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CRI
CRI
CRI
Tournoiemens ne os banie [armée à bannières]. Oùon ne sentist de tes caus [coups]; Tu fais faire che-valerie , Tu fais perdre l’ame et la vie ; Tu fais crevercors et chevaus, Uist. litt. t. xxiii, p. ci 3. Lesovresregarder devés, Se vous n’avez les iex crevés, laItose, tu 14. Lor piez lavez et furent oint, Quicrevé erent de mesaise, ruteb. ii, 203.
— xiv* s. Et le comte d’Auxerre , à qui l’ueil oncreva, Fu à Robin Carole, qui puis le délivra,Guescl. G355, Et les fossez remplis avironnéement,Et les gros murs minez et crevez laidement, ib.19577. Picquiez d’une espingle les boudins quant ilss’enflent, ou autrement ils creveroient, Ménagier ,il, 6. Et soit tant bouly que l’orge creve, t'6.
— xv*s. Allez, allez querre vostre comte d’Armi-gnac, qui s’est tué et crevé à boire fontaine devantAlexandrie , froiss. ni, îv, 20.
— xvt*s. Il fut blecé à travers le corps si à pointque son aposteme en creva, mont, i, 254. Délibéréde crever [mourir] plus tost que de luy ouvrir laporte, id. i, 278. Se crever les yeulx, id. ib. 11fault aller ou crever, id. iv, i 69. Ne vous ay-jepoint dit que cette nuée se creveroit à la fin quel-que jour, avec orage et tempeste qui tumberoit surnous? amyot, Fab. 26 . Il crevoit de despit, voyantque les nobles faisoient tout ce qu’ilz pouvoient à le[Sylla] poulser en avant, id. tlarius, 58. X force decrier après luy et de se tourmenter, il feit crever l’a-postume qu’il avoit dedans le corps, id .Sylla, 75. Xla fin il y perdit uri œil qui luy fut crevé en com-batant, id. Scrtor. 4. En prononçant seulement uneharengue qu'il a estudiée de longue main, il est endanger de crever et estoufîer devant vous, id. Phoc.1 3. Ces choses luy creverent le cueur, id. Cicéron ,4t. Hz s’encoururent devers Cleomenes en si grandehaste que les chevaulx en creverent, id. Agis etCléom. 47. Les assiégez aussi tirèrent un grandrempart derrière le bastion de l’evangile, où unemine creva sur six vingts pionniers, d’aub. Uist. il,46. Ils surchargèrent l’artillerie de telle façon qu’ellecreva toute entre les mains des Turcs, id. ib. n,200 . Nous lui jurerons toutte fidelité et service tantpour cet affaire en general, que pour son particulier,pour crever tous à ses pieds pour son dit service,id. ib. 228 . Les autres crevans de rire, id. ib. il,230. Eux vont pour le desgager selon que le cheminassez large permettoit; mais tout cela estoit crevé[rempli] de cette fleur de gentils-hommes gascons,qui tous frais venus avoient eu commandement demesler sans taster, id. ib. ii, 254. La glace creva etenfonça plus de 120 hommes, id. ib. ni, 203. Que,sans le respect qu’il portoit au roi, ileust faict creverde harquebuzades tous les mareschaux de logis,carl. m, to.
— ÉTYM . Provenç. crebar; espagn. et portug.quebrar; ital. crepare; du latin crepare, crever.
f CREVET (kre-vè), s. m. Lacet de tresse ferréaux deux bouts.
CREVETTE (kre-vè-t’), s. f. || 1° Petite écrevissede mer, dite aussi chevrette ou salicoque, très-bonneà manger ( palwmon squilla, Fabricius). || Crevetted’eau douce ou des ruisseaux, puce d’eau, nom vul-gaire d’un très-petit crustacé commun dans nosruisseaux (gammarus fluviatilis). || 2° Terme d’artmilitaire. Espèce de grenade à feu.
— hist. xvi* s. Escrevette, oudin.
—Étym. Allem. Krabbe, qui vientdu latin carabus.Escrerete paraît formé sur le modèle de escrevise.
•j CREVETTINE(kre-vè-ti-n’), s. f. Terme de zoo-logie. Nom d’une famille de crustacés qui sont tousparasites.
