1288 ÉCO
colar; catal. escold; ital. scolaro; du latin scholaris,de schola, école.
f ÉCOLLAGE (é-ko-la-j’), s. m. Terme de tanne-rie. Synonyme d’écharnement des peaux.
f ÉCOLLETfi, ÉE (é-ko-le-té, tée), adj. Termed’orfèvrerie. Se dit des ouvrages échancrés, arron-dis et étrécis qui ne sont pas à pans.
f ÉCOLLETER (é-ko-le-té. Le 1 se double quandla syllabe qui suit est muette : j’écollette), ». a.Élargir au marteau une pièce dont le haut a la formeet le profil d’un vase.
t ÉCOLLETTE (é-ko-lè-t’), s. f. Terme d’orfévre.Diminution dans la circonférence.
— ÉTYM . É pour es.... préfixe, et collet.
ÉCONDUIRE (é kon-dui-r’), v. a. Se conjuguecomme conduire. || 1” Éloigner avec plus ou moins deménagement quelqu’un de chez soi, d’une société.On l’éconduisit de cette société dans laquelle il s’é-tait glissé. Ne manque pas d’éconduire tous ceux quise présenteront, picard, Provinc . d Paris , tv, 6.|| 2“ Par extension, se défaire par quelque adressed’une personne qui nous demande quelque chose.Éconduire un lion rarement se pratique, la font.Eabl. iv, (2. Le roi [Philippe VJ l’en éconduisit[M. de Savoie, du souper] par des excuses, sousprétexte que ses officiers n’étaient pas arrivés, st-sim. <07, UO. En plaisantant ainsi, vous croyezm’éconduire, du frény, Mariage fait et rompu, m,î. Impudents, toujours pleinsd'un espoir téméraire,Qu’on éconduit toujours sans pouvoir s’en défaire,la cuaussée, Préjug. à la mod,, iv, 4. || Proverbe.Vous ne serez pas battu et éconduit tout à la fois,se dit pour encourager quelqu’un à faire une de-mande.
— hist. xv* s. Nul de ceste faulte ne se peust es-conduire [excuser], Perceforest , t. iv, f* 130. Le ditevesque considérant que bonnement il ne se povoitesconduire n’excuser, qu’il ne feit assistance et aydeà ceux de son pays, uonstrel. t. u, f° 60, danslacurne. || xvi* s. L’empereur luy fist option dechoisir ce que plus en Rome luy plairoyt, avecquespromesse jura de non l’esconduyre, quoique il de-mandast, rab. Pant. ni, <9. Allons-y ensemble, jevous supplye ne me esconduire, je vous seray ungAchates , in. ib. ni, 47. De ceulx les prières n’ontjamais esté esconduictes qui ont médiocrité requiz,id. ib. iv, Nouv. prol. il avoit esté assez honteuse-ment esconduit de sa requeste, amïot, Thés . 40.
— ÉTYM . Si on lit l’historique, on verra que écon-duire n’a nulle part le sens de conduire hors, etqu’il signifie toujours s’excuser, refuser. On remar-quera aussi que l’historique ci-dessus ne le donnequ’à partir du xv* siècle; si ce verbe existe anté-rieurement, il est extrêmement rare; mais en placese trouve, dans l’u3age le plus général et le plusfréquent, escondire qui signifie refuser et qui a éty-mologiquement ce sens, venant de cx-condicere , sedéfaire par des paroles. Escondire existe aussi dansle provençal qui n’a pas éconduire, raison de pluspour croire qu'éconduire est une altération d'escon-dire, altération produite par une fausse assimila-tion de sens et de forme. Mais, une fois l’assimila-tion faite, éconduire a pris le sens de conduire hors,qui lui appartient légitimement, tandis que celui dese défaire par des excuses, qui lui a été attribué,ne lui appartient pas et appartient à l’autre verbe,à escondire. Si la langue n’avait pas commis cettefautive confusion, elle aurait gardé escondire pourso défaire par des paroles, et créé éconduire pourécarter, éloigner. C’est une règle beaucoup plusétendue qu’on ne le croirait, que des mots se con-fondent ainsi avec d’autres, et que nous nous ef-forçons d’y trouver ou d’y créer des analogies quipermettent de rapporter le mot à la racine appa-rente, bien qu’il y soit tout à fait étranger à l’o-rigine.
