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Tome premier. A - C.
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808 CRI

IENNE (kri-ko-ti-ré-o-i-diin, diè-n’), adj. Oui ap-partient à la fois aux cartilages cricoïde et thy-réoïde. Les muscles crico-thyréoïdiens, et, substan-tivement, les crico-thyréoldiens.

+ CRICO-TRACIIÉAL, ALE (kri-ko-tra-ké-al, a-T),adj. Terme d’anatomie. Qui appartient au cartilagecricoïde et à la trachée-artère.

f CRI-CRI (kri-kri), s. m. Le grillon domestique.|| Le bruant proyer. || Au pîur. Des cri-cris.

— ÉTYM . Onomatopée.

CRID (krid’), s. m. Voy. criss.

CRIÉ, ÉE (kri-é, ée), part, passé. Des parolescriées à la hâte. Un air crié et non chanté. || Vendui la criée. Des marchandises criées.

CRIÉE (kri-ée), s. f. || 1" Terme de pratique. Pro-clamation pour annoncer la vente des biens en jus-tice. Le code a substitué les affiches à la criée.|| 2’Vente publique aux enchères. Une vente à lacriée. || Audience des criées, celle où l’on vend lesbiens dont la vente a lieu devant le tribunal.

— BIST, xn° s. Illoc refut la criée si grant, Ronc.p. 466. ||xni*s. Là oïssiez de joie commencer telcriée,Berte, cxxvi. Tel noise font et tel criée, Qu’enles oïst d’une lieuée, Ren. << 80 t. Quant il oïrent lacriée.... ib. 4 334 2. Il appela son pere moult à hautecriée, Ch. d’Ant. v, 4 94 6. ||xvi°s. Le sergent quifaisoit la criée, amyot, Thém. 36.

— ÉTYM . Crié; provenç. cridada.

CRIER (kri é), je criais, nous criions, vous criiez;que je crie, que nous criions, que vous criiez; jecrierai ; je crierais ; on écrit aussi quelquefois crlrai,crîrais; v. n. || 1” Faire un ou plusieurs cris. Écoutez,l’enfant crie. Le chien battu criait. Les canards s’é-battent dans cette mare et crient. La mort a desrigueurs à nulle autre pareilles; On a beau la prier;La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles Et nouslaisse crier, malh. vi, 48. S’il savait son affaire, Ilcrierait comme moi, la font. Fabl . vin, 4 2 . Dans lesrues les petits enfants crient sur lui, sév. 445. Aussi-téton accourt; tout le peuple empressé Crie, pousse,se bat pour être bien placé, fén. xxi, 305. D’autresveulent crier, et leurs voix défaillantes Expirentde frayeur sur leurs lèvres béantes, delili.e, Énéide,vi. || Fig. Plumer ou tuer la poule sans la faire crier,exiger sans bruit et sans éclat des choses qui nesont pas dues, rapiner tacitement. || Familièrement.Il crie comme si on l’écorchait, ou comme un aveu-gle qui a perdu son bâton, il pousse de grands cris.|| Crier comme un perdu, comme un fou, commeun enragé, comme un beau diable, expressions fa-milières qui signifient crier très-fort. || Crier à pleinetête, à tue-tête, du haut de sa tête, crier de toutesa force. || Terme de chasse Quand les chiens chas-sent, on ne dit pas les chiens aboient, mais leschiens crient. || 2° Parler fort haut ou trop haut.Il est tellement sourd qu’il faut crier pour se faireentendre. Il ne saurait discuter sans crier. Cettefemme-là ne chante pas, elle crie. || Discuter avecaigreur. C’était à qui crierait le plus haut, le plusfort. || 3" Dire en criant. Se tournant de leur cêtéil leur cria; Ils ont vécu, vertot, Révol. rom.liv. xn, p. 24 4 . Elle crie au second qu’il secoureson frère, corn. ffor. iv, 2 . Et je pense avoir mêmeentendu quelque voix Nous crier qu’on apprît à dé-daigner les rois, id. Suréna, v, 5. |] Fig. Onrapporte qu’il [Alexandre blessé] dit : Tous jurentque je suis fils de Jupiter; mais ma blessure me crieet me fait sentir que je suis homme, roll. Hist. anc.Œuvres, t. vi, p. 494. || Avertir avec instance. Il ya longtemps que je lui crie d’être sage, de prendregarde à lui. Et que sert à Cotin la raison qui lui crie :N’écris plus, guéris-toi d’une vaine manie? boil.Sat. vin.11 4-Prononcer un ou plusieurs mots en criant.Les sœurs crient miracle, et chacune ravie Conçoitpour son vieux père une pareille envie, corn. Médée,i, 4. J’entends crier au voleur, au feu, sév. 20 .M. de Cambrai et ses amis crient ici victoire, boss.Lett. quiét. 476. Rendons grâce à lui seul [Dieu ] durayon qui nous luit, Sans nous enfler d’orgueil etsans crier ténèbres Aux enfants de la nuit, lamart.Uarm. i, 6. || Crier famine, crier misère, se plaindrehautement de la gêne où l’on se trouve. Elie alla crierfamine Chez la fourmi sa voisine, la font. Fabl . i, 4.Nous avons eu beau crier misère, sév. 288. || Crierfamine sur un tas de blé, se plaindre de manquer deschoses dont on est amplement pourvu. || Crier ven-geance, faire appel à la vengeance. Il leur criait ven-geance et changeait de pensée, volt. Orphel. v, t.H En parlant des choses. Son sang criera vengeanceet je ne l’orrai pas ! corn. Cid, ni, 3. Voilà qui crievengeance au ciel, mol. VAv. i, 6. || Anciennement.Crier haro (voy. haro), arrêter un homme pour le con-duire sur-le-champ devant le juge. X ces mots on cria

