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Tome premier. A - C.
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CRI

f CRISTÉ, ÉE (kri-sté, stée), adj. Terme d’his-toire naturelle. Qui est couronné d’appendices enforme de crête.

— ÉTYM . Lat. cristatus, de crista (voy. crête).

j- CRISTEL (kri-stèl), s. m. Un des noms vulgairesde la crécerelle.

f CRISTELLE (kri-stè-1’), s. f. Instrument du fa-bricant de lisses.

f CRISTE-MARINE ( kri-ste-ma-ri-n’), s. f. Undes noms de la passe-pierre, perce-pierre, bacile,fenouil marin (crithmus maritimus, L.).

— HIST. xvi* s. Dans les rochers des isles de Xain-tonge l’on y cueille aussi de la criste-marine, au-trement appellée perce-pierre, palissy, 247. Lacorne de cerf, le cerfueil, ache, chreste-marine,et autres menues herbes, o. de serres, 636.

— ÉTYM . Voy. CRITHME.

f CRISTII (kri-sti) interjection, sorte de juronfamilier et abrégé, qui ne s’emploie que dans lestyle très-négligé. Les comiques contemporains enfont usage. Cristi ! que j’ai envie de dormir.

— ÉTYM . Abrégé de sacristi.

f CRITÈRE (kri-tê-r’), s. m. Voy. critérium.

CRITERIUM (kri-tè-ri-om’), s. m. Terme de phi-losophie. Marque qui fait discerner, juger. Le crité-rium de la vérité. Dans cette foule de sentiments,quel sera notre critérium pour en bien juger? j. j.rouss. Sciences, n. || Auplur. Des critériums.

— REM. Quelques auteurs ont francisé ce mot etdit critère. Il est clair que l’étude des sciences et del’organisation sociale est le véritable critère expéri-mental pour juger si une idée a ou n’a pas l’impor-tance qu’y attache dans ses réflexions solitaires l’au-teur d’une table de catégories, cournot, Traité del'enchaînement des idées, cité dans Revue de l’instr.publique, 26 déc. 4 864 , p. 84 4 .

— ÉTYM . Lat. critérium, du grec xptTïjpiov, dexpcveiv, juger (voy. crise).

•j CRITHME (kri-tm’), s. m. Perce-pierre ou ba-cile, plante (crithmus maritimus, L.).

— ÉTYM . Kpi0p.ov ou xpîj0p.ov.

f CRITHOMANCIE ( kri-to-man-sie), s. f. Termed’antiquité. Divination qui se pratiquait par des gâ-teaux d’orge offerts aux dieux.

— ÉTYM . Kpi0n, orge, et le suffixe mande.

f CRITHOPHAGE (kri-to-fa-j’), adj. Terme dezoologie. Qui vit d’orge.

— ÉTYM . Kpî0ï], orge, et ipaysïv, manger.

f CRITICISME (kri-ti-si-sm’), s. m. Terme de phi-losophie. Système de Kant , fixant les limites danslesquelles notre faculté de connaître s’exerce légi-timement.

— ÉTYM . Critique.

f CRITICISTE (kri-ti-si-sf), adj. Terme de philo-sophie. Qui appartient au criticisme. || Substantive-ment. Partisan de ce système.

— ÉTYM . Critique.

CRITIQUARLE (kri-ti-ka-bP), adj. Qu’on peutcritiquer. Ceci est très-critiquable.

— ÉTYM . Critiquer.

4. CRITIQUE (kri-ti-k’), adj. || 1" Qui a rapport àla critique en fait d’ouvrages d’esprit ou d’art. Ob-servations critiques. Dissertations critiques. Je mesuis abstenu de toucher à leurs personnes, pour neparler que de leurs ouvrages dont j’ai fait des élogescritiques plus ou moins étendus, la bruy. Disc, àl’Acad. fr. Préface. || 2° Porté à la censure. Cegreffier [le père de Boileau ] doux et pacifique, Deses enfants au sang critique N’eut point le talentredouté, boil. Poésies div. 4 0 . Toute parole libreleur paraît critique et séditieuse, fén. Tél. xiv. || Unesprit critique, homme qui voit tout par les en-droits faibles et qui s’en explique librement. Gardez-vous, dira l’un, de cet esprit critique; On ne saitbien souvent quelle mouche le pique, boil. Sat. ix.

