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ÉJO
ÉGR
|| 4- V.n. Se dit d’un rasoir lorsqu’on l’ébrèche pourvoir s’il est bon. Ce rasoir égrène bien. || 5° S’é-grener, v. réfl. Tomber en grains. Ce blé est tropmûr, il s’égrène.
— HIST. xii* s. Es deux barons nen ot que core-cier fse courroucer], Bien s? requièrent li hardichevalier; De lor espées font esgrener [écailler]l’acier, Et les vers elmes [haumes] embarer et tren-chier, Raoul de C. < 70 . ||xv" s. Envie le ronge etcsgraine, eust. descii. Poésies mss. dans lacurne.|| xvi* s. J’ai moi mesme esgrené un espi de fro-ment dans lequel se treuverent quelques grainesd’ivroie, o. de serres, i 04 .
— ÊTYM . É pour es.... préfixe, elgrain.
+ ÉGItEN'OIR (é-gre-noir), s. m. Terme d agri-culture. Nom de divers instruments qui servent aégrener.
(.égrillard, arde (é-gri-llar, llar-d’, Ilmouillées, et non ê-gri-yar), adj. Qui a quelquechose d’un peu trop gaillard. Il a l’air égrillard.
Des chansons égrillardes.Ah, cousin I qu’elle a
le nez joli, Le minois égrillard, le cuir fin et polilmïgnard, le Bal, e. Elle est sage au moins? car,à Paris , on dit que les filles sont diablement égril-lardes, dancourt, Vend. Surêne, sc. 9. || Substan-tivement. Oh I ohl quels égrillards, mol. le Sicil . 9 .Quelle est cette égrillarde Qui d’un œil curieux metourne et me regarde? regnard, Démocrite , u, 7.S’il pouvait, par bonheur, choir en quelque embus-cade, Et que des égrillards avec de bons bâtons....id. Fol. am. i, I. C’est un jeune égrillard, beau,bien fait, de bonne mine, un peu étourdi, beau-coup libertin, dancourt, les Fées , i, 9. Ces égril-lards iraient d'humeur bouffonne Pincer au lit lediable etses suppôts, bérang. Préf. Collé, quoi qu’endisent ces dames, Est un fort honnête égrillard, id.Désaug.
— êtym. Ce mot paraît venir de e.... préfixe, etgrille: comme qui dirait celui qui sort des grilles,des bornes. Égrillard 2 , qui montre qu’en effet il ya eu un tel composé, vient à l’appui de cette éty-mologie. On trouve dans le bourguignon s’égrailti,sa divertir.
f 2 . ÉGRILLARD (é-gri-llar, Il mouillées), s. m.Voy. Egrilloir.
+ ÉGRILLOIR (é-gri-lloir, Il mouillées), s. m.Déversoir. || Grille de pieux, qu’on fiche sur le bordde l’eau pour y contenir le poisson.
— ÉTYM . É pour es.... préfixe, et grille.
f ÉGRISAGE (é-gri-za-j’), s. m. Action d’égriserle diamant. || Opération qui, précédant le polissagedu marbre, fait disparaître les trous que le ciseauet la scie ont laissés.
ÊGRISÉ, ÉE (é-gri-zé, zée), part, passé. Dia-mant égrisé.
f ÉGRISÉE (é-grizée), s. f. Poudre de diamantservant à polir les pierres fines. L’égrisée peut seuleentamer le diamant. || On dit aussi égrisé au mas-culin.
— étym. Égrisé.
ÉGRISER (é-gri-zé), v. a. Terme de lapidaire.Ôter d’un diamant les parties les plus brutes avantque de le tailler, ce qui se fait en le frottant contreun autre diamant brut. Louis de Berquem, natif deBruges, ... il y a environ 300 ans, prit deux dia-mants, les monta sur du ciment, les égrisa l’uncontre l’autre et ramassa soigneusement la poudrequi en provint, Dict. des arts et mét. Amst. 1767,Lapidaire. || Frotter le bord d’une glace sur uneplanche avec du grès fin et sec, ou deux glaces l’unesur l’autre pour en dresser l’épaisseur. || Commencerâ polir le marbre.
