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Tome premier. A - C.
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CRÉ

ne loge rien en sa teste par simple auotorité et àcrédit, id. i, 162 . Et craignoient tous, à crédit, unque personne n’avoit veu, la boétie, 58. Et si onconsidéré combien la pluspart des hommes sont au-jourd’hui mal montez et mal dextres à la lance, onaura honte de les mettre en un corps simple, quiest autant que se faire battre à crédit, lanoue, 293.Quand ces paradoxes auront esté bien examinez,aucuns leur donneront paravanture autant de créditqu’à l’opinion vulgaire, in. 307. En ce pays-là lecharroy n’a point de crédit, et n’y en peult-on mener,carl. x, 24. Nous croyons, jugeons, agissons, vi-vons, et mourons à crédit, selon que l’usage publicnous apprend, charron, Sagesse, i, 17. Homme etfemme conjoincts par mariage sont uns et communsen biens, meubles, debtes et crédits faits tant devantleur mariage que durant, Coust. génér. 1. 1 , p. 919.Toutes leurs debtes et crédités, ib. t. ii, p. 260 . Jem’adresseray à ceux qui n’en parlent point à crédit,ains semblent avoir de quoy payer, h. est. Apol.d’IIérod. Préface. Servir Dieu à crédit et par procu-reur, cotorave. Assez a qui bon crédit a, id.

— ÉTYM . Ital. credilo, du latin credere, croire(voy. croire).

CRÉDITÉ, ÉE (kré-di-té, tée), part, passé. Quia un crédit, une somme à toucher. Crédité d’unesomme considérable. || S. m. Celui auquel on a ou-vert un crédit. Le crédité.

CRÉDITER (kré-di-té), v. a. Terme de commerce.Inscrire au crédit ce qu’on doit à quelqu’un, cequ’on a reçu de lui. Je vous ai crédité des 500 fr.que vous m’avez versés. Être crédité sur une ville,avoir des lettres de crédit sur cette place.

— ETYM . Crédit.

j-CRÉDITEUR (kré-di-teur), s. m. Terme de com-merce. Celui qui a des sommes portées à son créditsur les livres.

— ÉTYM . Créditer. Autrefois créditeur avait le sensde créancier: Monsieur, mon bon ami, j’estois icyà mesme pour payer ma debte; mais j’ay trouvé unbon créditeur qui me l’a remise, mont, iv, 333.

CREDO (kré-do), s. m. || i°Le premier mot et lenom du symbole des apôtres, qui contient en douzearticles les dogmes principaux de la foi. Le credo sechante à toutesles messes chantées le dimanche,ex-cepté aux messes de mort; mais en semaine on lechante ou on ne le chante pas, suivant la férié. 11 Ap-prendre son credo, apprendre les premiers élémentsde sa religion. || 2° Par extension, ce que l’on prendpour règle de ses opinions. Il prend son credo dansson journal.

— HIST. xvi* s. On parle de luy comme de Pilatedans le credo, oudin, Curios. fr. add.

— ÉTYM . Credo, je crois (voy. croire). Credo s’estdit pour crédit : Il vous plaise nous envoyer quelquepeu d’argent pour nous povoir entretenir jusques àla venue de nostre dit maistre; car, madame, nousn’avons plus que frire synon sur credo, Lett. delouis xii, t. m, p. <72, dans lacurne.

