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Tome deuxième. D - H.
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vaucha vers Airaines , froiss. i, i, 278. Elle veutfaire son effort De tout son povoir de maidier, Et pource lui plaist menvoyer Cette nef plaine de plaisance,ch. dorl. Bail. 28 . Tout homme armé doit estre,par effort, Crueuli avant, piteux après victoire,EUST. DESCH. Poésies mss. f 109, dans LACURNE. Leroy avoit mis tout son effort en son avant garde, pouvoit avoir trois cens cinquante hommesdarmes et trois mille Suisses , qui estoit lesperancede lost, comm. vm, 6. jj xvi* s. Faisant quelqueeffort en saultant, mont, i, 92. Les efforts de nostreconception sont loing au dessoubs de leur mérité,id. i, 265. Tout leffort de ces hommes darmesconsiste en leur lance, amyot, Lucull. 63. Foiblesuis pour te conquester Un chasteau de si grandeffort, marot, ii, 240. Fossez profonds et murs degrans efforts Nenvironnoient encor villes ne forts,

in. jv, is.Et se tenir coy sans rien entreprendre,

ny faire effort [violence] à aucun des habitans, Sat.lien. pr. 134.

Et YM. Voy. efforcer; provenç. esfort; catal.es fors; espagn. esfueno; port, esforço; ital . sforio.

EFFRACTION (é-fra-ksion ; en vers, de quatresyllabes), s. f. Fracture des clôtures dun lieu habité,soit en vue de vol, soit pour toute autre cause. Le volavec effraction est réputé crime. Ce maréchal luimontre des maisons couvertes de fer; elles sonttontes fermées, encore intactes et sans la moindreeffraction; cependant une fumée noire en sort déjà,ségur, llist. deA'np. viii, 6.

ÊTYM . Lat. effractionem , de effraclum, supinde effringere, briser (voy. fragile).

EFFRAIE (è-frê), s. f. Nom vulgaire de la chouetteeffraie, oiseau nocturne, du genre des rapaces(strix aluco), dite dame en quelques lieux de laFrance .

ETYM . Probablement deffrayer, à cause quecet oiseau est superstitieusement regardé comme demauvais augure.

EFFRAYANT, ANTE (è-Trè-ian, ian-t), adj. Quieffraye ou est capable deffrayer. Une pensée ef-frayante. Deffrayantes clartés. Mille oiseaux ef-frayants , mille corbeaux funèbres, De ces mursdésertés habitent les ténèbres, boil. Lutr. ni. Lescloches dans les airs, de leurs voix argentines, Ap-pelaient à grand bruit les chantres à matines,Quand leur chef, agité dun sommeil effrayant,Encor tout en sueur, se réveille en criant, id..iv. Quelque songe effrayant cette nuit la frappé,rac. Esth. ii, 4. Quels regards effrayants vous melancez, hélas ! volt. Zaïre , iv, 6. || Il se dit quel-quefois, par exagération, dune personne qui inti-mide. Elle la considérée sans frayeur, parce quellela trouvée infiniment moins effrayante quelle nelavait imaginé, M* de oenlis, Adèle et Théod.t. H, lett. ) 2 , p. 4 60 , dans pougens.

SYN. effrayant, effroyable. Ces deux motsont même origine, puisque effrayer et effrayer sontdeux formes dun même mot ; il ny a donc de dif-férence que dans la finale : effrayant est le parti-cipe présent deffrayer ; effroyable est ladjectifverbal deffroyer. La nuance est que effrayant eststrictement limité à la crainte, tandis que à effroya-ble se joint l'idée accessoire dhorrible.

EFFRAYÉ, ÉE (è-frè-, iée), part, passé.|| 1 Qui est en proie à l'effroi. Effrayé par le bruitdu tonnerre. Je suis effrayée comme la vie passe,sEv. 440. X quel point je suis heureuse I je suiseffrayée de mon bonheur, M* de genlis, Adèle etThéod. t. m, lett. 64, p. 373, dans pougens. || Sub-stantivement. Tantôt en le voyant jai fait de lef-frayée, corn. Nicom. i, 6. || Qui indique leffroi.De mon front effrayé je craignais la pâleur, rac.Brit. ni, 7. || 2° Terme de blason. Se ditduncheval,lorsquil est représenté dans une situation rampante.

