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t f.JODIU (S’) (é-jou-ir), v. ré fl. Se livrer à laJoie. On en fait maint repas, Dont maint voisin s’é-jouit d’être, la font. Fabl . iv, 21 . Ne vous éjouissezpas de vos miracles, pasc. Juifs, ta. Chevreuse , unavec lui [Beauvillier] dans tous les temps de leurv >e, s’éjouit avec lui de la même joie, st-sim. 302,‘ 76 - || Ce mot a un peu vieilli; mais il est encorebon.
7 - IllST. xii' s. Mais je ne sai dont esjoïr [je] medoie, Couct, xxi. || xiii' s. Quant li rois l’entendi,woutepfu esjoïs, Berte, lxxv. Aprèsrefu portraitebnvie, sgitj ne rit onques en sa vie, N’onques derien no s’esjoï, S’eie ne vit ou s’el n ’ oï Aucun grantdomage retraire, la llose, 237. ||xv's. Ces parolesesjouirent fort le duc, comm. ii, 0 .
— étym. F) pour es.... préfixe, et jouir; provenç.esgausir, esjauxir.
t E-i.a (é-la), s.m. Terme de musique. C’était,dans l’ancien solfège, le mi, qu’on chantait quel-quefois sur la syllabe la.
t ÉLABORANT, ANTE (é-la-bo-ran, ran-l’), adj."ferme didactique. Qui élabore. Les cellules élabo-rantes.
t ÉLABORATEUR,TRICE (é-la-bo-ra-teur, tri-s’),°dj. Terme didactique. Qui fait la fonction d’élabo-rer. Organe élaborateur.étym . Élaborer.
ELABORATION (é-la-bo-ra-sion), s. f. Action d’é-laborer, de s’élaboror. || Terme de physiologie.Action par laquelle les êtres organisés font subir, soitaux substances venues du dehors, soit aux maté-riaux puisés dans leur propre sein, une transforma-tion spéciale et adaptée aux actes organiques.
— HiST. xvr s. Elabouration, cotgrave.
— Étym. Lat. elaborationem, de elaborare , éla-borer.
ÉLABORÉ, ÉE (é-la-bo-ré, rée), part, passé.Il 1° Qui a subi une élaboration. Le chyle élaborépar les intestins. || 2° Fig. Présenter un projet éla-boré.
ÉLABORER (é-la-bo-ré), t). o. || 1' Faire subirPar un labeur, par un travail, par une combinaison,une modification spéciale. Le foie élabore la bile.L’estomac élabore les aliments. || Fig. 11 élabore péni-blement ses idées. Élaborer un projet de loi. || 2” S’é-laborer, v. réft. Devenir élaboré. La sève s’élabore.Celte liqueur s’y subtilise, s’y élabore, y acquiertla forme du sang, desc. L’homme. || Fig. Les idéess’élaborent par la réflexion.
— hem. Dans le dictionnaire de l’Académie de1740 on lit : « Êlabouré, participe du verbe élabou-rer , qui n’est plus en usage. » Ce mot, sous laforme élaborer, a repris faveur.
— hist. xvi' s. La mouelle est aliment êlabouréb perfection de nature, comme dict Galien , rab.^arg. 1 , Prol. Le cerveau est le siégé de l’ameraisonnable, la source de sentiment et mouvement,et des très nobles esprits animaux faits des espritsri taux, lesquels, montés du cœur par les arteresdu cerveau, sont cuits, recuits, elabourés et subti-lisés par le moyen d’une multiplicité de petites etsubtiles arteres, charron, Sagesse, 1 , 4.
~~ Étym. Lat. elaborare, de e, et laborare, tra-vailler (voy. labeur).
t ÉLABIIÉ, ÉE (é-la-bré, brée), adj. Terme dezoologie. Se dit d’un insecte qui n’a point de labre.
— étym. É pour es.... préfixe, et labre.
t ÉLÆÉH1NE (é-lè-é-ri-n’), s. f. Terme de chimie.Principe voisin de l’oléine qu ’011 trouve dans lesuint.
