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Tome deuxième. D - H.
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ECR

1206 ÉCR

parlée. |[ Ce qui est écrit est écrit, on ne peut rienchanger à ce qui est écrit. || Cela était écrit au ciel,Ja Providence avait résolu quil en serait ainsi, ouabsolument, cela est écrit, était écrit, cela doit,devait arriver. 11 est écrit que je ne gagnerai pas.|| 2° Sur quoi on a écrit. Une feuille écrite des deuxcôtés. Papier écrit, opposé à papier blanc. || 11 fautremarquer que, bien quon dise papier écrit, feuilleécrite, parchemin écrit, cependant on ne dit pasen ce sens écrire un parchemin, une feuille, unpapier. || 3 Orthographié. Piques autrefois écrit avecune s: Pasques. 114 Peint, tracé, manifeste. Len-nui est écrit sur son visage, sév. tos. Mon malheurnest-il pas écrit sur son visage? bac. Baj. iv, 4.l)ans ses yeux insolents je vois ma perte écrite,in. Phèd. m, 3. || 5 Composé, rédigé. Lhistoireécrite par Tacite . || 6 Bien écrit, mal écrit, rédigé enbon, en mauvais style. Je ne sais si la peinture dela sécheresse dans le treiziéme chant [de la Jéru­ salem ] nest pas le morceau du poëme le mieuxécrit, chatbaub. Itin. ni, 12 . || Absolument. Celanest pas écrit, se dit dune composition, dune pièce,dun livre dont le style est sans correction ni élé-gance. || 7° Terme dhistoire naturelle. Qui offre destaches ayant de la ressemblance avec des caractèresdécriture. Le cône écrit, sorte de coquille.

2 . ÉCIUT (é-kri; le t ne se lie pas; au pluriel, lsse lie: des é-kri-z élégants), s.m. || 1 Papier ouparchemin sur lequel une chose est consignée avecdes lettres. Passez-moi cet écrit. Tiens, perfide,regarde et démens cet écrit, rac. Baj. v, 4. Ces ar-chives des lois, ce vaste amas décrits, volt. Or-phel. il, B. || Un mot décrit, une lettre très-courte,un écrit très-court. Que dites-vous du tour et de cemot décrit? mol. Éc. des f. iii, 4. || En écrit, parécrit, sur le papier, par opposition à de vive voix.Vous pouviez vous passer de mes embrassements,Me faire par écrit de tels remercîments, corn. Nie.li, 2. Ils commencèrent à publier leurs prophétiespar écrit, boss. Hist.i, 6. Jusque- Dieu navaitrien donné par écrit, id. ib. u, 3. Lordre que jelui avais donné par écrit de tuer Philoclès , fén. Tel.xiii. || En procédure, instruction par écrit, affaireinstruite par écrit. Procès par écrit, instruction,affaire, procès tout est fait par écrit. Preuve parécrit, par opposition à preuve testimoniale. || Mettreen écrit, par écrit, consigner par écrit, coucherpar écrit, écrire une chose pour sen souvenir, ouexposer une chose dans un écrit, dans un mémoire.Une autre fois je mettrai mes raisonnements parécrit pour disputer avec vous, mol. Festin, I, 2. Jenai point de repos quil ne soit eu écrit, boil. Sat.vu. Tu te souviens quau village on ta dit, Que tonmaître est gagé pour coucher par écrit Les faits dunroi plus grand en sagesse, en vaillance, Que Char-lemagne aidé des douze pairs de France , id. Épit.xi. || 2 Acte, convention écrite. Ils ont fait un écrit.Signer un écrit. || 3 Ouvrage littéraire ou scienti-fique. Mais je lui disais, moi, quun froid écrit as-somme, mol. Uis. i, 2 . Jai vu un écrit que vousavez publié, pasc. Prov. H. Les écrits quils fai-saient étaient entre les mains de tout le peuple,boss. Ilisl. il, 4. Tes écrits, il est vrai, sans art etlanguissants, Semblent être formés en dépit du bonsens, boil. Sat. n. 11 nest valet dauteur ni copisteà Paris Oui, la balance en main,ne pèseles écrits,id. Sat. îx. Et ses écrits tout seuls doivent parlerpour lui, id. ib. Mais nous autres faiseurs de livreset décrits, Sur les bords du Permesse aux louangesnourris, id. Épit. vi. Si.... Tu tallais engager àpolir un écrit, id. ib. xi. Surtout quen vos écrits 1alangue révérée Dans vos plus grands excès voussoit toujours sacrée, id. Art p. i. Tel écrit récité sesoutint à loreille, Qui, dans limpression au grandjour se montrant, Ne soutient pas des yeux le regardpénétrant, id. ib. iv. || En général, écrit se dit desouvrages en prose. Il peut bien désigner collective-ment des poèmes, mais il na pas ce sens par lui-même. Les Grecs faisaient la même distinction quenous; ils appelaient ouyypà,u|i.aTa les ouvrages enprose, par opposition aux itoiTipaTa, les poèmes.|| 4 Autrefois leçons quon écrivait sous un profes-seur de théologie ou de philosophie qui dictait. Jaiencore tous mes écrits de philosophie. On dit au-jourdhui cahiers.

