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parlée. |[ Ce qui est écrit est écrit, on ne peut rienchanger à ce qui est écrit. || Cela était écrit au ciel,Ja Providence avait résolu qu’il en serait ainsi, ouabsolument, cela est écrit, était écrit, cela doit,devait arriver. 11 est écrit que je ne gagnerai pas.|| 2° Sur quoi on a écrit. Une feuille écrite des deuxcôtés. Papier écrit, opposé à papier blanc. || 11 fautremarquer que, bien qu’on dise papier écrit, feuilleécrite, parchemin écrit, cependant on ne dit pasen ce sens écrire un parchemin, une feuille, unpapier. || 3“ Orthographié. Piques autrefois écrit avecune s: Pasques. 114“ Peint, tracé, manifeste. L’en-nui est écrit sur son visage, sév. tos. Mon malheurn’est-il pas écrit sur son visage? bac. Baj. iv, 4.l)ans ses yeux insolents je vois ma perte écrite,in. Phèd. m, 3. || 5” Composé, rédigé. L’histoireécrite par Tacite . || 6“ Bien écrit, mal écrit, rédigé enbon, en mauvais style. Je ne sais si la peinture dela sécheresse dans le treiziéme chant [de la Jéru salem ] n’est pas le morceau du poëme le mieuxécrit, chatbaub. Itin. ni, 12 . || Absolument. Celan’est pas écrit, se dit d’une composition, d’une pièce,d’un livre dont le style est sans correction ni élé-gance. || 7° Terme d’histoire naturelle. Qui offre destaches ayant de la ressemblance avec des caractèresd’écriture. Le cône écrit, sorte de coquille.
2 . ÉCIUT (é-kri; le t ne se lie pas; au pluriel, l’sse lie: des é-kri-z élégants), s.m. || 1“ Papier ouparchemin sur lequel une chose est consignée avecdes lettres. Passez-moi cet écrit. Tiens, perfide,regarde et démens cet écrit, rac. Baj. v, 4. Ces ar-chives des lois, ce vaste amas d’écrits, volt. Or-phel. il, B. || Un mot d’écrit, une lettre très-courte,un écrit très-court. Que dites-vous du tour et de cemot d’écrit? mol. Éc. des f. iii, 4. || En écrit, parécrit, sur le papier, par opposition à de vive voix.Vous pouviez vous passer de mes embrassements,Me faire par écrit de tels remercîments, corn. Nie.li, 2. Ils commencèrent à publier leurs prophétiespar écrit, boss. Hist.i, 6. Jusque-là Dieu n’avaitrien donné par écrit, id. ib. u, 3. L’ordre que jelui avais donné par écrit de tuer Philoclès , fén. Tel.xiii. || En procédure, instruction par écrit, affaireinstruite par écrit. Procès par écrit, instruction,affaire, procès où tout est fait par écrit. Preuve parécrit, par opposition à preuve testimoniale. || Mettreen écrit, par écrit, consigner par écrit, coucherpar écrit, écrire une chose pour s’en souvenir, ouexposer une chose dans un écrit, dans un mémoire.Une autre fois je mettrai mes raisonnements parécrit pour disputer avec vous, mol. Festin, I, 2. Jen’ai point de repos qu’il ne soit eu écrit, boil. Sat.vu. Tu te souviens qu’au village on t’a dit, Que tonmaître est gagé pour coucher par écrit Les faits d’unroi plus grand en sagesse, en vaillance, Que Char-lemagne aidé des douze pairs de France , id. Épit.xi. || 2” Acte, convention écrite. Ils ont fait un écrit.Signer un écrit. || 3“ Ouvrage littéraire ou scienti-fique. Mais je lui disais, moi, qu’un froid écrit as-somme, mol. Uis. i, 2 . J’ai vu un écrit que vousavez publié, pasc. Prov. H. Les écrits qu’ils fai-saient étaient entre les mains de tout le peuple,boss. Ilisl. il, 4. Tes écrits, il est vrai, sans art etlanguissants, Semblent être formés en dépit du bonsens, boil. Sat. n. 11 n’est valet d’auteur ni copisteà Paris Oui, la balance en main,ne pèseles écrits,id. Sat. îx. Et ses écrits tout seuls doivent parlerpour lui, id. ib. Mais nous autres faiseurs de livreset d’écrits, Sur les bords du Permesse aux louangesnourris, id. Épit. vi. Si.... Tu t’allais engager àpolir un écrit, id. ib. xi. Surtout qu’en vos écrits 1alangue révérée Dans vos plus grands excès voussoit toujours sacrée, id. Art p. i. Tel écrit récité sesoutint à l’oreille, Qui, dans l’impression au grandjour se montrant, Ne soutient pas des yeux le regardpénétrant, id. ib. iv. || En général, écrit se dit desouvrages en prose. Il peut bien désigner collective-ment des poèmes, mais il n’a pas ce sens par lui-même. Les Grecs faisaient la même distinction quenous; ils appelaient ouyypà,u|i.aTa les ouvrages enprose, par opposition aux itoiTipaTa, les poèmes.|| 4“ Autrefois leçons qu’on écrivait sous un profes-seur de théologie ou de philosophie qui dictait. J’aiencore tous mes écrits de philosophie. On dit au-jourd’hui cahiers.
