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Tome premier. A - C.
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CRÛ

genres; au régime cruel pour les deux genres; aupluriel nominatif cruel pour les deux genres; aurégime cruels ou crueus. De cette forme cruels oucrueus, on avait tiré un adjectif irrégulièrementformé crueus, crueuse : De plus crueuse beste ne luparole oie, ISerte, n; En si crueuses batailles et sipérilleuses, froiss. i, i, 1.

CRUELLEMENT (kru-è-le-man), adv. || 1° D’unemanière cruelle, avec cruauté. Il le faitmourir cruel-lement. Cruellement docile aux leçons de ton maî-tre, volt. Fanat. iii, 8. || 2* D’une façon doulou-reuse. Cruellement humilié. Cruellement blessé, maistrop fier pour me plaindre, volt. Zaïre, tv, a. Cruel-lement trompé, je t’ai trompé toi-même, id. Tancr.v, 6. La marmotte a les quatre dents de devant as-sez longues et assez fortes pour blesser cruellement,buff. Marmotte. Enfin on atteignit Gjatz avec lanuit; mais cette première journée d’hiver avait étécruellement remplie; l’aspect du champ de bataille,de ces deux hôpitaux abandonnés, cette multitudede caissons livrés aux flammes, ces Russes fusillés....sêgur, Jfist. de Nap. ix, 8. || 3° Familièrement.Cruellement laid, très-laid. Chamillart se trouvad’autant plus flatté [de la demande de la Feuillade]que sa fille était cruellement vilaine, st-sim. 99,68. L’esprit y est toujours naturel et exempt de cejargon ridicule, à la fois puéril et barbare, dontplusieurs de nos pièces modernes sont si cruelle-ment infectées, d’alemb. Éloges, Boissi. Sa gloire,cruellement obscurcie par la fin de son règne, aumoins si on en juge par les événements, id. Éloges,Card. d’Est.

— HIST. xiii* s. Et quant il meffont, li baillis lesdoit plus cruelment punir de lor melfet que nuleautre maniéré de gent, beaum. 25. || xv* s. [Le princedoit] Requérir crueusement Son ennemi, et menerdoucement Ses vrais subgiez, sans asservir nulli,e. besch. Des vertus nécess. au prince.

— ÊTYM . Cruelle, et le suffixe ment; provenç.cruxelmen; catal. crudelment; espagn. cruelmente;ital. crndelmente. L'ancien adverbe était cruelment,régulièrement formé, et crueusement, irrégulière-ment formé.

f CRCENTATION (kru-an-ta-sion ), s. f. Nomdonné par les anciens médecins au phénomène dusuintement et même du jaillissement de sang, plusou moins de temps après la mort, par les plaiesd’une personne tuée; phénomène auquel on atta-chait une valeur superstitieuse et fausse pour la dé-couverte des meurtriers.

— ÊTYM . Lat. cruentatio, de même radical quecruor (voy. ce mot).

f CRUMËNIFÈRE (kru-mé-ni-fê-r’), adj. Termed’histoire naturelle. Qui porte une bourse.

— ÊTYM . Lat. crumena, bourse, et fer, quiporte.

f CRUMÉNOPHTIIALME ( kru-mé-nof-tal-m’),adj. Terme de zoologie. Se dit de poissons qui ontl’œil entouré d’une bourse. || S. m. pl. Les crumé-nophthalmes, famille de poissons de mer du genredes scombres.

— ÊTYM . Mot hybride formé du latin crumena,bourse, et du grec ôs0»).p.è;, œil.