— Étym. "EXaiov, huile, et iptov, laine.
t ËLÆOL1TIIE (é-lè-o-li-t'),s. m. Terme de mi-néralogie. Minéral vitreux d’un éclat gras.
— ÉTYM . “EXaiov, huile, et Xt’6o;, pierre.
t ÉLÆOMÈTUE (é-lè-o-mè-tr’), s. m. Espèced aréomètre destiné à reconnaître la pureté deshuiles grasses par leur densité.
— ÉTYM . 'EXaiov, huile, et mètre, mesure.
f ÉLÆOPTÈNE (é-lè-o-plè-n’), s. m. Terme defhimie. Partie des huiles volatiles qui reste liquidea u-dessous de la température ordinaire.
— ÉTYM . 'EXaiov, huile, et rcmvèc, qui vole.
. t E-LA-FA (é-la-fa), s. m. Terme d’ancienne mu-m* ue ’ Dénomination donnée au ton demi bémol, à‘époque où l’on solfiait par les muances.ÉLAGAGK (é-la-ga-j’), s. m. Action d’élaguer desrbres. || Branches coupées.étym . Élaguer.
ÉLAGUÉ, ÉE (é-la-ghé, ghêe), part, passé.él T 1 on a re ‘ ra nché des branches. Des arbresBuées ’ ^ 2 ° Fig ‘ Retranc bé. Des digressions éla-
ÊLAGUEU (è-la-ghé), v. o. U 1" Couper les bran-
ches, principalement les branches inférieures d’unarbre, afin de faire grandir la tige et de se pro-curer des fagots pour le chauffage. Pubut est ici,qui a élagué des arbres devant cette porte, qui fonten vérité une allée superbe, sév. I 02 . ||2°Fig. Dé-truire ou écarter ce qui est superflu ou nuisible.Lhomme l’étend et la polit fia naturel, en élaguele chardon et la ronce, bcjff. Morceaux choisis,p. 18 . || Par analogie, retrancher d’un ouvrage d’es-prit ce qui est surabondant. Élaguer ces détails.
— SYN. élaguer , émonder. Élaguer, c’est re-trancher; émonder, c’est, étymologiquement, rendrenet, rendre propre. On élague un arbre pour le dé-barrasser de grosses branches qui le surchargent. Onémonde un arbre non pas seulement pour le débar-rasser de grosses branches devenues inutiles ounuisibles, mais aussi pour lui fiter ce qui le dépareaussi bien que ce qui lui nuit. L’élagag# se pratiquesurtout dans l’intérieur de l’arbre; l’êmondage,surtout à l’extérieur, à la cime, à l’extrémité desbranches.
— hist. xvi*s. Souvent l’on en retrAnche du bois[des espaliers] en les eslargant, 0 . d » serres, 650.Qu’il tienne nettoiés ses oliviers, le- eslaguans àpropos, id. 706. Esmonder, est ostAr le mort etrompu; eslaguer,les branches inutiles et nuisantescroissans en mauvais endroit, empesehansla grâcede l’arbre; estester, couper généralement toutes lesbranches pour faire reprendre nouvelle vigueur àl’arbre, id. 723.
— ÊTYM.Wall.iiguer; Berry, alayer; norm. éliguer;de é pour es.... préfixe, et de l’anc. haut allem. lah,incision des arbres; étymologie donnée par Grandga-gnage et approuvée par Diez. Dans cette hypothèsetrès-probable, il faut regarder elarguer d’O. de Serresou comme un autre mot ou comme une transforma-tion vicieuse, par assimilation avec large, d’élaguer.
ÉLAGUEUR (é-la-gheur), s. m. Celui qui élague.
— étym. Élaguer; Berry, alayeur.
f ÊLAÏDINE (é-la-i-di-n’), s. f. Terme de chimie.Substance grasse qui se produit quand on traitel’huile d’olive par l’acide azotique et l’acide azo-teux.