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haro sur le baudet, la font. Fabl . vu, 4. || Fig. Crierharo sur quelqu’un, appeler sur lui la haine, la co-lère des autres. || 5° Intercéder. Tous les trésors duciel vont se répandre sur la terre; la voix du sangde Jésus-Christ crie pour vous, mass. Car. Motif deconv. || Faire appel aux sentiments. Le sang de nosrois crie et n’est point écouté, rac. Athal. i, 4. Queje découvre ce corps pâle et sanglant auprès duquelfume encore la foudre qui Ta frappé; que je fassecrier son sang comme celui d’Abel, et que j’exposeà vos yeux les tristes images de la religion et de lapatrie éplorée, fléch. Turenne. || Être criant. Mal-gré les cris de cette noolesse, malgré l’abus quicriait de lui-même, montesq. Esp. xxvin, 4 8. Jene vous ferai sur cela aucun commentaire, la chosecrie ; vous en serez révolté, p. l. cour, i, 4 09.|| 6* Répéter de tous côtés. On criait de tous côtésque la république était rétablie, vertot , Révol. rom.liv. xiv, p. 34 6. || 7° Réprimander d’une manièreaigre et bruyante. Il ne fait que crier. Elle a biencrié après lui. || 8° Faire entendre hautement leblâme, la plainte. Tout le monde crie de cela, criecontre ce ministre. Mais entendez crier Rome à vo-tre côté, corn. Cinna, m, 2. ô tempsl ô mœurs!j’ai beau crier ; Tout le monde se fait payer, la font.Fabl . xii, 6. Hélas ! j’ai beau crier et me rendre in-commode, L’ingratitude et les abus N’en seront pasmoins à la mode, id. ib. xii, 46. Je vous crois;mais pourtant on crie, on vous menace, boil. Sat.ix. De zélés indiscrets qui crieront en public contreeux, qui les accableront d’injures, mol. D. Juan,v, 2 . Qui criaient après les vices de leur siècle, id.Prêf. de Tart. Il voulut les faire crier contre l’injus-tice du ciel, hamilt. Gramm. 4 0. D’où vient queTertullien crie si souvent contre les philosophes etles nomme tantôt les patriarches des hérétiques,tantôt los cuisiniers de toutes les hérésies ? pei.uss.Mém. pour les gens de lettres, p. 84. Ceux qui criaientcontre les abus, boss. Var . vi. Il est le premier àcrier contre les dépenses excessives, fén. Tél. xiii.Cet impôt fait beaucoup crier le peuple en France ,j. i. rouss. Pol. 4 4. La nation française qui crie siaisément et qui plus aisément encore se lasse decrier, d’alemb. Destruct. des jés. Œuvres, t. v,p. 74, dans pougens. || 9“ Crier vers Dieu, élever lavoix vers Dieu , l’implorer. X qui crierai-je, Seigneur,si ce n’est à vous? pasc. Prière. Grand Dieu, vousrefuserez-vous à la brebis qui revient? Le sang del’agneau qui crie vers vous et qui coule sur l’autel,ne se fera-t-il pas entendre ? mass. Or. fun. Conti.|| Dans le même sens, crier à quelqu’un. Et ce peu-ple, en tout temps chargé de vos bienfaits, Crieencore à son père et demande la paix, volt. Fanat.i, 4. || 10° Crier à, crier contre. Crier à l’injustice,à l’oppression. S’il défend avec courage la souverainepuissance dont il est revêtu, on crie au tyran, ver-tot, Révol. rom. liv. ni, p. 262. Sans s’exposer ànous faire crier au blasphème, i. j. rouss. Ém. iv.Jusqu’à ce qu’on en ait la preuve, ses confrères del'Académie et du clergé ne sont-ils pas en droit decrier au mensonge? d’alemb. Apolog. de ClermontTonn. Les bigots, par rancune, Au sorcier criaienttous, bérano. Ménétr. de Meudon . || Appeler à. Monamour et ma haine et la cause commune Crieront àla vengeance.... corn. Attila, n, 6. Le clergé d’uncôté, les pasteurs de l’autre criaient à la religion,volt. Mœurs, 474. || Se récrier à cause de quelquechose. La santé dans ces murs tout d’un coup répan-due Fait crier au miracle, corn. Œdipe, v, 4 4. Vousallez,monsieur, peut-être crier au paradoxe, dider.Lett. s. les sourds. || 11° Proférer un cri de rallie-ment, une acclamation. Les Français criaient au-trefois Montjoie I On cria vivat! Du haut de nosremparts j’ai vu descendre en larmes Le peuple quicourait et qui criait aux armes, rac. Théb. v, 2 .|| 12° Produire un bruit strident. Cette porte crie.L’essieu crie et se rompt; l’intrépide Hippolyte Voitvoler en éclats son char tout fracassé, rac. Phèd.v, 6. C’est le vent, me dites-vous, Qui fait crier laserrure, bérang. Mère av. || Ses boyaux lui crient,se dit du bruit que font les entrailles. || 13° Publierà cri, annoncer au nom de l’autorité. On a crié àson de trompe que chacun balayât le devant de saporte. || Impersonnellement et au passif. Il fut criéde par le maire que.... || 14° F. a. Crier les hautscris, jeter de grands cris. Je le trouvai criant leshauts cris, sév. 32. Mme de Brissac de crier leshauts cris, id. i<7. || Crier un air, le chanter d’unemanière criarde. || Prononcer en criant. Debout surle rivage, il lui cria ses adieux. || Demander encriant. Et ne point écouter le sang de mes parentsQui ne crie en mon cœur que la mort des tyrans,corn, lléracl. in, 2. || 16° Dire une chose hautement,

