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Tome troisième. I - P.
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DICTIONNAIRE

DE LA

LANGUE

FRANÇAISE.

o

1

IAM

IAT

I (i), s. m. || 1" La neuvième lettre de lalphabetet la troisième des voyelles. Un i. Deux i. La lettrei. Un ï tréma. Un î circonflexe. La voyelle i. Un ilong. Un i bref. Cétait, dans la nuit brune, Sur leclocher jauni, La lune, Comme un point sur un i,A. de musset , Bail, d la lune. || Droit comme un i,très-droit. Malgré son grand âge, cet hommeest encore droit comme un i. || Fig. Il nest bonquà mettre les points sur les i, cest un homme quine sattache quaux minuties dans les œuvres des-prit, et aussi qui na quune exactitude minutieuseet inutile. || Fig. fl faut avec cet homme mettre lespoints sur les i, cest-à-dire il exige une exactitudescrupuleuse, et aussi il importe de prendre avec luides précautions minutieuses. Le régent était im-portuné des entraves continuelles que le duc deNoailles mettait aux opérations de Law,et des pointssur les i quy mettait son ami le chancelier, st-sim.479, I9t. || Mettre les points sur les i, expliquer leschoses dans les détails les plus minutieux. On ditdune façon analogue : Mettre les points sur les i,sexpliquer de façon quil ny ait pas derreur pos-sible. || 2° Dans la logique scolastique, li était lesigne des propositions particulières et affirmativesentrant dans les syllogismes. || 3° I, dans les chif-fres romains, signifie un et sadditionne avec le3lettres numérales à la suite desquelles on lécrit ;mais, placé devant un nombre plus grand, il marqueun à retrancher : IV vaut quatre ; IX vaut neuf.Il 4° Sur les anciennes monnaies de France,I indiquequelles ont été frappées à Limoges .

Rem. 1. On met un point au-dessus de lf,excepté quand il est majuscule : Isaac, Italie . || 2. Onmet un tréma sur lï, pour indiquer que, dansla prononciation, il doit se séparer de la voyellequi précède : Achale, faïence, Moïse , ambiguïté.Il 3. Loisque, dans une syllabe, lf se joint à laconsonne qui le suit, sans ôtre précédé duneautre voyelle, il conserve sa prononciation n ilu-relle, à moins que la consonne avec laquelle ilse trouve joint ne soit une m ou une n ; il-lustre, irrégulier, issue. Mais dans impression, im-prudent, impassible, printemps, brin, fin, lin, etautres semblables, le son de lf se perd et il se formeune voyelle nasale dont le son ne peut être figuréet doit être perçu directement par loreille. Cepen-dant, si lm auquel i est joint se trouve redoublée,cette voyelle reprend sa prononciation naturelle,comme dans immédiat, immersion, immense, etc.tt en est de même lorsque ln qui se trouve après» est suivie dune voyelle ou dune h non aspirée,comme dans inaction, inattendu, inexorable, inouï,nusitè, inhabile, etc. ||4. I sunit avec a, e, u etJJ* .P 0l i r .mer des diphthongue3, comme dans :

ah, bataille, pied, premier, nuit, buis, oui, etc.

PICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE,

|| B. Il se joint souvent aux voyelles a, e et o pourreprésenter des sons très-différents du son qui luiest propre. Ainsi dans : faire, peine, ai et et se pro-noncent ê, è. || 6.1 au milieu dun mot est remplacépar y : i " dans les mots il se dédouble, commedans payer, lon entend-ier; 2° dans les motsdérivés du grec, il exprime lupsilon de cettelangue, comme dans hymen, martyr. || 7. La lettre fsélide dans la conjonction si avant le pronom mas-culin fi, ils, tant au singulier quau pluriel: Ilviendra sil veut; ils auront tort sils se fâchent.|| 8° Autrefois on admettait deux f, lf voyelle quiest notre f, et lf consonne qui est notre j. Cestavec toute raison quon a fait cesser cette confusion.

hist. xm* s. Après vous conterai de li; Ni ameillor lettre de li ; Plus est au mont [monde] lidelis cors [le plaisir court], Que de li nest petis licors, Senefiance de lABC, jubinal, t. h, p. 278.

étym. I latin, qui est li grec, lequel provientde lf, des alphabets sémitiques, de iod, la main.