•[ÉLAÏDIQUE fé-la-i-di-k’), adj. Terme de chi-mie. Acide élaïdique, acide qui se forme dans lasaponification de l’élaïdine.
f ÉLAÏNE (é-la-i-n’),s. f. Terme de chimie. Voy.OLÉINE.
t ÉLAÏQUE (é-la-i-k’), adj. Voy. oléïque .
f ÉLAISER (é-lè-zé), v. a. Terme de monnaie.Frapper les flans sur l’enclume avec le flattoir.
f E-LA-MI (é-la-mi), s. m. Terme de musique.C’était, dans l’ancien solfège, le mi, qu’on chantaittantôt sur la syllabe la, tantôt sur la syllabe mi. j
t. ÉLAN (é-lan), s. tn. || 1° Mouvement pours’élancer. Il prit son élan. L’élan qu’il avait le fittomber. 11 partit comme un trait, mais les élansqu’il fit Furent vains.... la font. Fabl . vi, to.
|| N’avancer que par élans, avancer par des mouve-ments brusques et saccadés. || 2" Action d’élancer lavoix. X prix de faux clins d’yeux et d’élans affectés,mol. Tart. 1 , 0 . Que dis-tu de m’y voir rêveur, ca-pricieux, Tantôt baissant le front, tantôt levant lesyeux, De paroles en l’air par élans envolées, Ef-frayer les oiseaux perchés dans mes allées? boil.Épit. xi. Aux élans redoublés de sa voix doulou-reuse Tous ses valets tremblants quittent la plumeoiseuse, id. Lutr. iv. Il pousse des élans, et dessoupirs, la bruy. xiii. || 3° Fig. Ardeur inspirée parla passion, par l’enthousiasme. Cette continuité [del’oraison] consistait dans divers actes et dans de con-tinuels élans de leur dévotion, boss. États d’orais.vi, 40. Sénèque .... vous offrira des idées ingénieu-ses et fines, des élans hardis et lumineux, dider.Ess. sur Claude. Mais on admire, on aime, on sou-tient les talents, C’est en vain qu’on voudrait repous-ser leurs élans, gilb. le Poète malheureux. Oui,ce discours sans doute est un élan sublime, M. j.Chénier, Charles IX , m, I. Ces élans inquietsvers la postérité Ne sont pas de l’orgueil une vainechimère, legouvé, Épichar. et Nér. n, Il Ce jeunehomme a de l’élan, c’est-à-dire il a un cœur disposéà l’enthousiasme. || 4' Ancien terme, de marine.Écart que fait un vaisseau tantôt à tribord, tantôtà bâbord. Les élans sont à tribord.
— HIST. xvi' s. Mais en l’homme, que le corpsse meuve et seuffre quant et les eslans des passions,on l’apperçoit évidemment par la couleur pasle enfrayeur.... amyot, De la vertu morale, 25.
— étym. Voy élancer; Berry, alan. L’ortho-
graphe eslan ne laisse aucun doute sur l’origine dece mot.
2. ÉLAN (é-lan), s. m. Espèce de cerf qui setrouve dans le Nord. || Élan du Cap, un des nomsvulgaires de l’antilope oréas, appelée aussi canna.
|| Élan d’Afrique , l’antilope bubale. || Élan desAnglo-Américains, le cerf du Canada .
— hist. xvi' s. Et quand ce ne seroit que la mi-sera de l’animal, qui tombe si souvent en epilepsie(dont les Allemans l’appellent Heliend, qui signifiemisere), paré, Licorne, ta. La peau d’une besteque les Poulonois appellent elain, dont l’on fait desceintures pour en ceindre les femmes estans au tra-vail d’enfant, o. de serres, 938. Quelques bestessauvages, comme deux eslams, aussi des peaux desemblables eslams avec certains chiens lévriers,tant de Russie que de ce pays de Dace , LeU. deChristiern 11 d François f' r ,de 4 619, dans geffroy,Notices et extraits, p. 604.
— étym. Allem. Elenn; holl. eland; ane. liaut-allem. elaho; kymri , elain, faon; eilon, chevreuil.L’étymologie donnée par Paré n’est pas véritable.
ÉLANCÉ, ÉE (é-lan-sé, sée), part, passé. || 1“ Quia pris son élan. Un chien élancé après sa proie.
|| Terme de blason. Cerf élancé, cerf courant.
