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fable de la Fontaine, il s’agit de raisins. Cette délica-tesse [du maréchal d’Huxelles] ne fut que pour Mon-seigneur, et puur tâcher de se faire valoir: le renardies mûres, si on ne songeait point à lui ; se faireprier, si on y pensait, st-sim. 260, 228. || 2° Mûresauvage, mûre de haie, le fruit de diverses espè-ces de ronces. || Fig. Aller aux mûres sans crochet,entreprendre quelque chose sans s’être pourvude ce qu’il faut pour réussir. || Les ronces mêmesqui portent cette mûre. Sentiers Creusés sur lescoteaux par les bœufs du village, Tout voilésd’aubépine et de mûre sauvage, lamart. Joc.IV, <37.
— REM. On ne voit pas pourquoi l’Académie metun accent circonflexe à mûre. Le mot n’est point con-tracté, puisqu’il vient du latin morum; dans l’an-cienne langue, il s’écrit, il est vrai, meure ; mais ilest de deux syllabes, et non do trois.
— II1ST. xii* s. Feme a la loi d’enfant quipleure; Ce qu'avoir puet [peut], n’aime une meure,sautier d’arras , Ille et Galeron. || xm* s. Lors selieve sanz atendue, Queut [ramasse] des pierresplain son giron, Si en aroché le boisson [buisson],Qu’il voloit les meures abattre, lien. 24870. Aussin’ot des meures renars; Quant failli ot de toutespars, Et il vit nule n’en auroit, Donc dist que curen’en avoit, Bl. et Jeh. 4486. Encor viendra tout àtens l’heure, Que li maufé [les diables], noircomme meure, Les tendront [tiendront] en lor des-ciplines, ruteb. 409. || xvi* s. Et de se présenter aupape sans latin, c’estoit aller aux mures sans cro-chet, desper. Contes, vii.
— étym. Génev. meure; Berry, meûse, meûre,molle, mise; wallon, meule; namur . meûre; Ilainaut,meure, meurte, maure; prov. et esp. mora; port.amora; ital. mora; du lat. mora; grec, popov oupüpov.
MURÉ, ÉE (mu-ré, rée), port, passé de murer.|| 1" Entouré de murs. Chambre murée, étroiteplace, Quelque peu d’air pour toute grâce [prison deFouquet à Amboise ], la font. Lelt. à sa femme,b sept. 1C63. On sait que ce n’est que sous Henril’Oiseleur, vers l’an 920, que la Germanie eut desvilles murées et fortifiées, volt. Moeurs, introd. pre-miers peuples. || Fig. La vie privée doit être murée,c’cst-à-dire on ne doit pas livrer à la publicité cequi se passe dans la vie privée d’une personne.|| 2° Se dit de religieux enfermés dans un couvent.|| 3° Bouché par un mur. Une porte murée.
f MUREAU (mu-rô), s. m. Maçonnerie de latuyère d’un fourneau de forges.
— BIST, xni* s. Bien pert [paraît] as granz mu-reax Les paines, les travax Qu’oreut li ancien, Prov.du vilain, Ms. de St-Germ. f" 74, dans lacuhne.
— étym. Dérivé de mur.
MÛREMENT (mu-re-man), adv. Avec beaucoupde réflexion. Madame, encore un coup, pensez-ymûrement, corn. Nicom. ni, 2. J’ai pesé mûrementtoutes choses, mol. Tart. n, 2. Quand on a délibérémûrement sur une affaire, quel qu’en soit le suc-cès, on n’a rien à se reprocher, rollin, llist. ane.Œuv. t. ni, p. 4 76, dans pougens.
— HIST. xiv* s. L’on doit conseiller meurementetlonguement, oresme, Eth. 182 .
— étym. Mûre, et le suffixe ment.
