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Tome premier. A - C.
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CRE

CRÊ

— ÉTYM. Kpoiooç, Crésus. Crésus , roi de Lydie,fut un prince extrêmement riche, dumarsais, Tro-pes , antonomase.

CRÉTACÉ , ÉI3 (kré-ta-sé, sée), adj. Terme degéologie. Qui est de la nature de la craie; qui estformé de craie. Terrain crétacé.

— ÉTYM . Lat. cretaceus, de creta, craie (voy.craie).

CRÈTE (krê-t’), s. f. || 1° Excroissance charnueque les coqs et quelques autres gallinacés ont surleur tête. Pâté aux crêtes de coq. La gent qui portecrête au spectacle accourut, la font. Fab. vu, t 2 .|| Fig. Lever la crête, témoigner de l’audace, del’outrecuidance, et aussi se montrer avec plus dehardiesse. Dressant la crête et battant l’aile, Glapirquelque alarme nouvelle Dans tous les poulaillersdévots, gresset, Ombres. || Baisser la crête, perdrede sa confiance, de ses forces. || Rabaisser la crêteà quelqu’un, donner sur la crête à quelqu’un, l’hu-milier, lui infliger une mortification. || 2° Proémi-nence charnue sur la tête de quelques reptiles.... Etleur tête hideuse Dépasse encor son front [de Lao-coon] de sa crête orgueilleuse, delille, Énéide , n.|| Crête de morue, certain endroit du dos de lamorue vers la tête. || 3° Huppe qui orne la tête dedivers oiseaux. La crête d’une alouette. |] 4° Piècede fer en forme de crête qui surmonte un casqueou autre coiffure semblable. || Par extension, orne-ment en forme de crête. Une crête de pourpre enrelève l’orgueil [du casque], delille, Paradis perdu,ix. || 5“ Cime, sommet. La crête d’un toit, d’unemontagne. Élevons-nous, avançons vers les grandescrêtes, vers les sommets escarpés des grandes chaî-nes, cuv. Révol. p. 24. Je franchirais ces monts àcrête immense, Où je crois voir nos vieux drapeauxflottants, bérang. Feu du pris. || Â la Convention,la crête s’est dit de la partie la plus exaltée du partimontagnard. || 6“ Terre relevée sur les bords d’unfossé qui sépare deux champs. || 7° Terme d’archi-tecture. L’ensemble des tuiles faîtières d’un toit.|| Le chaperon d’une muraille. ||8° Terme de fortifi-cation. La partie supérieure du glacis ou parapet duchemin couvert. || La ligne de feu d’une redoute.

|| 9" Terme d’anatomie. Saillie osseuse, étroite et al-longée. La crête de l’os des iles. || Terme de patho-logie. Crêtes de coq, excroissances aplaties, tenanth la peau par un de leurs bords et dont l’autre est irré-gulièrement découpé. || 10” Terme de conchyliologie.Crète de coq, nom vulgaire de l’huître crête de coqet du strombe cristé. || 11” Terme de botanique.Sorte d’axe plat et angulaire. || Crête-de-coq. Voy.ce mot à son rang alphabétique. || 12“ Terme deminéralogie. Crête de coq, nom donné à des cris-taux indéterminables qui, étant minces et arrondissur les bords, imitent jusqu’à un certain point descrêtes de coq. || 13° Petite passementerie à dentcomme une crête, sorte d’agrément, servant à bor-der ou encadrer des rideaux, des sièges, etc.

|| 14“ Tas de blé qui est dans un bateau et qui estélevé en forme pyramidale. Mettre du blé en crête.

