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poitrine (coeur et poumon), à cause que ces viscèresdu cerf se donnaient aux chiens en curée ; mais laforme cuirée et le fait qu’on ne trouve pas Corée avecle sens de curée, excluent cette étymologie. Voiciun exemple de courée : Le curé incontinent s’en vaacheter force courées [mou] de veau et de mouton,et les mit toutes cuire en une grande oulle, desper.Contes, xxxvi.
f CURE-FED (ku-re-feu), s. m. Instrument pourôter le mâchefer du fourneau. || Au plu r. Des cure-feux.
— Dr ym. Curer, et feu.
| CURE-LANGUE (ku-re-lan-gh’), *. m. Lamed’ivoire, d’écaille, de corne, dont on se sert pourracler la langue. || Au plur. Des cure-langues.
t CUREMENT (ku-re-man), s. m. Action de curerles puits, les fossés, etc.
CURE-MOLE (ku-re-mfl-P), s. m. Machine ser-vant à curer un port. || Au plur. Des cure-môles.
CURE-OREILLE (ku-ro-rè-U’, il mouillées), s. m.Petit instrument dont on se sert pour se nettoyerles oreilles. || Au plur. Des cure-oreilles.
— HlST. xvi* s. Pour une douzaine de curoreillesd’ivoire, à deux sols piece, de laborde, Émaux,p. 242. X Gilles Suramond, orfevre du Roy, pourung estuif d’or garny d’un curedans et un cure-oreille, id. fh. Disari3 cela se pouvoir faire à-tout[avec] une cur’aureille , o. de serres, 187.
t CURE-PIED (ku-re-pié), s. m. Instrument depalefrenier pour nettoyer le dedans du pied destlievaux. || Au plur. Des cure-pieds.
CURER (ku-ré), v. a. || 1“Enlever des immondicesaccumulées. Curer un puits, un fossé, un port.|| Curer la charrue, la débarrasser de la terre quis’y attache. || Curer une vigne en pied, ôter du cepdes vignes tout le bois inutile. || Se curer les dents,les oreilles, se nettoyer les dents, les oreilles avecun cure-dent, un cure-oreille. || Terme d’eaux etforêts. Enlever les branches mortes, les chicots, lessouches mal venues. || 2° Terme de fauconnerie.Donner une cure à un oiseau. || V. n. Rendre la cure,en parlant de l'oiseau. Le faucon a curé.
— SYN. curer, écurer. Si vous nettoyez quelquechose en le frottant avec du grès, du sable, etc. pourle rendre clair, vous écurez, mais, si vous ôtez d’uneconcavité quelconque ce qu’elle peut renfermer desale, vous curez. On doit donc dire et l’on dit: écu-rer des couteaux, des chandeliers, etc. et curer despuits, des lossés, des rivières.
— HlST. xni’s. Ne sueffre sor toi nule ordure Lavetes mains, et tes dens cure, la Rose, 2476. Et furentles fossés curez dehors et dedans, joinv. 276. || xrv* s.Nous loons un bon homme aucune foiz en disantqu’il ne cure des honneurs mondains, oresme, Eth.4 9. Aucune foiz par négligence ou pour ce que l’enn’en cure, sont aucuns ars empirez et oubliez entout ou en partie par procès de temps, id. ib. v, 16 .|| xv*s. Toutes voies point il [le comte de Foix]n’arresta jusques à tant qu’il lui eust donné cinqcoups d’une dague; et puis après commanda le comtequ’il fust mis dans la fosse, et il le fut, et là mourut,car il fut povrement curé de ses plaies, froiss. h,ni, 40. ||xvi* s. Plus on attend, plus s’enracine lemal; toutesfois il est encores guérissable, moyen-nant qu’on le cure par les causes plustost que pariesaccidens, lanoue, 264. Gens de bras pour ap-pianir les chemins, bastir ponts à passer les eaux,curer les rivières, amyot, Lucull. 49. Le temps decurer [émonder] les jeunes arbres est lorsqu’ils sonten seve, pour tant plus facilement en estre leursplaies recouvertes, o. de serres, 639.