MURÈNE (mu-rè-n’), s. f. Genre de poissons dela division des apodes, dans lequel on distingue :la murène hélène, ou murène des anciens, ap-pelée encore ainsi dans une partie de l’Europe ;c’est la murène commune de certains auteurs, et lamurène flûte de l’Encyclopédie , Legoarant. Ce Lu-cius Crassus cité par Plutarque et Macrobe pouvait-il douter que cette murène dont il avait fait sa fa-vorite.... ne l’entendît point, lorsqu’il la voyaitaccourir sur le bord de la piscine toutes les foisqu’il l’appelait? ameilhon, Instit. Mém. litt. etbeaux-arts, t. v, p. 379. Je fais jeter par jour unesclave aux murènes, v. hugo, Odes , iv, s. || La mu-rène anguille, dite vulgairement anguille, qui setrouve dans les eaux douces et dans les eaux salées.
— MST. xiii* s. Moreine est apelée por ce que elese ploie en mains cercles; de quoi li pescheordientque toutes moreines sont femeles, et que ele con-çoit de serpent, bri n, latini, Trésor, p. 484.
— ÉTYM . Lat. mursena; grec, pOpatva, apupotiva;comparez piu;, anguille de mer.
f MURÉNOPHis (mu-ré-no-fis’J, s. m. Genre depoissons, de la division des apodes, dans lequel ondistingue le murénophis unicolor, appelé murènodans les îles Baléares .
— ÉTYM . Murène, et épiç, serpent.
4. MURER (mu-ré), v. a. || l« Entourer de murs.Murer une ville. |l 2” Boucher par un mur. Murer
MUR
une fenêtre. Pour passer les nuits d’été dans le jar-din du Luxembourg , avec une liberté qui avait plusbesoin de complices que de témoins, elle [une filledu régent] en fit murer toutes les portes, à l’excep-tion de la principale, dont l’entrée se fermait ous’ouvrait suivant les occasions, duclos, Œuv. t. v,p. 240. || Fig. L’inclination rend le vice aimable, l’ha-bitude le rend nécessaire.... l’inclination nous en-chaîne et nous jette dans une prison; l’habitudenous y enferme, et mure la porte sur nous pour nenous laisser aucune sortie, boss. 4‘ serin. t" dim.de carême, 2 .
— BIST, xiii* s. Il [un palais] est si grant qu’il ax milles de tour, et est tous murés entour de liaulzmurs, marc pol, p. 605. Li sages hom se doit mu-rer Et garnir por crieme [crainte] d’assaut, ruteb.ii, 02 . || xvi* s On fait condamner et murer la portede l’estuve, amyot, Cimon , 3.
— étym. Mur; provenç. et espagn. murar; ital.murare.
f 2 . MURER (mu-ré), s. m. Giroflée de muraille.
— étym. Mur.
f 3. MURER (mu-ré), v. a. S’est dit ancienne-ment, dans la marine, pour amurer. Nous avonsété obligés deserrernos huniers, et, étant murés auxbasses voiles.... Journal de roule, 40R8, dans jal.
f MÛRERAIE (mu-re-rè), s. f. Terrain planté demûriers.
— BIST, xvi* s. Dresser la mureraie sert à recou-vrer de la soie et à s’accommoder de bois pour lechauffage, o. de serres, 35.
— étym. Mûrier.
MUREX (mu-rèks’), s. m. Genre de coquillagesoù l’on distingue : 4* le murex pervers, dont lacoquille est appelée par les marchands l’unique, lebuccin unique, la guitare, la trompette de dragon ;2 ° le murex calcitrape, dit aussi chausse-trapoet cheval de frise ; 3* le murex crassispine ou mu-rex forte épine, qu’il ne faut pas confondre avecl’espèce précédente; 4* le murex aruanien, dontla coquille est appelée par les marchands trompetted’Aru, sans doute parce qu’elle vient du royaumed’Aru, dans l’ile de Sumatra ; 6* le murex stri-gille, dit perçoir; 6* le murex lambis, appelépomme d’acajou; 7"le murex brandaris de Linné ,dit massue d’IIercule; c’est le rocher droite épinede certains auteurs, et l’on croit qu’il produisait lapourpre des anciens, legoarant.
— ÉTYM . Lat. murex, le coquillage à pourpre.
f MUREXANE (mu-rè-ksa-n’), s. f. Terme dechimie. Foudre légère, d’un brillant satiné, insolu-ble dans l’eau et les acides étendus.
j- MUREX IDE (mu-rè-ksi-d 1 ), s. m. Terme dochimie. Purpurate d’ammoniaque.
