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tiou. Espèce de herse avec laquelle on fermait lesportes d’une ville assiégée. || 8° Ancien terme deguerre. Machine composée de plusieurs canons demousquet attachés ensemble, dont on se servaitpour la défense des brèches dans une ville assiégée.|| 9° Orgues géologiques, espèces de puits naturels.|| 10° I ’erme de murine. Tuyau de plomb qui sert deconduite à l'eau des dallots, des gaillards et desponts inférieurs. || Se dit aussi des montants de lapoupe || il* Orgue de mer, nom vulgaire donné aupolypier appelé par des naturalistes le tubiporemusique (mers de l’lude, mer Rouge , signalé aussisur les côtes d'Amérique ). || 12” Le canard sifileur,allas penelope, L.
— rem. Cette différence de genre du singulierau pluriel est un bien grand inconvénient, car onne peut pas dire : Cet orgue est un des plus beauxque j’aie vus. Autrefois l’Académie donnait le genreféminin aux deux nombres, et c’était bien plus na-turel; qu’on lui donne aujourd’hui le genre mas-culin aux d> ux nombres, si l’on veut, mais que dumoins le genre soit constant, pautkx. Cette re-marque est parfaitement juste. D’après Chifflet,Grnmm. p. iiso, orgue au singulier est mieux mas-culin, et au pluriel mieux féminin. Le meilleurparti à prendre pour rompre le moins possible avecla tradition serait de faire orgue des deux genres.
— hist. xii” s. Et David sunout |sonnait] une ma-niéré de orgenes, ki esteient si aturné ke l’um lesliout [liait] as espaldes celi kis [de celui qui les] su-nout, Rois,p. Ml.|| xui” s. Es sauz[saules]pendismesnous nos orgres [orgnna], Psautier, f“ 168. || xtv* s.Orgues seans et portatives, Hist. litt. de la France ,t. xxtv, p. 762. Cuides tu que ce soyent des orguesQu’on faict chanter à tous les dois? Nat. à l’alch.722. Et de tous instrumens le roi, Dirai ici commeje croi, Orgue.... machaut, dans d’ortiguf,, Dict. deplain-chant. || xv” s. Et là ouïs sonner et jouer desorgues aussi mélodieusement comme je fis onc-ques....FROiss. u,ux, I5.||xvt”s. Elle faisoit con-science d’assister à une noce ou d’ouïr sonner d’or-gues à une eglise, marg. Nouv. xxx. Fauconuaux,verses, fleutes, ojgues [pièce d’artillerie], paré,Préf. ix. Ny ame si revesche qui ne se sente touchéede quqlque reverence à ... ouïr le son devotieux donos orgues, mont, ii, 363.
— êtvm. Wallon, 6re; provenç. orgue; espagn.érgano; portug . orgâo; ital. ôryano; du lat. 6rga-num, instrument en général (voy. organe).
ORGUEIL (or-gheull’, Il mouillées), s. m. || 1” Sen-timent. état de l’âme où naît une opinion tropavantageuse de soi-même. L’orgueil n’est pas tou-jours la marque des grands coeurs, corn. Surina,y,t. L’orgueil se dédommage toujours et ne perd rien,lors même qu’il renonce à la vanité, la rochefouc.Ha. t. 33. L’orgueil ne veut pas devoir, et l’amour-propre ne veut pas payer, id. ib. 228 . La nature,qui a sagement pourvu à la vie de l’homme par ladisposition admirable des organes du corps, lui asans doute donné l’orgueil pour lui épargner la dou-leur de connaître ses imperfections et ses misères,id. ib. l’rem. pens. n” 12. L’orgueil qui naît desqualités spirituelles est de même genre que celuiqui est fondé sur des avantages extérieurs, nicole,Ess. demor. i ,r traité, ch. t. Tout ce qui est aumonde ou concupiscence de la chair, ou concu-piscence des yeux, ou orgueil de la vie, pasc. Pens.xxjv, 32, éd. havet. Jésus-Christ est un Dieu donton s’approche sans orgueil, et sous lequel on s’a-baisse sans desespoir, id. ib. xvii, 7. La misèrepersuade le désespoir, l’orgueil persuade la pré-somption ; l’incarnation montre à l’homme la gran-deur de sa misere par la grandeur du remède qu’ila fallu, id. ib. xu, (t. Us n’ont pu fuir ou l’orgueilou la paresse, qui sont les deux sources de tous lesvices, id. ib xu, ïi. 0 hommes.... vos maladiesprincipales sont l’orgueil qui vous soustrait de Dieu ,la concupiscence qui vous attache à la terre, id. ib.xii, a. Orgueil contre-pesant toutes nos misères :ou il cache ses misères, ou, s’il les découvre, il seglorifie de les connaître, id. ib. il, 2 . M. d’Aix doitêtre bien content que M. d’Arles lui quitte la place;appelle-t-on cela de l’orgueil? c’en est un au moinsqui contente fort celui de M. l’archevêque d’Aix :ces deux orgueils, dont l'un demeure et l’autre s’enva, s'accommoderont fort bien ensemble, sév. 4 déc.