Il Terme de philosophie sociale. L’esprit critique,l’esprit qui se développe à certaines époques de tran-sition, qui s’occupe d’examiner les doctrines etles institutions, d’en rechercher les bases, et quirejette celle;' qui n’ont pas résisté à cet examen.L’esprit critique est l’avant-coureur de l’esprit de ré-volution. || Age, époque critique, par opposition àépoque organique, celle où l’esprit critique domine.Une période critique de cinq siècles a précédé larévolution française . || 3° Terme de médecine. Quiindique une crise. Phénomènes critiques. Pouls cri-tique. || Temps ou âge critique, époque de la viedes femmes à laquelle cesse la menstruation, ainsinommé à cause des indispositions ou des maladiesplus ou moins graves qui y sont fréquentes. Lesfemmes galantes échappent difficilement au péril dutemps critique; le dépit d’un abandon qui les me-nace achève de vicier le sang et les humeurs dans

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un moment où le calme qui naît de la conscienced’une vie honnête serait salutaire, raynal, Hist .phil. xix, 44. || Jour critique, jour dans lequel, sui-vant les remarques des médecins hippocratiques,une crise survient d’ordinaire. || Jour critique se ditaussi du jour où une femme a ses règles. || 4° Parextension,difficile, dangereux,décisif. L’instant cri-tique est venu. Les moments critiques de la vie. Setrouver dans une position critique. Vous êtes dansl’âge critique où l’esprit s’ouvre à la certitude, où lecœur reçoit sa forme et son caractère et où l’on sedétermine pour toute la vie, j. i. rouss. Ém. iv. Onvoit par là que c’est dans le moment critique où lesrépubliques se corrompent,qu’on y a besoin de l’élo-quence, marmont. Élém. de litt. t. vi, p. 388, danspougens. Un entretien digne de remarque qu’on en-tendit cette même nuit montrera tout ce qu’avaitde critique sa position, et comment il la supportait,ségur, Hist . de Nap. xi, 2.

— HIST. xvi* s. Quelquefois aussi les fistules sontcritiques de plusieurs autres maladies, paré, xi, 22.

— ÉTYM . Kpcutxèç, de xpfvtiv, juger (voy. crise).

2. CRITIQUE (kri-ti-k’), s. m. || 1° Celui qui jugedes ouvrages d’esprit ou d’art. Un habile critique.Craignez-vous pour vos vers la censure publique,Soyez-vous à vous-même un sévère critique, boil.Art p. i. Quoi 1 ce critique affreux n’en sait pas plusque nous ! id. Épît. i. La plupart des critiques deprofession ont un avantage dont ils ne s’aperçoi-vent pas peut-être, mais dont ils profitent commes’ils en connaissaient toute l’étendue : c’est l’oubliauquel leurs décisions sont sujettes, et la liberté quecet oubli leur laisse d’approuver aujourd’hui ce qu’ilsblâmaient hier, d’alemb. Éloges, du Marsais. Zoïled’Amphipolis , rhéteur, critique et grammairien,bartiiél. Anach. table 6*. J’ajouterai même, et no-tre expérience le prouve, que les bons critiques neviennent que longtemps après les bons philosophes,condillac, Hist . anc. xi, 2. Le critique supérieurdoit avoir dans son imagination autant de modèlesqu’il y a de genres différents; le critique subalterneest celui qui, n’ayant pas de quoi se former cesmodèles transcendants, rapporte tout, dans ses ju-gements , aux productions existantes, marmont.Élém. de litt. t. vi, p. 238. Chacun, vous dénon-çant à la haine publique, Se dit : fuyez cet homme,il mord, c’est un critique, «lbert, Mon apologie.Un critique, jaloux de plairu aux bons esprits, Tou-jours du bien public occupe ses écrits, id. ti>.Le grand reproche que tous les critiques anglais nous font, c’est que tous nos héros [ de tragédie]sont des Français , des personnages de roman, desamants tels qu’on en trouve dans Clélie, dans As-trée et dansZaïde, volt. Dict.phil. Goût, § 2 . || Ce-lui qui s’occupe de la discussion des anciens faitset des anciens textes. Saumaise , le plus grand cri-tique de nos jours, mallebr. Recherche, liv. il,part. 3, ch. 3. || 2 ° Censeur de la conduite d’autrui.C’est un critique fâcheux. Quoil je souffrirai, moi,qu’un cagot de critique Vienne usurper céans unpouvoir tyrannique, mol. Tart. i, 4. Car il contrôletout, ce critique zélé, id. ib. Les critiques du tempsm’appellent débauché, Que jo suis jour et nuit auxplaisirs attaché.... Régnier, Sat. v.