t ÉCONDUISEUR (é-kon-duî-zeur), s. m. Celui quia l’habitude d’éconduire, de refuser. Voysin étaitun homme à peine visible et fiché d’ètre vu, re-frogné, éconduiseur, qui coupait la parole, st-sim.
230, <41.
ÉCONDUIT, UITE (é-kon-dui, dui-t’l, part, passéle éconduire. || 1° Éloigné, écarté. Éconduit d’unsalon où il était devenu suspect. || 2 “ Dont on s’estdélait par quelque excuse. Se voyant éconduit etmoqué, il ne garde plus de mesure, le comte deaussi, dans riciielet. Pourquoi vous regardez-vouscomme éconduit [en disgrâce]? sév. 4<<.Éconduit,il insiste; repoussé, il lient bon; qu’on le chasse,il revient; qu’on le balte, il se couche à terre,F. l. cour. Simple discours.
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f ÉCONDUITE (é-kon-dui-t’), s. f. Action d’écon-duire, de refuser. Une éconduite polie, mais sècheaux premières femmes qui voudraient tenter cettefamiliarité [tirer à part le duc d’Orléans], empêcherasûrement qu’aucune s’y hasarde, st-sim. 3B9, 43.
— iiist. xvi* s. Esconduite, pasquier, Lettres ,t. u, p. 348, dans lacurne.
— ÉTYM . Éconduit. Esconduite ne doit pas re-monter plus haut que esconduire. Dochez cite cettephrase de Froissart : Il convient que de vous je soisaimé, nulle esconduite ne m’en pourroit osier. Lacitation est inexacte; le texte porte: Car nul escon-dit ne m’en pourroit oster, i, i, <66, ce qui rentredans l’ancien verbe escondire.
ÉCONOMAT (é-ko-no-ma; le t ne se lie pas),s.m.|| 1° Charge, office d’économe. L’économat d’un col-lège. || Bureaux de l’économe. Commis d’économat.|| 2” Administration des revenus d’un bénéfice con-sistorial pendant la vacance. L’économat de mesabbayes étant censé tenu de lu plus grande rigueurdes lois, je croyais être obligé en conscience d’enprendre l’administration, retz, i, 7. Pour être éco-nome de quelque bénéfice, il faut avoir des lettresd’économat du roi, fevret. De l’abus, t, 8, dansriciielet. Louis XIV confia à Pelisson le revenu dutiers des économats, volt. Louis SI V, 36. || Bureauétabli pour l’administration des bénéfices vacantsqui étaient à la nomination du roi.
— ÉTYM . Économe, et la terminaison at, qui in-dique l’état, la profession.
1. ÉCONOME (é-ko-no-m’), s. m. || 1* Celui quiest chargé de la dépense d’une maison, de l’adminis-tration du matériel dans une grande maison. L’é-conomedes invalides. L’économed’un lycée, d’un col-lège, d’un hôpital. || Fig. Le ciel nous envoya, dans cestemps corrompus, Le sage et doux pasteur des brebisde Fréjus [le cardinal Fleuri], Économe sensé, ren-fermé dans lui-même, Et qui n’affecta rien que lepouvoir suprême, volt. Ép. xuv . || S. m. et f. Reli-gieux ou religieuse qui a soin de la dépense de lamaison. Le père économe. La mère économe. Onregarde les revenus de l’Église comme des biens àsoi; je vous prouverai que vous n’en êtes que leséconomes, mass. Confér. Retenus ecclés. || 2° Celuiqui était autrefois nommé par le roi pour adminis-trer les revenus d’un évêché, d’une abbaye, etc.pendant la vacance. || 3- Économe séquestre, celuientre les mains de qui on mettait des biens en sé-questre.
