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sans ménagement, injurieusement, ce qu’on pensede sa conduite. Vous n’avez pu vous contenir, etvous lui avez craché son fait au nez. || Terme demarine. Un bâtiment crache ses étoupes, quand lafatigue fait ouvrir les coutures, au point que lesétoupes en sortent.
— IIIST. xii” s. Ensi firent Giwui, quant il untDeu jugié; Vilment l’unt escrié, batu e coleié; Enmile vis ii unt escopi e rachié, Th. le mari. 46. || xm' s.Et vaut [vin de pomme] especiaument à ciaus [ceux]qui ont le pis [la poitrine] aspre et sec, et qui nepuent legierement rachier, alebrant, f° 43. Renartjut sus tôt en travers, Lesdenz li brisa en la bouche,En la chiere li crache et mouche, Es eulz [yeux]li boute le baston, Et poile as ongles legrenon,71en.l4986. Quant il crachoit le sanc de sa bouche, joinv.227. || xv” s. Vrayment, c’estes vous tout poché; Carquoy? qui vous auroit craché Tous deux encontrela paroy D’une maniéré et d’un aroy, Si seriez-voussans différence. Patelin. C’estes vous, dy-je, toutcraché, ib. Et pour plus les injurier, prirent la ban-nière du roy de France , et l’allerent trainant aulong des boues, et marchèrent et crachèrent sus,Bouciq. ni, 7. || xvi” s. Avez vous jamais entenduque signifie cracher au bassin?.... Hz crachoient de-dans les plats, affin que les houstes désistassentmanger, rab. Faut, iv, anc. prol. Comme celui quicrache contre le ciel, yver, p. 565. Après l’opinias-tré combat de traict et de main, le navire est briséà coups de hache, chaque pertuis crachant du sang,n’AUB. Hist. iii, (4. Un crache-en-ruelle [un vieil-lard catarrheux], cotgRave. C’est le pere tout cra-ché, oubin, Dict. Il n’ose cracher de peur d’avoirsoiffse ditd’un avare], id. ib. Ils peignent le prison-nier crachant au visage de ceulx qui le tuent et leurfaisant la moue, mont, i, 244.
— ET YM. Berry, crâier, cracher salement; pi-card, raker; bourguig. craiché; wallon , rèehi, ra-chi; provenç. es-cracar; sicil. s-craccare ; pays deCoire , s-cracclliar ;du germanique : anc. Scandinave,hrâki , salive, hrækia, cracher; anglo-sax. hrcekan.La forme germanique, avec Vh devant IV, expliqueà la fois cracher et radier qui sont le même mot,comme Chlodovig contient à la fois Clovis et Louis.Il est probable que le latin screare renferme un radi-cal commun h celui des langues germaniques (scrégal à hr) ; mais il ne peut rendre raison des formesromanes; il aurait donné escreïer, et non cracherni surtout rachier.
CUACHEUR, EUSE (kra-cheur, cheû-z’), s. m. et/. Celui, celle qui ne fait que cracher.
CRACHOIR (kra-choir), s. m. Sorte de vase oùTon crache, dans les appartements.
CRACHOTEMENT (kra-cho-te-man), s. m. Actionde crachoter; fréquente expulsion d’une petite quan-tité de salive hors de la bouche. 11 a un crachote-ment perpétuel.
CRACHOTER (kra-cho-té), ». n. Cracher souventet peu à la fois. Il ne fait que crachoter. Le maladea crachoté toute la matinée.
— ÉTŸM . Fréquentatif de cracher.
t CRACIDË (kra-si-dé), s. m. Terme de zoologie.Individu du genre crax ou hocco (oiseaux).
f CRACOVIE (kra-ko-vie). Arbre de Cracovie, ar-bre autrefois célèbre, au jardin du Palais-Royal ,auprès duquel se rassemblaient les nouvellistes.
f CllACOVlENNE (kra-ko-viè-n’), s. f. Danse po-lonaise vive et légère.