— ÉTYM. Berry, cuer, nettoyer; provenç. curar ,soigner et curer; du latin curare (voy. cure). Dansl’ancien français , curer signifiait à la fois soigner,avoir souci, »t nettoyer.
t CURET (ku-rè), t. m. Peau de buffle ou d’autreanimal servant, dans la dorure de quelque pièce, àfrotter les pierres sanguines avec delà potée d’étain.
— HlST. xv* s. Ainsique le suppliant ot lié seslieufs à la charrue, aperceut qu’il avoit oublié soncuret dont il curoil sa terre et sa charrue, du canoë,curata.
— étym. Curer. Dans l’ancien français , curet si-gnifiait ce qu’on nomme aujourd’hui eurofr.
t CURÈTE (ku-rè-t’), s. m. Terme d’antiquité.Prêtre de Cybèle.
— ÉTYM . KoûpnvEç, proprement les jeunes, dehoolos, jeune homme.
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t CURETTE (ku-rè-t’), s. f. Terme de chirurgie.Instrument, en forme de cuiller, qui sert à extraireles corps étrangers,et particulièrement de petits cal-culs de la vessie, après l’opération de la taille.|| Terme de couverturier. Petit instrument qui a unmanche de bois et des dents de fer, dont on se sertpour curer les chardons qui sont remplis de laine.|| Terme de marine. Sorte de gratte servantànettoyerl’intérieur des pompes. || Terme de métiers. Instru-ment pour nettoyer un trou de mine. || Outil pournettoyer le coutre de la charrue. || Outil de bois pro-pre à nettoyer le métal des armes. || Terme de bota-nique. Nom de plusieurs champignons.
— BIST, xvi" s. Instrument d’argent nommé cu-rette, propre pour l’extraction d’une pierre, sonders’il y en a d’autres, et aussi pour recueillir et amas-ser le sable, paré, xv, 46
CUREUR (ku-reur), s. m. Celui qui cure et net-toie les puits, etc.
— HlST. xv* s. Vous savez que devant il y a pailleset fumiers qui sont boulez tous hors des estables descureurs de chevaulx, le Jouvencel, f° 40, dans la-curne.
CURIAL, ALE (ku-ri-al, a-1’), adj. Qui concerneune cure ecclésiastique. Fonction curiale. Droits cu-riaux. La maison curiale, le presbytère.
t CURIALE (ku-ri-a-l 1 ), s. m. || Terme d’histoireromaine. Membre de la classe appelée aux honneurset aux charges des cités sous l’Empire. La secondeclasse des citoyens était celle des curiales ou dé-curions, c’est-à-dire des propriétaires aisés, mem-bres, non du sénat romain , mais de la curie ou corp#municipal de leur cité, guizot, Hist. de la civitis.en France , 2* leçon. Aucun curiale ne pouvait, parun acte personnel et volontaire, sortir de sa con-dition; il leur était interdit d’habiter la campagne,d’entrer dans l’armée, d’occuper des emplois qui lesauraient affranchis des fonctions municipales, avantd’avoir passé par toutes ces fonctions, depuis cellede simple membre de la curie jusqu’aux premièresmagistratures delà cité, id. ib. Les curiales ainsi en-fermés de gré ou de force dans la curie, id. ib. Usadministraientlesaffairesdumunicipe, ses dépenseset ses revenus, soit en en délibérant dans la curie,soit en occupantles magistratures m un xi paies; danscette double situation, les curiales répondaient non-seulement de leur gestion individuelle, mais desbesoins de la ville, auxquels ils étaient tenus depourvoir eux-mêmes, en cas d’insuffisance des re-venus, id. ib.