— HIST. xhi' s. Nul garnement de ventres, debraieus, ou de creistes, de croupes, de gorges oud’escroies ne doivent riens de tonlieu, liv. des met.326. Renart ne fait pas grand sejor, Ains saut surla creste del for, lien. 84 4 6. Et i poent faire fosséde vingt piés de lé, et plantin sur le [la] creste dufossé qui leur iert [sera], tailliar, Recueil, p. 160.

|| xv* s. Et se rangèrent archers tous sur les dos etcrestes des fossés autour de la ville, chacun les arcstendus et appareillés pour traire, froiss. ii, iii, 4t.

|| xvi' s. Or Osiander, amenant une cavillation sipuerile, pense avoir tout gagné; il leve les crestes,et remplit beaucoup de feuillets de vanteries, calv.Instit. 675. Le chevalier du dragon le prévint et luydonna autre tel coup sur la creste de l’armet qu’il laluy entama et le test si avant, que force luy futcheoir à la renverse, Don Flores de Grece, f* cxxxm.Fourni d’entendement comme un oison de creste,

COTGRAVE .

— ÉTYM . Wallon, crèse; génev. crest, crêt; pro-venç. et espagn. cresta; ital. crista; du latin crista.

CRÊTÉ, ÉE (krê-té, tée), adj. Qui a une crête.

|| Terme de blason. Animal crêté, animal représentéavec une crête d’nn autre émail que le corps. || Termed’histoire naturelle. Qui a la forme d’une crête, quiimite une crête. || Terme de minéralogie. Cristalcrêté, cristal indéterminable, qui est mince etarrondi sur les bords.

— hist. xiv' s. X rire commença, s’a les sourcilzlevez ; Bertran le regarda comme lyon cretez,Guescl. 1644. || xvi' s. Du Guesclin se jetta sur luicomme lion creté, Mém. s. du G. ch. to. Ce n’estpas raison qu’à faulte de rime ils me refusent la dis-

pense [d’user de termes libres] que mesme des hommesecclesiastiques, des nostres et des plus cretez, jouis-sent en ce siecle, mont, iii, 376.

— ÉTYM . Lat. cristatus, de crista, crête.

CRÊTE-DE-COQ (krê-te-de-kok),s. f. Undes nomsvulgaires de la célosie à crête ( amarantacées ) etdu rhinanthe crête-de-coq (rhinanthacées). || Auplur. Des crêtes-de-coq.

+ CRÉTELER (kré-te-lé), ». n. Crier en parlantde la poule qui vient de pondre.

— ÉTYM . Onomatopée.

fCRETELLE (kre-tè-1’), s. f. Nom d’une plante(cynosuruscristatus) assez commune dans les prai-ries et les bois et qui fournit un foin de bonne qua-lité.

— ÉTYM . Peut-être diminutif de crête.

f CRÊTE-MARINE (krê-te-ma-ri-n’), s. f. Lapasse-pierre.

— ÉTYM . Voy. CRISTE-MARINE.

t CRÊTER (krê-té), v. a. Cacher, à l’aide del’agrément dit crête, les broquettes, par exemplesur le bois d’un siège. || Arrêter avec de petits clousl’étoffe sur le bois d’un- siège.

— ÉTYM . Crête.

CRÉTIN (kré-tin), s. m. Nom d’individus de l’es-pèce humaine disgraciés delà nature, de l’idiotismele plus complet, d’une taille de moins de cinq pieds,et ayant la tête mal conformée, l’apparence exté-térieure chétive et la peau flétrie, jaunâtre ou pâle.Les crétins du Valais et des vallées voisines procu-reraient de riches moissons aux physiologistes quivoudraient approfondir un sujet si digne d’être ap-profondi, bonnet, Paling . phil. 2'part. ch. 4. || Fig.Homme stupide au dernier point.

— REM. Crétin n’est ni dans Furetière ni dansRichelet ni dans les éditions du Dictionnaire de l’Aca-démie antérieures à <836.

— ÉTYM . Génin le tire de christianus , à cause queles imbéciles étaient considérés commedespersonnesinnocentes et chrétiennes. Mais un mot si récentdans la langue ne peut venir de là ; et il faut le tirerde l’allemand Kreidling, crétin, dérivé de Kreide,craie (voy. craie), à cause de la couleur blanchâtrede la peau des crétins.

| CRÉTIN1SER (kré-ti-ni-zé), v. a. Néologisme.Rendre crétin, faire tomber dans l’idiotisme. || Secrétiniser, v. ré/2. Devenir crétin.