CRÛMENT (kru-man), adv. D’une manière crue,sans ménagement ni correctif. Mademoiselle, per-sonne n’est encore mort de votre absence, hormismoi; et je ne crains point de vous le dire aussi crû-ment, parce que je crois que vous ne vous en sou-ciez guère, voit. Lett. 11 o. Ne lui laissez pointpenser tout crûment qu’on la sacrifie, sév. 44t.Oui, pour vous, dit Cloris, qui passez cinquanteans... Car, pour vous découvrir le fond de ma pen-sée, Je me plais aux livres d’amour. Cloris eut quel-que tort de parler si crûment, la font. Ballade. Jesens qu’un prince très-délicat sur la charité du pro-chain pourrait s’effaroucher aisément de ce qui estdit un peu crûment par rapport à sa délicatesse,st-sim. 265, 66. Non d’un vrai sec et crûment his-torique, Mais de ce vrai moral et théorique, Qui,nous montrant les hommes tels qu’ils sont, De no-tre cœur nous découvre le fond, J. B. rouss. Ép. il,4. Rendre crûment la vérité commune est le talentd’un ouvrier; faire mieux que n’a fait la nature elle-même et l’embellir en l’imitant est l’art réservé augénie, marmont. Élém. lût. Œuvres, t. vu, p. 45,dans PotiGENS. Les femmes, à qui l’on reproche toutcrûment dans les Harangueuses [d’Aristophane ] dese soûler, de ferrer la mule et bien d’autres espiègle-ries, id. ib. t ix, p. 398.

— HIST. xvi" s. Ce propos, encore qu’il soit ditun peu trop cruement et temerairement, pourroittembler véritable, ahyot, Phoc. 4.

— ÊTYM . Crû pour crue, et le suffixe ment.

DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.

CRU

f CRUOR (kru-or), s. m. Terme d’anatomie. Ma-tière colorante du sang, ou, plus souvent, le caillotlui-même, et, quand il y a couenne, la partie ducaillot colorée par les globules sanguins.

— ÊTYM . Lat. cruor, sang. Il y a dans le celti-que : irlandais, cru; kymri , crau, sang.

f CRCORIQUE (kru-o-ri-k’), adj. Terme d’anato-mie. Qui appartient au cruor. Eléments cruoriquesdu sang, parties solides de ce liquide, qui, par leurréunion, constituent le caillot.

— ÊTYM . Cruor.

CRURAL, ALE (kru-ral, ra-1’), adj. Terme d’a-natomie. Qui appartient à la cuisse. L’artère cru-rale. Les nerfs cruraux. || Plexus crural, réunion desbranohes antérieures des quatre dernières paires denerfs lombaires et des quatre premières paires denerfs sacrés. || Arcade crurale, repli formé par l’apo-névrose abdominale et qui est fixé d’une part à l’é-pine iliaque antérieure supérieure, de l’autre aupubis. || Canal crural, aussi nommé anneau crural,anneau fémoral, canal par où passent les vaisseauxcruraux à leur sortie de l’abdomen.

— HIST. xvi* s. La huitième ramification fait lesiliaques, jusques à ce qu’elles soyent hors du péri-toine, où les crurales commencent, paré, i, 22. Lemuscle crural, id. iv, 37.

— ÊTYM . Lat. cruralis, de crus, jambe.

f CRUSCA (krou-ska), s. f. Académie de la Crusca ,académie célèbre, établie & Florence en 1582, pourle perfectionnement de la langue italienne. Il fautvoir aussi une autre espèce de ménagerie, c’est lasalle de l’académie de la Crusca, où le siège detoutes les chaises sur lesquelles on se met est unehotte et le dos une pelle à four; le directeur estélevé sur un trône de meules; la table est un pé-trissoir; les garde-robes sont des sacs; on t’.re lespapiers d’une trémie; celui qui les lit a la moitié ducorps passé dans un blutoir et cent autres coïonne-ries relatives au nom de la Crusca, qui signifie sonde farine; car le but de son institution èst de bluteret ressasser la langue italienne, pour en tirer cequ’il y a de plus fine fleur de langage, rejetant cequ’il y a de moins pur, de brosses, Lettres sur l’I-talie , t. il, lettre 2 .

f CRUSCANTISME (krou-skan-ti-sm*), *. m. Pu-risme, en parlant de la langue italienne. Il avaitrapporté [de l’université] une assez forte dose decruscantisme, J. i. rouss. Conf. m.