CRÉDULE (kré-du-1’), adj. |j 1° Qui croit trop fa-cilement. Écoute, père aveugle, et toi, prince cré-dule, CORN, lléracl. iv, 4. Et ton esprit crédule oses’imaginer Qu’Auguste pouvant tout peut aussi medonner, in. Cinna, m, 4. Avoir pour deux méchantsune âme si crédule, id. Nicom. m, 8. Un fol allaitcriant par tous les carrefours Qu’il vendait la sa-gesse; et les mortels crédules, De courir à l'achat....la font. Fabl . ix, 8. L’éclat de tant de gloire avaitjusqu’à ce jour Ébloui mon âme crédule, quinault,Amad. i, 3. Je ne puis plus tromper une amantecrédule, rac. Baj. il, 6. Es-tu toi-même si créduleQue de me soupçonner d’un courroux ridicule? id.ib. iv, 7. Je saiscombien, crédule en sa dévotion,Le peuple suit le frein de la religion, id. ib. i, 2 .....Crédule, je l’aimais, id. Iphig. n, v. Crédulejusqu’à croire à tous ces vains discours Et qu’il étaitencor d’éternelles amours, segrais, Égl. 2 . Il aressenti le malheur d’être trop crédule pour unefemme, fén. Tél. xix. Putiphar , trop crédule auxparoles de sa femme, entra dans une grande colère,rollin , Traité des ÉtAiw. v, 2* part. ch. 2 , art. 2. J’aitrompé son esprit crédule à mes discours, lemierre,Charlem. m, 3. Que l’alné, peu crédule à la vie, à lagloire, v. hugo, Voix intérieures, u, 6.Trop créduleen ton serment perfide, lemerc. Âgam. v, 5. Ha-bile à soulever le crédule vulgaire, delille, Éneïde,xi. Crédule par espoir, par désespoir peut-être, ils’enivre quelques instants de cette apparence [denégociations], et, pressé d’échapper au sentimentintérieur qui l’oppresse, il semble vouloir s’étourdiren s’abandonnant à une joie expansive, ségur, Ilist.de Hap. viii, 10 . || Substantivement. Or je vous de-mande, qui est ici le crédule? mass. Car. Avenir

DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

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[| 2° En parlant des choses. Avec une facilité tropcrédule, pasc. dans cousin. Attendrons-nous qu’unnouveau Lulle, Fier de ses chimiques travaux, Pro-mette à notre espoir crédule L’art de commanderaux métaux? lamotte , Odes , t. i, p. 622, danspougens. Je ne m'aveugle point; d’un sot orgueilépris, Mon crédule Apollon sur son faible génie N’apoint fondé l'espoir de leur ignominie [de Voltaire etdes autres écrivains ses amis et sectateurs], Gilbert,Mon apologie. Partouneaux crut à cette fausse nou-velle; car, en fait de malheurs, l’infortune est cré-dule, ségur, Hist. de Nap. xi, 7.

— HIST. xiv s. Et se maistre Jehan estoit si cré-dule à eulz et à leurs douces paroles es quelles il sefiast trop ... Ménagier , il, 3.

— ÉTYM . Lat. credulus, de credere (voy. croire).

f CRÉDULEMENT (kré-du-Ie-man), adv. D’une

manière crédule.

— ÉTYM . Crédule, et le suffixe ment.

CRÉDULITÉ (kré-du-li-té), s. f. État d’esprit du

crédule. Avec quelle insolence et quelle cruauté Ilsse jouaient tous deux de ma crédulité ! rac. Baj.iv, 5. Pardonne, cher Hector, à ma crédulité, id.Andr. m, 6. Moi-même, rougissant de sa crédulité,id. Baj. m, 4. [Il faut] De la crédulité donner à tousl’exemple, volt. Fanat. n, 5. Les prêtres ne sontpas ce qu’un vain peuple pense, Notre crédulité faittoute leur science, id. Ôidipe, iv, I. Mais depuisque l’aspect des hautes vérités Le retira, dit-il, deses crédulités.... lemerc. Clovis , i, 2 . Que faites-vous par vos crédulités et vos complaisances? vousanimez le médisant, vous réchauffez le serpent quipique, fléch. dans le Dict. de dochez. La crédulitédes peuples, qui est toujours au-dessus du ridiculeet de l’extravagant, réparait tout, montesq. Rom.t. vi, p. 246, dans pougens. Votre inépuisable cré-dulité ne me fâche plus, mais elle m’étonne tou-jours, j. i. rouss. Lett. d’Ivernois, Corresp. t. vi,p. 364, dans pougens. On sait qu’un vif intérêt en-fante la crédulité, et qu’ainsi le nombre des charla-tans dans chaque science croît en raison de l’impor-tance plus grande que les hommes attachent à sonobjet, Condorcet, Bucquet.

