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Tome troisième. I - P.
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bourage, nature nous avoit munis à planté de toutce quil nous falloit, mont, ii, tes. Alors lichneu-mon munit son corps, lenduict et le crouste tout àlentour de limon, id. n, 164.

- êtym. Lat. munire, pourvoir, fortifier ; dunradical motn qui appartient à la langue de lancienneItalie : mœnia, muraille; osque, mninico, commun,public; apc. lat. municus, même sens; radical quise trouve aussi dans com-munis, commun. La ra-cine de mœnia, munera, munire, est le sanscrit mit,lier, Munire est le dénominatif de munus.

MUNITION (mu-ni-sien ; en vers, de quatre syl-labes), s. f. || 1° Au pluriel. Chose dont on munit.Munitions de guerre et de bouche. Elle abandonnepour avoir des armes et des munitions, non-seule-ment ses joyaux, mais.... boss. Reine dAnglel. || Fig.Des munitions de gueule, des provisions pour fairebonne chère. || Munitions damour, le fard, les mou-ches, les pommades, etc.Elle se coula dans un petit ca-binet, suivie de sa suivante morisque, qui lui apportatoutes ses munitions damour, scarron, Rom. com.dans le roux , Vict. com. || 2" Spécialement, poudreset projectiles. Les munitions commençaient à man-quer. || 3 Au sing. Pain de munition, le pain quelon distribue aux soldats pour leur nourriture.|| Fusil de munition, fusil de gros calibre, qui estlarme ordinaire des soldats dinfanterie.

HtST. xvi* s. Sensuit la façon de faire la muni-tion et composition de feu gregeois, Livre de cano-nerie, dans reinaud et favê, Du feu grégeois, p. 142.On luy pourra [au précepteur] joindre quelque hommede lettres qui à chasque besoing fournisse les mu-nitions [les instructions pour lélève] qu'il fauidra,mont. i, (74. Avec cette munition [de bons préceptes]il lenvoya [Alexandre] à subjuguer le monde à toutseulement 30000 hommes, id. i, ( 80 . Des gelées siaspres que le vin de la munition se coopoit à coupsde hache, id. i, 261. Ce livret contenoit lestât de lamonition dont il avoit fait faire provision pour laguerre, de bledz, darmes... amyot, C.d'Uliq. 77.Larmée navoit quun très petit équipage pour lesmunitions, lanoue, 627. Vingt mille pains de mu-nition, carl. vi, 22. Il avoit fait faire une muni-tion de pain pour dix jours, M. du Bellay, 618. Lesgorgias champions.... consommèrent leurs muni-tions à force de tirer aux moineaux, rab. iv, Prol.de l'aulheur.

êtym. Lat. munitionem, de munire, munir.Le peuple dit dordinaire amunition, amonilion,cest un archaïsme : amunition se trouve dansCarloix, iv, (4, et dans Paré, t. ut, p. 705.

MUNITIONNAIRE (mu-ni-sio--r), s. m. Celuiqui est chargé de fournir les munitions nécessairesà la subsistance des troupes. Les munitionnaires desplaces frontières et armées du roi, avec les huit vi-vandiers ordinaires vendant vin en gros à la suitede la cour, Arrêt de la Cour des aides, (4 oct. (6i6.Le meilleur moyen de pouvoir avoir toujours debonnes victuailles est détablir un munitionnairegénéral, Corresp. de Colbert, m, 4(3. Antipater quitta le service des Arabes pour celui des Romains;il devint leur munitionnaire et fit une grande for-tune dans les vivres, volt. Philos. Nouv. Test. Ilé -rode. On entendit ses cris de fureur [de Napoléon ]contre l'un des hommes chargés de cet approvision-nement [de Smolensk ] ; le munitionnaire nobtint lavie quen se traînant longtemps sur ses genoux auxpieds de Napoléon , sêgur, Ilist. de Nap. ix, ( 4.

