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Oui bien à la terre saisie; Tant est grant dame,Qu’ele en enfer metra mainte ame, ruteb. 203.Wide chambre fait foie dame, leroux de lincy,Prov. t. i, p. 213. On sert le chien por le seignor;Et por l’amor le chevalier Baise la dame l’escuier,herbers, Dolopathos, dans leroux de lincy, t. n,p. -*89. || xv* s. Et [les Gantois à Dam] mirent fem-mes et enfants prisonniers dedans le moustier, etproprement ils firent entrer les dames chevaleresses,froiss. n, ii, 232. Sa dame de mere lui acordoit
tout ce qu’il disoit.... id. i, i, too.Et obéiraient à
li comme à leur dame, et à son fils comme à leur seigneur, id. i, i, 9. Â ce propos raconte Valere de Sci-pion que il fit Rome dame de Carthage et du pays d’A frique , Bouciq. iii, ch. 13. || xvi* s. Dame qui moultse mire peu file, ler. de lincy, Prov. 1.1, p. 213.
— ÉTYM . Bourguig. daime; provenç. dama, etplus habituellement dompna, domna, doua et parabréviation no, etencore dons; espagn. donaeldue-nojital donna; du latin domina. Le changementdel’o en o n’est pas très-rare dans l’ancien français :en pour on, dam pour dom, etc. On trouve quelque-fois dôme ; xiu* s. L’aumone que ma dôme Teeiinoaveit fait à De [Dieu ] e ans hospitaulers, Bibl. desCh. 3* série, t. v, p. 87.
2 . DAME (da-m’), interj. erptéfive qui est uneformule d’affirmation, comme hercle en latin. Mais,dame, oui. Oh! dame, non. Ah! dame, vous m'endirez tantl Oh ! dame, interrompez - moi donc!mol. D. Juan, m, 4. Damel quand on est belle,on ne l’est pas pour rien, hauteroche, Bourg, dequaiiti, i, 4. Damel je ne sais pas si bien mentirque vous, boursault, Mere. gai. i, 3, Si elle estdevenue si glorieuse, dame, je ne saurais que faire,Marivaux , Marianne,b" part. t. u, p. 234. Dame!oui, je lui dis tout.... hors ce qu’il faut lui taire,iieaum. Mar. de Fig. m, 9. Oh! dame! c’est unefrançaise , cela se vend bien, tout le inonde m’endemande, champfort, Marchand de Smyrne , sc. 8.Enfin te tairas-tu? — Dame! on défend ses droits,col. d’iiarlev. Malice pour malice, i, 8.
— étym. Dame s’est dit au masculin (voy. l’his-toriquede dom) pour seigneur; dame Dieu est continuellement dans les anciens textes; et dame Dieu ou, simplement, dame, est devenu une interjectioncomme seigneur Dieu ou seigneur; c’est cet emploifréquent de dame Dieu qui fait penser que dame,interjection,vient de dame masculin et non de dameféminin (Notre-Dame , la sainte vierge). Dame, s. m.vient de dominas, comme dame, s. f. vient dedomina.
3. DAME (da-m’), s. f. Terme d’architecture hy-draulique. Nom qu’on donne, en creusant les terres,particulièrement pour un canal, à de petites diguesqu’on laisse d’espace en espace pour arrêter l’eauqui s’y trouve, ou à de petites langues de terre qu’onconserve dans d’autres vues. || Terme de ponts etchaussées. Petits cônes de terre laissés dans lesfouilles pour servir de témoins lors du métré desdéblais. || Terme d’art militaire. Dame de mine,masse de terre qui est restée debout après une ex-plosion. Dame de fortification, petite tour à centreplein, en maçonnerie, qui surmonte le milieu d’unbatardeau de fossé inondé.
DAMÉ, ÉE (da-mê, méc), part, passé. Terme dujeu de dames. Une dame damée peut aller en toussens. || Fig. et familièrement, femme damée,femme qui est mariée.
j DAME-AU15EUT (da-mô-bèr), s. f. Prune jauned’un goût médiocre. || Au plur. Des dame-auhert.