— ÉTYM . Latin, curialis, de curia, curie. Vers lafin de l’empire curialis avait reçu parfois le sens decourtisan; ce sens fut repris dans la latinité dumoyen âge; et au xv’ siècle on voit, dans le fran-çais , curial avec le sens de courtisan : 0curial, tanten court a d’envie Et de tourment qui d’accroistrene cesse, Que dire puis partout sans villenie : Foutzla poursuit, et sages la delesse, eust. desch. Poé-sies mss. f° 26, dansLACURNE. Dieux, qu’à ces coursont de dueil et de peine Ces curiaux qui dedans sontboutés, id. t&. f° io3. Cet emploi de curial vintd’une confusion avec une fausse étymologie de cour(voy. cour).
f CURIATE (ku-ri-a-t’), adj. Terme d’histoire ro-maine. Qui se compose de la réunion des curies. Co-mices curiates. || Qui est voté par les curies assem-blées. Loi curiate.
— ÉTYM . Lat. curiatus, de curia, curie.
CURIE (ku-rie), s. f. || 1° Terme d’antiquité ro-maine. Division de la tribu chez les Romains. Ro-mulus partagea le peuple romain en trois tribus, etchaque tribu en dix curies; mais il n’y avait de cu-ries que pour le peuple de l’enceinte de Rome ; etvoter par curies, c’était voter en appelant seulementau vote les gens de la ville. Le peuple chercha tou-jours à faire par curies les assemblées qu’on avaitcoutume de faire par centuries, et à faire par tribusles assemblées qui se faisaient par curies, montesq.Esp. xi, 4 4 . || Comices par curie, l’assemblée despatriciens, ampère, Hist. rom. à Rome , t. ii, p. 332 .Les curies n’étaient composées que de gentes [ fa-milles] patriciennes; elles se rassemblaient dans leComilium ,id. ib. Chaque curie avait une voix qui ex-primait l’opinion de la majorité de ses membres,id. ib. || Le lieu où s’assemblait le sénat. || 2° Par ex-tension, le sénat des villes municipales. ||La classedes curiales. || 3° Ensemble des diverses administra-tions qui constituent le gouvernement papal.
— ÉTYM . Latin, curia, curie, et édifice consacréà une curie, lieu d’assemblée. Les étymoîogistesla-
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tins dérivent curia de cura, soin ; mais ceux d’au-jourd’hui pensent qu’il n’est guère possible de sépa-rer mria de centuria, et que, celui-ci étant unecontraction de centumviria (voy. centurie), celui-là doit être une contraction de co-viria, de cum,avec, et vir, homme : réunion d’hommes.
CURIEUSEMENT(ku-ri-eû-ze-man),adu.|| l’Avecsoin. Aussi bien, que sert-il de regretter des plaisirsabsents et de chercher curieusement tous les défautsde sa condition? balz. Liv. vii, lett. 26 . Les Egyp-tiens conservaient curieusement les corps morts,boss. Hist. iii, 3. Un autre décrit curieusement etfort au long les petites choses, et passe légèrementsur les grandes, rac. Extrait du Traité de Lucien:Comment il faut écrire l’histoire. Ceux de ses audi-teurs qui auraient le mieux entendu finesse, auraientjugé, non sans fondement, que cette manière des’exprimer, si curieusement éloignée de la forme or-dinaire,renfermait implicitement un trait de satiretrop aiguisé pour être senti par la multitude, d’a-lemb. Œuvres, t. x, p. 420, note 3, dans pougens.|| Avec soin et délicatesse. Tablette curieusementsculptée. || 2“ Avec curiosité, avec désir de voir et desavoir. Observer, s’enquérir curieusement.