— étym. Lat. murex, pourpre.
f MURGER (mur-jé), s. m. Terme provincial.Monceau de pierres de toute nature. || En Brie eten basse Bourgogne on dit merger.
MÛRI, IE (mu-ri, rie), part, passé de mûrir.|| 1” Devenu mûr. Des fruits mûris dans une serre.|| 2“ Fig. Devenu mûr, sage, en parlant des per-sonnes. Il arrivait de là que les Indiens mûris parl’âge ne pouvaient s’empêcher de hair, de mépriserdu moins des instituteurs si corrompus, raynal,llist. phil. il, 4 9.
MURIATE (mit-ri-a-f), s. m. Terme de chimie.Ancien nom des chlorhydrates ou hydrochlorates.Le muriate d’étain sert à préparer la belle couleurpourpre nommée précipité de Cassius, fourcroy,Connais, chim. t. vi, p. 48, dans pougens.
— ÉTYM . Lat. maria, saumure (voy. MUiRe),parcequ’on retire du sel commun le muriate de soude.
f MURIATÉ, ÉE (mu-ri-a-té, téo), adj. Termede minéralogie. S’est dit d’une base combinée avecl’acide muriatique. On dit aujourd'hui chlorhydraté.
MURIATIQUE (mu-ri-a-ti-k 1 ), adj. || 1“ Termede chimie. Ancien synonyme d’hydrochlorique ouchlorhydrique. |l Acide muriatique oxygéné, anciensynonyme de chlore. || Acide muriatique suroxy-géné, ancien synonyme d’acide chlorique. || 2" Termede zoologie. Se dit d’une paludine qui vit dans leseaux saumâtres.
f MURICIER (mu-ri-sié), s. m. Animal qui ha-bite les murex.
f MUR1CITE (mu-ri-si-t’), s. f. Murex fossile.
j MURICULÉ, ÉE (mu-ri-ku-lè, lée), adj. Termed’histoire naturelle. Qui est garni de petites pointesmousses. || On trouve aussi muriqué.
— ÉTYM . Lat. murex, pointe, chausse-trape.
fMURIDE (mu-ri-d’), s. m. Terme de chimie.
Nom donné d’abord au brome.
MÛRIER (mu-rié ; l’r ne se lie jamais; au pluriel,
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l’xselie :des mu-rié-z en fleurs), s. m. || 1* Arbre d®la famille des morées. || Mûrier noir (morus nigra, L-hdont l’écorce, ainsi que la racine, est âcre, amere,purgative, vermifuge ; ses fruits sont noirs. l- eJnymphes d’alentour lui donnèrent des larmes, Et dusang des amants teignirent par des charmes Le fru 1d’un mûrier proche, et blanc jusqu’à ce jour, lafont. Filles de Minée. Il Mûrier blanc ou de la Chine ( morus alla, L.), dont les fruits de couleur blanchesont alimenlaires comme ceux du précédent, m 113qu’on cultive surtout pour ses feuilles, dont se nour-rissent les vers à soie. || Mûrier à papier {moruspyrifera, L. ; broussonetia papyrifera, Ventenat ),dont le liber battu sert en Chine à frire du papieretdes étoffes. || Mûrier des teinturiers (morus tinctorut ,L.), arbre des Antilles et du' Mexique , où il devientrès-gros. || 2 “ Mûrier,oiseau, voy .mérier blanc.
— rem. Voy. mûre, pour l’accent circonflexe.
— BIST, xii* s. Ii [il] ocist en grisille les lur vi*
pnes, et les moriers d’els engeleda. Liber psalm-p. 109. || xvi* s. Deux races de meuriers y a il, dis*cernées par ces mots, noir et blanc, et discordantesen bois, feuille et fruit, o. de serres, 402
— étym. Mûre; génev. meurier.
| MÛltIFORME (mu-ri-for-m’), adj. Terme di-dactique. Qui est en forme de mûre. Calcul vésicalmûriforine.