— ETYM . Diminutif de crevette.
f CRÈVE-VESSIE (krè-ve-vè-sie), s. m. Appareilde physique dans lequel on fait enfoncer et creverune membrane par la pression atmosphérique. j| Auplur. Des crève-vessies.
t CREVICIIE (kre-vi-ch’), s. f. Un des noms vul-gaires de la crevette.
— étym. Autre forme de crevette.
CRI (kri), s. m. || 1" Voix poussée avec efTort, demanière à être entendue au loin ; et, par extension,d’abord les voix inarticulées que nous arrache ladouleur ou une passion violente, et ensuite les voixconfuses, les sons indistincts d’une multitude quidemande une chose; enfin, par exagération, les pa-roles emphatiques ou trop enflées d’un orateur oud’un poète. Nous nous levons alors, et tous en mêmetemps Poussons jusques au ciel mille cris éclatants,corn. Cid, iv, 3. Un grand peuple, seigneur, dontcetle cour est pleine, Par des cris redoublés demandeà voir la reine, m. Pomp. v, 6. Elle jeta des cris,elle versa des pleurs, id. if idée, i, t. Tout le peuple à
grands cris demande Nicomède, id. Nie. v, 4. Com-ment, bourreau, tu fais des cris? mol. Amph. i, 2 .Elle se mi t à fai re des cris effroyables, hamilt. Gramm.m. Il lui baisa la main, fit des cris, sêv. 400. Quifrappe l’air, bon Dieu , de ces lugubres cris? Est-cedonc pour veiller qu’on se couche à Paris ? boil. Sal.vi. Que produira l’auteur après de si grands cris? Lamontagne en travaille enfante une souris, id. Artpoét. iii. Nos Grecs n’ont répondu qu’avec un cri derage, rac. Andr. v, 3. La moitié s’épouvante et sortavec des cris, id. Brit. v, 6. Pendant que tout gardaitun silence paisible, Sa voix s’est fait entendre avecun cri terrible, id. Esth. ii , t. Nos Lévites pleuraientde joie et de tendresse, Et mêlaient leurs sanglotsà leurs cris d’allégresse, id. Alhal. v, 1 . Il poussaitdes cris horribles, fên. Tel. xv. On poussa d’abordde grands cris de joie, id. ib. xvi. Quant aux crisnaturels, l’homme les formera aussitôt qu’il éprou-vera les sentiments auxquels ils sont affectés, con-dillac, Conn. humaines, sect. ii, ch 4. Les crisnaturels introduisent nécessairement l’usage des in-flexions violentes, puisque différents sentiments ontpour signe le même son varié sur différents tons;ah, par exemple, selon la manière dont il est pro-noncé, exprime l’admiration, la douleur, le plai-sir.... id. t'6. part. 2*, sect. i'",ch. 2. Ces chants vontse changer en des cris de tristesse, volt. Tancr. v,5. || N’avoir qu’un cri, ne jeter qu’un cri, crier con-stamment, se plaindre sans discontinuer. Ce pauvremalade n’a qu’un cri, tant la douleur est vive. Mmede Rochefort n’a qu’un cri, depuis que vous avez écrità ses cousines sans lui dire un mot, sév. dans le Dict.de dochez. || Familièrement. N’avoir qu’un cri aprèsquelqu’un, se dit de plusieurs personnes qui en dé-sirent une autre impatiemment. || Ne faire qu’un cri,pousser un seul cri. Eudoxe en le voyant ne faitqu’un cri et tombe évanouie, marmont. Bélisaire ,ch. vi.|| Fig. Jeter, pousser les hauts cris, se récrier,se plaindre amèrement. || On dit aussi dans le mêmesens crier les hauts cris, faire les hauts cris. Je letrouvai criant les hauts cris, sév. 32. Mme de Bris-sac de crier les hauts cris, id. 4 17. Mme d’Elbeuf a crié les hauts cris, id. 212. M. le Prince et sonparti firent les hauts cris, st-sim. 94, 109. || 2° Pa-roles prononcées en criant et de manière à être en-tendues au loin. Cri de guerre. Cri de ralliement. Uncri d’alarme se fit entendre. || Cris de Paris, cris despetits marchands qui offrent de vendre ou d’acheterpar la ville de menues denrées, des ouvriers ambu-lants qui offrent de faire de menus ouvrages. || Accla-mation. Les cris de vive le roi ! retentissaient de touscôtés. J’ai vu de rang en rang cette ardeur répan-due, Par des cris généreux éclater à ma vue, rac.Alex, i, 2. Sont autant de témoins dont le cri glo-rieux A déposé pour vous au tribunal des