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Tome deuxième. D - H.
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ECO

ECO

Il Faire fécale buissonnière, manquer la classe enparlant dun écolier, et, figurément,manquer à desexercices, à des fonctions (voy. buissonnier). || Pren-dre le chemin de lécole, prendre le chemin le pluslong. || Dire les nouvelles de lécole, découvrir lesecret dune compagnie, d'une coterie, dire ce quilfaudrait taire. || 2 Établissement dun ordre plusélevé ou dun ordre plus spécial. Entrer à lÉcole Polytechnique , à lÉcole normale. Réformer le corpsdes sciences ou lordre établi dans les écoles pourles enseigner, desc. ttélh. n, 2 . Il me semblaitnavoir fait autre profit, en tâchant de minstruire,sinon que javais découvert de plus en plus monignorance; et jétais en lune des plus célèbresécoles de lEurope , je pensais quil devait yavoir de savants hommes, sil y en avait en aucunendroit de la terre, id. ib. i, 8. Il y en eut [desprisonniers suédois transportés en Sibérie ] qui en-seignèrent les langues, les mathématiques; ils yétablirent même des écoles publiques qui, avec letemps, devinrent si utiles et si connues, quon yenvoyait des enfants de Moscou , volt. Charles III ,4. || École centrale, nom des écoles publiques crééesdans chaque département par la Convention en 4785,|| École centrale des travaux publics, nom primitifde lÉcole polytechnique , en 4795. || Aujourdhui,École centrale des arts et manufactures , établisse-ment lon forme des ingénieurs civils. || Écolepolytechnique, école lon donne une instructiongénérale dans les sciences mathématiques, physi-ques et chimiques à des jeunes gens pour les pré-parer à différents services publics, civils et mili-taires. || Ecole normale, établissement lon formeles jeunes gens pour le professorat dans les lycées.Il École de St-Cyr, établissement lon forme desofficiers pour linfanterie et la cavalerie. || Écolesdapplication, nom donné en général aux écolesspéciales dans lesquelles ne sont admis que les su-jets qui ont terminé leurs études générales. Écoledapplication du corps détat-major, école destinéeâ former des officiers pour le service de létat-major. École dapplication du génie maritime, écoledestinée à former des ingénieurs pour la construc-tion des vaisseaux et les travaux de la marina.École dapplication dartillerie et du génie, écolede Metz qui ne reçoit que des jeunes gens sortantde lÉcole polytechnique et qui forme des officierspour lartillerie et le génie. || École des arts et mé-tiers, établissement lon enseigne les arts méca-niques. || École des beaux-arts, école lonenseigne la peinture, la sculpture et larchiteo-ture. || En parlant du vaisseau sur lequel est éta-blie lécole de marine, on dit le vaisseau-école. Ilest professeur sur le vaisseau-école. || 3 Le locallécole est établie. || 4 Par extension, tous les élèvesdune école. Toute léqole est à la promenade. || Lesécoles, les élèves des écoles de droit, de médecine,polytechnique, normale, etc. || 6 Terme militaire.École de peloton, école de bataillon, les exercicesde peloton, de bataillon. || 6" Fig. Se dit de cequi forme ou éclaire par lexpérience. Trois scep-tres conquis Font voir à quelle école il en a tantappris, corn. Nicom. ni, 2 . Et ses illustres soinsouvraient à ses sujets Lécole de la guerre aumilieu de la paix, id. Attila, n, 5. Tous les in-grats iront en foule à votre école, Puisquon ydevient quitte en payant de parole, in. Théodore,I, 2. Cest une école que votre conversation, et jyviens tous les jours attraper quelque chose, mol.Comt. cTEscarb. 4t. Ohl le bel argument digne deleur école l boil. Ép . xn. La cour fut pour lui uneécole de sagesse et de vertu, bouhours, Aubusson ,liv. i, dans richelet. Les plaisirs publics sont de-venus des écoles de lubricité, mass. Carême, Élus.11 nest pas étonnant que Carthage , partie de la pre-mière école du monde pour le commerce, je veuxdire de Tyr, y ait un succès si prompt et si con-stant, rollin, Hisl. anc. Œuvres , t. i, p.24 4,danspougens. Dans lécole du crime et dans lart des ty-rans, volt. if. de Cés. ni, 7. le me console de monignorance par la pensée que cette terre sur laquellenous rampons nest que lécole destinée à nous four-nir les premiers rudiments de la science, bonnet,Lett. dit). Œuvres, t. xn, p- 42®, dans pougens.X lécole des mœurs et de la pauvreté, Jai senti lebienfait de mon adversité, ducis, Abufar, i, 5. Denos jours, après la commotion terrible de la France ,une intelligence politique nous a été donnée parcette rude école des événements, villem. Litl. franç.xviii* siècle, 2* part. 4* leç. || Lécole du monde,lexpérience et les manières que donne le monde,la société. Sainville a grand besoin de lécole dumonde, lachaussEb, Gouv. l, 2. || Familièrement.