— hist. xiv* s. Etcuidon ou dison que teuli [tels]sont bons yconomes et bons politiques, okesme,Elh. <76. Yconome, celui qui ordene et dispense leschoses apparlenans à un hostel ou à une maison,id. Thèse de meunier. || xvi" s. Ny plus ny moinsque l’on voit un bel arbre que le vent ébranlé, etl'a à demy penché; vient quelque bon œconome ouhortolan, qui le vient appuyer, et dure quelquetemps et produit du fruit, brant. Cap. franc, t. i,p. os, dans lacurne.
— ÉTYM . Lat. ceconomus, du grec olxovôjioç, deoïxo;, maison (olxoç est le même que le latin nuis,d’où vicinus, voy. voisin), et de vôpo;, adminis-tration. On remarquera que Oresme écrit yconome,ce qui est la prononciation de la syllabe grecque ot.
2. ÉCONOME (é-ko-no-m’), adj. Qui sait épargnerla dépense. Un homme, une femme économe. j| Fig.Être économe de louanges, de paroles, louer peu,parler peu. || Substantivement. Le plus riche deshommes, c’est l’économe, le plus pauvre c’est l’a-vare, chamfort, dans le Vict. de poitevin.
— rem. Il se met toujours après le substantif: unministre économe.
ÉCONOMIE (é-ko-no-mie), s. f. || 1» Bon ordredans la conduite et l’administration rie tout établis-sement qui s’alimente par la production et la con-sommation. L’économie est le jugement appliquéaux consommations, î. b say, Traité, i84t, p. 456.L'économie ne veut rien consommer en vain; l’ava-rice ne veut rien consommer du tout, id. ib. || Écono-mie domestique ou privée, administration d’unménage privé, d’une maison. C’est une erreur dansl’économie domestique, ainsi que dans la civile,que.... j. J. rouss. Uél.iY, < 0 . L’économie privéenous enseigne à régler convenablement les consom-mations de la famille, J. b. say , Traité, <84 1, p. 453.|| Économie rurale, l'ensemble des règles et desmoyens qui font obtenir de la terre la plus grandesomme de produits, aux moindres frais, et pendantun temps indéterminé, ainsique les principes qui doi-vent guider dans l’emploi de ces produits. || Écono-mie politique, science qui traite de la production,de la distribution et de la consommation des ri-
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chesses. Traité d’économie politique. 11 a quitté lathéologie pour l’histoire, comme vous pour l’éco-nomie politique, volt. Lett. Morellet, <4 juillet t700.L’économie politique regarde les intérêts de quelquenation que ce soit, ou de la société en général,J. B. say, Cours, <840, t. u, p. 5io. L’économiepolitique n’est pas autre chose que l’économie de lasociété, id. ib. 1. 1 , p. <• || L’économie politique paraîtavoir désigné anciennement la politique théorique,ce qui a rapport à la constitution intérieure et exté-rieure des États, Traité d’économie politique, para. de mont-chrestien, Rouen , <o<6. || Économiepublique ou nationale, observations et règles quiconcernent les intérêts d’une nation considérée enparticulier. || Économie sociale, l’ensemble des con-ditions morales et matérielles des sociétés. Se ditaussi pour économie politique. || Économie indus-trielle, l’ensemble des moyens et des règles de laproduction industrielle. L’économie industrielle,qui n’est que l’application de l’économie politiqueaux choses qui tiennent à l’industrie, î. b. say,Cours, <840, t. I, p. 34 || Économie charitable,étude des règles pratiques de la charité et de l’or-ganisation des institutions de bienfaisance. || 2? Fig.Bon emploi d’une chose