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lui de Platon ? roll. Traité des Ét. ni, 3. || 9” Quia reçu éducation, instruction. Élevé au collège.Enfant élevé sous les yeux de son père. Des âmes,élevées comme vous dans l’innocence et dans le se-cret d’un saint asile, mass. Prof, relig. Serm. i. Elevéloin des cours et nourri dans les bois, volt. Mé-tope, iv, 2. || Élevé à, habitué par l’éducation à.Nos pères élevés â respecter ce nom nous avaientélevés au même respect, mass. Or. fun. Villars.|| Un enfant bien élevé, mal élevé, enfant qui areçu une bonne, une mauvaise éducation. Il ne s’estjamais vu fille mieux élevée, Jeunesse si docile etsi bien cultivée, boursault, Fabl . d’Ésope , m, < •|| Personne bien, mal élevée, personne dont lesmanières sont bonnes, sont grossières. Dans cesgrandes armées composées d’honnètes stipendiâmesbien élevés, qui décident du destin des États, volt.Candide, 4. || Substantivement et familièrement.C’est un mal élevé. || 10° S. m. Terme de danse.Action d’étendre les genoux après les avoir pliés.
f ÉLÈVEMENT (é-lè-ve-man), s. m. || 1° Actiond’élever. Élèvement des mains.|| 2” Action de monteraux dignités, aux hautes positions. L’ambition con-siste à désirer l’élèvement pour l’élèvement et l’hon-neur pour l’honneur, pasc. Prov. Réponse à lalettre 4 2 .
— RF.M. Ce mot, ancien et bien autorisé, mérited’être remis en usage; il ne pourrait toujours êtreremplacé par élévation. Ainsi l’êlèvement des mainsvaut bien mieux que l’élévation des mains.
— hist. xii° s. Merveillus li eslevement de lamer, Liber psalm. f° 138. L’eslevement de mesmains, ib. p. 219 . || xvi* s. La guerre estoit leurmere nourrice et leur eslevement, lanoue, 708. Lavigne, estant mal choisie, ne peut apporter quedesdain, voiant perdre la despense emploiée i soneslevement [élevage], o. PE serres, <52. L’esleve-ment des veaux, id. 279.
— ÉTYM . Élever ; provenç. eslevament, eleva-ment; espagn. elevamiento; ital. elevamento.
ÉLEVER (é-le-vé. La syllabe le prend un accentgrave quand la syllabe qui suit est muette : j’élè-verai), v. a. Il 1° Faire monter plus haut, porterplus haut. Élever un mur d’un mètre. Ce tableau esttrop bas, il faut l’élever. Élever des eaux par lemoyen d’une pompe. X ces paroles, la mère, éle-vant vers le ciel ses mains tremblantes, M"* legenlis, Veillées du chit. t. h, p. 388 , dans pou-gens. |j Le soleil élève les vapeurs, il les attire horsde la terre ou de la mer et les fait monter. || Termede marine. Élever un bâtiment, se rapprocher delui; locution qui vient de ce que, sur mer, à me-sure qu’in s’approche d’un objet, il s’élève sensi-blement sur l’horizon. || Fig. Pour t’élever de terre,homme, il te faut deux ailes, La pureté du coeuret la simplicité, corn. Irnit. il, 4. Le coup à l’unet l’autre en sera précieux, Puisqu’il t’assure enterre en m’élevant aux cieux, id. Polyeucte, v, 4.C’est à toi d’élever tes sentiments aux miens, id.llor. iv, 7. Pendant que la nature nous tient si bas,que peut la foi tune pour nous élever? boss. Duch.d'Orl . Pour vous élever au comble de la joie, rac.Théb. i, 3. Une chute si belle élève sa vertu, id.Alex. îv, 2 . 