— HIST. Xii* s. Et les escritz que je ai aportez,floue, p. 22 . Pris i furent si livre [ses livres] et tres-tuit si escrit, Th. le mari. 152 . ||xm*s. Si com à
St Denis en escript [je] le trovai, Berte, lvii .Li
livres anciens.... Où sa mort trovons en escript, Sicum Suetonius l’escript, la Itose, 848t. Et tout cilqui s’i acordent doivent estre mis en escrit commeacordans, beaum. 81 . Nus [nulj n'est tenu à baillier
en escrit à averse partie le dit de ses tesmoins, id.xxxix, 67. Ouant mon non fu mis en escrit, si memena l’amirant dedans le pavillon, là où les baronsestaient, joinv. 242. || xv“ s. Car par escript vous apieu me donner Ung doux confort, ch. d’orl. Bal.|| xvi“ s. Ayant rédigé par escrit en deux livres toutce qu’il avoit fait en cesle charge, il n’en put sau-ver ny l’un ny l’autre, amyot, Cat. d'Ut. 61. Autantde fois que l’on transcrit, Autant corrige on son es-crit, LEROUX DE LINCY , PTOV. t. II, p. <28.
— ETYM . Écrit t ; wallon , skryeg; provenç. escrit;espagn. escrito; ital. scritto.
ECRITEAU (é-kri-tô), s. m. Sorte d’affiche, colléesur du bois ou sur le mur, faisant connaître unechose au public. Mettre un écriteau. Jadis on expo-sait les condamnés avec des écriteaux. Un écriteaumarquait que la maison était à vendre, fén. Dio-gène. Les peuples ont leur lendemain : Pour rendreleur route douteuse, Suffit-il qu’une main honteuseChange l’écriteau du chemin? v. hugo, Crép. i.|| Mettre écriteau, annoncer par un écriteau quequelque chose est à vendre ou à louer. || Fig. Mettreun écriteau à une femme, l’afficher par ses proposou ses démarches comme sa maîtresse.
— SYN. écriteau, inscription. L’écriteau n’estqu’un morceau de papier ou de carton sur lequel onécrit quelque chose en grosses lettres pour donneravis au public. L’inscription se grave sur la pierre,sur le marbre, sur des colonnes, sur un mausolée,sur une médaille ou sur quelque autre monument pu-blic pour conserver la mémoire d’une chose ou d’unepersonne, Encyclop. v, 367. Ajoutons que l’inscrip-tion est fixe, et l’écriteau mobile.
— HIST. xiv" s. L’autre escriptel où son nom seramis, Slodus, ms. f" 226, dans lacurne. || xvi* s. Iltomba du ciel plusieurs petits escriteaux, en l’undesquels y avoit escrit de mot à mot : Mars secoueses armes, amyot, Fab. 4.
— ÉTYM . Diminutif de écrit 2; picard, écritieu.