— HIST. xii* s. E à ordener coriosement chasconepart covient à celui qui fait l’estoire [l’histoire] ,llachabées, il, 2 . || xm* s. Il m’est avis que c’est re-sons, porce que cascunsgart plus curieusement celidont il est hoirs, beaum. lxix, 2 . ||xiv* s. Elle [unevoie] estoit moult curieusement gardée, Chron. deSt-Denis, f° 47), dans lagurne. Punissez-les despeines dessus contenues hastivement et curieuse-ment , Ordonn. des rois de Fr . t. n, p. 88. || xv*s.Et si disoit-on que plusieurs femmes y alloient cu-vrçusement de nuict et de jour, jean de troyes,Chron. 147S. || xvi* s. Il nourrit curieusementla mered’Eudamidas, mont, i, 246. Personne n’est exemptde dire des fadaises; le malheur est de les dire cu-rieusement, id. t. iii, p. 4, dans lac&rne. Entreceux qui sont adonnez (mais trop curieusement) à lapoursuite de divers objets, lanoue, 468. Il faut traic-terce mal bien curieusement, de peur de faire tom-ber le malade en convulsion, paré, xv, 24. Desconfitures et issues de tables curieusement labouréeset apprestées, amyot, Lucull. 80. Sans mot dire,ny curieusement enquérir ny chercher que c’estoit,id. Crassus , 7.
— étym. Curieuse, et le suffixe ment; provenç.curiosamen; espagn. et ital. curiotamcnte.
CURIEUX, EUSE (ku-ri-eû,eû-7’), adj. ||l“Quiacure de, soin de, souci de. Il est vrai que Platon , cu-rieux observateur des antiquités, fait le royaume deTroie, du temps de Priam , une dépendance de l’em-pire des Assyriens, boss. Ilist. m, 4. On peut croireque les Assyriens étaient peu connusducôtéde l’Oc-cident, puisqu’un poète [Homère ] si savant et si cu-rieux d’orner son poème de tout ce qui appartenait àson sujet, ne les y fait point paraître, id. ib. Ceux quiconnaissent tant soit peu les antiquités savent combienles premiers temps étaient curieux d’ériger et deconserver de tels monuments et combien la postéritéretenait soigneusement les occasions qui les avaientfait dresser, id. t'b.n, 3. Peu curieux à bienremarqueice qui paraît, mais profond à pénétrer ce qui se cache,st-êvrem. ii, 46t. Elle n’est curieuse que d’une pro-preté fort simple, mol. P Av. n, 6. Et le cheval qu’àl’herbe on avait mis, Assez peu curieux de sembla-bles amis [le loup et le renard].... la font. Fabl .xii, 47. 11 y a des âmes sales, pétries de boue etd’ordure, éprises du gain et de l’intérêt, comme lesbelles âmes le sont de la gloire et de la vertu ; eurieuses et avides du denier dix ; uniquement occu-pées de leurs débiteurs.... la bruy. vi. Les mœursdans cet âge [l’enfance] sont assez les mêmes, et cen’est qu’avec une curieuse attention qu’on en pénè-tre la différence, id. xi. Il semble souvent que noussoyons plus curieux de montrer que nous savonsbeaucoup de choses, que de faire voir que nous sa-vons bien celles que nous traitons, condillac, Artd'écr. iv, 4. || En parlant des choses. [Il] Examined’un œil et d’un soin curieux Où les vagues rendrontce dépôt précieux, corn. Pomp. n, 2 . C’est les exa-miner d’un soin trop curieux, rotr. Vencesl. iv, 4.Vous voulez qu’on évite un soin trop curieux, Etdes vains ornements l’effort ambitieux, la font.Fabl . v, 4. Une espèce de miséricorde inquiète etcurieuse,qui songeàtous les maux qu’on peutsouf-frir, fléch. m, 380. || 2" Qui est désireux de voir etde savoir. Je suis curieux de voir la fin de cette af-faire.Si Votre Majesté Est curieuse de beauté,
Qu’elle fasse venir mon frère, la font. Joc. Nos sol-dats furent curieux de voir le pays, fën. Tél. x.Curieux, incertains, quelle fortune aurait courue