DAME-JEANNE (da-me-jâ-n’), s. f. Sorte de très-grosse bouteille en terre ou en verre qui sert à gar-der et à transporter du vin ou des liqueurs et quiest ordinairement de la contenance de 50 à 60 li-tres. || Dans la marine, grosse bouteille de verre,dela contenance de 17 à 18 litres, garnie de natte etservant à la distribution de la boisson de l’équipage.
Il Au plur. Des dames-jeannes. Quelques gram-mairiens veulent qu’on écrive des dame-jeanne (lepluriel tombant sur bouteille sous-entendu), maisla première orthographe est plus naturelle.
t DAMELOT (da-me-lo), s. m. Variété de pomme,i. DAMER (da-raé), v. a. || 1° Au jeu d’échecs, jdamer un pion, mener un pion dans une des casestic la dernière rangée de l’échiquier : il a alors lamême valeur et les mêmes propriétés que la reinebu dame; et, pour marquer que c’est une nouvelle jdame, on lui adjoint un autre pion qu’on met aveclui sur la même case, c’est là proprement damer un
de ses pions sur la rangée qui est la plus près del’adversaire; alors au lieu de faire un seul pas à cha-que coup, il peut, comme la dame des échecs, par-courir la ligne entière et prendre à dislance lespions qui sont en prise. Pour faire reconnaître lepion ainsi augmenté , on met une seconde damesur la première, et l’on dit qu’on a damé cettedame. || Familièrement. Damer le pion à quel-qu’un, le supplanter, avoir l’avantage sur lui;locution qui vient de ce que le pion damé montreou détermine une grande supériorité chez le joueurqui va à dame. 11 [Voltaire ] a pris ce jésuite pourlui dire la messe et pour jouer avec lui aux échecs;je crains toujours que le prêtre ne joue quelquemauvais tour au philosophe et ne finisse par luidamer le pion et peut-être le faire échec et mat,d’alemb. Lettre au roi de Prusse, 20 juin 4 708 .|| 2° Anciennement, accorder à une demoiselle letitre de dame, titre qui ne se donnait qu’aux fem-mes de nobles ou d’écuyers. || 3° Battre les terres etles pavés avec le bloc de bois appelé dame. || Termed’artillerie. Fouler également la charge d’un mortier.
— HIST. xiii* s. C’est une dame de haut prix, Quiest tant digne d’estre amée, Qu’ele doit, rose, estredamée [recevoir un titre], la Rose, dans richelet.|| xvi* s. Je dameray ce conte [je dirai un conte pa-reil], dist Panurge, vous racontant ce que BretonVillandry respondist ung jour on seigneur duc deGuise, rab. Panl. îv, 4t.
— étym. Dame 4.
f 2 . DAMER (da-mé), tu a. Terme d’architecture.Donner à quelque chose un demi-pied de pente.
DAMERF.T (da-me-rè; le t ne se lie pas dans leparler ordinaire: au pluriel, l’s se lie: des da-me-rè-z efféminés; damerets rime avec traits, succès,paix, etc.), s. m. Homme dont la toilette et la ga-lanterie ont de l’affectation. Que certain dameret quiveut me supplanter Se sentira du don que j’ai debien frotter, scarron, Jodelet duelliste, dans le-roux, Dict. comique. Ils font les damerets, sont detous les plaisirs, hauter. Appar. tromp. i, 2 . Unvieillard insensé Qui fait le dameret dans un corpstout cassé, mol. Éc. des mar. i, 4 . || Adjectivement.Gardez donc de donner, ainsi que dans délie, L’airni l’esprit français à l’antique Italie , Et, sous desnoms romains faisant notre portrait, Peindre Catongalant et Brutes dameret, boil. Art p. m. Que nosauteurs damerets, que nos tyrans philosophes con-naissent e fin leur petitesse, gilb. le Carnaval desauteurs. || Chariot dameret, nom primitif des car-rosses suspendus.
