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trouve dans de très-vieux textes; et, provisoirementdu moins, l’étymologie reste ignorée. Voici quel-ques rapprochements et conjectures : le piémontais a /i Ion , filou; mais rien ne le rattache au mot fran çais . Ménage dit que filou a signifié un petit bâtonà six pans marqué comme un dé à chaque face etservant à un certain jeu, et que, comme il était fa-cile de tricher à ce jeu, on appela filous ou filou-tiers ceux qui escroquaient en quelque lieu que cefilt; mais il ne donne aucun texte à l’appui de sondire. Diez met en avant l’ancien haut-allemandfilon, limer, dit que l’anglais file, lime, a été employépour dire un filou, et que la métaphore a pu se faire;il indique le français affiler, et en lorrain aiffilei,qui veut dire donner le fil et tromper. Enfin il si-gnale l’anglais fellow, compagnon, qui dans le midide l’Angleterre est un terme injurieux. Mais toutcela n’est que conjecture. Il en est de même pourl’anglais (o filch, filouter, et du latin feliculus, petitchat. Quant au grec çvmn; ou voleur,
or)X6o>, tromper, on ne sait pas comment ils auraientpu entrer dans le français au xvn* siècle sous laforme de filou. En définitive, il n'est pas impossibleque filou soit un terme populaire ou d’argot venudirectement de filer.
| FILOUTAGE (fi-lou-ta-j'), s. m. Habitude defilou; métier de filou. Il [Mazarin ] porta le filoutagedans le ministère, ce qui n’est jamais arrivé qu’àlui, hetz, n, 97. Le filoutage, le larcin, le vol, étantd’ordinaire le crime des pauvres, et les lois ayantété faites par les riches, ne croyez-vous pas que tousles gouvernements, qui sont entre les mains desriches, doivent commencer par essayer de détruirela mendicité, au lieu de guetter les occasions de lalivrer aux bourreaux? volt. Polit, et législ. Prix dela just. et de l’humanité, u.
FILOUTÉ, ËE (fi-lou-té, tée), part, passé. Unemontre filoutée à la sortie du spectacle. || Filouté aujeu par des aigrefins.
FILOUTER (fi-lou-té), v. a. || 1° Voler en filou. Ilm’a filouté ma bourse. || Absolument. S’il [le religieux]quitte son habit pour une cause honteuse, commepour aller filouter, pasc. Prov. 6. || 2“ Tromper au jeu.Il m’a filouté. Des coups de bâton qu’on te donna àAuxerre pour avoir filouté mille écus au fils de ce mar-chand de marée, dàncourt, la Désol. des joueuses,sc. 4 3. || Familièrement. Filouter quelqu’un de tant,le tromper de tant. Il Ta filouté de vingt francs.
— ètym. Filou ; bourguig. fillôtai.
FILOUTERIE (fi-lou-te-rie), s. f. Action, tour defilou. Il ne vit que de filouteries. La filouterie quej’y voulais employer m’attira un petit affront, j. j.bouss. Héloïse, v, 7.
f FILOUriER, 1ÈRE (fi-lou-tié, tiê-r’), adj. Defilou. Il faisait entrer dans la composition de sonmérite quelque bravoure un peu filoutière, scarr.lîom. com. ir, <9.