HIST. Xii* s. Et les escritz que je ai aportez,floue, p. 22 . Pris i furent si livre [ses livres] et tres-tuit si escrit, Th. le mari. 152 . ||xm*s. Si com à

St Denis en escript [je] le trovai, Berte, lvii .Li

livres anciens.... sa mort trovons en escript, Sicum Suetonius lescript, la Itose, 848t. Et tout cilqui si acordent doivent estre mis en escrit commeacordans, beaum. 81 . Nus [nulj n'est tenu à baillier

en escrit à averse partie le dit de ses tesmoins, id.xxxix, 67. Ouant mon non fu mis en escrit, si memena lamirant dedans le pavillon, les baronsestaient, joinv. 242. || xv s. Car par escript vous apieu me donner Ung doux confort, ch. dorl. Bal.|| xvi s. Ayant rédigé par escrit en deux livres toutce quil avoit fait en cesle charge, il nen put sau-ver ny lun ny lautre, amyot, Cat. d'Ut. 61. Autantde fois que lon transcrit, Autant corrige on son es-crit, LEROUX DE LINCY , PTOV. t. II, p. <28.

ETYM . Écrit t ; wallon , skryeg; provenç. escrit;espagn. escrito; ital. scritto.

ECRITEAU (é-kri-), s. m. Sorte daffiche, colléesur du bois ou sur le mur, faisant connaître unechose au public. Mettre un écriteau. Jadis on expo-sait les condamnés avec des écriteaux. Un écriteaumarquait que la maison était à vendre, fén. Dio-gène. Les peuples ont leur lendemain : Pour rendreleur route douteuse, Suffit-il quune main honteuseChange lécriteau du chemin? v. hugo, Crép. i.|| Mettre écriteau, annoncer par un écriteau quequelque chose est à vendre ou à louer. || Fig. Mettreun écriteau à une femme, lafficher par ses proposou ses démarches comme sa maîtresse.

SYN. écriteau, inscription. Lécriteau nestquun morceau de papier ou de carton sur lequel onécrit quelque chose en grosses lettres pour donneravis au public. Linscription se grave sur la pierre,sur le marbre, sur des colonnes, sur un mausolée,sur une médaille ou sur quelque autre monument pu-blic pour conserver la mémoire dune chose ou dunepersonne, Encyclop. v, 367. Ajoutons que linscrip-tion est fixe, et lécriteau mobile.

HIST. xiv" s. Lautre escriptel son nom seramis, Slodus, ms. f" 226, dans lacurne. || xvi* s. Iltomba du ciel plusieurs petits escriteaux, en lundesquels y avoit escrit de mot à mot : Mars secoueses armes, amyot, Fab. 4.

ÉTYM . Diminutif de écrit 2; picard, écritieu.