ÏAMBE (i-an-b), s. m. || 1 Terme de versificationgrecque et de versification latine. Pied dont la pre-mière syllabe est brève et la seconde longue. Ce versn'est composé que dïambes. || 2° Vers dont le second,le quatrième et le sixième pied sont ordinaire-ment des ïambes. Les poètes grecs et les poètes latinsont employé les ïambes dans leurs drames. || Adj. Lepoète Archiloque, natif de Paros , inventeur desvers ïambes, vivait du temps de Candaule , roi deLydie, rollin, Hist. anc. Ùiuv. t. n, p. eo i, danspougens. || 3 Au plur. Dans la littérature française ,pièce de vers satirique dun caractère acerbe, com-posée dun alexandrin et dun octosyllabe, à rimescroisées, et dont le premier modèle se trouve dansles poésies dAndré Chénier ; il intitula ainsi cespièces, par allusion aux ïambes mordants du poèteArchiloque , dont lantiquité nous a transmis le sou-venir. Les ïambes dAndré Chénier . Lauteur acompris sous la dénomination générale dïambestoute satire dun sentiment amer et dun mouve-ment lyrique; cependant ce titre nappartient réel-lement quaux vers satiriques composés à linstarde ceux dAndré Chénier ; le mètre employé parce grand poète nest pas précisément l'ïambe desanciens, mais quelque chose qui en rappelle lal-lure franche et rapide : cest le vers de douze syl-labes, suivi dun vers de huit, avec croisementde rimes; cette combinaison nétait pas inconnue àla poésie française , lélégie sen était souvent ser-vie , mais en forme de stances ; cest ainsi queGilbert a exhalé ses dernières plaintes, barüieh,ïambes.

rem. LAcadémie met un tréma sur lf deïambe; mais ce tréma est tout à fait inutile pourla prononciation, seul objet quil pourrait avoir;

dautant plus que lAcadémie ne met point de trémaà ionique.

étym. Tap.60;, de*, lancer, frapper;iapêo; est proprement coup, jet, vers sat rique.

t ÏAMBÉLÉGIAQUE ( i-an---j i-a-kJ, adj. Termede métrique ancienne. Vers ïambélégiaque, vers quiest le renversement du vers élégiambique ; il estcomposé dun ïambique dimètre et du second hé-mistiche de Télégiaque.

étym. ïambe, et iUgiaqui.

ÏAèlBIQUE (i-an-bi-k), adj. || 1* Composé dïam-bes. Vers ïambique. || Substantivement. Un ïambi-que, un vers composé dïambes.

ÉTYM . "IatuSixà;, de ïagfio;, ïambe.

t ÏAMBOGRAPHE (i-an-bo-gra-f), s. m. Termo de littérature ancienne. Auteur dïambes.

ÉTYM . TapSoypixço;, de ïapêo;, ïambe, etypâse'.v, écrire.

f IANTHIN, INE (i-an-tin, ti-n), adj. Terme di-dactique. Qui est dun violet plus ou moins brillant.

ÉTYM . TavOivo?, de lov, violette.

f IATR...., IATRO...., entrent en des compo-sés avec le sens de médecin, médecine ; de larpo;,médecin, qui vient de iâop.ai, guérir.

f IATRALIPTE (i-a-tra-li-pt), s. m. Médecin quitraite ses malades par les onctions et les frictions.

rem. On trouve souvent dans les livres de mé-decine iatralepte ; mais cest une faute, la syllabogrecque ei se rendant dordinaire par f et non par e.

ÉTYM .IctTpè;, médecin,et àXeurnè?, celui q u i oin t.

f IATRALIPTIQUE (i-a-tra-li-pti-k), s. f. Partiede la médecine qui guérit par les frictions, les fomen-tations, les emplâtres et autres remèdes extérieurs.

ÉTYM . Voy. IATRALIPTE.

t 1ATRION (i-a-tri-on), s. m. Terme dantiquité.Local le médecin avait ses instruments et sesappareils, il pratiquait des opérations, pansaitdes plaies, réduisait des luxations et des fractureset donnait des consultations.

ÉTYM .larpeîov, de ixTpû:, médecin.

f IATRIQUE (i-a-tri-k), adj. Qui appartient àlart du médecin.

ÉTYM . 'IaTpixà;, de la-rcic, médecin.

f IATROCHIMIE (i-a-tro-chi-mie), s. f. Chimieappliquée à la médecine, chimie médicale.

ÉTYM .laxpo;, médecin, et chimie.

f IATROCH IM IQUE (i-a-tro-chi-mi-k), adj. Quiappartient à liatrochimie.

f IATROCHIMISTE (i-a-tro-chi-mi-st), s. m.Sectateur de liatrochimie.

f IATROMATIIÉMATICIEN (i-a-tro-ma--ma-ti-siin), s. m. Médecin qui, cherchant à expliquertous les phénomènes de léconomie par les principesde lhydraulique et de la mécanique, soumettaitces phénomènes aux calculs mathématiques. Ces

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