Dieux,volt. Sémiram. i, 5. || Cri public, ce qu’on publieà son de trompe par ordre de justice. Il est défendupar cri public. || Les cris de l’école, les parolesbruyantes, qui se font entendre dans les argumen-tations des écoles. Juvénal , élevé dans les cris del’école, Poussa jusqu’à l’excès sa mordante hyper-bole, boil. Art p. ii. Tout est trouble et discorde,et les cris de l’école Égalent en fracas les cavernesd’Êole, delille, Trois règnes, n. || Terme de chasse.Mots que prononcent les chasseurs quand ils parlentaux chiens pour les flatter ou les exciter à poursuivrela bête. Chasser à cor et à cri, chasser avec le coret les chiens; et fig. Demander à cor et à cri, de-mander à haute voix, d’une voix pressante. || Termede blason. Cri d’armes, cri de guerre, ou, simple-ment, cri, un ou plusieurs mots en forme de de-vise qu’on place ordinairement au cimier des armes.Comme ces mots étaient anciennement sur les ban-nières, c’était dans les batailles le cri de ceux quisuivaient une bannière. || 3° Gémissement, plainte,accusation. Dieu entend les cris des veuves et desorphelins. Et mes cris éternels L’arrachèrent dusein et des bras paternels, rac. Phèd. i, 3. Sonpère par vos cris dès longtemps prévenu, id. ib. ni,3. Voilà, voilà les cris que je craignais d’entendre,id. Iphig. iv, 6. Sion , le jour approche où le Dieudes armées Va de son bras puissant faire éclaterl’appui, Et le cri de son peuple est monté jusqu’àlui, id. Esth. i,t. Les cris élevés contre l’inocula-tion, même avant qu’on eût essayé de la mettre enusage, condorcet, Tronchin . || 4° Opinion publique.Il n’y a qu’un cri contre lui. Le cri public. La re-nommée se fait entendre et le cri de la louange de-vient général, desfontaines. Quoiqu’il n’y ait qu’uncri contre ceux qui ont l’imprudence de jouer, sanss’être informés de la valeur des jetons, chacun peutimpunément parler sans avoir appris la valeur desmots, condillac , Traité des syst. ch. t8. Si quel-
quefois les femmes sortaient des bornes de cette mo-destie, le cri public montrait que c’était une excep-tion, J. J. rouss. Lettre d d’Alemb. ||5“ Fig. Appelqui émane des choses, des sentiments. Étouffer lecri de la conscience. Les cris du sang, sa force etses impressions, volt. Fanat. iv, t. Allez, sacrésvengeurs de vos princes meurtris, De leur sangpar sa mort faire cesser les cris, rac. Athal. v, 6.Le cri de l’innocence, qui, dans le moment de l’ac-tion, appelle des témoins, appelle des juges, mon-tesq. Esp.xxix, 4 5. A l’instant va s’élever contremoi cette philosophie d’un jour qui naît et meurtdans le coin d’une grande ville et veut étouffer delà le cri de la nature, J. J. rouss. Lettre à d’Alemb.De ses mânes sanglants j’apaiserai les cris, volt.Œdipe, m, 5. Et l’on entend dans les bois d’alen-tour La voix mourante ou le cri de l’amour, ber-nard, Art d'aimer, ni. Le cri de leur remords estmonté jusqu’à moi, delille, Parad. perdu, xi. Cride l’honneur, ducis, Othello, m, 5. Avant GustaveVasa , tout Suédois était militaire; au cri du besoinpublic, le laboureur quittait sa charrue et prenaitun arc, raynal, Uist. phil. v, 9. Entends du hautdescieux le cri de nos besoins, lamart. Méd. i, 46.|| 6” Voix propre à chaque animal. Le cri de la cor-neille annonce de la pluie. La poule qui partage unver à ses enfants N’a pas le même cri que la pouleéperdue Dont l’horrible faucon vient de frapper lavue, delille, Trois règnes, vin. Un effroyable cri[d’un monstre] sorti du sein des flots Des airs en cemoment a troublé le repos, rac. Phèd. v, 6.117“ Bruitstrident. Le cri de la scie. N’entend-on pas le qui-vive des gardes, Qui se mêle au cri des verrous?bérang. Louis XL. || Poétiquement. J’ai souvent surma tête Entendu les fureurs, les cris de la tempête,ducis, Othello, i, 8. || 7“ Le cri de l’étain, craque-ment que ce métal fait entendre quand on le plie.|| 8“ Donner du cri à la soie, la soufrer.