— ÉTYM . Critique 4.

3. CRITIQUE (kri-ti-k’), s. f. || 1° L’art de jugerles productions littéraires, les ouvrages d’art, etc.Les règles de la critique. Critique littéraire, critiqueoù Ton examine si l’ouvrage est composé de manièreà plaire aux lecteurs, si les inventions en sont neu-ves, etc. Critique grammaticale, critique où Tonexamine un ouvrage, un discours, une lettre, unpoème par rapport au style, si les phrases sont cor-rectes, si les mots sont bien choisis, si les vers sontbien faits, si les figures sont à leur place. Les jo-lies façons de parler que voilà! Que vous êtes, ma-dame, une rude jouteuse en critique I M-i Crit. del’Éc. des femmes, ni. Le plaisir de la critique nousôte celui d’être vivement touchés de fort belles cho-ses, la bruy. i. La critique souvent n’est pas unescience, c’est un métier où il faut plus de santé qued’esprit, plus de travail que de capacité, plus d’ha-bitude que de génie, id. tl>. Et mis sur la sellette auxpieds de la critique, Je vois bien tout de bon qu’ilfaut que je m’explique, boil. Sat. x. Si la critiqueest juste et pleine d’égards, vous lui devez des re-merclments et de la déférence; si elle est juste sanségards, de la déférence sans remercîments; si elleest outrageante et injuste, le silence et l’oubli, d’a-lemb. Apol. de l'étude, Œuvres, t. iv, p. 224, danspougens. L’esprit de critique, vraiment utile à lalittérature et au bon goût, qui n’est autre chose quele discernement juste et fin des beautés et des dé-