quelconque. Ce n’est pasassez d’avoir de grandes qualités; il faut en avoirl'économie, la rochef. Réflex. <59. || 3° Épargnedans la dépense. On met dans les finances un vieuxprodigue qui, en sa jeunesse, a fait cession debiens, mais qui parle admirablement de l’écono-mie, balz. Arist. ou de la cour, Disc. 2 . Je letrouve original sur l’économie, sEv. 3< 7. Une grossechère, une petite économie, hamilt. Gramm. a.Comme la perte au jeu allait à des sommes assezfortes, elle déplut à l’économie de M. Colbert, qui enparla au roi, même avec quelque soupçon, fonten.Dangeau. J’appellerais volontiers l’économie la se-conde providence du genre humain, Mirabeau, Col-lection, t. v, p. 4to. Les biens qu’acquiert une utileindustrie, Ou ceux que la vertu doit à l’économie,M. î. CHÉN. Gracques, il, 3. Mais vivre en tout d’é-conomie, Moins prodiguer et mieux jouir.... Mesamis, ce n’est pas vieillir, bérang. Vieillesse.|| Économie de bouts de chandelle, voy. chan-delle. || Construire, exécuter des travaux paréconomie, construire sans l’intervention d’un en-trepreneur, en traitant directement avec les ouvrierset les fournisseurs. || Le résultat de l'épargne, l’ar-gent mis de côté. Faire des économies. || 4” Arran-gement réciproque et concourant des parties d'unensemble, soit matériel, soit intellectuel. Il n’estpas juste que tout un .corps souffre et que sonéconomie soit troublée pour mettre quelqu’un deses membres plus à son aise que les autres, vau-ban, Dime , p. <07. L’économie d’une pièce dethéâtre, rac. Déd. de Britann. Rien ne vous estcaché de l’économie des corps, la bruy. xiv. Toutest disposé dans l’univers avec une économie dignede l’auteur de la nature, mass. Carême, Prosp. Cequ’on admire dans Démoslhène, c’est le plan, lasuite, l’économie du discours, rollin, Traité desÉt. liv. iv, ch. <• Je ne connais d’erreurs capitalesen physique que celles qui nous donnent une fausseéconomie de la nature, volt. Mém. sur un ouv. dtphys. La division de l’Église universelle en diversessections ou diocèses est une économie d’ordre et depolice ecclésiastique, Mirabeau, Collection, t. iv,p. 342. || L’économie présente, le monde tel qu’il estconstitué. L’âne est placé dans l’économie présentebien au-dessus de l’araignée, et il conservera dansun autre état la prééminence qu’il a sur elle, bon-net, Palingénés. <4* part. ch. 3. || L’ancienne éco-nomie, s’est dit quelquefois pour l’ancienne loi,l’ancien testament. 11 y avait eu sous l’ancienne éco-nomie des miracles ou des signes d’un» très-grandepublicité, id. ib. <9* part. ch. 7. |J 6° Ensemble desparties qui constituent l’homme ou les animaux;l’ensemble des lois qui régissent l’organisation desanimaux et des végétaux. Le moindre vaisseau quise rompt ou qui se bouche, interrompant le coursdu sang et des humeurs, ruine l’économie de toutle corps, Nicole, Ess. de mor. <** traité, ch. 4. L’é-tude profonde, que M. Duhamel avait faite de l’éco-nomie végétale, lui avait montré entre les planteset les animaux une foule d’analogies frappantes,Condorcet, Duhamel.
— iiist. xiv* s. Économie est art de gouvernerung hostel et les appartenances pour acquérir ri-chesses, oresme, Eth. H. || xv* s. Semences ne semanient mie, L’homme n’en sçait ceconomie, Traitéd’alchim. 832. || xvi* s. Feraulez, qui sentoit poisersur ses espaules l’importunité de l’œconomie, ainsiqu’elle faict à moy, mont, i, 317.