11 semble que le ciel T’élève en ce mo-ment au-dessus d’un mortel, volt, if érope, iv,4 . Le projet d'élever les établissements danoisdans l’Inde à plus de prospérité qu’ils n’en avaienteu, a occupé ensuite les esprits, raynal, Hist.phil. v,- 4 . || 2“ Porter quelqu’un à un haut rang.Louis XIV éleva Colbert au ministère. Ses servicesl’ont élevé au plus haut rang. Conte-moi tes ver-tus, conte-moi tes hauts faits, Et tout ce qui t’é-lève au-dessus du vulgaire.... Ma faveur fait tagloire et ton pouvoir en vient, Elle seule t’élève etseule te soutient, coRN.Cinno, v, <. Telle fut la reinedans tout le cours de sa vie ; Dieu l’avait élevée sur letrône, afin qu’elle honorât sa religion, fléch. Harie-Thér. Dans l’espoir d’élever Bérénice à l’empire, rac.llérén. h, t. Nul n’éleva si haut la grandeur otto mane , id. Baj. i, <. Ai-je donc élevé si haut votrefortune Pour mettre une barrière entre mon fils etmoi? id. Brit. i, 2 . Ils ne pensent point à établirou à élever leur famille : ils sont populaires, sim-ples, modestes, sans faste.... rollin, Traité des Ét.2 * part. ch. i, art. 2 . || 3° Exalter, vanter, préco-niser. On ne l’entend jamais De ce charmant hérosélever les hauts faits, tu. corn. Ariane, u, 4 . A lafin tous ces jeux que l’athéisme élève, boil. Art p.II. || Élever quelqu’un jusqu’aux nues, le vanter àl’excès. Les combats d’Ulysse et sa sagesse furentélevés jusqu’aux cieux, fén. Tél. 1. 1 | 4° Inspirerdes sentiments élevés. Si, après avoir oui un en-droit [d’un ouvrage] plusieurs fois, nous ne sentons
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point qu’il nous élève l’âme, boil. Long. ch. v. Cequi élève l’esprit devrait toujours aussi éleverl’âme, fonten. Chaxelles. En même temps ma mères’appliquait à m’élever le courage, st-sim. 4, 20.Du peuple cette fable éleva le courage, saurin,Spartac. iv, 3. Tant de générosité, loin de m’hu-milier, m’élevait au-dessus de moi-même, M”* degenlis, Veillées du chdt. t. i, p. 346. Des inté-rêts étrangers et ruineux pour leur patrie élève-ront-ils leur âme avilie et corrompue? raynal,Hist. phil. v, 34. Que la vertu m’élève à cet effort,De remplir mes serments, de détromper Montfort,delavigne, Vlp. sicil . i, 4. || Élever ses pensées versDieu , faire Dieu l’objet de ses pensées. Élever soncoeur vers Dieu , faire Dieu le but de ses sentiments.|| Absolument, dans le même sens, élevez voscoeurs. || 5° Élever son style, prendre un tonplus soutenu. || 6° Augmenter. Élever le prix desdenrées, le taux de l’intérêt, la valeur d’une mon-naie. || Élever la température, rendre plus chaud.|| Terme de mathématique. Élever un nombre aucarré, au cube, à une puissance quelconque, lemultiplier par lui-même autant de fois que l’in-dique l’exposant. || 7° Élever la voix, parler haut.Plus haut que les acteurs élevant ses paroles, mol.Fdch. i, 4. || Prendre un ton de menace ou de su-périorité. Dans la discussion , il éleva la voix.|| Élever la voix en faveur de quelqu’un, prendrehautement sa défense. || Terme de musique. Éleverle ton d’un morceau, transposer un morceau afinqu’il soit exécuté sur un ton plus haut que celui oùil avait été composé. ||8° Ériger, bâtir. Élever unepyramide. Une statue fut élevée à ce grand homme.Le tombeau qu’à sa cendre ont élevé mes soins, rac.