EFFRAYER (è-frè-. La prononciation a changé;autrefois, daprès Chifflet, p. 1 97, elle était è-fra-),jeffraye, lu effrayes, il effraye ou il effraie, nouseffrayons, vous effrayez, ils effrayent ou effraient;jeffrayais, nous effrayions, vous effrayiez ; jeffrayai ;jeffrayerai ou effraierai ou effratrai; jeffrayerais oueffraierais ou effralrais; effraye, effrayons; que jef-fraye, que nous effrayions, que vous effrayiez, quilseffrayent; que jeffrayasse; effrayant; effrayé, v. a.[| 1° Causer de la frayeur. Effrayer un enfant. Desbruits sinistres effrayaient la population. Il veut lesrappeler [ses chevaux], et sa voix les effraie, rac.Phèd. v, 6. Quel jour mêlé dhorreur vient effrayermon âme? id. Esth. m, 4. || 2° Seffrayer, v. réfl.Concevoir de la frayeur. Il seffraya à la vue dupéril. Qui se considérera de la sorte seffrayera desoi-même, et, se considérant soutenu, dans la masseque la nature lui a donnée, entre ces deux abîmes

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de linfini et du néant, il tremblera dans la vue deces merveilles, pasc. Pensées, t. i, p. 247, édit.Lahure. Et voit-on, comme lui, les ours ni les pan-thères Seffrayer sottement de leurs propres chi-mères? boil. Sat. viii. La sultane à ce bruit fei-gnant de seffrayer, rac. Baj.x, 4. Enfin dun chasteamour pourquoi vous effrayer? id. Phèd. i, 4.

_hist. xi* s. Li reis Marsiles en fut moult es-

fraed, Ch . de Roi. xxxii. ||xn* s. Aine par menacene fui [je ne fus] trop esfreez, Bonc. p. 4 4. Et finsamis à tort achaisoné [inculpé] Est moult souventde legier [aisément] effraé, Coud, xiv. Mais ele acuer félon qui trop meffraie, ib. p. 425. || xm* s. Sise commencierent à effreer et à desconfire, villeh.cxliii. Quant Berte entend Symon, durementsenes-froye, Berte, cvi. Le roy fut forment effraé [cour-roucé] , et li dit que moult estoit hardi quant.... joinv.268 . || xiv*s. Très bien, ce dit Bertran, qui de riensne seffrée.... Guescl. v. 4 384 9. || xv* s. Lost qui futtout effrayé se commença à émouvoir, froiss. i,i, 4 88. Le capitaine ouvrit une fenestre sur lesfossés et saillit hors tout effreé [surprise du châteaude Berwich par les Ecossais], id. h, ii, 4 3. ||xvi* s.Elle fut si très effrayée de peur, quelle demeuracomme une statue sans sonner mot, marg. Nouv.xxxi, Il fist jetterde grands cris à ses gens et sonnerles trompettes pour effroyer les ennemis, amyot,Cam. 42. La lance effraye de loin quand on la voitbranler avecques sa longue banderole, lanoue, 309.

ÊTYM . Ef pour es.... préfixe, et le radical qui estdans/rayeur(voy.cemot); picard, effrayer,effrenter;provenç. esfrayar, esfredar, esfreidar. On remar-quera, dans lhistorique, esfraier ou esfrecr et es-froier; le premier est la prononciation de la Nor­ mandie et de la partie ouest du centre ; lautre estla prononciation de la Picardie et de lautre partiedu centre ; gardant effrayer, la langue littéraireaurait prendre effrai; mais, par le hasard desmélanges, elle a gardé effroi, effroyable, qui se rap-portent à effroyer.

