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cuirasse d’acier damasquiné d’or, volt. Babyl. i ' •Son coutelas damasquiné, D’une peau d’anguille en-gainé, Avait de jaspe la poignée , scarron , Virg.trav. rv.
DAMASQUINER (da-ma-ski-né), v. a. Incrusterde l’or ou de l’argent dans de l’acier. Damasquinerune épée. On damasquinait [sous Charlemagne ] lefer, on fabriquait le verre, volt, ilaeurs, te. [Levieux Orner eût donné] Tout, jusqu’au cheval blancqu’il élève au sérail, Jusqu’au frein que l’or damas-quine, v. hugo, Orient. 2 ).
— HIST. xvi* s. Une robbe à la mode de Perse,longue, damasquinée et parfumée, mont, ri, 340.I.e bois d’erable est plus madré, figuré et damas-quiné que nul autre bois, pàlissy, 28 . Couvrez latendre chair de vos grèves divines Du cuir damas-quiné de vos courtes bottines, rons. 937. Les Turcsayment A avoir leurs espées qu’ils nomment cime-terres, non pas aussi luisantes comme les nôtres,mais damasquinées, c’est à dire ternies de costé etd’autre : par quoy les armuriers sçavent detremperdu sel armonniac et verd avec du vinaigre dedensquelque escuelle, oû ils meltent la pointe du cime-terre : lequel estant tenu debout, laissent couler delailicte mixture tout le long du jour par dessus; carcela mange un peu le fer ou acier, suivant la veinequ’il trouve en longueur,qui luy donne bonne grâce,d'autant qu’on le brunist par après pour estre plusplaisant à la vue, de laborde, Émaux , p. 244.
— ÊTYM . Damasquin , adjectif formé de Damas,et damasquine, s. f. formé de damasquin et usitédans le xvi* siècle : Incrustations industrieusemententaillées et enrichies d’une singulière peinture etenluminure, dont le vernis à la damasquine faisoitsembler les parois estre de verre, yver, p. 622 . Uschercheront le raccord de la damasquine [du moirédu placage] tellement qu'il semblera que toutes les-dites tables jointes ensemble, ne sont qu’une mesmepiece, palissy, 28 . L’eau teinte tombant sur la blan-che, a fait plusieurs figures, idées, ou damasqui-nées en ladite pierre de jaspe, id. 6t.
DAMASQUINERIE (da-ma-ski-ne-rie), s. f. L’artde damasquiner.
DAMASQUINEUR (da-ma-ski-neur), s. m. Ou-vrier qui damasquine.
— étyïi. Damasquiner.
DAMASQUINURE (da-ma-ski-nu-r’), t. f. Travaildamasquiné. Une belle damasquinure.
f DAMASSADE (da-mâ-sa-d’) , s. f. Étoffe damas-sée, soie et fil.
DAMASSÉ, ÉE (da-mâ-sé, sée), part, passé.|] 1" Se dit d’une sorte de linge de table fabriqué enfaçon de damas. Un service damassé. Linge damassé.Nappedamassée. || S.m. Linge damassé. Un service dedamassé. || Fig. et familièrement. C’est un limier boi-teux de gales damassé, Régnier, Sat. x. || 2° Acierdamassé, acier d’alliage employé en Orient et sur-tout à Damas, pour la fabrication des armes blan-ches; dit aussi acier tvootz ou indien ; il a pour ca-ractère principal de présenter un beau moirémétallique, lorsqu’on en décape la surface avec del’eau acidulée, les métaux alliés devenant visibleset formant, par la différence de leur éclat et de leurcouleur, des dessins variés.
DAMASSER (da-mâ-sé), v. a. || 1° Fabriquer uneétoffe de linge ouvré à la façon de Damas. || Terme devannerie. Faire des ornements figurés semblables àceux qu’on voit sur le linge damassé. || 2° Préparerde l’acier à la façon de Damas.
t DAMASSKR1K (da-mâ-se-rie), s. f. Fabriquede linge damassé.
f DAMASSEUR (da-mâ-seur), s. m. Ouvrier quifabrique du linge damassé.
f DAMA SS IN (da-mâ-sin), s. m. Étoffe moinsforte que le damas ordinaire.