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proclamer. Il ira crier cela partout. Qu’est-ce doncque nous crie cette avidité et cette impuissance"pasc. dans cousin. ||16° Crier un objet perdu, an-noncer qu’un objet a été perdu, afin qu’il soit rap-porté. Crier une marchandise, annoncer le prix auquel elle se vend. On a crié du vin à quinze sousCrier des meubles, les mettre à l’enchère. Crier despommes, de la salade, les vendre dans les rues enles annonçant par le cri. Crier un bulletin, une or-donnance, la vendre dans les rues, en l’annonçantpar un cri. Je me contentais d’entendre ici, toutesles semaines, crier votre nom et vos victoires et depouvoir apprendre de vos nouvelles en les achetant,voit. Lett. 82. || Autrefois, crier à son de trompe,crier à ban, crier à trois briefs jours, citer un cri-minel à comparaître dans un temps donné. Il futcrié à son de trompe. || 17° Crier quelqu’un, le gron-der. Tu ne me diras plus, toi qui toujours me cries,Que je gâte, en brouillon, toutes tes fourberies,mol. l’Étour. il, 44. Pourquoi me criez-vous? id.Ée. des f. v, 4. || Cette locution a vieilli; mais ellereste en usage dans plusieurs provinces, particu-lièrement en Normandie . || 18° Se crier, v. ré fl.Être crié. Les marchandises qui se crient sur lavoie publique. || Proverbes. On a tant crié Noël qu’àla fin il est venu, se dit d’une chose très-désirée etqui s’accomplit à la fin. || H est comme les anguillesde Melun , il crie avant qu’on l’écorche, il se plaintd’avance par peur et sans cause (voy. anguille).