— insT. xvi* s. Comme sont protonotaires dame-raux, ou autres muguets et mignons de cour, calv.
4 34. Il faisoit plus grande profession de courtisanet dameret à se curieusement vestir, que des armeset de guerrier, carl. h, 12 . Il estoit fort dameret,s'habillant toujours fort bien, brant. Gouast. Quece ne soit pas un beau garson et dameret, mais ungarson vert et vigoreux, mont, i, 483. Ce sontdeux occupations [la table et l’amour] qui s’en-tr’empeschent en leur vigueur: elle [la paillardise]a affoibli nostre estomach, d’une part; et, d’autrepart, la sobriété sert à nous rendre plus coints, plusdameTets, pour l’exercice de l’amour, id. n, 46.
— ÉTYM . Diminutif de dame, exprimant le goûtde se parer comme une petite dame.
| DAMERETTE (da-me-rè-t’), s. f. Espèce de pa-pillon de nuit.
t DAMETTE (da-mè-t’), s. f. Bergeronnette àcollier.
-[ DAMIANES (da-mi-a-n’), s. f. p Iwr. Religieu-ses de Ste-Claire.
— étym. Église de St-Damian d’Assises, oùsainte Claire prit l’habit de religion.
f DAM1CORNE (da-mi-kor-n’), adj. Terme d’his-toire naturelle. Qui a la forme d’une corne de daim.
— étym. Lat. dama, daim, et corne.
DAMIER (da-mié; l’rn« se lie jamais ; au pluriel,
l’s se lie : les damié-z-et les dames), s. m. || 1“ Tableaudivisé en lOO cases sur lequel on joue aux dames,tandis que l’échiquier sur lequel on joue aux échecsn’en a que 64. L’ancien damier français n’avait que«4 cases comme l’échiquier. || Exploitation en da-mier, d’une mine, d’une houillère, exploitationpar galeries et piliers. || 2“ Nom vulgaire du pétreltacheté. || Nom de quelques papillons diurnes. || Es-pèce de coquillage marqueté de différentes couleurscomme un damier. || 3“ Terme d’architecture. Mou-lure romane composée de petits carrés alternative-ment saillants et creux.
msT. xvi* s. Un damier dont les carrez sont de
pion || Au jeu de dames, damer un pion, et moins cristal, soubz lesquels y a des petites (leurs esmail-exactement damer une dame, c’est mener aussi un | lées, de labordk, Émaux, p. 244.
— étym. Dame t. D’après de Laborde, ce motdate du xvi* siècle.
f DAMMAR (da-mmar), s. m. Terme de chimie.Sorte de résine fournie par le dammara orientalis,arbre de la Malaisie .
DAMNABLE (dâ-na-bP), adj. || l*Qui mérite, quiattire la damnation, en parlant des choses. Oneopinion, une doctrine damnable. Or elles [des opi-nions] ne sont pas damnahles, si elles se sont trou-vées dans les martyrs, si l’Église les y a vues etles y a tolérées, boss. Far. i" arert. § 23 . || Quimérite d’être damné, en parlant des personnes. Lesfaire damnables de cette sorte, c’est sans doute lesfaire pécheurs, et Luther l’enseigne aussi en terme»formels, boss. Far. 2* avert. § 4 4. || 2” Qui méritela réprobation, abominable. Cei.se dit avec les Juifsque Jésus-Christ avait appris les secrets des Égyp-tiens, c’est-à-dire la magie, et qu’il voulut s’attri-buer la divinité par les merveilles qu’il fit en vertude cet art damnable, boss. Hisl. n, 4 2 . Ces dam-nables exemples, id. ib. n, 4. La passion dominantefut une damnable ambition, bourd. Mgst. Épiph.t. i, p. 4 23. Porte, porte aux tyrans tes damnablesmaximes, corn. Pcrthar. u, 3. je ne rechercheplus la damnable origine De cet aveugle amour oùPlacide s’obstine, in. ib. n, 6. Va, dangereux ami,que l’enfer me suscite, Ton damnableartificc en vainme sollicite, id. Théodore, v, 3. Ah! mon fils, étouf-fez ce damnable dessein, rotr. An/ 15 . 1 , 6 . Cesdamnables complots sont des gens de la cour, id.Bélis. 11 , 9 .