DAMASSURE (da-mâ-su-r’), s. f. || 1» Travail qu’asubi la toile damassée dans le tissage. || 2“ Dessinsur toile damassée.
4. DAME (da-m’), s. f. || 1* Titre qu’on donnait àla femme d’un seigneur, d’un châtelain, d’un che-valier,d’un gentilhomme, par opposition aux femmesmariées de la bourgeoisie qui ont porté pendantlongtemps le nom de demoiselles. || Fig. Le hibou futtrop heureux de se cacher dans son trou et d’épou-ser la chouette qui fut une digne dame du lieu, fén.
t.xix,p. 45. || Titre qu’on donnait àlafemmequi pos-sédait une seigneurie. || Celle qui a la seigneurie,l’autorité. Surtout soyez de vous la maltresse et ladame, Régnier, Sat. xm. || Brevet de dame, brevetpar lequel le roi conférait à une fille de qualité, nonmariée, le titre de dame. || Notre-Dame , nom donnépar les chrétiens à la sainte Vierge. || 2” La femmenoble à laquelle un chevalier consacrait ses soins.Combattre, mourir pour sa dame. La dame de sespensées. Ces hommes qui prêtaient foi et hommageà leur Dieu , leur dame et leur roi, chateaub. Génie,i, H, 2. Ah! si ma dame me voyait, disait Fleu-ranges en montant le premier à l’assaut, saint-foix,Bss. Paris , Œuvres , t. îv, p. 173, dans pougens.Il La femme à qui l’on rend d’assidus hommages.Être dévoué, fidèle à sa dame. Quand on aime unedame sans égalité de condition.... pasc. Amour.|| 3" Aujourd’hui, titre donné à toute femme mariéequi n’est pas de la dernière classe. C’est une damefort estimable. || Devenir dame, se marier. || 4° Parcivilité et politesse, dame se dit de toutes les fem-mes, qu’elles soient mariées ou non. Être poli avec lesdames. Dans ce bal, les toilettes des dames étaientfort élégantes. Rien ne pèse tant qu’un secret; Leporter loin est difficile aux dames; Et je sais mêmesur ce fait Bon nombre d’hommes qui sont femmes,la font. Fabl . viii, 6. || Grande dame, dame ap-partenant à la haute société. C’est une grande dame.Faire la grande dame, affecter un luxe et des airsau-dessus de sa condition. || Dame galante, femmed’une conduite légère. || En courant la bague, enjouant à la paume, on disait que la première course,le premier coup étaient pour les dames, c’est-à-direpour faire honneur aux dames, sans que le coupfût compté pour la course du prix ou pour le gainde la partie. Cela s’appelait à la paume Les dames,et à la dague La course pour les dames. || Ce mots’est employé souvent quand on parle des femmesde l’antiquité. Les dames carthaginoises coupèrentleurs cheveux en une nécessité publique pourfaire des cordages aux navires. Répondez-moi ,seigneur, comme dame romaine, corn. Sertor. n,
2 .Qu’on l’hqpore ici, mais en dame romaine,
C’est-à-dire un peu plus qu’on n’honore la reine,id. Pomp. iii, 4. Étant fille de Scipion l’Africain et veuve de Tibérius Gracchus , qui avait été deuxfois consul et censeur, elle rejeta ses offres, etcrut qu’il était plus honorable pour elle d’êtreune des premières dames de Rome , que d’être reinede Libye avec Phycon, rollin, llist. anc. Œuvres,t. ix, p. 296, dans pougens. Son avidité, par deslois inhumaines, Impose des tributs jusqu’aux damesromaines, volt. Triumv. iv, 2 . || 5" Titre d’honneurou d’office donné à certaines femmes. Les dames deFrance, les filles du roi. || B"Titre donné à certainesreligieuses et aux chanoinesses. Les dames du Sacré-Cœur. Les