— hist. xii" s. Li agaitanz anemis fait à la foisalcun semblant de pieteit, por ke il à la fin de cre-duliteit puist parvenir, Job, 454. || xiv* s. La crédu-lité ou opinion. — Teles credulitez et suspections,oresme, Thèse de meunier.

— ÉTYM . Lat. credulitatem, de credulus (voy.crédule).

j- CRÉE (krée), s. f. Terme de commerce. An-cienne sorte de toile de Bretagne . Dispensons lesfabricants de tramer de barres transversales auxdeux chefs des toiles nommées Bretagnes et de cellesnommées crées [la marque de ces toiles devait por-ter créas nuevas], Lettres patentes, 16 déc. 1780.

— ÉTYM . Espagn. créa, sorte de toile.

CRÉÉ, CRÉÉE (kré-é, kré-ée), part, passé.|| 1° Tiré du néant. Le monde créé de Dieu . Et moi jepasse aussi parmi l’immense foule D’êtres créés,détruits, qui devant toi s’écoule, lamart. Harm.iv, u. || 2° Produit. Les industries créées dans cepays. Une suite d’opérations faites sur des corpspour ainsi dire étrangers à la nature et créés dansles laboratoires, condorcet, Bucquet. Si la vie et lamort ne sont pas même, hélas! Deux mots crééspar l’homme et que Dieu n’entend pas! lamart.Harm. iv, n. 11 Rôle créé, se dit, au théâtre, d’unrôle qui est joué pour la première fois. Elle n’oseaborder un rôle créé par cette grande tragédienne.|| 3 ° S. m. Celui qui est créé. Si un être intelligentavait créé un être intelligent, le créé devrait resterdans la dépendance qu’il a eue dès son origine,montesq. Esp. i, i. || Le créé, l’ensemble des créa-tures. Afin que nous soyons contraints de sortir denous-mêmes, il faut qu’une plaie profonde de notrecœur fasse que tout le créé se tourne poumons enamertume, fén. Lett. spirit. 195. || On emjiloie rare-rement créé comme substantif, et seulement dansles cas tout spéciaux comme ceux qui sont indiquésdans les exemples.

CRÉER (kré-é), je crée, tu crées, il crée, nouscréons, vous créez, ils créent; je créais, nouscréions, vous créiez; je créai, nous créâmes; jecréerai; je créerais; crée, créons, créez; que jecrée, que nous créions, que vous créeiez: que jecréasse; créant; créé, créée, v. a. || 1“ Tirer quel-que chose du néant. Dieu a créé le ciel et la terre.La première époque vous présente un grand spec-tacle : Dieu qui crée le ciel et la terre par'sa paroleet qui fait l’homme à son image, boss. Ilist. i, i.Selon Platon, Dieu ne crée rien, il ne meut rien; ilrègle seulement autant qu’il le. peut le mouvement

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que la matière a déjà par elle-même, condillac,Hist. anc. ni, t9. Pour créer l’univers et le réduireen poudre, Que te fallait-il? deux instants, c. de-lav. Paria, iv, 7. || Absolument. Une dérision d’unêtre habile à nuire, Qui s’amuse sans but à créerpour détruire, lamart. Harm.iv, H. || 2°Inventer,imaginer, en parlant de l’homme. Créer des mots.Lavoisier a crié la chimie pneumatique. La paléon-tologie a été créée par Cuvier. Notre esprit qu’A-mour seconde, Au coin du feu crée un monde Qu’undoux ciel toujours féconde, Où s’aimer tient lieu debien, Béranger, l'Hiver. Celui-ci [Boileau ] passeJuvénal , atteint Horace, semble créer les penséesd’autrui et se rendre propre tout ce qu’il manie ; ila, dans ce qu’il emprunte aux autres, toutes lesgrâces de la nouveauté et tout le mérite de l’inven-tion, la bruy. Disc, d l’Acad. fr. || Absolument. Lanature est à vous, et votre main féconde Disposepour créer des éléments du monde, delille, Jardins,1 .1| Terme d’histoire naturelle. Créer un genre, uneespèce, l’établir en en indiquant les caractèresparticuliers. || Créer un rôle, se dit, au théâtre, decelui qui le joue le premier. C’est Levasseur qui acréé le rôle de Bertram dans Robert le Diable.|| 3° Produire, susciter. L’ordre de choses que laRévolution a créé en France . 11 avait une armée etj’en forme aujourd’hui, Il m’a fallu créer ce qui s’of-frait à lui, volt. Catil. il, 3.Je sus, créant une