1 689. Les enfers où il [Alexandre] porte la peineéternelle d’avoir voulu se faire adorer comme un Dieu soit par orgueil, soit par politique, boss la 1 altière.Elle croyait voir partout dans ses actions un amour-propre déguisé en vertu.... ainsi Dieu l’humiliaitpar ce qui a coutume de nourrir l’orgueil, in. Annede Gonx. L’orgueil qui monte toujours, id. Marie-
Thér. Vous allez voir une reine qui, à l’exemple deDavid, attaque de tous côtés sa propre grandeur ettout l’orgueil qu’elle inspire, id. ib. Saint Augustin définit l’orgueil une perverse imitation de la naturedivine, id. t" sermon, Nativité, fragment d’un autresermon. L’âme regarde ces honneurs que le mondevante; et aussitôt elle en voit le fond, elle voitl’orgueil qu’ils inspirent, et découvre daDS cet or-gueil et les disputes et les jalousies et tous lesmaux qu’il entraîne, id. la Vailière. L'orgueil estl’endroit le plus vif du cœur ; pour peu qu’on y tou-che, la douleur nous fait jeter de hauts cris, rourd.Pensées, t. ii, p. 106 . Cet homme qui défendait lesvilles de Juda , qui domptait l’orgueil des enfantsd'Ammon et d’Esaü , fléch. Turenne. Mais, pourun vain bonheur qui vous a fait rimer, Gardezqu’un sot orgueil ne vous vienne enfumer, boil.Art p. il. Je l’ai trouvé [Mardochée ] couvert d’uneafTreuse poussière. Revêtu de lambeaux, tout pâle;mais son œil Conservait sous la cendre encor lemême orgueil, rac. Esth. n, 4. Dois-je au superbeAchille accorder la victoire? Son téméraire orgueil,que je vais redoubler, Croira que je lui cède, id.Iph. iv, 8. C’en est fait : mon orgueil est forcé deplier, id. Esth. iii, 6. Que son farouche orgueil lerendait odieux 1 id. Phèdre, iu, t. Il faut définirl’orgueil une passion qui fait que, de tout ce quiest au monde, l’on n’estime que soi, la bruy.Théophraste , xxiv. L’orgueil, qui vous tient lieude raison, fait peut-être que les mœurs au dehorsparaissent égales et uniformes, mass. Carême, In-const. C’est le chef-d’œuvre de la plus sincère mo-destie que d’avouer de l’orgueil et les imprudencesde cet orgueil, fonten. Saurin. Notre orgueil nousmet si vite au fait de celui des autres, mariv. Ma-rianne, xi” part. Nous nous connaissons tous sibien en orgueil, que personne ne saurait nous faireun secret du sien, id. Pays. parv. part. 4. L’or-gueil, joint à une vaste ambition, à la grandeur desidées, produisit chez les Romains les effets que I onsait, montbsq. Esp. xix, 9. L’orgueil des petits con-siste à parler toujours de soi ; l’orgueil des grandsest de n’en jamais parler, volt. Dict. phil. Quis-quis, Langleviel. Il se peut que Cicéron , qui d’ail-leurs avait souvent vu le peuple romain, le peupleroi, lui applaudir et lui obéir, et qui était remerciépar des rois qu’il ne connaissait pas, ait eu quelquesmouvements d’orgueil et de vanité, id. Dict. phil.Orgueil , (’iron seul eut raison, quand dans un goûtnouveau 11 fit ce vers heureux digne de son tom-beau : Ci-glt qui ne fut rien ; quoi que l’orgueil endise, Humains, faibles humains, voilà votre devise,id. la Vanité. L’orgueil est le premier des tyransou des consolateurs, duci.os, Consid. mœurs, ïü.L’orgueil humilié et rampant est toujours de l’or-gueil, iD.tb. 13. On a bien raison de dire : quand