— étym. É pour es.... préfixe, et l’allem. Gries,petits fragments; suédois , grus.
f ÉGRIS01R (é-gri-zoir), s.m. Vase où tombe lapoudre qui sort du frottement de deux diamantsbruts et qui sert ensuite à polir les diamants.
ÉGRUGÉ, ÉE (é-gru-jé, jée), part, passé. Dusel égrugé.
ÉüRUGKOIR (é-gru-joir), s. m. Petit vaisseau debois dans lequel on égrugé le sel avec un pilon.
|| Terme d’agriculture. Instrument pour peigner lebout du chanvre femelle, pour faire tomber le chè-nevis. || Machine à écraser le raisin. || Terme d’arti-ficier. Ustensile pour écraser la poudre et en faire dupulvérin.
— étym. Égruger.
ÉGREGER (é-gru-jé. Le g prend un e quand ilest suivi d’un o ou d’un o), u. a. Réduire en petitsgrains, écraser. Égruger du sel, du sucre; ce qui
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est différent de le pulvériser. || Terme d’agriculture.Détacher le chènevis du chanvre femelle.
— HIST. xvi* s. C’est le propre de ce que nousappelons ici et vers vous la cherve [le chanvre]d’estre egrugée entre des fers serrez et pointus,d’aub. Fœn. m, 16.
— étym. É pour es.... préfixe, et gruger.
j- ÉGRUGEURE (é-gru-ju-r’), s. f. Parties menuesd’un corps dur séparées par le frottement.
— étym. Égruger.
ÉGUEULÊ, ÉE (é-gheu-lé, lée), part, passé.|| 1° Une cruche égueulée. || 2“ Fig. et substantive-ment, un égueulé, une égueulée, personne qui estgrossière dans ses propos. Je m’avisai que j’avais ou-blié un grand bal où je devais mener la fille de laduchesse de la Ferté, qui ne me le pardonneraitpoint si j’y manquais, et qui était une égueuléesans aucun ménagement, st-sim. ( 8 , 2(8.
ÉGUEULEMENT (é-gheu-le-man), s. m. Altéra-tion faite par le boulet à la bouche des canons.
ÊGUEULER (é-gheu-lé), v. a. || 1“ Casser l’ouver-ture, l’entrée d’un vase de terre ou de verre, oul’embouchure d’un canon. Égueuler un bocal. Leboulet a égueulé cette pièce. || 2° S’égueuler, v.réfl. Être déformé à l’ouverture. Cette pièce de ca-non s’égueule. || Populairement. S’égueuler de crier,s’enrouer à force de crier. Mais les autres qui jouentles comédies ne s’égueulent point tant, d’ablancourt,Lucien, dans Leroux, Dict. com.
— HIST. xiii* s. Là s’assoreille [nettoie ses oreilles]et esgoele [nettoie sa gueule], Fabliaux, 1 .1, p. i4i.
— ÉTYM . É pour es.... préfixe, et gueule.
+ ÉGUILLE (é-ghi-11’), s. f. Voy. équille.
f ÉGYPTIAC (é-ji-psi-ak), adj. m. Terme de phar-macie. Onguent égyptiac, préparation pharmaceu-tique composée de miel,de vinaigre et de vert-de-gris.
— hist. xvi* s. Il faut consommer entièrement lekystis avec égyptiac, poudre de mercure et sem-blables, paré, v, (8.
f ÉGYPTIAQUES (é-ji-psi-a-k’), î. f. plur. Titrede l’histoire d’Égypte de Manéthon .
— ÉTYM . Alyurmccxà, les choses de l’Egypte , dealyûimo{, Égyptien.