ÉCRITOIRE (é-kri-toi-r’), s. f. || 1“ Petit meubleportatif où Ton met tout ce qu’il faut pour écrire.Écritoire de poche, de bureau. Il a un grand re-gistre sous son bras, une écritoire pendue à sa cein-ture et ur.e guitare sur le dos, lésage, Diable boi-teux, ch. 17. || Nobles d’écritoire, nom que lanoblesse d’épée donnait par mépris à la noblesse derobe. Il Greffier de Técritoire, voy. greffier. || 2“ Pe-tit vase où Ton met de l’encre, et que Ton nommeplus souvent encrier. Il est ami de Fagon, il meconta qu’il ne vivait que par l’éloignement des écri-toires [en n’écrivant plus], sév. 395. Rappelez-vousque ce jour-là Un beau page tint Técritoire, bérang.Contr. de mar. || Fig. À pleine écritoire, en écri-vant, exposant amplement. Tel fut noire début enItalie , dont toute la faute fut imputée à Catinat , enquoi Vaudemont, en pinçant seulement la matière,et Tessé à pleine écritoire ne s’épargnèrent pas,st-sim. »6, 2t. || 3“ Autrefois, nom de cellules quiétaient au rez-de-chaussée de plusieurs monastèreset dans lesquelles on copiait les manuscrits.
— REM. Le genre d’écritoire, entre l’étymologie( scriptorium) et la finale féminine, avarié; il estmasculin dans Rabelais et dans plusieurs provinces.
— SYN. écritoire, encrier. L’encrier, à propre-ment parler, n’est qu’une partie de Técritoire,comme la poudrière ou le porte-plumes.
— HIST. xn* s. Li freres l’eudemain al saint hummeen ala, E en sun escritorie, là ü il le trova, Pur lapitié de Deu tant li dist e preia.... Th. le mari. 95.|| xv“ s. Or me convient, Entroes que [pendant que]j’ai sens et mémoire, Encre et papier et escriptoire,Canivet et penne taillée, froiss. Buisson de jo-nece. || xvi* s. Et portait ordinairement ung gros es-criptoire, pesant plus de 7000 quintaulx, rab. Garg.i, U. Les Genevoys, quand, ou matin, avoir de-dans leurs escriptoyres et cabinets propensé et ré-solu de qui et de quelz, celluy jour, ilz pourronttirer denares, ilz sortent en place, id. Pant. iv,Nouv. prol.
— ETYM . Wallon, skriftôr, skristôr; provenç.escriptori; espagn. escriptorio ; ital. scrittoio; dulatin scriptorium. de scribere, écrire. Escritorie estune ancienne forme étymologique d ’escritoire, et nedonnait pas, à la prononciation, une syllabe deplus.
ÉCRITURE (é-kri-tu-r’), s. f. || l"Ce qui est écrit.Toutes ces écritures ont passé sous vos yeux. Voyezvotre écriture; Vous n’appellerez pas de votre si-gnature, rac. Plaid, m, 4. || Terme d’administra-tion. Comptes, correspondances, rapports. Multi-plier les écritures. Commis aux écritures. || Tenirles écritures, se dit dans la banque et le commerce,de l’employé qui est chargé des comptes et corres-
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pondances. || Terme de palais. Écrits qu’on fait pourun procès. Fournir des écritures. Qu’on cherchâtune fin aux écritures, la brut. xiv. || Ecritures debanque, les billets que les banquiers ou négociantsse donnent réciproquement pour opérer des transferts. || Terme de marine. Papiers, registres, passe-ports. || 2“ L’art d’écrire; reproduction de la parolepar des lettres. L’écriture est la peinture de la voix :plus elle est ressemblante, meilleure elle est, volt.Dict. phil. orthographe. Quand l’écriture fut trou-vée, plusieurs blâmaient celte invention, non en-core justifiée aux yeux de bien des gens; on la di-sait propre à ôter l’exercice de la mémoire et àrendre l’esprit paresseux, p. L. cour. Préface d Hé rodote . || Écriture idéographique, celle qui repré-sente directement les idées, par exemple chez nousles signes de ponctuation. Écriture phonétique, cellequi représente les sons de la parole. Écriture syl-labique, celle qui ne décompose pas les syllabesen voyelles et consonnes. Écriture alphabétique,celle qui représente les sons de la voix avec leslettres d’un alphabet. Ecriture hiéroglyphique, écri-ture des Égyptiens qui représentait en général nondes sons, mais des mots. Écriture démotique, écri-ture cursive des Égyptiens dérivée des hiéroglyphes.