HtST. xvi' s. Les petites villettes prises, on lesreservoit pour les munitionnaires, et menaçoit onles autres il ny avoit point de garnison, debrusler une lieue à la ronde delles, si elles nen-voyoyent quelques munitions, lanoue, 628.

ÊTYM . Munition.

1 MUNITIONNER (mu-ni-sio-), v. a. Pourvoirde munitions. Munitionner une place.

HtST. xvt* s. Trop exact et trop rude au gré dupays pour bien munitionner sa place, d'aub. Ilist.n, 373. Larmée espagnolle, artillée de 56 pièces debatterie, et munitionnée de 6ooo chariots, id. ib. ii,400.

f MUNSTÉRIF.N (mon-sté-riin), s. m. Sectateurde Jean de Leyde , chef des premiers anabaptistes,au xvi* siècle, ainsi dit parce que leur capitaleétait Munster.

t MUNYCIUON (mu-ni-kion), s. m. Dixième moisde lannée athénienne. Il correspondait à partiedavril et de mai.

MUPIITI (mu-ftij, g . m. Voy. mufti.

MUQUEUX, EUSÉ (mu-keû,keû-z),adj. || 1Tormedidactique . Anciennement, qui a le caractère dela mucosité, soit en parlant dun liquide, soit enparlant dun tissu, aussi bien chez les végétaux que

chez les animaux. Ligaments muqueux. Quand lasurabondance du suc muqueux distend fortementles vaisseaux des arbres, fourcroy, Cnnnaiss. chim.t. vii, p. 140, dans pougens. || Réseau muqueux,nom donné autrefois à la couche qui produit lacoloration de la peau. Vossius attribuait la couleurdes nègres à une maladie; Ruysch a mieux ren-contré en les disséquant, et en enlevant aveo uneadresse singulière le corps muqueux réticulaire quiest noir; et malgré cela il se trouve encore des phy-siciens qui croient les noirs originairement blancs,volt. Dict. phil. Anatomie. La membrane muqueuseest blanche chez nous, id. Mœurs, 4 44. || On ditmaintenant couche pigmentaire de la peau. || 2° Au-jourdhui, particulièrement, qui a ou qui produitde la mucosité animale. Glandes muqueuses,|| Membrane muqueuse, ou, substantivement, unemuqueuse, nom des membranes qui tapissent lescavités du corps humain ouvertes au dehors, et dontla surface libre est habituellement humectée dunfluide muqueux. || 3* Râle muqueux, voy. rAlb.|| 4 Fièvre muqueuse, fièvre mal définie et quiest tantôt une dothiénentérie légère, tantôt uneirritation des membranes muqueuses digestive etpulmonaire avec fièvre.

hist. xvi* s. Quelques fois, par une grandecontusion, la chair contuse devient mucqueuse etboursouflée, comme si on l'avoit enflée de vent,PARÉ, x, 6.

ÊTYM . Lat. mucosus , de mucus, morve,mucus.

MUR (mur), s. m. || 1 Ouvrage de maçonneriedressé et portant en terre sur des fondements, ousur un plancher artificiel. Un mur solide. Le mursécroula. Ainsi tel autrefois quon vit avec FaretCharbonner de ses vers les murs dun cabaret....boil. Art poét. i. Vous êtes en des lieux soumis àsa puissance [de Néron ] ; Ces murs mêmes, seigneur,peuvent avoir des yeux, rac. Prit, n, 6. Des mursde ce palais ouvrez-lui la barrière, id. Bajas. i, 2 .Et jusquau pied des murs que la mer vient laver,id. ib. v, ( (. Déjà leurs mains [des Cosaques] avidesde pillage sétendaient, quand tout à coup tous sontdétruits, écrasés, lancés dans les airs avec ces murs[du Kremlin ] quils venaient dépouiller, segur, Ilist.de Nap. ix, 6. || Ne laisser que les murs, se dit decelui qui emporte tout ce qui est dans une maison,