— étym. Mûre, et forme.
f MURIOSULFATE (mu-ri-o-sul-fa-f), s. m. Termede chimie. Sel produit par la dissolution de l’étamdans l’acide sulfurique et l’acide chlorhydrique. || G»dit aujourd’hui chlorosulfate.
f MURIOSUI.FUR IQUE (m u-ri-o-sul-fu-ri -k’), û"}-Terme de chimie. Ancien synonyme de chlorosulfU"rique. || Se dit d’une solution d'étain dans l’acit 9sulfurique et l’acide muriatique, qui sert pour 13teinture écarlate.
t MURIQUÉ,ÉE (mu-ri-ké, kée), adj. Voy.
RICULÉ.
MÛRIR (mu-rir; au xvn* siècle, on écrivait et onprononçait mourir, chifflet, Gramm. p. 202),«. n 'il I* Devenir inûr. Les raisins n’ont pas mûri cetteannée. Il fait naître et mûrir les fruits, rac. Atlt**i, 4. Le ciel nous redonne la paix; Nos vins et nosmoissons mûriront désormais, dancourt, Impr. 1 ' 1Surêne, Prol. J’ignore encore si l’homme aux Ç ,n 'quante-trois ans ne ressemble pas aux nèfles qui n0mûrissent que sur la paille, volt. Lett. Beaumont*23 janv. 4770. || Fig. Choisissez, autant que vouspourrez, vos amis dans un âge un peu au-dessus duvôtre; vous en mûrirez plus promptement, fénf-L’dans Recueil de feugèrf., p. 46. Tout mûrit puf* 8temps et s’accroît par l’usage, volt. Loinat. part.-Il faut du temps pour que les réputations mûrissentid. Louis XIV , 32. Un pape l’avait prêchée [la cru*'sade] inutilement malgré sa toute-puissance; ” ’voulut, sans pouvoir la faire, quoiqu’il fût Gre'goire VII; mais que cette idée fermente et mûriss 9 ivingt ans plus tard un simple ermite l’exécute, Ÿ,t 'lem. Littér. franc, t H’ siècle, 2* part. 4* leç. Qu’a' 8crainte et docilité Ta parole en mon cœur mûrisse>lamart. Ilarm. î, 7. Ma harpe fut souvent de ’ a £mes arrosée, Mais les pleurs sont pour nous la e®'leste rosée ; Sous un ciel toujours pur le cœur hmûrit pas, id. Médit. Il, fi. || Fig. Laisser mû r ‘ r ’donner le temps nécessaire pour qu’une ch oS8vienne à point. Laissez entre mes mains mûrir vo?destinées, Et ne hasardez point le fruit de vingt a ",nées, corn, lléract. n, 2. J'avance cette opin’ 011 ’mais, parce qu’elle est nouvelle, je la laisse mû r ( r ’au temps, pasc. Prov, vi. Laissons mûrir lo desseinde ce voyage de traverse comme une opi 1110 .jprobable dans Pascal, sèv. 23 avr. 1090. Y eut-jamais homme plus sage êt plus prévoyant..- ,laissât mûrir ses entreprises avec tant do patien^flécii. Turenne. Laissez mûrir l’enfance dans les e ^fants, j. j. rouss. Ém. ii. || 2° V. a. Rendre mûr-soleil mûrit nos moissons. || Terme rural. A’ 1 ’ 1la terre, en exposer, par un labour profond, les P aties inférieures à l’action fertilisante des gaz atn>sphériques. || 3 “ Par extension, produire un el .comparé à la maturité d’un fruit. Cet emplâtre B]rira l’abcès. La chaleur mûrit les rhumes. I| 4"Donner de la maturité, de la réflexion. Après t°yl’âge peut le mûrir; tout ce que vous avez dabU..faire pour lui peut parler à son cœur, volt. Lett-chelieu, 6 janv. 4 768. || Il se dit dans un sens enlogue des choses qu’on amène à point. D’abondocteur grave qui l’a inventée [une opinion n ^velle en casuistique] l’expose au monde, et la J |comme une semence pour prendre racine; el le 'encore faible en cet état; mais il faut que le tela mûrisse peu à peu, pasc. Prov. vi. Maintcu