|| 3” Art, manière de former les lettres. Avoir unebelle écriture. Une écriture illisible. Oui, si je ne sa-vais quelle est ton écriture, mair. Soplwn. i, i. Onavait parfaitement imité son écriture, fén. Tél. xiii.Mon écriture n’est pas mauvaise, repartit Henriette,et, si vous le permettez, je serai votre maîtresse,m"* de gf.nlis, Veillées du chdt. 1.1, p. B t , danspougrns. || Forme particulière des caractères. L’écri-ture gothique. L’écriture cursive. L’écriture anglaise.|| 4“ Action d’écrire. Je vis l’autre jour du Chesnechez M. de Coulanges, qui a gardé plus de quinzejours sa chambre pour des dégoûts et des pléni-tudes; il me parla de votre santé, et me dit encorepis que pendre de cette chienne d’écriture, sév.396. || B" L’Écriture sainte, ou, absolument, l’É-criture, les Écritures, c’est-à-dire l’Ancien et leNouveau Testament (en cette acception, Écritureprend un E majuscule). Nous lisons dans l'Écri-ture sainte. Ces explications licencieuses font trou-ver tout ce qu’on veut dans l’Écriture, boss. Var .il, § 23. [Suivant cette doctrine] Ce n’est pas le sen-timent qu’on a des choses qui doit être éprouvé parl’Écriture; mais l’Écriture elle-même n’est connueni sentie que par le sentiment qu’on a des chosesavant que de connaître les saints livres, et la religionest formée sans eux, id. <6. xv, § ti5. Ne vous éton-nez pas, chrétiens, si je ne fais plus, faible orateur,que de répéter les paroles de la princesse palatine;c’est que j’y ressens la manne cachée et le goût desÉcritures divines, que ses peines et ses sentimentslui faisaient entendre, id. Anne de Gonz. Nousmourons tous, disait cette femme dont l’Écriture aloué la prudence au second livre des Rois, et nousallons sans cesse au tombeau, ainsi que des eauxqui se perdent sans retour, id. Duch. d’Orl . Le ma-tin elle fleurissait, avec quelles grâces, vous le sa-vez; le soir nous la vîmes séchée; et ces fortes ex-pressions par lesquelles l’Écriture sainte exagèrel’inconstance des choses humaines, devaient êtrepour cette princesse si précises et si littérales, idib. Quand on étudie avec quelque soin les Écritures,on reconnaît que c’est toujours la force des penséeset la grandeur des sentiments qui en font la beauté,rollin, Traité des Ét. iv, 3. || Fig. Accorder ouconcilier les Écritures, accorder, concilier des pas-sages qui sont en désaccord, sauver des contradic-tions. || 6“ Nom de plusieurs coquilles. Écriturearabique ou écriture chinoise, la Vénus littérée.Écriture hébraïque, le cône hébreu . Écriture grec-que, la Vénus fortifiée . || Proverbe. Il est bien ânede nature qui ne peut lire son écriture.
— HIST. xii* s. De ce dist la Scriture des damp-neiz: guai à ceaz [malheur à ceux] ki ont perdue lasoffrance, Job, p. 448 . || xiii" s. Mauvaisemenl lorsouvient de TEscriture, qui dist par le [la] bouce
David le roi.... Chr. de Bains, p. 2 .Se mots i
trovez jà mis, Qui semblent mordans ou cheninsEncontre les meurs femenins, Que ne m’en veil-liez pas blasmer, Ne m’escriture diffamer, la Rose,
\ 5406. Et quant aucuns veut avoir letres en la maniere dessus dite, ce doit estre à son coust de l’es-cripture et du seel [sceau], beaum. xxxix, 6».|| xiv* s. Et ainsi les Romains avoient les escrip-tures des Grecs et ceste science comme de Aristote ,Platon et des autres, oiiksme, Prol. Plustost sepost [pût] dampner qu’uns autres le porroit, Caril scet Cescripture, et toute la conchoit [conçoit],Baud. de Seb. vu, 890. ||xvi*s. Les trois doigts par