Être à lécole de, vivre au milieu de gens sur les-quels on se règle. On juge bien quétant h telleécole [chez des religieuses], Point ne manquaitdu don de la parole Loiseau disert..., gresset,Vert-Vert, n. || Etre à bonne école, être sous la di-rection dune personne habile. Il faut quon vousait mise à quelque bonne école, mol. Éc. des f.v, 4. || On dit par opposition, être à mauvaise

école.Ma foi, tant pis pour vous; Je ne my

connais pas, ou bien, sur ma parole, Vous êtes,mamie, en très-mauvaise école, regnard, Ménechm.U, 3. || Il sestdit pour maître ou maîtresse. Que jap-prenne, si vieux, dune si jeune école, rotrou,Antigone, iv, e || 7 Manière, ton décolier; ma-nières gauches, pédantes. 11 sent lécole. Ce visageet ce port nont point lair de lécole, corn. Ment.i, 4. Momus a pris pour adjoints Des ri meurs décole,bérang. Gaudr. || 8 Enseignement de la théologieet de la philosophie uivant la méthode et les prin-cipes des éeelesdumeyen âge. Saint Thomas dAquin est appelé lange de lécole. Juserai, sil vous plaît,librement des mots de lécole, desc. tléth. iv, 4.Philippe Auguste aima les lettres, accueillit et pro-tégea les savants; les écoles de Paris devinrent cé-lèbres; on y accourut des provinces et des paysétrangers, st-foix, Ess. Paris , Œuvres, t. ni,p. 46. || Il se dit aussi dans un sens plus général deRenseignement oral ou même écrit. Le langage delécole. Écoute donc, mon fils, écoute mes paroles;Elles passent de loin cet orgueilleux savoir, Que laphilosophie étale en ses écules, corn. Imit. m, 3.|| Combats décole, lutte entre docteurs sur despoints de doctrine. Il a laissé tonner dans leurschaires frivoles Les chefs impérieux de ces combatsdécoles, lemierre, Barnevclt, i, 2. || 9° Secte oudoctrine de quelque philosophe ou docteur célèbre.Lécole de Platon , dAristote . Lécole dHippocrate .11 sortit de lécole de Pylhagore dillustres disciplesqui firent un honneur infini à leur maître, rollin,Hist. anc Œuvres, t. ni, p. 473, dans pougens.|| 10* Caractère commun à des œuvres dart, de lit-térature ou de science. Lécole classique. Lécoleromantique. Lécole de Port-Royal. Lécolo de Vol-taire. || Ecole flamande, école dItalie, école fran-çaise, etc. suite de peintres célèbres qui ont tra-vaillé dans le goût de ces pays, et dont la plupartétaient Flamands , Italiens, Français , etc. || Faireécole, se dit dun homme de lettres, dun artistedont le genre ou la manière ont des imitateurs.|| En termes de musique. Il y a de lécole dans cechœur. Cest un morceau décole. || 11 École histo-rique, manière décrire lhistoire lon cherchesurtout à déduire les causes et lenchaînement desévénements, la suite des institutions et létat desmœurs, par opposition à école descriptive, laquellesoccupe surtout de raconter. En Angleterre, lécolehistorique éprouvait le besoin de donner à touteschoses, non pas la régularité formaliste du dix-septième siècle, mais une sorte de justesse phi-losophique, villemain, Litt. franç. xviii* siècle,2 part. 4 leç. || École historique, opinion qui veutfaire prévaloir dans la politique les données delhistoire. École historique, se dit souvent par op-position à école rationaliste ou école philosophi-que. || 12* Terme de manège. Ce cheval a de lécole,il a été dressé au manège. || Basse école, les exer-cices par lesquels les élèves apprennent à monterà cheval. || Haute école, les exercices de la voltige.|| Cheval hors décole, cheval qui a oublié son exer-cice. || Pas décole, allure employée pour modérerlardeur dun jeune cheval. || 13 Terme de trictrac.Faire une école, oublier de marquer les points quelon gagne, ou en marquer mal à propos. Il jouaittout de travers, écoles sur écoles, Dieu sait, iiamilt.Gramm. ni. Une école maudite Me coûte en un mo-ment douze trous tout de suite, regnard, le Joueur,i, 4. || Mettre à lécole, marquer lécole, marquerpour soi les points que ladversaire a oublié de mar-quer ou a marqués de trop. Un ne compte pas, onne marque pas lécole de lécole, cest-à-dire que,si ladversaire a oublié de marquer une école, onne peut pas compter celte école. || Fig. Il a fait uneécole, il a fait une faute de conduite. En 1 accusantaussi, moi, jai fait une école, picard, médiocre etrampant, in, 9. || Par exclamation. Quelle écoleIcest-à-dire, quelle sottise I || Proverbe. On est savantquand on revient de lécole, cest-à-dire celui quivient de recevoir une information, un renseigne-ment, ne commet plus la faute quil commettaitauparavant.