— HIST. xv* s. Disant que oneques n’avoit failly,mais soustendroit que le duc de Clocestre avoil mal-vaise querelle et dampnable, fenin, 1425 || xvi* s.Cesle surprise n’estoit pas moins damnable ny moinsmeschante, que celle de la Cadmée à Thebes , amyot,Agésil. 44.
— étym. Provenç. dampnable; anc. espagn. dafia-ble, damnable; ital. dannabile; du latin damnabilis,digne d’être condamné, de damnare (voy. damner).
• DAMNABLEMENT (dâ-na-ble-man), ad v. D’unemanière damnable. [Cromwel disait] Charles II esttrop damnablement débauché pour me pardonnerla mort de son père, chatkaub. Stuarts , 276.
— ÉTYM . Damnable, et le suffixe ment.
DAMNATION (dà-na-sion; en vers, de quatresyllabes), s. f. || 1° Condamnation. En matière decrime, il n’y a nulle justice, nulle damnation par-faite, sans défense contradictoire, rellisson, 11 , 187.Vieui en ce sens. || 2” Condamnation aux peines del’enfer après la mort et dans une autre vie. Il seraiten état de damnation, pasc. Prou. 6. Que, bien loinde former en secret des désirs de leur salut [desjansénistes], vous avez fait en public des voeux pourleur damnation, id. ib. 44. Des gens qui sont en étatde damnation, boss. Far. xv. La certitude de votredamnation a pour fondement la plus commune detoutes les règles, mass. Car. Fausse confiance. Quetout homme soit obligé de la suivre sous peine dedamnation, j. j. rouss. Ém. 1 v. Aucun n'a vu de sifunestes suites de ses péchés que celles qu’ils [Adamet Eve] ont vues de leur désobéissance, puisquetous les maux qui sont arrivés à tous les hommesensemble, tous les péchés qui se sont commis dansle monde, et la damnation de ce nombre innom-brable de réprouvés sont des suites de leur crime,nicolb, Ess. de mor. 2* traité, ch. 5. || Soried'im-précation arrachée par la colère ou le désespoir quel’on prononce contre soi ou les autres. Mort et dam-nation! Enfer et damnation 11| Jurer sur sa damna-tion, jurer en disant qu’on veut être damné si....Il promit plus que Léandre ne voulut, et jura sur sadamnation éternelle de tenir tout ce qu’il promet-tait , scarron , Rom. com. 2* part. ch. 9.
— HIST. xu* s. Li multitudine de la mercit c’onlor a mostreit lor turne, à la parsomme, en accom-blemeut de droituriere dampnasion, st bernard,669. Maintes fois est nostre cevre occaisons dedampnation, et si quidons (pensons] ke ele seit creis-semeus de vertu, Job, 469. || xiii* s. 11 [les Juifs] nepeurent droiture avoir, Ne droiture ne achoison,Par quoy [Jésus] fust en dampnation, St-Graal, v.403. Tu tenis la moie main destre, ne me consentismie du tout choir en dampnation, Psautier, F «7Diex i sofri pournous mortel damnation, QuantJudasses disciples, i fist la traïson, Ch. d’Ant. 1 , 842. I.llor promet, en ses idées, Des euvres qu’il auroniovrées, Sauvement ou dampnacion, la Rose, 47086.
|| xv* s. Ne nulle part ne porcion N’y aura, et, pourmieulx valoir, Le jure en ma dampnacion, ch. d’orl.Bail. 79. Ages de pleur, d’envie et de tourment,Temps de langour et de dampnacion, e. desch.Du temps présent.