FILS (fi ■ I’s se lie : le fi-z aîné. Beaucoup degens ont pris depuis quelque temps l’habitude defaire entendre l’x quand le mot est isolé ou devantune consonne, un fiss’ ; c’est une très-mauvaiseprononciation), s. m. || 1” Un enfant mâle, par rap-port à son père ou à sa mère. Un bon fils. 11 a troisfils. Durand père et Durand fils. Et sous le nomd’un fils toute faute est légère, corn. Nicom. n, 2 .Judith veuve, qui était fille de Merari, fils d’idox,fils de Joseph, fils d’Ozias.... saci, Bible , Judith,yiii, 4. Ai-je donc élevé si haut votre fortune Pourmettre une barrière entre mon fils et moi ? rac.Brit. i, 2 . Ce n’est plus votre fils, c’est le maître dumonde, id. ib. Hélas! un fils n’a rien qui ne soit àson père, id. Athal. jv, 4. Scipion, le destructeur deCarthage , était propre fils du fameux Paul-Émilequi vainquit Persée, dernier roi de Macédoine, et parconséquent petit-fils de cet autre Paul-Émile qui futtué à la bataille de Cannes , rolun, Hist. anc. Œuvr .t. i, p. 586, dans pougens. || On dit, pour dési-gner une maison de commerce tenue par un pèreet son fils conjointement : un tel et fils, négociants.|| Fils au singulier ou au pluriel se construit sou-vent avec le nom du père sans préposition: le filsou les fils Guérin. Les quatre fils Aymon nom dequatre chevaliers, fils du duc Aymon, dans les ro-mans de Charlemagne ; c’étaient Renaud l’atné detous, Guidon le sauvage. Maugis et Richardetjonles représente souvent tous les quatre sur un seulcheval. Ils étaient à cheval comme les fils AymonCollin d’harleville, if. de Crac, sc. 46. || c’est unarchaïsme , alors que l’ancienne langue, ayant uncas pour le régime, marquait le rapport entre deux
substantifs par ce cas sans préposition. || Le Ills de Ila maison, le fils du maître de la maison. || Fils defamille, celui qui vit sous l’autorité de son père oude sa mère, ou sous l’autorité d’un tuteur. Il n’estpas prudent de prêter au fils de famille. Mon amantdans l’état où l’on voit très-souvent les fils defamille [sans argent], mol. Scapin, m, s. || Voy.aussi famille, pour un autre sens. || Fils de France,enfant mâle du roi de France . || Fils naturel, fils néhors du mariage. François Pizarre, le plus connude tous, était fils naturel d'un gentilhomme d’Es-tramadure, raynal, Uist . phil. vu, 4. || Autrefois,fils de maître, celui qui, étant fils de maître dansquelque art ou métier, avait, quant à la maîtrise,certains droits et privilèges. || Fig. Être fils démaître, avoir les mêmes talents que son père.|| Petit-fils, voy. petit. || Arrière-petit-fils, voy.ce mot à son rang. || Beau-fils, l’enfant mâled’un premier mariage, par rapport, dans un se-cond mariage, soit au mari, soit à la femme.|| Se dit aussi, abusivement, du gendre. || Il n’estfils de bonne mère qui.... il n’est aucun hommehonnête qui.... Il n’est fils de bonne mère qui nevoulût s’être conduit ainsi. D'un tel combat leprince est spectateur; Chacun y court; n’est filsde bonne mère Qui, pour le voir, ne quitte touteaffaire, la font. Belph . 11 n’est fils de bonne mèrequi n’abandonne tout pour être présenté, faire sarévérence, avec l’espoir fondé, si elle est agréée,d’emporter pied ou aile, comme on dit, du budget,p. l. cour. Letl . vin. || Il est fils de son père, ilressemble à son père tant pour le visage que pourles inclinations. || 2° Fils en Jésus-Christ, se dit desfidèles par rapport à leurs pères spirituels. || Particu-lièrement, fils en Jésus-Christ, terme dont se sert lepape en parlant du souverain de la France . Notre filsen Jésus-Christ, Louis quatorzième, roi de France .|| Le Fils aîné de l’Église, titre des rois de France (Fils prend ici une majuscule). || Terme de l’É-criture. Le fils de l’homme, Jésus-Christ. Il fautque le fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soitrejeté par les sénateurs, par les princes des prê-tres, saci, Bible , Êv. St Luc, ix, 22. Alors onverra le fils de l’homme venir sur une nuée avecune grande puissance et une grande majesté,bourdal. Myst. Pass. de Jésus-Christ, t. i, p. 229.