— niST. xi° s. Cel nen i a qui ne crie : Marsile !Ch. de Roi. cxxiv. Adoubez vous, si criez vostreenseigne , ib. cxxxm. Li chrestien te reclaiment etcrient, ib. ccxciii. || xii* s. Plorent et crient chas-cuns de ses casez [vassaux], Ronc. p. 48. Au roi degloire merci [il] prist à crier, if>. p. 4 09. Baliganscrie trois mos à un tenant [d’une seule teneur], ib.p. 436. Devant lui vient, si lui crie à haut cri, ib.p. 4 42. En sa grant ost [il] fait banir et crier, ib.p. 4 77. Et quant je plus merci vous doi crier, Lorsvous truis je [je vous trouve] cruel si durement,Coud, x. Diex ! quant crieront outrée, Sire, aidezà pelerin, Pour qui [je] sui espouvantée; Car félonsont Sarazin, Dame de faiel, dans Coud. Empris[j’] ai greignor folie Que li faus enfes [enfant] quicrie Pour la bele estoile avoir, ib. m. Merci [je] luicri, qu’onc [je] ne fis vilenie; Car vilain fait boneamour desevrer [séparer], ib. xxii. Quant vit que iln’aura l’amur ai rei Henri, Az piez lui est chaü[tombé]; si li cria merci, Th. lemart. 33. Quantfui fait arcevesque e Deus m’i aleva, Tu diz que liregnez encontre ço cria, Et la mere le rei le desa-monesta, ib. 88. || nu’ s. Leur cries merci que ilaient de toi pitié et de ton pere, villeh. xlii. Libien d’amours si doivent estre emblé, Que nus [nul]ne sache; et quant il sont crié [devenus publics],Dame enquert [encourt] blasme, et joie en amenrie[diminue], Et sius amis i pert sa seignourie, Anc.poésies fr. Vatican , dansLACURNE. Lors crierez haro,qu’ele vous veut meurdrir, Berte, xiii. Quant il ve-noit en sa meson [de la dame], Li sejors n’i ert pascriez; Mais si comme il estoit montez, Aloit coie-ment à s’amie, Lai du conseil. Cil qui crient par lavile la cote et la chape ont achaté le mestier defreperie en la maniéré desus devisée, Liv. des mét.200 . Li rois a fait son ban crier, Par tôt plevir etafier,Que qui porraRenart tenir.... Ren. 4 4 959. Nosavons plusors fois commandé en assises, que cas-cuns ait pooir de penre toz tex qui s’enfuient, sorqui on crie hareu 1 tant qu’on-sace por quoi li ha-reus fu criés, beaum. lii, 46. Le légat me crut et fistcrier les trois processions enl’ostpar trois samedis,joinv. 248. Pluseurs des marcheans de Babiloinne [leCaire ] crioient après le soudanc, que il leur feistdroit du conte Gautier, id. 274. Le sire du Chastelestoit criez [accusé par le cri public] de desrober lespèlerins et les marchans, id. 2io. Conscience nelesse cuer pecheour durer; Ja pechié si très pou n’ivenrapasturer, Qu’elle ne crie hareu sanz soiasseü-rer, J. de meung, Test. 4 587. || xiv* s. Atant se par-tit le parlement; et ung autre fut crié à Compien-gne ou mois de septembre, Chron. de St-Denis,t. i, f“ 466, dansLACURNE. || xv* s. Pour estre lCondé sur Escaut , à un tournoi qui là estoit crié,froiss. i, i, 27. Et avoit fait crier [Mgr de Charo-lois] que chascun portast crochetz pour attacher seschevaulx, comm. i, 6. Supplyerent au roy qu’elle nefust point encorescryée [la trêve], id. iv, 4 4 ,|| xvi*s.Les paroles mesmes crient qu’on leur fait violence,en sorte qu’il n’est ja mestier de réfuter cette bellesubtilité, calv. 43. Le sang d’Abel crioit à Dieu ....L’effusion du sang crie vengeance, id. 60 . Elle com-mença à crier au larron, tant que sa teste le pou-voit porter, mirg. JVour. i.viii. Ce n’a pas esté vous