ÉGYPTIEN, IENNE (é-ji-psi-ïn,psi-è-n’), s. m. et f.|| 1“ Nom du peuple célèbre qui bâtit les pyramideset dont les monuments sont les plus anciens detouto la terre. || Adj. L’architecture égyptienne .|| 2° Sorte de vagabonds qu’on appelle aussi bohé-miens (voy. ce mot), età qui, entre autres origines,on a attribué l’Égypte . La destinée a voulu queje me trouvasse parmi une bande de ces personnesqu’on appelle Égyptiens , et qui, rôdant de provinceen province, se mêlent de dire la bonne fortune etquelquefois de beaucoup d’autres choses, mol. Sca-pin, m, 3. || S. f. Egyptienne, ancienne étoffe delaine.
— hist. xvi* s. Belitresses qu’on appelle égyp-tiennes, Nuits de Straparole, t. u, p. 247, danslacurne. L’egyptienne dict la bonne fortune à au-truy, et la malheureuse ne cognoist la sienne, le-roux de lincy, Prov. 1 .1, p. 286.
— ÉTYM . Alyénrio;, de Alyunro;, Égypte ; angl.gypsei.
EH! (é), inter j. |] 1° Exprime la douleur, la sur-prise, l’admiration. Eh! qui aurait pu écrire cela?Eh! qui n’a pas pleuré quelque perte cruelle? de-lille , Én. 1. || Eh redoublé s’emploie quelquefoispour faire entendre ce qu’on ne veut pas dire. Avez-vous des auteurs dans cette ville-ci? — Oui, mon-sieur.— Bons?—Eh, eh.... — J’entends; couci,couci, boursault, Fables d'Ésope , v, 4 . Il 2 “ Eh bien!loc. interj. et surtout inlerrog. Elle sert souvent àdonner de la force à l’expression. Eh bien, Antio-chus, vous dois-je la couronne? corn. Rodog. iv,3. Figeac : Eh bien? — Je te croyais du cœur, ponsde verdun. || Terme de chasse. Exclamation em-ployée pour égayer le limier. || 3“ Eh donc! excla-mation familière aux Gascons, mais reçue partoutpour exciter, pour encourager, pour marquer la ré-solution. — Eh doncl que fais-tu de toutes ces qua-lités, bélitre ? picard, le Cousin de tout le monde,sc. (. Mais de sa canne enfin il te bourrait, Et tugagnas, sans mot dire, la porte. — Eh doncl moncher, quand j’agis de la sorte, Je croyais bien quele fat me suivait, pons de verdun, les Excuses.
— REM. Les grammairiens ont essayé de distin-guer hé et eh ; mais leurs distinctions sont fort ar-bitraires. Il n’y a pas de différence dans la pronon-ciation; et, quant à l’orthographe, comme elle n’estfondée sur rien du tout, chacun écrit à sa fantaisieeh ou hé.
ÉLIANCUË, ÉE (é-an-ché, chée), adj. Termo de manège. Cheval éhanché, cheval dont une deshanches est, par quelque grand effort, descendueplus bas que celle de l’autre côté.
— HIST. xvi" s. Eshanché, oudin.
— ÉTYM . É pour es.... préfixe, et hanche.
ÉIIERBER (é-èr-bé), v. a. Synonyme de sarcler,ôter les herbes qui poussent là où elles ne doiventpas pousser. Éherber une allée.
— ÊTYM . É pour es.... préfixe, et herbe.
ÉIIONTÉ, ÉE (é-on-té, tée ; Chifflet, Gramm.p. 231 , dit qu’on aspirait l’h), adj. Qui est sanshonte. C’est un homme éhonté. || Substantivement.Un éhonté. Une éhontée.
— rem. 1. Voltaire a écrit ès-honté; Ce Dieu très-ès-honté ne se dérangea pas, Dimanche. || 2. L’A-cadémie, dans son édition de <762, écrit éhonté etdit le mot vieilli. Il s’est rajeuni.
— HIST. xiv* s. Et celui qui deffaut en ce et quide rien n’a vergonde, il est appellé invergondeuxou eshonté, oresme, Elh. 60 . || xvi* s. Ceste fablede Jupiter et Juno, eshontéo au delà de toute souf-france, mont, m, 331. Si vous arguez publiquementet devant tout le monde un homme, sans l’espargnerne luy rien celer, vous le rendrez à la fin eshonté,amyot, Comment dise, le fiait, de l’ami, 56.