EFFRÉNÉ, ÉE(è-fré-, née), adj. || 1* Termede blason. Se dit dun cheval qui na ni bride niselle, et qui se nomme autrement gai. || 2 Fig. Quiest sans frein moral, sans retenue. Unelicence, unepassion effréné». Désirs effrénés. Comment, il vientdavoir laudace De me fermer la porte au nez, Etde joindre encor la menace X mille propos effrénés!mol. Amph. ni, 4. Que devait-il arriver, sinon cequon a vu, cest-à-dire une licence effrénée danstoutes les matières de la religion ? noss. Variât. 4 5.On vit avec horreur une muse effrénée Dormir chezun greffier la grasse matinée, boil. Ép. v. Doit-ondonner le nom de courage et de valeur à une har-diesse aveugle, téméraire, impétueuse, qui ne con-naît point de règle et qui na pour guide quuneardeur insensée de fausse gloire et un désir effrénéde se distinguer à quelque prix que ce soit? roll.llist. anc. Œuvres, t. vi, p. 624 , dans pougens.Vous voyez sans pitié ma douleur effrénée, volt.AU. iv, 4.

iiist. xiv* s. Tant comme sa ribauderie seraplus non punie, de tant sera elle plus effrenée,bercheure, f* 07, recto. ||xvi*s. Tous les ruisseauxlentrée de leurs sources Laschent à plein, et duncours effrené Tout à lentour des grans mers onttourné, marot, iv, 27. Les elephanssont si effrénésde leur nature quils ne peuvent endurer bride quel-conque, par t, Monstres , app. 3. Ilz redoubtoient sonaudace effrenée et son insolence de contemnerainsi les lois et coustumes de son pals, amyot, Aie.27 . Dont procéda leffrenée licence et la noncha-lance de toute honesteté, id. tHcias, 44. La des-pense quils sont contraints de faire et supporter ànourrir les ditz pauvres et malades, pour l'effrenéemultitude et habondance d'iceulx qui y afflue chacunjour, Lett. pat. 4 ,r oct. 4 544.

êtym. Lat. effrenatus, de ex, etfrenum, frein.Ou trouve aussi effrener pour enfrener, mettre lefrein.

t EFFRÈNEMENT (è-frè-ne-man), s. m. Néolo-gisme. Etat dun» âme effrénée; déchaînement despassions.

ÊTYM . Voy. EFFRÉNÉ.

t EFFRÉNÉMENT (è-fré--man), adv. D'unemanière effrénée.

HIST. xvi* s. 11 court effrenément le vinlappelle, Nuits de Straparole, t. n, p. 335 . Sansjustice le peuple effrenément vivroit, rons. 874.

êtym. Effréné, et le surfixe ment.

EFFRITÉ (è-fri-, tée), part, passé. Terre effri-tée, terre devenue stérile, non pour toute culture,mais pour les végétaux ayant les mêmes besoins queceux qui ont produit leffritement.

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f EFFRITEMENT (è-fri-te-man), s. m. Épuisementdune terre par le retour de certaines cultures.

ÊTYM . Effriter.

EFFRITER (è-fri-), v. a. Terme dagriculture.Produire dans une terre leffritement. || Seffriter,v. réfl. La terre seffrite, si lon ny met pas den-grais. || On dit aussi effruiter, qui, comme on voità lhistorique, est la forme originelle.

REM. On trouve dans les écrivains modernesseffriter pour sen aller en poussière : Des bas-reliefsqui seffritent. Rien ne paraît justifier ce sens.

HIST. xiii* s. Il [le vent du midi] effruite laterre, et nuist as flors, Psautier, f* 94. ||xv* s. Ef-fruitier, eust. desch. Poésies mss. î° 292, dansLA-curne. || xvi* s. Kffruicter, cotgiiave. Effriter [amai-grir une terre], id.

êtym. Ef pour es.... préfixe, et fruit, ôter lefruit rendre incapable de fruit; provenç. csfruguar ,rendre stérile.