ÉCRITOIRE (é-kri-toi-r), s. f. || 1 Petit meubleportatif Ton met tout ce quil faut pour écrire.Écritoire de poche, de bureau. Il a un grand re-gistre sous son bras, une écritoire pendue à sa cein-ture et ur.e guitare sur le dos, lésage, Diable boi-teux, ch. 17. || Nobles décritoire, nom que lanoblesse dépée donnait par mépris à la noblesse derobe. Il Greffier de Técritoire, voy. greffier. || 2 Pe-tit vase Ton met de lencre, et que Ton nommeplus souvent encrier. Il est ami de Fagon, il meconta quil ne vivait que par léloignement des écri-toires [en nécrivant plus], sév. 395. Rappelez-vousque ce jour- Un beau page tint Técritoire, bérang.Contr. de mar. || Fig. À pleine écritoire, en écri-vant, exposant amplement. Tel fut noire début enItalie , dont toute la faute fut imputée à Catinat , enquoi Vaudemont, en pinçant seulement la matière,et Tessé à pleine écritoire ne sépargnèrent pas,st-sim. »6, 2t. || 3 Autrefois, nom de cellules quiétaient au rez-de-chaussée de plusieurs monastèreset dans lesquelles on copiait les manuscrits.

REM. Le genre décritoire, entre létymologie( scriptorium) et la finale féminine, avarié; il estmasculin dans Rabelais et dans plusieurs provinces.

SYN. écritoire, encrier. Lencrier, à propre-ment parler, nest quune partie de Técritoire,comme la poudrière ou le porte-plumes.

HIST. xn* s. Li freres leudemain al saint hummeen ala, E en sun escritorie, ü il le trova, Pur lapitié de Deu tant li dist e preia.... Th. le mari. 95.|| xv s. Or me convient, Entroes que [pendant que]jai sens et mémoire, Encre et papier et escriptoire,Canivet et penne taillée, froiss. Buisson de jo-nece. || xvi* s. Et portait ordinairement ung gros es-criptoire, pesant plus de 7000 quintaulx, rab. Garg.i, U. Les Genevoys, quand, ou matin, avoir de-dans leurs escriptoyres et cabinets propensé et ré-solu de qui et de quelz, celluy jour, ilz pourronttirer denares, ilz sortent en place, id. Pant. iv,Nouv. prol.

ETYM . Wallon, skriftôr, skristôr; provenç.escriptori; espagn. escriptorio ; ital. scrittoio; dulatin scriptorium. de scribere, écrire. Escritorie estune ancienne forme étymologique descritoire, et nedonnait pas, à la prononciation, une syllabe deplus.

ÉCRITURE (é-kri-tu-r), s. f. || l"Ce qui est écrit.Toutes ces écritures ont passé sous vos yeux. Voyezvotre écriture; Vous nappellerez pas de votre si-gnature, rac. Plaid, m, 4. || Terme dadministra-tion. Comptes, correspondances, rapports. Multi-plier les écritures. Commis aux écritures. || Tenirles écritures, se dit dans la banque et le commerce,de lemployé qui est chargé des comptes et corres-