dames de Longchamp. Les dames chanoi-nesses de Remiremont . Les dames du chœur, lesmères qui siègent au chœur, par opposition auxsœurs converses et aux novices. || Dames de charité,dames qui, dans l’étendue d’une paroisse, d’unquartier, forment une association chargée de recueil-lir et de distribuer les aumônes. Nos complimentsà vos dames de la charité ; elles m’ont bien remerciédece que vous avez fait pour elles, maintenon , Lett.d’Aubigné, 15 oct. 1 6 82 .11 Dame du lit, da me du palais,dame d’honneur, damed’atour, dame de compagnie,femmes de qualité qui remplissent diverses fonctionsauprès des reines et des princesses. || Fig. Plus l’ob-stacle est puissant,plus on reçoit de gloire, Et lesdifficultés dont on est combattu, Sont les dames d’a-tour qui parent la vertu, mol. l’Étour. v,n. || Damede compagnie, se dit aussi d’une dame qui demeuredans une maison pour y tenir compagnie à une au-,tre dame ou pour faire les honneurs de la maisond’un homme âgé, et qui, bien que payée pour cela,est dans une sorte d’égalité avec les maîtres de lamaison. || 7° On se servait, et on se sert encore, maisrarement, de ce mot par civilité en parlant aux fem-mes du petit peuple, et en y ajoutant leur nom pro-pre : DameBarbe, faites-moi ce plaisir, je vous prie;de là il est passé dans le langage familier et le stylebadin. Car la dame Indignation Est une forte passion,Régnier , Ép. iii. Du palais d’un jeune lapin Dame be-lette, un beau matin, S’empara : c’est une rusée, lafont. Fabl . y H, 16. || Les dames de la halle, la cor-poration des marchandes de fruits, de légumes oude poissons. || Terme de pratique. La dame une telle.La susdite dame. || 8” Dames blanches, êtres surnaturels dans les anciennes croyances des Écossais etdes Allemands. || 9“ Figure du jeu de cartes. La damede cœur. La dame de pique. Un brelan de dames.
|| 10* Aux échecs, la pièce la plus considérable après
le roi, et qui réunit les deux marches du fou et dela tour, c’est-à-dire qu’elle peut parcourir tout l’é-chiquier, soit carrément, soit en diagonale, à moinsqu’une autre pièce ne l’arrête. On dit également lareine. Parbleu ! Dorval a perdu sa dame ; il joue sonroi, je prends sa dame, goldoni, Bourru bien-fais. i, 7. || Aller à dame, se dit, aux échecs, d’unpion qui, poussé jusqu’au dernier rang des cases del’adversaire, devient dame et remplace la dame quiavait été perdue auparavant dans le cours de lapartie. Chez les unes [nations], le roi [aux échecs]peutfaire deux pas, chez d’autres il n’en fait qu’un;ici on va à dame, là on n’y va pas, volt. Sing. 34 .|| 11° Jeu de dames, jeu qui se joue sur l’échiquieravec 24 petites rondelles toutes semblables, les unesblanches, les autres noires. Chaque joueur en adouze. Le jeu de dames à la polonaise, beaucoupplus usité aujourd’hui, se joue sur un damier ouéchiquier de 100 cases; il y a alors 40 rondelles, etchaque joueur en a 20 . Ces rondelles s’appellent engénéral des dames, mais plus exactement des pions.La dame est le pion mené sur une des cases de larangée qui est du côté de l’adversaire; on le cou-vre d’un autre pion d’entre ceux qui ont été déjàpris, et alors il peut parcourir tout le damier endiagonale comme la reine ou dame des échecs, aulieu de faire un pas seulement comme les pionsordinaires. Cette circonstance, empruntée