— étym. Cracovie, ville de Pologne .
t CRACOVISTE (kra-ko-vi-st’), s. m. Nom donnéaux nouvellistes et gobe-mouches qui se réunissaientsous l’arbre de Cracovie (voy. cracovie ).
t CRACQUE (kra-k’), s. f. Espèce de fente, dansles exploitations de mines.
f CRACRA (kra-kra), s. m. Un des noms vulgairesdu fruit de l’arbousier.
f CRADEAU (kra-dô), s. m. Un des noms vul-gaires de la sardine, dans quelques départements.
f CRADOT (kra-dô), s. m. Un des noms vulgairesde la jeune brème de rivière.
f CRAFFE (kra-f’), s. f. Banc de pierre qui gênel’exploitation d’une ardoisière.
t CRA G (kragh’), s. m. Terme de géologie. Cal-caire coquillier de l’étage supérieur du terrain su-percrétacé.
— étym. Mot celtique signifiant pierre, et qui,sous la forme de crag ou crage, est usité en ce sensdans quelques départements: les Chaumes de crage,nom d’une localité près d’Angoulême .
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f CRAI (krè), s. m. Gravier calcaire qui recouvrela plaine de la Côte-d’Or .
— étym. Le même mot que crag.
CRAIE (krê), s. f. || 1” Carbonate de chaux amor-phe qu’on trouve dans le sein de la terre, où il formedes bancs plus ou moins épais. Les fonds de craie[dans les fleuves] résistent plus que ceux de sableou de limon, fonten. Guglielmini. La craie queTon croyait si moderne se trouve ainsi bien reculéedans les siècles de l’avant-dernier fige, cuv. Révol.p. 285. Fuis de ce tuf ingrat la rudesse indocile, Etle fonds plein de craie où gtt l’affreux reptile, de-lille , Céorg. n. || Craie coulante, chaux carbonatéepulvérulente, rendue fluide par l’eau. || Crayon decraie, ou, simplement, craie, petit morceau de craietaillé en crayon et avec lequel on écrit sur un ta-bleau noir, ou sur tout autre fond qui n’est pasblanc. Tracer à la craie. || Craie de Briançon, nomimpropre donné à la variété écailleuse de la stéa-tite (talc), qui est un silicate de magnésie et dontles tailleurs se servent pour tracer leurs lignes.|| 2° Absolument. Marque que le maréchal-des-logisfaisait sur la porte des maisons où les personnes sui-vant la cour en voyage devaient loger. Loger à lacraie. Cette maison est exempte de la craie. || Cetusage est complètement aboli. || 3“ Terme de faucon-nerie. Maladie des oiseaux de proie, dite aussi pierre.
— hist. xm” s. Car ele ert [était] aussi blanchecomme croie qu’on houe, Berte, xxxm. Terre k po-tier, ne nule autre maniéré de terre, ne croie, nedoivent rien de chaucie, Liv. des mit. 277. Là prentDiex son repast, son confort et sa joie; Trestout leremanant ne prise ung trait de croie, i. de meung,Test. 1496. || xv” s. Dix muys de vin blanc commecroye, villon, Petit testam. ||xvi” s. Or ne trouvè-rent ilz point là, sur l’heure, de croye ou de terreblanche pour marquer, à raison de quoy ilz prirentde la farine, amyot, Alex. 60 . Quelque excrementblanc semblable à la croye, taré, xviii, 27.
•f CRAIGNANT ( krè-gnan ), part, présent indé-clinable, qui s’est employé autrefois dans cette seulelocution : une personne très-craignant Dieu . Clo-taire, prince très-pieux, très-craignant Dieu , volt.Mœurs, i“ peuple.
j CRAILLEMENT (kra-lle-man, II mouillées), s.m. Cri de la corneille.
— hist. xvi's. Craillement, coîgrave.
f CRAILLER (kra-llé, U mouillées), ». ». Se ditdu cri de la corneille.