dans un appartement.La nuit passée, un nombre

de bandits Na laissé que les murs dans le prochainlogis, regnard, Fol. amour, i, 3. || Entre quatremurs, dans un logis non meublé. F.lle vit sous untoit entre quatre murs tout dépouillés, dider. Pèrede famille, i, 7. || Entre quatre murs, se dit aussipour en prison. On la mis entre quatre murs. || Fig.Être au pied dun mur sans échelle, manquer uneaffaire, une entreprise pour ne sêtre pas pourvu dece qui était nécessaire. || Fig. Mettre un homme aupied du mur, le forcer à prendre un parti, ou bienle réduire à ne pouvoir rien répondre. Ils sont aupied du mur par notre concert, boss. Lett. quiét.288. Le procureur général continuait ses difficultés,et, lorsquon croyait lavoir mis au pied du mur,il en inventait de nouvelles, st-sim. 280, 68. || Parplaisanterie, on dit quun mur crève de rire, pourexprimer quil est crevassé, ruineux. || Il vaudraitautant se battre la tête contre un mur, cest sedonner la tête contre un mur, cest donner de latête contre un mur, se dit pour exprimer quonsefforce inutilement. || Vous tirerez aussitôt, voustirerez plutôt de lhuile dun mur, se dit à celuiqui veut avoir de largent d'un avare, ou obtenirquelque chose dun homme dur. || Cet homme ti-rerait de lhuile dun mur, par son adresse et parson industrie il tirerait de l'argent, des secours,d les autres nen pourraient jamais tirer. || 2° Grosmur, un des principaux murs sur lesquels porte toutle bâtiment. || Mur de face, gros mur qui est à laface du bâtiment. || Mur latéral, celui qui formelun des côtés. || Mur de pignon, mur qui sélèvejusquau-dessous du toit, le supporte et en a laforme. || Mur de refend, voy. reeeno. || Mur de par-paing, mur formé de pierres qui en traversent lé-paisseur. || Mur de clôture, mur qui enferme lescours, les jardins, les parcs, etc. || Mur dappui,celui qui nest quà la hauteur dun mètre ou envi-ron. || Murs dun parc, dun jardin, les murs quienferment un parc, un jardin. || Mur de terrasse,mur qui retient les terres duno terrasse, duneplateforme, dun boulevard. || Mur de dossier, celuiqui sélève au-dessus dun toit et auquel sont ados-sés des tuyaux de cheminée. || Aile de mur, partiedun mur de dossier qui excède lemplacementquoccupent les tuyaux de cheminée, et qui a ordi-

nairement la forme dun trapèze. || Mur bouclé ousoufflé, celui dans lequel le parement est détachede la masse. || Mur en ailes, mur qui sert à arcbou-ter un mur do face ou un pignon. || Mur en P»' r >mur qui porte à faux. || Mur en décharge, mur dontle poids est allégé par des arcades. || Mur de douve,mur intérieur dun réservoir. || Mur planté, rouffondé sur pilotis ou sur une grille de charpente.|| Mur mitoyen, voy. mitoyen. || 3 Murs dune villo»ou, absolument, les murs, les murs qui entourentune ville. Il est doux de revoir les murs de la P atrie, corn. Sertor. m^ 2. Dans les murs, hors desmurs, tout parle de sa gloire, id. Ilor. v, 3. Et deJérusalem lherbe cache les murs! rac. Esth. L'Quelle gloire il acquit dans ces tristes combatsPerdus par les chrétiens sous les murs de Damasvolt. Faire, i, (. Que tous les protestants, àfois accablés, Dans les murs, hors des murs, soienten fouie immolés, m. j. cuén. Charles IX , tv, 6 -Diodore de Sicile rapporte que des écrivains P os *térieurs à Ctésias bornaient la hauteur de ces murs[de Babylone ] à cinquante coudées, et cest lopinion suivie par Strabon ; or cinquante coudées dugrand stade de Babylone vaudraient environ (3 mè-tres ou 71 rie nos pieds, Gosselin , Instit. Mèm . ]*scr. et belles-lett. t. vi, p. 127. || 4* Murs , au pluriel,se dit quelquefois pour ville. Depuis combien, detemps êtes-vous dans nos murs? Du fleuve au'* 1dompté [le Rhin ] la déroute éclatante A Wurtsjusquen son camp va porter lépouvante; Wurts.l'espoir du pays et lappui de ses murs, boil. Ep- 1VlAttaquons dans leurs murs ces conquérants si ü ers >rac. Mithr. ni, 4. || B"Se ditdediverses murailles con-struites pour arrêter des invasions. Le mur dAdrien,de Sévère. Après trois jours de marche, on arrivaau mur de la Médie, qui a cent pieds de haut, vinfîde large, et vingt lieuesdétendue, rollin, Ilist. a,iC 'Œuvr. t. iv, p. 179, dans pougens. || 6* Fig- Défense,protection. Je vais citer un prince aimé de la vm-toire; Son nom seul est un mur à lempire otto-man [contre lempire ottoman], la font. Fabl . s, 1