Andr. m, 8.Allez et faites promptement Élever
de sa mort le honteux instrument, id. Esth. ii, 4.Cet édifice [Saint-Cyr], superbe par l’étendue desbâtiments, fut élevé en moins d’une année, et enétat de recevoir deux cent cinquante demoiselles,trente-six dames pour les gouverner, m“* de caylus,Souvenirs, p. 498, danspouGENS. Ils élevèrent desstatues à Brutus et à Cassius près de celles d’Har-modius et d’Aristogiton, anciens libérateurs d’A thènes , rollin, Hist. anc. Œuvres, t. ix, p. 283,dans pougens. Auprès d’André Chénier avant que dedescendre, J’élèverai sa tombe où manquera sacendre. Mais où vivront du moins et son doux sou-venir Et sa muse et ses vers dictés pour l’avenir,M. jos. ciién. || Fig. Souvent, au lieu d’attaquer defront des préjugés dangereux, il vaut mieux éleverà côté d’eux les vérités dont la fausseté de cesopinions est une conséquence facile à déduire, Con-dorcet, d’Alembert. || Élever autel contre autel,faire un schisme, entrer en rivalité avec quelqu’un.|| Terme de géométrie. Élever une perpendiculairesur une ligne, sur un plan, la tracer à partir decette ligne ou de ce plan, tandis qu’on abaisse uneperpendiculaire quand elle part d’un point extérieurpour aboutir à la ligne ou au plan. || 9° Établir, fon-der, par comparaison avec une construction qu’onélève. Élever sa fortune. Élever des systèmes. J’aivu sur ma ruine élever l’injustice, rac. Brit. iii,7 . Sur ces débris du monde élevons l’Arabie, volt.Fan. il, 6 . || 10° Mettre en avant, susciter. Éleverune chicane. Élever des doutes. Élever une dis-pute, une contestation. De là vient l’injustice de lafraude qui élève sa prétendue justice contre la force,pasc. dans cousin. Garde-toi d’élever un coupablesoupçon, raynouard, États de Blois , i, 5. || Termede pratique. Faire naître, susciter. Élever un incident,une prétention, une fin de non-recevoir. || 11° Faireentendre. Élever un cri. La foule éleva de grands cris.11 éleva une plainte. Qui de nous vers le ciel n’élèvepas des cris Pour les jours d’un époux, ou d’un père,ou d’un fils? volt. Orph. i, 4. || 12° Allaiter, nour-rir, entretenir un enfant. C’est le devoir d’unemère tendre d’élever elle-même son enfant. On m’é-levait alors solitaire et cachée, rac. Esth. i, t. Ilsentait avec une vive reconnaissance que la com-passion l’avait élevé et nourri dès son enfance, rol-lin, Traité des Ét. 2 ° part. ch. i, art. 2 . Vous, sei-gneur !... ce sérail éleva votre enfance? volt. Zaïre ,ii, s. || Il se dit aussi des animaux et des plantes.Élever des serins. Élever des pêchers. Il m’est,disait-elle, facile D'élever des poulets autour de mamaison, la font. Fabl . vii, 40 . || 13» instruire, dé-velopper, donner do l’éducation. Ce jeune hommefut très-bien élevé. Songe avec quel amour j’élevaita jeunesse. — Il éleva la vôtre avec même tendresse,corn. Cinna, v, 2 . Elles élèvent bien leurs petitesfilles, sêv. 427. Combien de jeunes filles fit-elleélever dans des communautés de vierges chrétiennes!flécii. Marie-Thér. Il faut avoir étudié les enfants
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pour les bien élever, et, par conséquent, avoir faitplus d’une éducation, m”° de genlis, Adèle et Théod.t. u, lett. 47, p. 489 , dans pougens. Je n’ai quequinze ans; j’ai été mal élevée; plaignez-moi, etsoyez sûre que cette terrible leçon m’a corrigéepour la vie, id. Th. d’éduc. l’Intrigante, 11 , 8.|| Élever à, habituer à.... par l'éducation. Une per-sonne qui aurait pu être vertueuse si elle eût étéélevéeàla vertu, scarron, 7îom. com. 1 , 44. Ils élè-veront leurs enfants au travail, fén. Tél. nu. Touteleur attention est d’élever leurs enfants à la vertu,montesq. Lett. per s. 4 2. || 14° S’élever, v. ré/l. Allerde bas en haut. S’élever en l’air. Ce terrain s’élèveen amphithéâtre. Des lies s’élèvent du sein desflots. Et les Alpes de loin, s’élevant dans la nue, D’unlong amphithéâtre enferment les coteaux, volt.