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souverains, nommés daïris, étaient à la fois les rois,les pontifes de la nation, id. ib.
DAIS(dê; l’sselie: un dê-z élégant), s. m. || 1° Ou-vrage dans la forme des anciens ciels de lit et quisert de couronnement à un autel, à un trône, etc.Près de lui [le légat], pour Mayenne un dais estpréparé, volt. Uenr. vin. || Poétiquement, sous ledais, sur le trône, au sein des grandeurs. Elle seule[la satire], bravant l'orgueil et l’injustice, Va jusquesous le dais faire pâlir le vice, boil. Sat. ix. Del’homme inculte il adoucit la vie, Et sous le daismontre au doigt les tyrans, bérang. Ange exilé.
|| Eig. Les flammes du bûcher se divisent et formentun dais sur sa tête sans le toucher, volt, liceurs,
9. Le ciel était sur sa tête [de René] comme le daisde sa couche, chateaub. Nateh. u, t 06 . La fleurdort sur sa tige, et la nature même Sous le dais dela nuit se recueille et s’endort, lamart. Méd. u, 2.
|| 2° Toute espèee de voûte de verdure. Un dais defeuillage. Amis reposons-nous sur ce siège sauvage,Sous ce dais qu’ont formé la mousse et le feuillage,volt. Scythes , i, a. || 3° Poêle soutenu de deux ouquatre petites colonnes, sous lequel on porte le saintsacrement, surtout dans les processions, et sous le-quel on reçoit les rois, les princes, lorsqu’ils fontune entrée solennelle. || 4" Estrade, lieu élevé. || Hautdais, estrade où le roi et la reine étaient assis dans lesassemblées publiques, soit qu’il y eût un dais, soitqu’il n’y en eût pas. [Dans la description de la salledes machines du château des Tuileries , après leparterre] On monte ensuite sur Hn haut dais con-servé pour les places des personnes royales et de cequ’il y a de plus considérable à la cour, Bist. duthéâtre fr. t. xi, p. ( 26 . || 5° Arbrisseau du Cap.
— HIST. xu* s. Dune fu apresté lur mangiers,Si s’i asistrent volentiers; N’i orent tables n’autresdeis Fors la vert herbe e le junc freis, benoît, u,3557 . Quant fu la cort des chevaliers de pris, Limangiers fu aprestez et garnis; L’eve demandent,au mangier sont assis; Au plus haut dois sist li roisAnseïs, Garin le Loherain , dans du canoë, dagus.Et à curt esteras, et à mun deis tuz jurs mange-ras, Rois , 150. Par l’uis qu’il ont trové overt, En-trent enz et voient covert Un dois [table] d’un tabliergrant et lé, la Charrette , 983. || un* s. El plushaut liu del dois [il] s’asiet, Partonop. v. 987. Deprinces est nés et de rois, Bien doit aseïr à hautdois, ib. v. 99(. Al maistre dois li escançon Ne mis-rent boivre s’en or non, ib. v. tôt6. Puis est ens elpalais entrés, U li disners est aprestés, Et beauset rices et cortois, Et il se vait seîr al dois [table],ib. v. 1599 . Li rois a son leu [son loup] regardé,Joste le dois l’a apelé, Lai de Uelion. Arlus s’en estdel dois tornês, De ci al leu [loup] en est alés, ib.Si cum manger deveit ii reis, Jà ert asis sur le hautdeis, Lai del désiré. || xvi* s. Contre la cheminée dela dite chambre, y avoit un riche ders, tout cou-vert, pentes, fonds et dossier, de broderies A per-sonnages, l’Ordre du roi Henri II, p. 3ît, dansdu canoë, dagus.
— ÉTYM . Provenç. deû. Le sens primitif est tableA manger, comme le prouvent les anciens exem-ples et cette phrase de Mathieu Paris : Priore pran-dente ad magnam mensam quam dais vocamus. 11vient donc de discus (voy. disque) , table A manger.Comme la place où l’on posait le dais était élevéequand il s’agissait de grands personnages, dais apris le sens d’estrade; enfin, l’estrade étant gar-nie de tentures, on en est venu au sens d’aujourd’hui.
t DALAI-LAMA (da-lè-la-ma) ou DALAÏ-LAMA (da-la-i-la-ma), ». m. Un des deux chefs suprêmes del’église bouddhiste du Tibet , lequel réside A Lhassa .