l’or-gueil arrive, la pauvreté n’est pas loin, picard, Mantede briller, lil,t S. || Orgueil de..., orgueil inspiré par.Madame, ignorez-vous que l'orgueil de l’empire...rac. Bajai. li, 4. Nous ne connaissons point l’orgueilde la naissance, volt. Fanai, i, 2. || 2° En bonne part,sentiment noble, élevé, qui inspire une juste confianceen son propre mérite. J’ai l'orgueil de croire que jene suis pas indigne de votre amitié, Dict. de l’Acàd.Leur orgueil foule aux pieds l’orgueil du diadème,volt, brutus, i, 4. Plutôt que jusque-là j’abaissemon orgueil, Je verrais sans pâlir les fers et le cer-cueil, id. Zaïre, î, 4. J’ai pensé qu’un guerrier, ja-loux de sa puissance, Peut mettre l’orgueil même àpardonner l’offense, id. Ali. iv, 2. Soyez béni, monDieu , vous qui daignez me rendre L’innocence et sonnoble orgueil, Gilbert, Derniers vers. || Fairel’orgueilde, être l’orgueil de, être un sujet d’orgueil pour.Elle fait tout l’orgueil d’une superbe mère, rac.Iphig. n, 4. La fille d’Alpéric, l'orgueil de l’Helvé-tie, masson, Helv. m. Un chêne antique, orgueildes paisibles hameaux, baour-lorm. dans girault-duvivier. || 3” Il se dit aussi des choses qui ont lecaractère de l’orgueil. J’aurais peine à souffrir l’or-gueil de ses reproches, corn. Médée , n, 6. 11 abaisseà nos pieds l’orgueil des diadèmes, id. Cinna, m, 4.Et c’est là que, fuyant l’orgueil du diadème, Lassede vains honneurs.... rac. Esth. 1 , 4. L’orgueil devos attraits pense tout asservir, volt. Marianne, u,2 . Moi, que je flatte encor l’orgueil de sa beauté, id.Alx. îv, 4. || 4” Faste, pourpre. Le luxe qui l’entoure,dont les pauvres et ses créanciers ont souffert ; l’or-gueil de sus édifices, que le bien de la veuve et del’orphelin, que la misère publique a peut-être éle-vés, mass. Avent, Mort du pèch. || 6” Terme de con-struction. Cale de bois, de pierre, ou de toute autrematière dure, qui fait dresser la tète d’un levieremployé à soulever un corps quelconque et en sou-
tient l’effort. On peut trouver aussi que l’Académie,en prodiguant les proverbes, a trop épargné certainstermes usités des artisans, et qui font des imagesou peuvent en fournir.... Furetière avait raison deregretter le nom énergique d’orgueil, employé parles ouvriers pour désigner l’appui qui fait dresserla tête du levier, et que les savants appelaient dubeau mot d’hypomochlion, villkmain, Préface duDict. de l’Académie, 4 836.
— UEM. Scribe a employé le pluriel dans sa co-médie du Pujf, ii, 3 : n J’aurais mieux aimé ne voichez moi que de bonnes gens, et mon salon est lerendez-vous de tous les orgueils, de tous les ressen-timents littéraires. » C. Oelavigne avait déjà employéce pluriel dans le Paria : « Que d’orgueils révoltés 1 »et Duviquet, dans l’examen critique de cette pièce,disait : « C’est la première fois que j’ai vu le mot or-gueil employé au pluriel; etjedoutequ’il fût possibleà M. Delavigne d’autoriser ce pluriel par quelquesexemples. » Duviquet se trompait; on voit dans unephrase de Mme de Sévigné , qu’il est question dedeux orgueils. Le pluriel est aussi dans J. Marot.
— SYN. orgueil, vanité. L’orgueil fait que nousnous estimons nous-mêmes au delà de ce qui est.La vanité fait que nous voulons être estimés d’autrui.