— SYN. cri, clameur. Cri est beaucoup plus gé-néral que clameur; il se dit de tout grand bruit devoix produit par l’homme ou par les animaux, tan-dis que clameur exprime quelque chose de collectif.Un homme pousse un cri, mais il ne pousse pas uneclameur; au contraire on dira la clameur de la foule.Cependant la Fontaine a dit, et très-bien dit : Unemontagne en mal d’enfant Jetait une clameur sihaute.... Fabl . v, 4 0. Mais ici la montagne est quel-que chose de gigantesque qui équivaut à quelquechose de collectif.
— hist. xi* s. Cil ki prendra larun sanz suite etcri, Lois de Guill. v. Donc [ils] recomencent et lehu et le cri, Ch. de Roi. eu. ||xn* s. Li quens Er-nouf en out de tralson grant cri [blâme], Mais on-ques por le blasme le chastel ne guerpi [quitta],Pou, ms. p. 65, dans lacurne. Qu’à l’assembler[à l’attaque] ot tel noise et tel cri, Ronc. p. 72.Grans fu la noise et li cris de la gent, ib. p. 77. De-vant lui vient, si lui crie à haut cri, ib. p. 442.Charles li rois fist faire et son ban et son cri, ib.p. 4 94. Que, s’en tute la terre eüst clerc si hardi,Qui à Rome apelast al lues le rei Henri, Sereient er-ranment tuit si chasel saisi, E il mis en prisun,cum s’il eüst mal cri, Th. le mari. 66. Seignur, paramur Deu, nel faites pas einsi; S’un ocist l’arce-vesque, vus en aurez le cri; Car tus li pals scet quevus l’avez haï, ib. 42. ||xni*s. Qui défausserontle cri [ont la réputation de tromper], Ms. de poésiefr. avant 4300, t. iv, p. 407, dans lacurne. Or-gueil de serf, ueil de larron, Langue de leu [loup],cri de paon. l’artonup. Ms. de St-Germ. f“ 4 64, danslacurne. Lors a la male serve un moût grant crijeté, Berte, xv. Chascuns entre en la chambre,quant il oient le cri, ib. lxxxix. Chascuns mauditla serve et crient à liaus cris.... ib. xeix. Que vousn’aurez ne cri ne non De m’amor, pour rien que jevoie, Lai de l’ombre. Cascuns est tenus de penre[prendre] le bani son segneur; et, s’il ne le pot penre,de lever le cri après li, et de porsivir tant qu’il soitpris, beaum. xxxiv, 32. Et quant li cris a esté fetcommunément par les églises, il doivent regardercombien il sont tenu à paier, id. xii, si. Quant lesbouchiers et les autres homes de l’ost et les femmesqui vendoient les danrées oïrent ce, il levèrent lecri en Tost, et à [avec] l’aide de Dieu il secoururentle conte, joinv. 233. ||xv” s. Et fit-on à savoir parun cri et par un héraut que, le premier qui entre-rait dedans Duras, il gagnerait cinq cents francs,froiss. ii, ii, 44. Elle m’a faict souvent monter Acheval, faire mes effors, Aller, chevaucher, tem-pester. Et courir à cry et à cors, coquill. Monol.de la botte de foin. || xvi* s. Les pauvres femmes selevèrent à cri [en criant], taut estonnées (Te voirleur maistresse comme morte, marg. A ’ouv. xv. Et