— ÉTYM . Terme composé d’un mot mongol, dafaïoutalé, mer, océan, et d’un mot tibétain , lama, prêtre,religieux : mot A mot, religieux grand comme la mer.
f DALBERGIE (dal-bèr-jie), s. f. Terme de bota-nique. Genre de la famille des papilionacées, arbresou arbrisseaux souvent grimpants, indigènes de l’A sie tropicale.
— ÉTYM . Dalberg, botaniste suédois ,t DALEAU (da-lô), s. m. Ouverture faite A unecuve d’indigo pour l’écoulement de l’eau.
— ÉTYM . Le même que dalot.t DALÈME (da-lê-m’j, s. f. Appareil destiné Aempêcher la fumée de se répandre dans les appar-tements.
UALER (da-lèr), s. m. Voy. thaler.f. t DALLAGE (da-la-j’), s. m. Pavé en dalles. Ilaut qu’un vieux dallage ondule sous les portes. Quee [erre vivant grimpe aux acanthes mortes, v. nuoo,**’*• Il Action de paver avec des dalles.
- «TYM. Daller.
1. DALLE (da-1’), s. f. Tablette de pierre, de peud’épaisseur, qui sert A paver les salles A manger, leséglises, les vestibules, les paliers, et les voies ré-servées aux piétons. || Par extension. Chacun desplus grands monts à ses flancs de granit [de Babel]N’avait pu fournir qu’une dalle, v. hugo, Orient.
I. Ohl lorsqu’un lourd soleil chauffait les grandesdalles Des ponts et de nos quais déserts, Que lescloches hurlaient, que la grêle des balles Sifflaitet pleuvait par les airs, barbier, ïambes, Curée.
|| Dans les constructions, toute substance employéeen grandes lames peu épaisses.
— ÉTYM . Bas-breton, dar, dalle et évier.
2. DALLE (da-1’), s. f. Tranche de gros poisson.
|| En ce sens, darne est plus usité.
— HIST. xiv* s. Despeciez saumon frais par datescuites en eaue, Ménagier , u, 6.
— ÉTYM . Origine inconnue, A moins qu’on n’yvoie une altération de darne.
f 3. DALLE (da-1’), s. f. Pierre dure qui sert Aaiguiser les faux. On dit aussi dail ou daille.
— ÉTYM . Peut-être dail, faux (voy. dail).
t 4. DALLE (da-1’), s. f. || 1* Terme de marine.Pièce de bois creusée pour servir de conduite oupour couvrir des tuyaux. || Petit auget qui porte lapoudre, A bord d’un brûlot. || 2* Terme de métiers.Tuyau de cuivre conduisant le sucre de la chau-dière A clarifier dans la chaudière A cuire. || Gout-tière de fer où les barres se rendent, dans une tré-filerie, A mesure que l’ouvrier les a travaillées sousle martinet. || 3* Petite auge de métal qui, bordantla toiture des édifices et recevant les eaux pluviales,les conduit par des tuyaux jusqu’A terre. On dit aussidalot.
— ÉTYM . Picard, dais, évier; espagn. dala etadala; portug . et ital. dala, gouttière. Origine in-certaine. Frisch le tire de l’ancien haut-allemand dota, tuyau, gouttière; mais Diez objecte le chan-gement d’oena, qu’il faudrait admettre. Remarquantqu’une forme espagnole a-dala offre une trace dedérivation arabe, U signale, dans l’arabe, dalla,conduiro, et daldlah, conduite; mots qui ont puprendre le sens de conduite d’eau.
DALLÉ, ÉK (da-lé, lée), part, passé. Corridordallé.
DALLER (da-lé), v. a. Paver avec des dalles;couvrir de dalles.