armée, Me faire le vengeurde la terre opprimée,saurin, Spartac. m , 4. Et le nom d’un tel chef eûtcréé des soldats, c. delav. Vêpres sicil. iv, 4. || Secréer, créer à soi. Il sut se créer des ressources.Par leur maladresse, ils se sont créé bien des diffi-cultés. Les besoins factices qu’il s’est créés. || 4 ° Fon-der, instituer. Créer une académie. Créer des em-plois. C’est alors qu’on créa les préfectures. On créaune seconde compagnie, une troisième, plusieurssuccessivement; et le gouvernement, qui se faisaitune habitude d’en créer, croyait toujours qu’il luiétait avantageux d’en créer encore, condillac,Comm. gouv. part. 2 *, ch. 17. || Nommer à un em-ploi qui n’existait pas. On créa des préfets. On jugeapourtant à propos de créer de nouveaux magis-trats, avant que de nommer des députés, rollin,Hist. anc. (Êuvres, t. x, p. 93, dans pougens.|| 5° Créer une rente, fournir l’argent nécessairepour la rente. Créer une pension, allouer une pen-sion sur les fonds à ce consacrés. Créer des actions,fonder une opération industrielle ou financière àlaquelle on fait face pécuniairement à l’aide d’ac-tions. || Créer une pension sur un bénéfice, se ditproprement du pape qui octroie l’établissement d unepension sur un bénéfice. || 6° Se créer, v. ré/l. Êtrecréé. Suivant la doctrinede Démocriteetd’Épicure,rien ne se crée dans la nature.

— HIST. xii" s. Loez lui, soleil et lune; loez lui,tûtes esteilles e lumière ; loez lui, ciel des ciels ; karil dit, e fait sunt; il medesmes manda, e cried sunt,Liber psalm. p. 229. Net cuer crie en mei, Deus[Dieu , crée en moi un cœur pur], ib. ]j xiv* s. Ledittateur creoit un autre office que il apeloit mestredes chevaucheurs, bercheure,' S° 2 , verso. || xvi* s.Les prebstres le creerent augur, amyot, Marcel. 2.Estant nos villes pauvres et troublées comme ellessont, nos gens de guerre mal creez et disciplinez,villeroy, Mém. t. n, p. 206 , dans lacurne. Il n’ya insolence que le soldat mal créé, et en de tels en-droits, ne fasse, brant. Cap. fr. t. i, p. 298, danslacurne. Quitte des debtes creez par le défunt sonmary, si elle ne s’est expressément obligée, Coust.gén. t. i, p. 154.

— ÉTYM . Provenç. et espagn. crear; ital. creare;du latin creare ; de même radical que le zend kèr£,faire; sanscrit, kri, faire.

f CREMA (kre-ma), s. f. Terme de métallurgie.Le résultat de l’oxydation du fer dans le fourneau.

— ÉTYM. Lat. cremare , brûler, qui a donné àplusieurs patois cremer.

I CRÉMAILLÈRE (kré-ma-llê-r’, U mouillées, et nonkré-ma-yê-r’), s. f. || 1 ° Pièce de fer plate, dentelée etrecourbée par le bas, qu’on suspend dans les che-minées pour soutenir la marmite et d’autres vais-seaux sur le feu. Hausser, baisser la crémaillère.|| Familièrement. Pendre la crémaillère, donner unrepas pour célébrer son installation dans un nou-veau logement. || Aller pendre la crémaillère chezquelqu’un, être invité à ce repas. || 2° Terme de mé-canique. Pièce munie de crans, qui sert à releverou à baisser une partie mobile. Fauteuil à crémail-lère. || Terme d’horlogerie. Pièce d’une montre oupendule à répétition qui sert à la faire sonner.|| Tringle de bois dentelée qui reçoit les tablettesd’une bibliothèque. || Pièce d’un pupitre mobile.

I. — 112