de couler. Lacoulée d’une lessive. La coulée des laves d’un vol-can. || 2° Opération du coulage d’un métal. || Flot delave, de métal ou de verre à l’état de fusion. Il pa-raît que ces déjections [du Vésuve ] n’étaient pointàl’état fluide; car je n’ai vu nulle part de trace d’unecoulée de lave, tchihatchef, Comptes rendus, Acad,des sc. t. liii, p. 4 090. || Endroit par où s’écoule lafonte contenue dans un creuset de forge. || 3° Sorted’écriture penchée dont toutes les lettres sont uniespar des liaisons. Écrire la coulée. Et, adjectivement,une écriture coulée. || 4° Terme de chasse. Cheminétroit que le cerf suit pour se rendre dans son réduit.|| En général, faux chemins que les animaux tracentdans les bois. || 5° Terme de géologie. Interpositionde masses semi-liquides, qui se.sont solidifiées sansse stratifier. || 6“ Terme de marine. Adoucissemententre les genoux et la quille d’un vaisseau. || Partiesubmergée d’un navire recouverte par les bordagesappelés ribords.

— ÉTYM . Coulé 4 ; saintongeois, couline, coulée,vallon.

t COULEMELLE (kou-le-mè-1’), s. f. Champignon,dit aussi coulmotte, bon à manger ; sorte d’agaric.

t COULEMENT (kou-le-man), s. m. || 1“ Mouve-ment des liquides suivant leur pente. || 2“ Termed’escrime. Coulement d’épée, action de faire glisserd’un bout à l’autre la lame de son épée contre cellede l’adversaire.

— HIST. xvi* s. Mais tout ainsi que l’onde à val desruisseaux fuit Le pressant coulement de l’autre quila suit, Ainsi le temps se coule.... rons. 917.

— ÉTYM . Couler.

t COULEN (kou-lèn’), s. m. Plante légumineuse

du Chili ( psoralea glandulosa, L.) dont les feuillesen infusion sont stomachiques.

f COITLEQUIN (kou-!e-kin), s. m. Nom vulgairede la cécropie, plante.

COULER (kou-lé), v. n. || 1» Se mouvoir, en par-lant des liquides. Ce ruisseau, cette fontaine coulelentement. Male aimait un ruisseau coulant entredes roches, la font. Captivité de S‘ Male. Épar-gnez-moi des pleurs qui coulent à ma honte, corn.Poly. il, 2. Voyez couler nos pleurs sans y mêlervos larmes, id. Hor. iii, 6. L’Inde et l’Hydaspe entiervont couler sous vos lois, rac. Alex, iv, 2. Moi qui....Par d’austères conseils ai fait couler vos larmes, id.Iphig. v, 6. J’ai pris, j’ai fait couler dans mes brû-lantes veines Un poison que Médée apporta dansAthènes , id. Phèd. v, 7. Tant qu’un reste de sangcoulera dans mes veines, id. Iph. iv, 6. De vos yeuxattendris je vois des pleurs couler, volt. Orph. i, o.S’il faut mon sang pour la victoire, Agnès, toutmon sang coulera, bérang. Charles VII . L’union dedeux rivières en une les fait couler plus vite, parceque, au lieu du frottement des quatre rives, ellesn’ont plus que celui de deux à surmonter, fonten.Guglielmini. L’acier, l’or et l’argent coulent en longsruisseaux, delille, Énéide , vm. || Par analogie. Onappelait faire couler l’Eucharistie, la donner dé-trempée dans une liqueur, boss. Comm. || Fairecouler le sang, engager une lutte, une bataille. Lesang à votre gré coule trop lentement, rac. Athal.n, 5. || 2“ Fig. Quand l’âge dans mes nerfs a faitcouler sa glace, corn. Cid, i, 7. Aucun espoir n’ycoule [dans mon cœur], où j’ose persister, id. Poly.

m, 4. Elle sentit la flamme qui coulait déjà dans sonsein, fén. Tel. vu. Il était convenable qu’il coulâtdans son sein quelque étincelle de cet amour, boss.iii. Nativ. 2. Henri voit ces beaux lieux, et soudainà leur vue Sent couler dans son âme une joie in-connue, volt. Henr. vii. Heureux, dit-on, le peu-ple florissant Sur qui ces biens coulent en abondance!rac. Esth. ii, 9. Par quelle adresse il fit couler jus-qu’à vous ses assistances imprévues, fléch. II. deMont. La douce persuasion coulait de ses lèvres,fén. Tél. x. Des provinces les plus éloignées parles soins des hommes apostoliques coulaient desfleuves de charité, mass. Carême, Aumône. Sentantcouler dans son âme un détachement secret detoutesles choses créées et une sensible confiance que sesvœux seraient exaucés, fléch. Panég. Ste Thérèse.|| 3° Par extension, laisser échapper, en parlantd’un vase, d’un tonneau. Ce tonneau coule. Quandon est enrhumé du cerveau, le nez coule. || Lachandelle coule, c’est-à-dire dusuifquine brûle pasavec la mèche, coule et se répand le long de la chan-delle. || 4°Être plus ou moins fluide. Cette encre necoule pas assez. || B* Passer, en parlant du temps. Elleaurait vu couler sans crainte et sans envie, Chez unprince allié, les restes de sa vie, corn. Nicom. i, 6.Il coulera du temps avant qu’il s’établisse, tristan,M. de Chrispe, i v, il. Le temps coule trop vite àson gré, fléch. Panég. i, 242. Seize années d’uneprospérité accomplie qui coulèrent sans interruption,boss. Reine d’Anglet . 9. Je voyais près d’iris coulermes heureux jours, boil. Poésies div. 6. Vos jourstoujours sereins coulent dans les plaisirs, rac. Brit.

n, 3. Mes jours moins agités coulaient dans l’inno-cence, id. Phèd. i, 3. Tous les siècles qui ont couléjusqu’à nous, vous les regarderiez comme desinstants fugitifs, mass. Carême, Mort. Jusqu’à quandverrai-je couler les jours rapides de ma carrière? id,Carême, Faus. confl. Le torrent des siècles, qui en-traîne tous les hommes, coule devant ses yeux, id.Carême, Mort. Le siècle d’or coula sous ses auspices,Le siècle d’or ne vit que des heureux, malfil. Nar-cisse, ch. i. Laissons revenir en foule Mensonge ,erreurs, passions; Sur ce peu de temps qui couleFaut-il des réflexions? chaulieu, à la duchesse deBouillon. || 6* Découler, résulter. C’est de lui quecoulent ses autres vices, mass. Petit carême,Tent . d. gr. Si je puis une fois établir ce prin-cipe, on en verra couler les lois comme de leursource, montesq. Esp. i, 3. C’étaient des effets dif-férents, puisqu’ils coulaient de principes divers, id.Esp. xxvii, ch. unique. || 7* Avoir une facile etheureuse abondance, en parlant du style. Un stylequi coule de source. Cette harmonie ravissante faitque, dans la plupart de ses ouvrages [de Saplio], sesvers coulent avec plus de grâce et de mollesse queceux d’Anacréon et de Simonide , barthél. Anach.ch. 3. || 8° Terme de fondeur. Cette cloche a coulé,le métal s’est échappé par quelque fente du moule.|| 9° Terme d’agriculture.Ne pas venir à bien, en par-lant des fleurs qui ne nouent pas et tombent sans saformer en fruit. Ou quelque longue pluie, inondant