ÉCR

pondances. || Terme de palais. Écrits quon fait pourun procès. Fournir des écritures. Quon cherchâtune fin aux écritures, la brut. xiv. || Ecritures debanque, les billets que les banquiers ou négociantsse donnent réciproquement pour opérer des transferts. || Terme de marine. Papiers, registres, passe-ports. || 2 Lart décrire; reproduction de la parolepar des lettres. Lécriture est la peinture de la voix :plus elle est ressemblante, meilleure elle est, volt.Dict. phil. orthographe. Quand lécriture fut trou-vée, plusieurs blâmaient celte invention, non en-core justifiée aux yeux de bien des gens; on la di-sait propre à ôter lexercice de la mémoire et àrendre lesprit paresseux, p. L. cour. Préface d Hé­ rodote . || Écriture idéographique, celle qui repré-sente directement les idées, par exemple chez nousles signes de ponctuation. Écriture phonétique, cellequi représente les sons de la parole. Écriture syl-labique, celle qui ne décompose pas les syllabesen voyelles et consonnes. Écriture alphabétique,celle qui représente les sons de la voix avec leslettres dun alphabet. Ecriture hiéroglyphique, écri-ture des Égyptiens qui représentait en général nondes sons, mais des mots. Écriture démotique, écri-ture cursive des Égyptiens dérivée des hiéroglyphes.|| 3 Art, manière de former les lettres. Avoir unebelle écriture. Une écriture illisible. Oui, si je ne sa-vais quelle est ton écriture, mair. Soplwn. i, i. Onavait parfaitement imité son écriture, fén. Tél. xiii.Mon écriture nest pas mauvaise, repartit Henriette,et, si vous le permettez, je serai votre maîtresse,m"* de gf.nlis, Veillées du chdt. 1.1, p. B t , danspougrns. || Forme particulière des caractères. Lécri-ture gothique. Lécriture cursive. Lécriture anglaise.|| 4 Action décrire. Je vis lautre jour du Chesnechez M. de Coulanges, qui a gardé plus de quinzejours sa chambre pour des dégoûts et des pléni-tudes; il me parla de votre santé, et me dit encorepis que pendre de cette chienne décriture, sév.396. || B" LÉcriture sainte, ou, absolument, lÉ-criture, les Écritures, cest-à-dire lAncien et leNouveau Testament (en cette acception, Écritureprend un E majuscule). Nous lisons dans l'Écri-ture sainte. Ces explications licencieuses font trou-ver tout ce quon veut dans lÉcriture, boss. Var .il, § 23. [Suivant cette doctrine] Ce nest pas le sen-timent quon a des choses qui doit être éprouvé parlÉcriture; mais lÉcriture elle-même nest connueni sentie que par le sentiment quon a des chosesavant que de connaître les saints livres, et la religionest formée sans eux, id. <6. xv, § ti5. Ne vous éton-nez pas, chrétiens, si je ne fais plus, faible orateur,que de répéter les paroles de la princesse palatine;cest que jy ressens la manne cachée et le goût desÉcritures divines, que ses peines et ses sentimentslui faisaient entendre, id. Anne de Gonz. Nousmourons tous, disait cette femme dont lÉcriture aloué la prudence au second livre des Rois, et nousallons sans cesse au tombeau, ainsi que des eauxqui se perdent sans retour, id. Duch. dOrl . Le ma-tin elle fleurissait, avec quelles grâces, vous le sa-vez; le soir nous la vîmes séchée; et ces fortes ex-pressions par lesquelles lÉcriture sainte exagèrelinconstance des choses humaines, devaient êtrepour cette princesse si précises et si littérales, idib. Quand on étudie avec quelque soin les Écritures,on reconnaît que cest toujours la force des penséeset la grandeur des sentiments qui en font la beauté,rollin, Traité des Ét. iv, 3. || Fig. Accorder ouconcilier les Écritures, accorder, concilier des pas-sages qui sont en désaccord, sauver des contradic-tions. || 6 Nom de plusieurs coquilles. Écriturearabique ou écriture chinoise, la Vénus littérée.Écriture hébraïque, le cône hébreu . Écriture grec-que, la Vénus fortifiée . || Proverbe. Il est bien ânede nature qui ne peut lire son écriture.

HIST. xii* s. De ce dist la Scriture des damp-neiz: guai à ceaz [malheur à ceux] ki ont perdue lasoffrance, Job, p. 448 . || xiii" s. Mauvaisemenl lorsouvient de TEscriture, qui dist par le [la] bouce

David le roi.... Chr. de Bains, p. 2 .Se mots i

trovez mis, Qui semblent mordans ou cheninsEncontre les meurs femenins, Que ne men veil-liez pas blasmer, Ne mescriture diffamer, la Rose,

\ 5406. Et quant aucuns veut avoir letres en la maniere dessus dite, ce doit estre à son coust de les-cripture et du seel [sceau], beaum. xxxix, 6».|| xiv* s. Et ainsi les Romains avoient les escrip-tures des Grecs et ceste science comme de Aristote ,Platon et des autres, oiiksme, Prol. Plustost sepost [pût] dampner quuns autres le porroit, Caril scet Cescripture, et toute la conchoit [conçoit],Baud. de Seb. vu, 890. ||xvi*s. Les trois doigts par