Ép. en. || Le temps s’élève, il commence à s’éclair-cir. Locution qui vient de ce que d’ordinaire, quandil fait beau, les nuages sont hauts. || Fig. Voilàcomment les opinions s’élèvent peu à peu jusqu’aucomble de la probabilité, pasc. l'rov. 43 . ||15° Sesoulever contre. Il est temps de s’élever contre detels désordres, pasc. Prov. 4 . Voilà des nouveautéscontre lesquelles on ne peut assez s’élever, boss.3° écrit. Ils s’élèvent contre le siège de saint Pierre,id. Avert. Tout semble s’élever contre mon injus-tice, rac. Phèd. v, 7. Verrons-nous contre toi lesméchants s’élever? id. Alhal. 11 , 9. Le peuple ensa faveur s’élève et s’attendrit, volt. Tancrède, v, 3.|| 16’ Accuser quelqu’un, porter témoignage contrelui. Son péché s’élèvera contre lui. Sa consciences’élève contre lui, fén. Tél. xviii. Je m’élèveraicontre eux au jour de ma colère, mass. Avant, Épi-phan. Ils s’élèveront contre vous, id. Avent, Juge-ment. Le sang de votre roi s’élève contre vous, volt.Œdipe, 1 , 3. Tes mânes irrités s’élèvent contrenous; Non jamais ton bourreau ne sera mon époux,bhifaut, Ninus II, iv, 42 . || Être porté en témoi-gnage. Des charges considéraDles s'élevaient contrel’accusé. || 17° Naître, surgir. Un grand destin com-mence, un grand destin s’achève, L’empire est prêtà choir et la France s’élève, corn. Attila, 1 , 2. Untumulte, dit-on, s’élève dans la place, id. Héracl.v, 2 . Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue,rac. Phèd. 1 , 3. Quelle effroyable voix dans monâme s’élève? volt. Fanat. iv, 4. || Le vent s’élève,il commence à souffler avec force. Voilà les feuillessans sève Qui tombent sur le gazon, Voilà le ventqui s’élève Et gémit dans le vallon, lamaht. Harm.11 , 4. || Impersonnellement. Il s’élève des opinionsnouvelles parmi les hommes. Il s’est élevé de grandesplaintes contre lui. Il s’éleva un vent violent. 11s’était élevé un orage pendant ce temps-là. Il s’élèveun grand bruit et mille cris confus, corn. Héracl.y, 7. Il ne s’élevait plus parmi eux aucun prophète,boss. Hist. 11, 5 . Il s’élève en la mienne [âine ] unesecrète joie, rac. Andr. 1 , 4 . Et que vous contractezde nouvelles dettes en même temps qu’il s’élève denouveaux malheureux sur cette terre, mass. Car.Aumône. Il s’élevait cependant un homme qui sem-blait devoir rassurer la fortune de la France , c’étaitle maréchal de Villars, volt. Louis XIV , 4 8.|| 18° Devenir plus aigu, en parlant des sons. Lediapason s’est élevé peu à peu dans le cours de cesderniers temps. || Devenir plus fort, en parlant dela voix. Sa voix s’éleva dans la contestation. || S’aug-menter. La température s’élevait très-rapidement.|| Aller jusqu’à, en parlant dénombrés, de quantité.Cette somme s’élève à tant. Le chiffre de la dépenses’éleva beaucoup au delà de ce qu’on avait voulu.|| 19° Se couvrir de boutons. X la moindre irritationsa peau s’élève partout. On dit dans le même sens,avec ellipse du pronom personnel: Un rien lui faitélever toute la peau. || 20° Être bâti, dressé. Cetteconstruction s’élève rapidement. Ce village s’estélevé sur l’emplacement d’une villa romaine. || Êtreétabli, fondé. Par ses soins se sont élevées des éco-les où la jeune noblesse des deux sexes est instruitedans les sciences utiles, dans les arts agréables,raynal. Hist. phil. v, 23 . || 21° Se porter, êtreporté dans un rang élevé. S’élever aux premièrescharges de l'État. Il est assez naturel aux hommesde vouloir s’élever aux lieux éminents pour étalerde loin, avec pompe, l’éclat d’une superbe grandeur,boss. Panég. St Fr, de Sales. Il n’y a au mondeque deux manières de s’élever, ou par sa propreindustrie, ou par-l’imbécillité des autres, lasruy. vi. || Fig. L’incrédule s’y élève insensible-ment sur les débris de votre culte, mass. Car. Mé-lange. || 22" S’enorgueillir. Celui qui s’élève seraabaissé. Je le perds, il suffit, ma fierté s’en élève,tristan, Mariane, i, 4 . Du même fond d’orgueildont on s’élève fièrement au-dessus de ses inférieurs,