au jeudes échecs, est probablement l’origine du noinde jeu de dames, jeu que l’on prétend avoir été in-venté à Paris , vers l’époque de la régence, par unPolonais qui s’y trouvait alors. || Aller à dame,mener un pion à dame, conduire un de ses pionssur une des cases de la dernière rangée du côté del’adversaire; on dit alors que le pion devient damedamée, ou, simplement, dame. Prendre une dame.Battre une dame, la mettre en prise. || Aux échecs etaux dames, dame touchée, dame jouée, c’est-à-direque, dès qu’on a touché une pièce, on est obligé dela jouer. || 12° Au jeu de trictrac, nom des rond&llesavec lesquelles on joue. Dame découverte, dameplacée seule sur une flèche. Dame surnuméraire,la 3 ° dame placée sur une case déjà faite. Damepassée, celle qui ne peut plus servir à faire le plein.j| Dames rabattues, sorte de jeu différent du tric-trac, mais qui se joue avec les mêmes pièces.|| 13° Nom vulgaire de différents oiseaux : le grèbehuppé,l’effraye,la hulotte, la mésange. || Belle-Uumeou bonne-dame, nom d’un papillon. || 14° Terme dobotanique. Dame d’onze heures, plante liliacée àfleurs blanches qui ont l’extérieur des pétales vert.|| Belle-dame ou bonne-dame, l’arroche des jardins.j| 15° Masse dont se servent les paveurs et autresouvriers pour battre et enfoncer. On dit plutôt de-moiselle; le nom propre est hie. || Pièce de fonte quiferme la porte du creuset dans les grosses forges.|| 16“ Terme de marine. Nom de deux chevilles defer plantées sur l’arrière d’une embarcation de chaquecôté d’un grelin pour le fixer. j| Doubles tolets platsservant à retenir les avirons qui n’ont pas d’estropes.f| 17°Terme d’astrologie judiciaire. On dit d’une pla-nète qui domine dans un thème céleste, qu'elle estdame de l’ascendant. || 18° En langage de matrones,chargées jadis de faire des rapports, dame signifiaitla partie moyenne de la membrane hymen.
— HIST. xi°s. Pur sa bealté dames lui sont amies,Ch. de Bol. lxxv. || xii* s. Et tantes dames veuvesde lor maris, Donc. p. 72. Mais à dame de valor Doiton penser nuit et jor, Couci, i. Et se je truis[trouve] ma dame o ledouz nom Pleine d’orgueil etdame sans guerdon, ib. il. Bele dame me prie dechanter, ib. x. Aussi comme en la mer est puissanzla baleine, Sur tous autres poissons est dame etchastelaine, Sax. xxx. Les gentix dame, chascuneot son sautier, Et si faisoient le dame Dieu mestier[le service du Seigneur Dieu], Baoul de Cambrai ,62 . || xiii° s. Dame, ce dist Pépins, on ne doit pasdouter, Berte, m. [La serve] En la chambre s’enva [à] Berte sa dame dire, ib. nv. De tel geu, coml’on fait des mains, Estoit-ele dame et il mestre,Lai de l’ombre. Et n’est de nulle riens certaine, Ainsmet les amans en grant paine, Et se fait d’aus [d’euxjdame et mestresse, Mains en déçoit par sa promesse,la Itose, 4083. Se li empereres de Homme, Sous quidoivent estre tuit homme, Me daignoit voloir pren-dre à famé, Et faire moi du monde dame.... ib.8860 . Se elle est dame, qu’ele y envoit chevalier,et s’ele est demoiselle, que elle y envoit escuier,beaum. xxix, 19. Et lor disoit que les autres bonesviles s’estoient accordées privéement, qu’eles nevo-loient plus estre en obéissance du seigneur, et seraitcascune vile dame de soi, id. xxx, 63. A vous toz faiz-jema clamor D’ypocrisie, Cousine germaine Heresie,