[j 2" Lancé. La poussière s’élève et le char balancéVole dessus l’essieu comme un trait élancé, garn.Ilippolyte, v. Ces volcans infernaux jusqu’au oielélancés, volt. Triumv. i, I. Son sang [de Char les IX ], à gros bouillons de son corps élancé, Ven-geait le sang français par ses ordres versé, id. Ilen-riade, m. Leur tribu [des brames].... de son front [deBrama] élancée, c. delav. Paria, i, 4. || 3° Fig. Et lesyeux vers le ciel de fureur élancés, boil. Sat. iv. Jus-ques au ciel mille cris élancés, rac. Phèd. m, 3.J’auraisdit au poète élancé versla gloire.... v. hugo,Odes , ii, 1.1| 4' En parlant de la conformation ducorps, qui est mince et bien pris. Une taille élancée.Le prince de Léon était un grand garçon élancé,laid et vilain au possible, st-sim. 189, 29. || Par ex-tension. Les cathédrales élancées, qui furent bâtiesdurant le moyen âge. || 6° Dont les dimensions enhauteur et en longueur l’emportent beaucoup surles dimensions en largeur. || Cheval élancé, chevaldont le corps est efflanqué. || Arbre élancé, arbredont le tronc s’élève très-haut sansbranches.|| Bran-ches élancées, branches plus longues que ne sem-bleraient le comporter les autres dimensions du vé-gétal. C’est un défaut à un arbre que d’y voir desbranches élancées, la quintinye , Jardins, t. i,dans richelet. || Terme de zoologie. Se dit d’une co-quille spirivalve dont le cône spiral avance beau-coup plus en hauteur qu’en largeur. || Terme de ma-rine. Se dit des couples de l’avant qui sont dévoyés;d’une proue saillante; d’un navire qui a beaucoupd’élancement.
ÉLANCEMENT (é-lan-se-man), s. m. || 1* Actionde s’élancer. L’impétueuse ardeur de ces transportsnouveaux X son sang prisonnier ouvre tous les ca-naux ; Son élancement perce ou rompt toutes lesveines, corn. Attila, v, 6. || Espace que fournit lecheval qui s’élance. De longs élancements. || Actionde faire un élan. 11 y a des moments où le vol desoiseaux a des élancements. || 2° Fig. Ardentes aspi-rations de l’âme. Les élancements de l’âme versDieu . L’amour est circonspect, il est juste, humbleet sage, Il ne sait ce que c’est qu’être mol ni vo-lage; Et des biens passagers les vains amusementsN’interrompent jamais ses doux élancements, corn.Imit. iii, 6. U faisait des soupirs, de grands élan-cements, mol. Tari, i, 6. Au iv* siècle, il y avaitdans les ouvrages des chrétiens quelque chose d’unepassion nouvelle, d’une insatiable curiosité sur lesdestinées de l’homme, d’un élancement vers le ciel ;c'est ce qui brille dans les ouvrages de Grégoire de Nazianze , d’Augustin, villemain, Lilt. fr. xviii' siècle,2 ' part. 2 * leç. || 3' Douleur vive, aiguë, analogueà celle qu’occasionnerait un coup de lance. Cettepiqûre me cause de grands élancements dans ledoigt. || 4° Terme de marine. Inclinaison de l’étravepar rapport à une ligne verticale qui serait élevée àl’extrémilé de la quille où l’étrave vient se fixer,jal. _ I
— hist. xvi* s. Ceux qui poursuyvent légitime-ment des choses légitimés, ont un plaisir non pleinde grands eslancemens, ains assaisonné de douceur,lanoüe, 620 . Si ces ulcérés sont corrosives, l’hu-meur qui en sortira sera noirastre, avec grandedouleur et eslancemens, paré, xi, 20 . Cela affoiblitla violence que le courir donne aux premiers coups,et quant et quant oste l’eslancement des combaltansles uns contre les autres, amyot, Pomp. 99 . Lesgens de guerre doivont estre comme un corps fort