|| Le fils de Dieu , Jésus-Christ. 11 a fallu qu’il[Jésus ] ait passé par les souffrances pour entreren sa gloire, et, quoiqu’il fût fils de Dieu , il a falluqu’il ait appris l'obéissance, pasc. Lelt. à Mme Pe-rler, 47 oct. 4651. || Fils de Dieu, chez les Hébreux,a aussi signifié homme de bien. Fils de Satan, filsde Bélial, méchant homme. || 3° Celui qu’on re-garde ou qu’on aime comme son fils. Vous retrou-verez en lui le fils que vous avez perdu. || Mon fils,manière amicale dont les personnes d’un certainâge ou d’un caractère vénérable adressent la paroleà un jeune homme ou à un homme qui n’est pasleur fils. Mon fils, lui dit-elle, ne dédaignez pas mesavis. Mon disciple, mon fils, Viens réparer mahonte, Chapelain décoiffé , sc. 3 (dans les Œuvresde boilbad). || Mon fils, n’est quelquefois qu’unterme d’amitié ou de prière. Mascarille : Je vousbaise les mains, je n’ai pas le loisir. — Lélie : Masca-rille, mon fils. — Mascarille : Point. — Lélie : Fais-moi ce plaisir, mol. l’Ét. n, 7. || Mon fils, dans lelangage familier, se dit quelquefois en parlantà soi-méme. Figaro : Allons, Figaro, vole à lafortune, mon fils, beaumarch. Barb. de Sév. 1 , 6.|| V. Hugo ( Légende des siècles , Bivar) a employé filsau sens de jeune homme, ou valet, comme on di-sait au moyen âge : Aucun sommet n’était trop hautpour votre taille, Et vous étiez un fils d’une tellefierté, Que les aigles volaient tous de votre côté.|| 4° Poétiquement. Les fils de Mars, les guer-riers. || Les fils de la victoire, les guerriers quela victoire favorise. Honneur au fils de la vic-toire 1 À la beauté rendons honneur! c. delav.Paria, ni, 7. || Les fils d’Apollon, les poètes.
Il Les fils de l’harmonie, les musiciens, et mêmeles poètes. || 6* Se dit aussi pour désigner sim-plement le sexe masculin, un enfant mâle, ungarçon. De ce mariage naquirent deux fils et unefille" || 6* Un beau fils, un jeune homme élégant etrecherché dans sa toilette. Il fait le beau fils. Là,là, n’en riez point ; autrefois, en mon temps, D’aussibeaux fils que vous étaient assez contents, Etcroyaient de leur peine avoir trop de salaire, Quandje quittais un peu mon dédain ordinaire, corn.Mélite, v. 7. Bien disant et beau fils, la font. Tabl.Le voilà, le beau fils, le mignon de couchette, mol.Sgan. o. Et quel est ce beau fils qpi cause tant deflamme? montfleliiy, le Mu,ri sans f. m, 7 . || 7“ Dans
sanslolitude,
le style élevé, celui qui est de tel ou tel pays. Le 3fils d’Albion, les Anglais . Mais moi fils du désert,moi fils de la nature, Qui dois tout à moi-même etrien à l'imposture, ducis, Othello, 11 , 7 . || Descen-dant, issu de telle ou telle race. Et tu pourras con-naître Qui de nous deux, perfide, est l’esclave ou lemaître.... Et si le fils des rois punit les assassins,volt. Mérope, v, 2 . Fils des rois et des dieux, monfils, il faut servir, id. ib. v, 4. || 8° Dans la mytholo-gie, les fils de la terre, les géants qui voulurent es-calader le ciel. || Fig. Un fils de la terre, un hommeobscur qui s’est élevé à un haut rang. Quoi donc . jel’aurai vu citoyen mercenaire, Du travail de ses mamnourrissant sa misère ; Et la guerre civile aura danses horreurs Mis ce fils de la terre au faîte des gran-deurs, volt. Agalhocle, 1 , 4. || S’emploie dans le stylobiblique avec un nom de qualité bonne ou mauvais®pour désigner celui qui possède cette qualité. N»de rébellion, rebelle. || 9° Fig. Fils de.... se dit decelui qui est produit par...., qui doit à—. Et cehomme inconnu, ce fils heureux du sort Condamneinsolemment ses maîtres à la mort, volt. Catihna,v, 4. || fl est fils de ses œuvres, se dit d'un hommequi ne doit qu’à lui-même la position à laquelle 1est arrivé. Mes fils, du sort jaloux bravant le longoutrage, Seront avec le temps les fils de leur cou-rage, m. j. CHÉN. Œdipe roi, v, 3. || 10" Fig- j 1 3 ®dit de ce qui est produit par. Le luxe est fils devanité. Ma main donne au papier, sans travail;étude, Des vers, fils de l’amour et de la sia. chên. Élég. XVI.