hist. xi* s. Puis ad escole li bons pedre [père]le mist, Saint Alexis, vu. ||xui' s. Bele, nous nousentraimions, Quant à lescole apreuions, Ilomanc.

p. 62 . [Sainte Elisabeth] Escole fu de bonnes mors[mœurs]; Examples fu de penitance. Et droiz mi-reors [miroir] d ignorance, ruteb. ii, 457. Escoles porriez tenir, Et riches homes devenir, Ren. 21137 .Moult sui, fist-ele, àbonne escole, Quantderaon amioi [j'entends] parole, la Rose, 269t. Car Platon di-soit en sescole Que donnée nous fu parole Por ensei-gnier et por aprendre, tb. 7134. Si navoit aiUorsgrans escoles De roictiaus [roitelets] et torteroles,De chardonneraus, darondeles, ib. 664. Li rois res-pont : Por vostre amor Ferai aprendre Blanchefior.Es-les-vous andeus [les voilà tous deuxj à escole,Fl. et Bl. 216 . || xiv s. Bien pert [paraît] à sonparler quil fut à bonne escoule, Girarl de Ross. v.4 394. || xv s. Philippe [dArtevelle] retint bien deson escole et de sa doctrine [de Pietre du Bois]; caril not mie esté longuement dans loffice de gouver-ner Gand , quand il en fit tuer et décoller devant luidouze, froiss. 11 , 11 , 4 24 . || xvi* s. Je ne sache pointmeilleure eschole que le voyager, mont, iv, 104.