— ÉTYM . Crétin.

CRÉTINISME (kré-ti-ni-sm’), s. m. Vice de con-formation des crétins. || Fig. et familièrement, sot-tise profonde, imbécillité.

— ÉTYM . Crétin.

f CRÉTIQUE (kré-ti-k’), adj. Terme de métriquegrecque et latine. Pied crétique, pied formé d’unelongue entre deux brèves. C’est la même chose quel’amphibraque. || Vers crétique, vers composé de plu-sieurs pieds de ce nom.

— ÉTYM . Lat. creticus.

CRETONNE (kre-to-n’), s. f. Toile blanche, très-forte, qui se fabrique du côté de Lisieux en Norman-die , et qui a reçu le nom de celui qui en a fabriquéle premier. Les cretonnes ont la chaîne de chanvreet la trame de lin.

f CRETONNIER (kre-to-nié), s. m. Celui quiachète les résidus des suifs en rame.

— ÉTYM . Cretons.

CRETONS (kre-ton), s. m. plur. Partie grossièredes graisses de bœuf et de mouton, qu’on met enpains pour la nourriture des chiens de basse-courou de chasse. || Terme de charcuterie. Morceau degraisse de porc frais ou panne apprêtée.

— HIST. xiv's. Cremium, gallice creton, quodfit ex carnibus assatis, du cange, cremium.

— ÉTYM . Picard, croton, graillon. Origine incon-nue. Il y avait dans l’ancien français cretonnée, quiétait une sorte de mets, Ménagier , n, 4.

■] CREUSAGE (kreu-za-j’), s. m. Action de creuser,principalement chez les graveurs. || On dit aussi lecreusage d’un puits.

— ÉTYM . Creuser.

t CREUSANE (kreu-za-n’), s. f. Voy. cresane.Creusane est une prononciation de cresane où Temuet prend le son de eu.

4.CREUSÉ, ÉE (kreû-zé, zée), part, passé. Tailléen excavation. En un lieu souterrain par nos pèrescreusé, rac. Alhal.v, t.|| Rendu creux. De sesyeux affaiblis et creusés parles pleurs, dücis, Lear,ii, 2 . || Fig. Étudié avec soin. Une question creuséepar un homme habile.

2 . CREUSÉ (kreu-zé), s. m. Résultat de l’actionde creuser. Ces effets, qui peuvent pour un momentfixer l’attention du passant, ne sont que d’insigni-fiants accidents à côté des creusés effectués par les

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rivières du pays, fournet, Acad, des sc. Comptesrendus, t. lu, p. 4 4 4 6.

CREUSEMENT (kreu-ze-man), s. m. Action decreuser. Tous ces travaux [reboisement, barrages,rigoles] réduiront considérablement le cube desmatières aujourd’hui sujettes à être entraînées parles eaux, et de là résultera un creusement naturelet général du lit [du fleuve], dausse, Acad, des sc.Comptes rendus, t. liii, p. < 260 .

— ÉTYM . Creuser.