DALMATIQUE (dal-ma-ti-k’), s. f. || 1” Termed’antiquité. Tunique blanche et bordée de pourpreque l’on fabriquait en Dalmatie . || 2* Vêtement queles diacres et les sous-diacres portent par-dessusl’aube, dans les fonctions de leur ministère.
— HIST. xiii* s. Et puis après la daumike, enquoi on list l’evangile, qui doit iestre blanche, etsenefie droiture, Chr. de Rains, p. 104. || xv* s. Enlieu de mitre, il portoit un bassinet en sa teste,pour dalmatique portoit un haubergeon, monstrel.i, ch. 85. || xvx* s. Ainsi ils [les diacres] n’avoientque faire de tuniques, ni dalmatiques, ni autreshabits de fols pour se déguiser, calv. Instit. 173.
— ÉTYM . Provenç. espagn. et ital. dalmatica; dulatin dalmatica, sorte de vêtement en usage chezles Romains du temps de l’empire, et qui a passédans le costume ecclésiastique. 11 leur venait de laDalmatie .
t DALOÏDE (da-lo-i-d’), adj. Terme de minéra-logie. Houille dalolde, houille ressemblant à un ti-son éteint.
— ÉTYM . AaXôt, tison, et eiSoç, forme.
DALOT (da-lo), s. m. Terme de marine. Ouver-ture pratiquée dans la muraille d’un navire et ser-vant A l’écoulement des eaux d’un navire. || ConduiteA feu sur un brûlot.
— ÉTYM . Dale 4; picard, dalot, ruisseau, égout,f DALTONISME (dal-to-ni-sm’), s. m. Terme demédecine. Vice de la vue qui empêche de distinguerles couleurs.
— ÉTYM . Dation, célèbre physicien anglais de lafin du xviii* siècle et du commencement du xix*,qui était affecté de ce vice de la vue.
DAM (dan), s. m. || 1* Dommage, préjudice. Iln’est guère usité que dans cette locution : A son dam,A votre dam, A mon dam. Serait-il bien possible?— Â mon dam tu le vois, Régnier, Dial. Ha I pour-quoi m’êtes-vous, A mon dam, si fidèles? id. Êlég. 2.Toujours A nouveaux maux naissent nouvelles pei-nes, Et ne m’ont les destins, A mon dam trop con-stants, Jamais après la pluie envoyé le beau temps,id. Sat. xi. Aimant mieux étouffer leurs méconten-tements Que d’en fai re A son dam des éclaircissements,Tristan, Panthée, m, t. De l’argent dites-vous?ah! voilé l’enclouure! C’est IA le nœud secret de toute
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l’aventure; A votre dam..., mol. l’Ét. xi, 5. Il y [aupatibulaire] viendra le drôleI il y vint A son dam,la font. Fab. xu, 2*. C’est marché fait; il est fol Ason dam, id. Magnif. Tu as perdu Cyrus qui te crutalors, mais A ton dam, p. L. cour, u, (68. || 2“Termede théologie. Peine des damnés, privation de la vuede Dieu . La peine du dam. Ce délaissement et cetabandon de Dieu est en quelque sorte la peine dudam, qu’il fallait que Jésus-Christ éprouvât pournous tous, bolrd. Myst. Pass. de J. C. p. (68.
— hist. ix* s. Nul plaid qui cist meon fradrrKarle indamno sit, Serment . || xvi* s. Ne celui donn’est don d’aucune chose, Mais plustost dam [tour-ment], si ce mot dire j’ose, marot, iu, 3(5. Ce seral’homme bientenant,Fust Ason dam,la foy promise,id. iv, 252. Le bien des bons, le dam des inhumains,fourqué, Vie de J. C. f* ((7, dans raynouard. Quivont au dam d’autrui conquérir des lauriers, delandun, la Franciade, p. 270, dans raynouard.Faisons nous sages A leur dam, mais regrettons leurnaufrage, camus de belley, Diversités, t. i, 1° 430,dans raynouard. S’il [mon héritier] n’a assez dece de quoy j’ay eu si plantureusement assez, A sondam, mont, iv, 70.