ÊTYM . Wallon, sicoll, sukall; provenç. escola;espagu. escuela; ital. scuola; du latin schola, dugrec cyoàri, temps de loisir, de repos, et, par suite,temps donné aux travaux desprit. Cest par ellipsequon adit école au trictrac pour exprimer la faute :lexpression pleine était envoyer d lécole, parceque, les coups étant très-variés à ce jeu, il fautavoir une très-grande habitude pour ne rien ou-blier. On a dit ensuite école pour loubli qui faisaitrenvoyer d l'école, puis faire une école, compterune école, lécole le l'école, etc. de le mot apassé dans le langage général.

ÉCOLIER, 1ÈRE (é-ko-lié, liê-r), s. m. et f. || 1 Ce-lui ou celle qui va à lécole, qui est dans un établis-sement dinstruction. Le maître et les écoliers. Cestune de ses bonnes écolières. Je hais les pièces dé-loquence Hors de leur place et qui nont point defin; Et ne sais bête au monde pire Que lécolier, sice nest 1e pédant, la font. Fabl . ix, 6. Jeune etcharmante Deshouiières, Naguère entre les écoliè-res, Et maintenant, depuis le prix, Maîtresse entreles beaux esprits, benserade , dans Poésies deDeshouiières, t. 11 , p. 217 . || Tour, malice déco-lier, espièglerie. || Faute décolier, faute grossière.Ce général a fait une faute décolier. || Prendrele chemin des écoliers, le chemin le plus long,samuser en route. || Fig. Je ne te réponds pasquau retour, moins timide, Digne écolière enfindAngélique et dArmide, Elle n aille à linstant,pleine de ces doux sons. Avec quelque Médor pra-tiquer ces leçons, boil. Sat. x. Son grand bonheur[de Newton] a été non-seulement d'ètre dans unpays libre, mais dans un temps, les imperti-nences scolastiques étant bannies, la raison seuleétait cultivée; le monde ne pouvait être que sonécolier, et non son ennemi, volt. Üict. phil. New-ton. || 2 Par extension, personne peu experte dansson art. Ce nest quun écolier. 11 est encore éco-lier. Un poème excellent tout marche et sesuit.... Jamais dun écolier ne fut lapprentissage,boil. Art p. iii. || 8 Nom quon donnait aux étu-diants qui fréquentaient les universités du moyenâge. || Le titre décolier se portait dans le monde.Seigneur écolier, je viens dapprendre que vousêtes le seigneur Gil Blas de Santillane, lesage, £ ilBlas. || 4" Adj. Terme de commerce. Papier écolier,sorte de papior qui sert aux écoliers. || Proverbe.Les écoliers ont passé par, se dit dans certainesparties de la Normandie , quand un grand vent afait des dégâts, par allusion aux dégâts que font lesécoliers non surveillés.

REM. Autrefois écolier se disait de tous ceuxqui recevaient lenseignement, soit élémentaire, soitsupérieur : les écoliers de luniversité. Aujourdhuiil 11 e se dit plus que des élèves des lycées ou col-lèges et des écoles élémentaires. Pour les autres ondit étudiants ou élèves : les élèves ou étudiants endroit, en médecine ; les élèves de lÉcole polytech­ nique , de lÉcole normale, etc.

HIST. xn" s. Escoler [habile] fu en la loi pae-nie [religion païenne], Ronc. p. 25 . ||xiv* s. Certesavarice a moult descoliers, Ménagier, 1 , 3. || xv* s.Pire ne trouverez que escouliers, leroux de lincy,Prov. t. 11 , p. 4 28 . Le maistrè apprent en apprenantson escolier, Perceforest , 1. 11 , f° 36. De bon mais-tre se part voulentiers bon escolier, et le bon fruictde bonne ente, ib. t. 1 , f* 4 4t.||xvi* s. Cela sentson escolier latin [cest-à-dire cest un homme gros-sier], fauch. iMng. et poés. fr. p. 35, dans lacurne.Belistres que le commun peuple de ce pays ap-pelle escoiliers errans, Nuits de Straparole, t. H,p. 391. X lescoliere [par ignorance], oudin.

ÉTYM . Wallon, sicoli; provenç. et espagu, es-