— ÊTYM . Crusca.

CRUSTACE , ÊE (kru-sta-sé, sée), adj. || 1° Termede zoologie. Qui a l’apparence d’une espèce decroûte. Les vers dont le corps est logé dans un tuyaucrustacé ou pierreux semblent lier les insectes avecles coquillages, bonnet, Contempl. nat. 3* part,ch. 20 . Les œufs des insectes sont de deux genres :les uns sont membraneux, comme ceux des tortueset des reptiles; les autres sont crustacés, commeceux des oiseaux, id. ib. t. vm, p. 424 , dans pou-gens. || Terme de botanique. Péricarpe crustacé, ce-lui qui est mince, très-fragile, et que l’eau ne peutramollir. || 2“ Terme de zoologie. Qui est revêtu d’unesorte de croûte, d’une écaille. || S. m. plur. Nomd’une classe comprenant tous les animaux articulés,qui ont la tête confondue avec le thorax, une croûteextérieure plus ou moins calcaire, des pieds arti-culés au nombre de 5 à 7 paires, et qui respirent,soit par des branchies, comme les crabes, les écre-visses, les cloportes, soit par la peau, comme leslernèes. || 8* Terme de médecine. Qui est accompa-gné de croûtes à la peau. Dartre crustacée. Lèprecrustacée.

— ÊTYM . Lat. crusta, croûte.

f CRUSTACEEN , ENNE (kru-sta-sé-in, è-n’),adj.Terme de zoologie. Qui a rapport aux crustacés.

f CRUSTACITE ( kru-sta-si-t’), ». m. Crustacéfossile.

f CRUSTODERME (kru-sto-dèr-m’), adj. Termede zoologie. Se dit de poissons qui ont la peau dureet croûteuse. || S. m. pl. Les crustodermes, tribu depoissons qui ont la peau ainsi constituée.

—ÊTYM . Mot hybride formé du latin crusta, croûte,«t du grec ôéppa, peau.

f CRUSTULIFORME (kru-stu-li-for-m’), adj.Terme d’histoire naturelle. Qui a la forme d’unéchaudé.

— ÊTYM . Lat. crustula, diminutif de crusta, pe-tite croûte, et forme.

CRUZAIIE (kru-za-d’), s. f. Cruzade vieille, mon-naie d’or des Portugais, valant 3 fr. 3o c. Cruzadeneuve, monnaie d’argent valant un peu moins de3 francs.

— ÊTYM. Portug . cruxado, de crux, croix (voy.croix); ainsi dite de ce qu’elle a été fabriquée à

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l’occasion de la croisade accordée par le pape Nico-las V au roi de Portugal .

f CRYM01IE (kri-mo-d’), adj. Ancien terme demédecine. Fièvre crymode, fièvre caractérisée parun état algide. || S. m. plur. Les crymodes, genred’insectes lépidoptères, de la famille des nocturnes.

— êtym. KpupwÔY];, glacial, de xpugiç, froid.

f CRYMOPHILE (kri-mo-fi F), adj. Terme d’his-toire naturelle. Qui aime les pays froids.

— êtym. Kpupèç, froid, et ç!Xo;, qui aime.

f CRYOLITHE (kri-o-li-t’). s. f. Spath du Groên-land, variété du fluate d’alumine.

— ÊTYM . Kpéo?, froid, et Xt6oç, pierre.

■j CRYOMËTRE (kri-o-mè-tr), s. m. Terme dephysique. Instrument servant à faire connaître l’in-tensité du froid.

— ÊTYM . Kpuoç, froid, et pétpov, mesure.

f CRYOPHORE (kri-o-fo-r’), s. m. Terme de phy-sique. Instrument congelant l’eau par l’effet de l’é-vaporation.

— êtym. Kpûoç, froid, et çopè;, qui porte.

f CRYPIIIE (kri-fie), s. f. Terme de paléographie.Signe en forme d’une demi-circonférence ponctuéeau centre (ti?), avec lequel on note les passages obs-curs.