EFFROI (è-froi), s. m. || i* Grande frayeur. Por-ter, inspirer leffroi. Je me retire donc encor pâledeffroi ; Mais le jour est venu quand je rentre chezmoi, boil. Sat. vi. H est vrai, je nai pu conce-voir sans effroi Que Bajazet pût vivre et n ôtre plusà moi, rac. Baj. 11 , 6. Et je ne dois la vie en cecommun effroi Quau bruit de mon trépas que jelaisse après moi, id. llithr. 11 , 3. Seigneur, je viensà vous pleine dun juste effroi, in. Phèd. iv, 4. CeJuif, comblé dhonneurs, me cause quelque effroi,id. Esth. m, 4. Quel trouble vous agite et quel ef-froi vous glace? m. Athal. n, 6. Mais d vientque mon cœur frémit dun saint effroi? Est-ce les-prit divin qui sempare de moi? id. ib. m, 7. Mafille, me dit-elle, avec un cri deffroi, ducis, Othel.11 , 4. || Terme de chasse. On dit que le cerf partdeffroi, lorsque quelquun ou quelque chose quileffraye le fait partir. || 2 Fig. Cause deffroi. Ceconquérant a été leffroi et la terreur de la terre en-tière. Au Dieu persécuteur, effroi du genre humain,volt. Fanal. 1 , 4.

HIST. xii* s. Dune sunt venu à lui ; tuit erent[étaient] en esfrei, Th. le mort. 42. || xiii* s. Si mepuist Diex aidier, jen sui en grant esfroy, Berte,cxvi. || xv* s. Adonc commença leffroi grantetfortàlever en la ville, froiss. ii, ii, 42. Le bon serviteur,sans faire effroi ne bruit, vint heurter à la porte,louis xi, Nouv. xxvii. || xvi* s. Les Guodivaulx, quiestoyent en embuscade, sortirent tous en grand ef-froy sur Pantagruel, rab. Pant. 1 v, 44. Ce qui esten partie cause de l'effroy que souvent prenent plu-sieurs gens de guerre, est leur ignorance, lanoue,318. Toute la ebrestienté entra en grand effroy, id.44 4. Le duc de Nevers prit Beaurain par composi-tion, Agimont demblée, et deffroi Chasteau-Tierri,daub. llist. 1 , 20 . Ils quittent leurs tranchées etdeffroi en effroi se mettent en fuite, id. ib. 11 , 08 .Vous engagez vostre valeur et vostre fortune à cellede vostre cheval; son effroy ou sa fougue vous ren-dant ou temeraire ou lasche, mont, i, sai. Que lonneust à sonner nulle cloche, sinon celle de leffroi,pasquier, Lettres , 1. 1 , p. 4, dans lacurne.

êtym. Esfroyer (voy. effrayer); Berry, ef-fray, effré; provenç. esfrei.

EFFRONTÉ, ÉE, (è-fron- tée), adj. || 1° Qui a dufront, de limpudence, qui ne rougit de rien. Unefemme effrontée. Japprouve bien la modestie ; Je haisles amants effrontés, Régnier, Contre un amoureux.Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompales yeux dabord, plut par sa nouveauté, boil. Artp. 1 . On nest point effronté par choix, mais par com-plexion, la brut. viii. Un diable, cornard effronté,Vilains, ici guette vos belles, béranq. Contrat.|| Effronté comme un page de cour, ou, simple-ment, comme un page, très-effronté. || On dit en-core : effronté comme un moineau. || 2 Il se ditaussi des choses. Ce nest pas que je croie en cestemps effrontés.... régnier, Sat. 11. Et dun zèleeffronté couvrant son attentat, corn. Cinna, iv,3. Voyez quelle assurance en cet œil effronté I no-trou, Anlig. iv, 3. Ces douces Ménades.... Se fontdes mois entiers, sur un lit effronté, Traiter dunevisible et parfaite santé, boil. Sat. x. J'abandonnece traître à toute ta colère ; Étouffe dans son sangses désirs effrontés, rac. Phèd. iv, 2. Et mille au-tres encore, effrontés ornements, Serpentent surson sein, pendent à ses oreilles; Les arts pour lem-bellir ont uni leurs merveilles, gilb. XVHl' s siècle.Luxe effronté, m. j. chénier, Gracgues, 1 , 2 -|| 3 Substantivement. Un effronté. Une effrontée.Quoi Chrispe rira donc avec cette effrontée Du plai-sir quelle a pris à mavoir irritée? tristan, 11. d*Chrispe, iv, 7. Quune jeune effrontée, une inso-lente esclave Vienne en ce lieu donner des frères à