— HIST. xvi” s. Crailler, croailler, cotgrave.
f t. CRAIN (krin), s. m. Nom que donnent lesmineurs aux fissures de séparation des couches,quand ces fissures sont perpendiculaires, ou à peuprès, aux couches de stratification. || Certaines so-lutions de continuité dans les couches de houille.
j-2. CRAIN (krin), s. m. Voy. chou.
CRAINDRE (krin-dr’), je crains, tu crains, ilcraint, nous craignons, vous craignez, ils craignent;je craignais; je craignis; je craindrai; je craindrais;crains, qu’il craigne, craignons, craignez; que jecraigne, que nous craignions, que vous craigniez;que je craignisse; craignant; craint, crainte, ». a.||j 1” ÉprouveHe sentiment qui fait reculer, hésiterdevant quelque chose qui menace. Qui ne craint pasla mort ne craint pas les menaces, corn. Cid, n,1. Qui peut tout doit tout craindre, id. Cinna, iv,3. il ne faut craindre rien quand on a tout à craindre,id. Iléracl. i, 6. Les rois craignent surtout le reprocheet la plainte, rac. Esth. m, 1. Je le craindraisbientôt s’il ne me craignait plus, id. Brit. i, l.Comme il les craint sans cesse, ils le craignent tou-jours, ID. Baj. i, 1. Nous [Phéniciens ] avions toutà craindre de sa sagesse [de Sésostris ], fén. Tél. ni.C’était une de ses maximes, qu’il fallait craindre lesennemis de loin pour ne les plus craindre de prèset se réjouir à leur approche, boss. Louis de Bour-bon. Mentor , qui craignait les maux avant qu'ilsarrivassent, ne savait plus ce que c’était que de lescraindre dès qu’ils étaient arrivés, fén. Tél. H. Etdans l’état où j’entre, à te parler sans feinte, Ellea lieu de me craindre, et je crains cette crainte,corn. Rod. i, 5. Prince, je crains le crime et nonpoint le trépas, la motte, Inès de Castro , iii, c.|| Absolument. Espérer, c’est se flatter de la jouis-sance d’un bien; craindre, c’est se voir menacé d’unmal, condillac , Traité sens. part, i, Ch. 3, § 8.Il Craindre pour quelqu’un, pour quelque chose,craindre qu’il ne lui arrive quelque mal, quelquedommage. II [Thalès] avait coutume de dire que lapreuve d’un bon gouvernement était d’engager les
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sujets non à craindre le prince, mais à craindrepour lui, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. n, p. oto,dans pougens. || Se faire craindre, inspirer la crainte.Ils se sont fait longtemps craindre. Quand on cher-che si fort les moyens de se faire craindre, on trouvetoujours auparavant ceux de se faire haïr, montesq.Lett. pers. t4t. || 2°Révérer, respecter. Craindreson père. Je crains Dieu , cher Abner, rac. Athal.i, I. La gloire des méchants en un moment s’éteint;L’affreux tombeau pour jamais les dévore; Il n’enest pas ainsi de celui qui te craint : Il renaîtra, monDieu , plus brillant que l’aurore, id. Esth. n, B.Crains Dieu , et garde ses commandements, carc’est là tout l’homme, boss. Duch. d'Orl . Souvenez-vous que ceux qui craignent les dieux n’ont rien àcraindre des hommes, fén. Tél. xii. Il faut que lessujets espèrent en Dieu et que les souverains le crai-gnent, d’alemb. Éloges, Bossuet . |] Familièrement.Ne craindre ni Dieu ni diable, se dit d’un hommeméchant et capable de tout. || Par extension. Ce che-val craint l’éperon, il obéit à l’éperon. || 3“ En par-lant des choses inanimées, éprouver du dommage,ne pas résister. Ces plantes craignent la gelée.Arbres qui ne craignent pas l’hiver. || 4“ V. n.Craindre avec de et l’infinitif, hésiter, ne pas oser.Ne craignons pas de parler