Sparte avait subsisté longtemps, sans avoir dautre

murs ni dautre défense que le courage de ses et-toyens, rollin, Ilist. anc. Œuvr . t. vm, P- 45 ]dans pougens. || On sen sert quelquefois pour ex-primer que des soldats supportent le feu commeferait une muraille. Ces hommes- sont des mn ril ||| Un mur dairain, une défense dont rien ne p el \triompher. Cet homme que Dieu avait mis auto

/VTeroSl Mtnm# un mur d'airain rm sfl brisèl®

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tant de fois toutes les forces de lAsie , flécHrenne. j| 7° Fig. Mur de séparation, mur d'airain.

dit des causes qui séparent deux personnes.

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un mur d'airain entre ces deux hommes. II ( ,?, U :.Christ] a détruit ce mur de séparation qui 1®'®gnait de lhomme, mass. Carême, Temples . 0 ^passion |Je goût des voluptés] seule éleva un murséparation entre Dieu et le pécheur, id. C*ar * ]1 *Prod. || 8 Dans les mines, mur se dit de la P a ® jinférieure, par opposition à la partie supérieure <1^se nomme le toit. j| 9 Terme descrime. Tir er , umur, pousser de tierce ou de quarte à quelqnqui ne fait que parer. Parer au mur, parer les c0 Ide celui qui tire au mur. || 10° Grand mur, se j 0à la paume, du mur contre lequel il ny a p» s sfltoit.|J 11° Terme de manège. Gratter le m ur {dit dun écolier qui sapproche trop du ®

|| 12° Morts murs , parois dun lourde fusion. Ilverbialement. Les murs ont des oreilles, cest-»'quand on sentretient de quelque choso de se ° ^il faut parler avec beaucoup de circonspection,peur dêtre écouté. |in t

SYN. mur, muraille. Muraille, représen^le pluriel neutre latin muralia, impliquebellement une idée collective, ou, ce qui en deune idée de grandeur et détendue, et se dist 0 b _par de mur qui nindique quun mur en P ;ir flUlier, ou en général un mur quelconque, grainpetit. _ , é i à

hist. xi° s. Mur ne citet ni est remès l r< r0 .

freindre, Ch.de llol. 1 . ||xn° s. Et li mur se 1 . 4

chent [sécroulent], Sax. ix. Ne mur tant ûU *la terre nenfreigne, Roncù. v,p. si. || xin ° s - v f j|un arbrissel, delez un petit mur, Perte, *> cry avoit Irais paires de murs sés [secs] a 1 veD ijjoinv. 273 . || xvi* s. Il luy faudrait un mur [ 00 ^ou un mari, oudin, Curios. (rang. S 0 V0J

pied du mur sans eschelle, cotorave. n]i c t

ÊTYM . Wallon, meur; provenç. m ^ r m U iUs;mura, s. f. ; esp. et port, muro; du lat.

anc. lat. moirus. . , a rri v0

MÛR, CRE (mûr,-r), adj. || 1° O 01 jéireau point de se détacher spontanément