— HIST. xi" s. Consels d’orguill n’est dreiz que “plus mont [monte), Ch. de bol. xv. Veez l’orgoil deFrance la loée, ib. ccxl. || xii's. ...comment soit Sesgrans orgueus [son granl orgueil] abaissez et m a j , ‘mis. Ilonc. p. 30 . Quant cil est morz qui m’a tolul’orguel.... ib. p. 402. Pleine d’orgueil et dame sans
guerdon, Couci, ii .Tout ce ne lo-je mie (je ne
conseille); Que trop sembleroit estre orgoil et des-verie, Sax. xxii. || xm” s Hal frere, vos orgiolsvous gravera encore et fera ue mescief, Ch. de Kanis,p. 206. lu première avoit non Orguex, L’autre qu>ne valoit pas miex Fu apelée Vilenie, la Kose, s66.Il xv* s. Grand orgueil est tantost mué, a. chart-Peésies. p. 720. || xvi” s. Vaincu avez le More et sonarmée ; Genes soubmis, ses orgueils abhatuz, >■ MA ”rot, v, eis.Geux qui condamnent les autres par or-gueil, il avient après que Dieu les condamne I mrjustice, lanoue, 72. A orgueil ne manque de couvredeuil, leroux delincy, Prov. t. u, p. SJl8 - 11 ne ®|orgueil que de pauvre enrichi, cotgravb. Orguein’a pas bon œil, id. Ainsi l’orgueil de Rome estace point levé, Que d'un prestre , tout roi, tout em-pereur bravé, Est marchepied fangeux; on void,sans qu’on s’estonne, La pantoufle crotterles flour*de ia couronne, d’aub. Tragiques, Misères.
— êtym. Wallon, orgou, ôrgou; anc. liégeois,
orgowe; provenç. orguelh, erguelh, orguoil, orgou,argull; catal. orguli; ospngn. orgullo; poi'tug- or 'gulho; ital. orguglio; anc. ilai. argoglio; de lenc.haut allem. urguol, remarquable, insigne, urquo,orgueilleux; anglo-sax. orgel , orgueilleux, banc-haut ail. se décompose en ur, us, répondant auex, et quoi, gil, gai, pétulant, luxuriant. ,,
ORGUEILLEUSEMENT (or-gheu-lleû-ze-man,mouillées, et non or-gheu-ieû-ze-man), adv. D''manière orgueilleuse. 11 a répondu orgueilleus -ment. II a orgueilleusement parlé de ses richesses.
— hist. xi” s. Cil i feront moût orgoillusemen*.
Ch. de llol. ccxxx. || xu” s. Ki aucune chose asainte Escripture traient malicieusement et or & ulouscment à lor sens, st bern. 677. || xm* »• fctchiés que onques mais nus pors ne fu pris p m® j.guilleusement ne plus fièrement, villes. n q
Soudan respondi orghelleusement, et dist qu ' ,
partiraient jà, Ch. de Rains, p. 20 ». De nuit il [le 0 qi
chante plus haut et plus orguilleusement, ®
latini, Trésor, p. 222 . r
— ÉTYM . Orgueilleuse, et le suffixe ment; Porgulhosamen, orgullosament ; espagn. orguliment; ital. orgogliosamente. , ,
ORGUEILLEUX, EUSE (or-gheu-lleû,quelques-uns prononcent or-ghè-llod ; ce ijU} - spas bon), adj. || 1" Qui a de l’orgueil. Y eut-il japeuple plus orgueilleux que les Romains, ni *1 | esun plus grand mépris pour tous les autres Pdu monde? boss. Sermons, Bonté et rigueur de - eB t
3. Et devant vous Ces maîtres orgueilleux tlec ' ces
comme nous, rac. 7 trit. m, 4. Qu’ont-ils gag”esprits orgueilleux Qui menaçaient d’armer _entière? Ils ont vu de nouveau resserrer leu . nStière, id. Poés. div. Idylle sur la paix. Emp ]> acroyez-moi, que ce peuple orgueilleux Au le t H Q Ue>dompté n’accoutume ses yeux, volt. Alt- r '(, ar es,dans le fond d’une de nos provinces à demi • ^ ^un homme qui aura acheté une petite chu 1 ^ jj.imprimer des vers médiocres, s’avise d être */^ c t.
I leux, il y a là de quoi rire longtemps, ’ an ie| phil. Orgueil . |i Terme de médecine. “