en cette circonstance. Onne voit dans ses jugements [du juge qui veut s’agran-dir] qu’une justice imparfaite, semblable,jene crain-drai pas de le dire, à la justice de Pilate.... eoss,le Tellier. Sans cesse on prend le masque, et quittantla nature, On craint de se montrer sous sa proprefigure, boil. Épit. xi. Sur les pas d’un banni crai-gnez-vous de marcher? rac. Phèd. v, t. Des soupirsqui craignaient de se voir repoussés, id. Androm.iii, 6. Le cardinal de Richelieu était mort peu re-gretté de son maître, qui craignit de lui devoir trop,boss. le Tellier. Viens régner avec nous si tu crainsde servir, volt. Fanat. I, 4. || Avec le subjonctifaccompagné de la particule ne. Craignez-vous qu'ilne vienne? Je crains qu’en l’apprenant son cœur nes’effarouche, corn. Nicom. i, 6. Je n’ai jamais im-portuné Votre Majesté pour lui demander du bien ;je crains que je ne l’importune en lui disant qu’ellem’en a fait, fléchier, dans girault-duvivier. Jecrains presque, je crains qu’un songe ne m’abuse,rac. Phèd. ii, 2 . Quoi! Craignez-vous déjà qu’ils nesoient écoutés? id. ib. iv, 4. Tout m’est suspect : jecrains que tout ne soit séduit; Je crains Néron , jecrains le malheur qui me suit, ID. Brit. v, I. Tantqu’il vivra, craignez que je ne lui pardonne, id.Andr. iv, 3. Ah! courez et craignez que je ne vousrappelle, id. ib. iv, 3. On craint qu’il n’essuyât leslarmes de sa mère, id. Andr. i, 4. |) Sans la parti-cule ne. 11 nous fallait, pour vous, craindre votreclémence, Et que lé sentiment d'uti cœur trop géné-reux, Usant mal de vos droits, vous rendit malheu-reux, corn. Pomp. m, 2 . Il craint qu’un indiscretla vienne révéler, id. Théod. v, t. Mais je crainsqu’elle [la patience] échappe et que, s’il continue,Je ne m’obstine plus à tant de retenue, id. Nicom.i, 2 . Avec juste raison je crains qu'entre nous deuxL’égalité rompue en rompe les doux nœuds, Et quece jour fatal à l’heür de notre vie Jette sur l’un denous trop de honte ou d’envie, id. Rod. i, 6. Et leplus grand des maux toutefois que je crains, C’estque mon triste sort me livre entre ses mains, id. ib.i, 7. Vous craignez que ma foi vous l’ose reprocher,id. ib. i, 6. Voüs l’accusiez pourtant, quand votreâme alarmée Craignait qu’en expirant ce fils vouseût nommée, id. ib. v, 4. Seigneur, je crains pourvous qu’un Romain Vous écoute, id. Nicom. i, 2 .Je craindrais que peut-être X quelques yeux sus-pects tu me fisses connaître, mol. Fâcheux, m, i.Mais hélas! je crains bien que j’y perde mes soins,
id. B. Garde, ii, 6.Oui, mais qui rit d’autrui
Doit craindre qu’à son tour on rie aussi de lui, id.Éc. des femmes, i, 1. Les soins d’un amour extrêmeDevroient moins vous alarmer; Vous craignez tropqu’on vous aime; Ne craignez-vous point d’aimer?quinault , Proserpine, i, 3. Et craignant qu’on mefasse un crime de mes pleurs, campistron, Andro-nic, v, lo. Craignant surtout qu’à rougir on l’expose,volt. Zaïre , iv, 2 . || Bien que la particule ne soitréellement explétive, cependant l’usage en a consa-cré l’emploi; et la supprimer est une licence qui n’estpermise qu’à la poésie; elle Test aussi quand la con-struction est interrogative ou implique un sens né-gatif : Peut-on craindre que des choses si générale-ment détestees fassent quelque impression dans lesesprits? mol. Préf. duTàrt.Qn peut prendre du pro-fit, sans craindre qu’il soitüsutaire, pasc. Prov. sJe crains peu qu’un grand roi puisse en être jaloux,créb. Éleclrc, il, 4. || Ne pas craindre, suivi de