CREUSER (kreu-zé), v. a. || 1' Pratiquer une ca-vité. Creuser un puits. Creuser la terre. Creuser untronc d’arbre. Et dans le roc qui cède et se coupeaisément, Chacun sait de sa main creuser son loge-ment, boil. Ép. vi. Peut-être aussi est-ce à causede cela que la nature a creusé, dans la lune, des es-pèces de puits qui sont assez grands pour être aper-çus par nos lunettes, fonten. Mondes, 3« soir. Lamain du temps creusa les voûtes sombres D’unantre noir, séjour des tristes ombres, j. b. rouss.AUég. 5 ', liv. ii. Thémistocle , qui voulait rendresa nation la plus puissante de la Grèce , pour enêtre le premier citoyen, fit creuser un nouveau port,construire un plus grand nombre de galères, bar-thél. Anach. inlrod. part, n, sect. 2 . || Fig. Creu-ser sa fosse ou son tombeau, altérer sa santé pardes excès. || Fig. Creuser un abîme, creuser un pré-cipice, causer la perte, la ruine. Aussi bien sousmes pas c’est creuser un abîme Que retenir ma mainsur la moitié du crime , corn. Rodog. v, <. L’hy-men semble à mes yeux cacher quelque supplice,Le trône sous mes pas creuser un précipice, id. ib.i, 7. Préparons son supplice ou creusons mon cer-cueil, volt. Fanat. I, 4. Elle trouva qu’elle s’étaitôté elle-même le cœur et l’estime de son mari etqu’elle s’était creusé un abîme dont elle ne sorti-rait jamais, lafayette, Princesse de Clèves, Œu-vres, t. n, p. <66. Ainsi tout ce qui pouvait tournerà sa perte, tournerait à sa gloire; cette journée [l’en-trée à Moscou ] allait commencer à décider s’il étaitle plus grand homme du monde ou le plus témé-raire; enfin s’il s’était élevé un autel ou creusé untombeau, ségur , Hist. de Nap. viii, 4. || Terme degraveur. Revenir sur une taille pour la rendre plusprofonde. Dans la gravure sur bois, évider. || Termede marine. Nettoyer un port, le rendre plus profond.Il 2“ Fig. Les biens de la terre ne font que creuserl’âme et en augmenter le vide, chateaub. Génie, i,6, <. || Se creuser le cerveau,se donner beaucoup depeine pour découvrir, comprendre, imaginer. Les ré-flexions dont vous vous creusez la tête, sév. 427. Jeme creuse la tête à deviner, id. <64. Ne vous y creu-sez point trop l’esprit, id. 37. Ne vous amaigrissezpoint, ne vous creusez point les yeux et l’esprit, id.467. Pendant que je me creuse la tête [pour écrire lalettre], id. 99. Vous vous creusez l’esprit d’une siétrange manière, id. 86. Je me creuse la cervelle poursavoir comment un corps en pousse un autre, volt.l’Homme aux 40 écus, mariage. || 3“ Creuser le vi-sage, les traits, les amaigrir. Les soucis lui ontcreusé le visage. || 4“ Fig. Étudier avec soin, péné-trer avant dans un sujet. Creuser une question. Onn’a garde d’en creuser toute la profondeur, mass.Car. Conf. Nos actions parfois ont un air de vertus;Qu’on les creuse, c’est vice ou faiblesse et rien plus,lamotte, Fdbl. v, <3. Du profond Spinosa je creu-sais le système, bernis, Relig. vengée, v. || Creuserun homme, le sonder, c’est, d’après Bouhours, unelocution née à la cour. || 5” Absolument. Faire uncreux. Creuser en terre, sous terre. On trouva untrésor en creusant. || Fig. Tacite creuse pour décou-vrir les plus grands raffinements dans les conseilsde l’empereur, fén. xxi, 237. Si nous creusons dansles abîmes, nous l’y trouverons, mass. Car. Tem-ples .Les Anglais pensent profondément; Leur

esprit, en cela, suit leur tempérament; Creusantdans les sujets et forts d’expériences, Ils étendentpartout i’empire des sciences, la font. Fabl . xii,23. La raison s’attache à creuser jusque dans l’ave-nir, le père cheminais, dans bouhours, Nouv. rem.|| 6“ Se creuser, t). réfl. Devenir creux. Ce vieil arbrecommence à se creuser. Elle [Amélie] maigrissait,ses yeux se creusaient, chateaub. René, 195. Les pre-miers canons qui se présentèrent atteignirent l’autrerive; mais de moment en moment l’eau s’élevait,en même temps que le gué se creusait sous lesroues et sous les efforts des chevaux; un chariots’engrava, d’autres s’y arrêtèrent, et tout futarrêté,ségur, Hist. de Nap. ix, <3. || Terme de marine.La mer se creuse, se dit quand les sillons qui sépa-rent les vagues deviennent plus profonds. || Fig. Secreuser, penser beaucoup à une chose, à quelqu’un.Je vous vois, vous m’êtes présente, je pense et