— ÉTYM . É pour es.... préfixe, et honte.
ÉIIOUPÉ, ÉE ( é-ou-pé, pée ), part, passé. Unarbre éhoupé.
ÉHOUPER (é-ou-pé), f. a. Terme d’eaux el fo-rêts. Couper la cime et les houppes d’un arbre. || Sé-parer les têtes du trèfie de leur tige.
— REM. L’Académie écrit éhouper avec un seul p;et pourtant elle écrit houppe avec deux p; ce quicomplique inutilement l’orthographe. Il faudraitsupprimer partout une de ces lettres doubles quine se prononcent pas.
— étym. É pour es.... préfixe, et houppe.
f EIDER (è-dêr), s. m. Espèce de canard du nordde l’Europe qui fournit l’édredon.
— êtym. Allem. Eider.
f EIN (in), s. m. Terme de pêche. Corruption dehaim (voy. ce mot).
| EISSAUGUE (è-sô-gh’), s. f. Terme de pêche.Sorte de filet qui ressemble beaucoup à la seine.
ÉJACULATEUR (é-ja-ku-la-teur), adj.m. Termed’anatomie. Qui contribue à l’éjaculation. Muscleséjaculateurs.
— HIST. xvi* s. Signe qu’ils ont dans la vue quel-que vertu ejaculatrice [capable d’agir à distance],mont. 1 , ( oi.
— étym. Éjaculer.
ÉJACULATION (é-ja-ku-la-sion), s. f. || 1“ Actionpar laquelle certains animaux lancent une matièreliquide. || Par extension. Le pauvre marchand le fé-licitait le mieux qu’il pouvait de sa copieuse éjacu-lation d’urine, scarr. Rom. com. ch. 0 . || Terme dephysiologie. Émission du sperme. || 2° Ancien termede physique. L’émission de la lumière. Éjaculationdes corpuscules lumineux. || 3° Terme de la vie dé-vote. Nom donné à certaines prières courtes et fer-ventes, qui se prononcent à quelque occasion pas-sagère, comme si elles se jetaient vers le ciel.
ÉJACULÉ, ÉE (é-ja-ku-lé, lée), part passé.
ÉJACULER (é-ja-ku-lé). || 1“ V. a. Lancer hors dosoi avec force un liquide. || 2° V. n. Terme de phy-siologie. Émettre le sperme.
— ÉTYM . Lat. ejaculari, lancer comme un javelot,de e, et jaculum, javelot, de jacére, jeter (voy.jet).
f ÉJAMBER (é-jan-bé), u. a. Enlever la côte lon-gitudinale d’une feuille de tabac.
— ÊTYM . É pour es.... préfixe, et jambe.
f ÉJARRAGE (é-ja-ra-j’), s. m. Action d’éjarrer.
— êtym. Éjarrer.
| ÉJARRER (é-ja-ré), v. a. Ôter le jarre, prépa-ration qui est particulière à certaines peaux de pho-que et aux peaux de castor dont elle augmente beau-coup la valeur.|| Peaux éjarrées, celles dont le reversa été écharné jusqu’à la plante du jarre.
— étym. É pour es.... préfixe, et jarre.
f ÉJECTION (é-jè-ksion), s. f. Terme didactique.Action d’expulser hors du corps. La respiration faci-lite l’éjection des excréments en pressant les intes-tins, boss. Connaiss.u, 11 . || Les matières expul-sées. Des éjections abondantes.
— ÉTYM . Lat. ejectionem, de ejectum, supin deejicere, jeter hors, de e, et jacére, jeter (voy. jet).
f ÉJOINTER (é-join-té), v. a. Terme de faucon-nerie. Ëjointer un oiseau, lui rogner une aile pourqu’il ne puisse plus voler.
— êtym. É pour es.... préfixe, et joint, joinfhre.