— ÊTYM . Kpéçios, caché, de xpé-rrreiv, cacher(voy. crypte).

f CRYPSORCHIDE (kri-psor-chi-d’), s. m. Voy.

CRYPTORCHIDE.

— êtym. Kpûi|iopxt?, de xpûrcieiv, cacher, et «épyi:, testicule.

f CRYPTANDRE (kri-ptan-dr’i ou CRYPTANDRI-QUE (kri-ptan-dri-k’), adj. Terme d’histoire natu-relle. Qui n’a pas d’organes mêles apparents.

— ÊTYM . Kpuirrèç, caché,et à'/rr,, àvSpè;,homme,mêle.

f CRYPTANTHE (kri-ptan-t’), adj. Terme de bo-tanique. Dont les fleurs sont très-peu apparentes.

— ÊTYM . Kpuirrèç, caché,et<5v0oç, fleur.

t CRYPTANTHËRÉ, EE (kri-ptan-té-ré, rée), adj.Terme de botanique. Dont les étamines ne sont pasapparentes.

— êtym. Kpuirrèç, caché, et anthère.

CRYPTE (kri-pt’), s. f. || 1“ Caveau souterrain,

servant de sépulcre dans certaines églises. Les pre-mières cryptes ou grottes ont été taillées dans le roc oumaçonnées sous le sol, pourcacher aui yeux des pro-fanes les tombeaux des martyrs; plus tard, au-dessusde ces hypogées vénérés par les premiers chrétiens,on éleva des chapelles et de vastes églises; puis onétablit des cryptes sous les édifices destinés au cultepour y renfermer les corps saints recueillis par lapiété des fidèles, viOLLET-LE-DUC,fltct . d’arch. CrgpU.

Il 2° Terme d’anatomie. Synonyme de follicule, sortede petite glande caractérisée par sa forme de sac.

|l L’Académie dit qu’en ce sens crypte est d’ordi-naire masculin. Le fait est que les anatomistes luidonnent ce genre; mais il n’y a aucune raison pourfaire subir à ce mot, contre l’étymologie et contrel’usage de la langue générale, un changement degenre qui, même suivant la remarque de l’Acadé-mie , n’est pas universel. Pour une anomalie sem-blable, voy. cotyle. || 3° S. m. Genre d’insectes hy-ménoptères de la famille des pupivores, tribu desichneumonides.

— ÊTYM . Provenç. crola, cropta ; du latin crypta,du grec xpûimi, crypte, de xpumi;, caché (voy.grotte).

■f CRYPTIE (kri-ptle), t. f. Simulacre d’expéditiondans laquelle les jeunes gens de Sparte s’accoutu-maient aux opérations militaires, battaient la cam-pagne et se tenaient en embuscade comme s’ilsétaient en présence de l’ennemi; plusieurs auteursajoutent que dans cette cryptie on faisait la nuit lachasse aux Hilotes et qu’on tuait ceux qu’on ren-contrait.

— HIST. xvi* s. Quant à celle [ordonnance! qu’ilzappelloient cryptia, comme qui diroit la secrette....ceste ordonnance estoit telle : les gouverneurs quiavoient la superinlendance sur les jeunes hommes,à certains intervalles de temps choisissoient ceulxqui leur sembloient plus advisez, et les envoyoientaux champs, l’un deçà l’autre delà, portans quandet eulx des dagues et ce qui estoit necessaire pourleur vivre seulement ; ces jeunes hommes, estansespars emmy les champs, se cachoient durant lejour en quelques lieux couverts, là où ilz se repo-soient, puis sur la nuict s’en alloient espier les che-mins, etytuoient le premier qu’ilz rencontroiendes Ilotes, amyot, Lyc. 68.

— ÊTYM . KpunTEÎa, de xp-jTTTÔ;. caché.

f CRYPTO.... Préfixe qui, venant de xpunxo;,si-gnifie caché.

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