— hist. xp s. Enveions i les filz de nos mo'lle r
[femmes], Ch. de Bol. m. || xu* s. Mais onc [il] 11 °fil ne fille de sa franche moillier, Sax. iv. E ses 11 •est morz, Itois, p. 236. En cesjors se leva Mathalm!i fiz de Joan, fil de Simon, Machab. 1 , *• ® * .d’els desque en secle serrunt sur le tuen siégé,ber psalm. p. 208 . || xiu* s. Biaus très dous fils, jelle, comment osas penser....? Berte, m. Quant g 11seront grant, [je] ferai les marier, ib. xcvn. Cil roy ^Loeys ot de femme deus fius, Chr. de Bains, P- 'Tuit li enfant jusqu’au tiers nevoz sont a P e eZ „_ 6 ’et li autre sont apelé deçadant, Liv. de l ust -, j 'Et li fix du fil au fil mon fil [le fils du fils du filsmon fils] m’est el quart degré en avalant, beau •xiv, 4. || xiv s. Filz de lisce [fils de femme P“ Daque], du canoë, filius. || xv* s. Si n’estoit pas m 3bonne mere qui ne disoit de grans rnaulx et vinies d’icelui duc, monstrel. t. n, p. 4 24 , dans _curne. Guillaume dist au suppliant : Tu es unmauvais filz, qui vaut aultant selon la coustuniepays : tu es un très mauvais filz de putain, nu ca >filius. || xvi* s. Laides et laids, visages deiliqu. jFilles et fils [garçons] en la fleur de jeunesse,rot, 1 , 4 59. Non moins regardé, prisé et es * ICI r j 3tout le monde pour estre honeste et bien a PPque pour estre beau filz, amyot, Marcell- 2 . E slr ® r0de prestre [répéter ce qu’on dit], oudin, n ’a
amasseur fils gaspilleur, cotgrave, Diot. O u j 0qu’un seul fils le fait fol; qui n’a qu’un porc* jlfait gras, leroux de lincy, Prov. t. n, P- 3 ’• cSn'y a fils de bonne mere qui ne mette là son a
[à acheter des offices], pasquier, Lettres , 1. 1 , P- .
— étym. Bourguig. fi; picard, fieu, fin; P[“ . c,fils; catal. fill; espagn. hijo; portug . fi ll>o; L ienn eglio; du latin filius.i cause de la forme otnnrfelius, des étymologistes ont rattaché filins Ilare, teter, sanscrit dhê, teter. Dans Pancien. ^çais, fils ou fis ou fius, au nominatif singe 11 .®'.’. L sau régime singulier; fil, au nominatif p url .’ ' es tou fis, au régime pluriel. La forme actuelle g
le nominatif singulier de l’ancienne langue. j
+ FILTERIE (fil-ts-rie), s. {. Nom que P® 1 n .Lille toute fabrique où l'on retord le fil P ourdre au commerce.
— êtym. Fil.
t F1LT1EU, ÈRE (fil-tié, tiê-r’), s. m. -celui, celle qui retord le fil pour le vendismerce. ., n ira-
f FILTRAGE (fil-tra-j’), s. m. L’action, 1®^,tion de passer ou de faire passer une hqneuvers un filtre.
FILTRANT , ANTE ( fil-tran, tran-t ), te .
sert à filtrer. Fontaine filtrante. PierrePapier filtrant. industrie
t F1LTRATEUR (fil-tra-teur), s. m- 111 p u .
qui opère en grand la filtration des eaux p
syllabes), s./■. || icio. Opération qui consiste
, 1=) de fi uat J®Terme de chimie et de P 1 ^ à
a passer
liquide