— ÉTYM . Provenç. dam; espagn. dano; portug .damno, dano; ital. danno; du latin damnum, dom-mage.
f DAMAGE (da-ma-j’), s. m. Action de damer lesterres avec le bloc de bois appelé dame.
f DAMAN (da-man), s. m. Terme de zoologie.Nom de genre de pachydermes, dont une espèce(hyrax capensû) est appelée aussi blaireau des ro-chers et marmotte du Cap.
f DAMARAS (da-ma-râ), s. m. Sorte de taffetasdes Indes .
DAMAS (da-mA; l's se lie : un da-mâ-z affilé), s.m. || 1* Etoffe de soie A fleurs ou A dessins en reliefoù le satin et le taffetas sont mêlés ensemble et quise fabriquait originairement A Damas , en Syrie ; lesfleurs sont en satin A l’endroit et forment le taffetaset le fond de l’envers, et le taffetas qui fait le fondA l’endroit est le satin de l’envers. Des damas d’unblanc satiné, d’autres d’un vert de prairie, d’autresd’un rouge A éblouir, birn. de s.-p. Paul et Virg.p. (02, dans fougxns. Souvent sur le velours et le da-mas soyeux On voit les plus hâtifs des convives joyeuxS’asseoir au banquet avant l’heure, v. hugo, Odes ,v, 20. Qu’A son gré l’opulence, injuste et vileamante, Berce sur le damas ce parvenu grossier,Et laisse le poète A l’ombre d’un laurier Charmerpar ses concerts le sort qui le tourmente, Gilbert,le Poète malheureux. || 2* Damas de table, linge ou-vré pour service de table. || 3* Par extension, étoffede laine, de coton ou de fil de lin damassée qui sefabrique surtout en Basse Normandie . Serviettes pe-tit damas ou petit Caen , Tableau annexé au* lett.pat. (6 fév. (78( , Caen . || 4* Sabre fabriqué A Da-mas et qui est une lame de fer recouverte, sur toutle fil, d’un tranchant d'acier. Le vois-tu bien [lebonheur] lâ-bas, lA-bas, LA-bas, lA-bas, c’est enAsie ? Roi, pour sceptre il porte un damas Dont iluse A sa fantaisie, bérang. Bonh. Le vieux Orner....Pour elle [Lazzara] eût tout donné.... Et ses sonoresespingoles, Et son courbe damas , v. hugo, Orient .2i. || 5° Acier damassé. || 6* Nom d’une pruned’assez bonne espèce. Mangez ce damas. || Rai-sin de Damas, ou. simplement, damas, sorte deraisin. || Du temps de Ménage on prononçait sou-vent damarre, prononciation qu’il condamne.
— hist. xiv* s. Couverture de drap de damas yndeA queue, Inventaire des livres de Charles V , danslacurne. y xv* s. Les chevaliers estoient vestus dedrap de damas, les escuyers de satin, les varlets dedrap de laine, math, de coucy, Hist. de Ch. VII,p. 667, dans lacurne. || xvi* s. Ils auront la senteurde certains damas, violettes, marjolaines, basilics,et autres telles especes d’herbes,, qui seront sur ledit accotouer, falissy, 76. Le rozier de damas blanc,
o. de sirres, 652. Le roy lequel vous trouvastes re-veillé se promenant dans un jardin, et venant dehocher un prunier de damas blanc qui portoit lesplus belles et meilleures prunes, sully, Hém.t. u,
p. (30, dans lacurne, au mot hocher.
— ÉTYM . Damas , ville de Syrie .
f DAMASQUETTE (da-ma-skè-t’), s. f. Étoffe fa-briquée A Venise , qui se débite dans l’Orient .—ÉTYM . Damas .
| DAMASQUINAGE (da-ma-ski-na-j’), s. m. Actionde damasquiner.
DAMASQUINÉ, ÉE (da-ma-ski-né, née), partpassé. Pistolets damasquinés. Amazan s’arme d’une