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fauts d’un ouvrage, id. Éloges, Koncrif. Autrefois,dans le xvi* siècle et bien avant dans le xvn‘, leslittérateurs s’occupaient beaucoup dans la critiquegrammaticale des auteurs grecs et latins; et c’est àleurs travaux que nous devons les dictionnaires, leséditions correctes, les commentaires des chefs-d’œu-vre de l’antiquité, volt. Dict. philosophique ; gensde lettres. Je crois que les allusions à la politiquecontemporaine sont une faute dans l’art; ce n’estpas la censure qui doit les empêcher, c’est la criti-que^ villemain, Littér. fr. t B’siècle, 2* partie,2* leçon. || 2” Jugement porté par un critique.C’est une des meilleures critiques qui aient étéfaites. Le Cid est l’un des plus beaux poèmes queTon puisse faire; et Tune des meilleures critiquesqui ait été faite est celle du Cid, la bruy. i. Il ya peu de bons livres dont on ne puisse faire unecritique très-bonne, d’olivet, Hist . Acad. t. il,p. 322, dans pougens. || 3 ° Discussion des faitset des textes. Malgré les progrès que Ton a faitsdepuis dans les langues et dans la critique, mass.Panég. St Thom. Quiconque a quelque critiqueet un bon sens pour l’histoire, chateaub. Génie,il, v, 9. Les histoires manuscrites n’étaient pas àla portée de la critique universelle, comme elles sontaujourd’hui, volt. Russie, il, 40. Bientôt Acusilaüs ,Phérécyde, Hécatée, Xanthus, Hellanicus et d’au-tres encore montrèrent plus de critique, barthéi..Anach. ch. 66. La critique elle-même, dont on faittant de bruit, n’est qu’un art de conjecture, l’art dechoisir entre plusieurs mensonges, J. J. rouss. Ém.iv. || Critiqua philologique, eritique où Ton consi-dère si tous les mots, toutes les idées sont bien àl’auteur, s’il n’y a pas des phrases interpolées, oudes formes de style qui ne puissent pas lui appar-tenir. || Critique historique, critique où Ton cherchesi tous les faits énoncés sont conformes à la véritéhistorique, ou au moins aux témoignages des prin-cipaux historiens, s’il n’y a pas d’anachronismes, etc.|| Dans le langage philosophique, la critique oppo-sée à l’affirmation d’une doctrine. C’est de la purecritique. || 4“ Ce qui fait ressortir indirectementles défauts d’une chose. Sa conduite est une critiquede la vôtre. Cette parodie est une critique fort spiri-tuelle de la pièce.H 5° Blâme qu’on déverse sur autrui.Rien n’est à l’abri de sa critique. La jeunesse selivre à une critique présomptueuse, fén. Tél. xn.....Il n’est grands ni petits Que de votre critiqueon ait vus garantis, mol. Écol. des femm. i, 4.|| 6" Les gens qui critiquent. Il ne peut échapperaux traits de la critique. || 7 » Terme de pratique.Discussion rigoureuse des moyens proposés par lapartie adverse. || 8° Terme de philosophie. Nomdonné quelquefois au système de Kant ou criti-cisme.

— SYN. critique, censure. Critique est plus gé-néral que censure; c’est l’examen attentif de là chosedont il s’agit, examen qui peut donner un résultatfavorable ou défavorable. Au contraire, censure ex-prime toujours une correction, un blâme, une au-torité qui prononce un jugement. La critique deslivres les examine, les juge, et, s’ils lui paraissentbons, ne les censure pas ; la censure prononce unjugement, résultat d’un examen qui condamne.

— ÉTYM . Critique 4.

CRITIQUÉ, ÊE (kri-ti-ké, kée), part, passé.|| 1” Soumis à la critique. Les livres critiqués dansce journal. De3 textes ainsi critiqués et éclaircis. Jedemeure d’accord de bonne foi que mesvers n’étaientpas bons, aussi ne furent-ils pas critiqués, lesage,Gil Bios, y, 4. Il 2° Blâmé. Sa conduite critiquéemême par ses partisans.

CRITIQUER (kri-ti-kê), v. a. || 1» Faire l’examencritique des ouvrages d’art ou d’esprit. Critiquer unouvrage, un auteur. On critiquait ce vers. Il faut,autant qu’on peut, apporter des exemples illustresdes choses qu’on dit, lorsqu’elles sont de consé-quence, et c’est quelquefois faire honneur à un livreque de le critiquer, mallebr. Recherche, il, iii, 4.11 a bien critiqué le livre qu’il avait dans la tête, iln’a pas critiqué celui de l’auteur, montesq. Esp.Défense, 2 * partie. || Absolument. Il vaut mieux ad-mirer à tort que critiquer sans raison. || 2° Blâmer.Critiquer les actes d’un ministre. Il critique tout lemonde. Un esprit chagrin qui critiquait toutes mesactions, fén. Tél. xm. Critiquer gens, m’est, dit-il,fort nouveau ; Ce n’est mon fait, et toutefois, ma-dame, Je vous dirai tout net que ce discours.... lafont. Court. Il 3° Se critiquer, v. ré fl. Faire la cri-tique de soi-même, être un critique à soi-même.|| Se critiquer Tun l’autre. Us se sont critiqués avecacerbité.

— HIST. xvi* s. La maladie de soy criticquoit [avait